
Jésus parlait à ses disciples de sa venue :
Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des
malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées.
Alors, on verra le Fils de l'homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.
Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche. Tenez-vous sur vos gardes, de crainte que votre coeur ne s'alourdisse dans la débauche,
l'ivrognerie et les soucis de la vie, et que ce jour-là ne tombe sur vous à l'improviste. Comme un filet, il s'abattra sur tous les hommes de la terre.
Restez éveillés et priez en tout temps : ainsi vous serez jugés dignes d'échapper à tout ce qui doit arriver, et de paraître debout devant le Fils de l'homme.
Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc
Le Temps de l'Avent

Basilique du Sacré-Cœur de
Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne
les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)

feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus
absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou

Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.
Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.
Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)

Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus


Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre
Dame de Paris

la vidéo sur KTO

Magnificat
NOTRE-DAME

Pour ce Carême 2009, le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, nous a invité en cette année jubilaire à la réflexion sur Saint Paul, juif et apôtre des nations : sa
personnalité, sa mission...
retouvez les Conférences de Carême sur le site du diocèse de
Paris
NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des
Victoires

... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !
Exposition
Brukenthal du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010

Le musée Jacquemart-André accueille les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal, l’une des plus prestigieuses d’Europe
centrale qui rassemble des œuvres flamandes des plus grands maîtres du XVème siècle au XVIIème siècle : Van Eyck, Jordaens, Bruegel, Memling ou Teniers.
du 5 mars 2010 au 24 mai 2010 au Musée
du Louvre exposition Sainte Russie
Vierge de Vladimir

Dans le sillon du Père Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations
en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière

Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle,
fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un
temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu. Spiritualité 2000

Prières du
Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières
ferventes, méditations intérieures, oraisons contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.

Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes,
à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure
À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la
déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est déjà un fruit de la grâce de Dieu»
Le baptême est quelque chose de simple
par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et dans le monde

Prions en église - évangile du jour, méditations,
psaumes, liturgie

_ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _ _
Pèlerinage du Pape Benoît
XVI en Terre Sainte
Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre
Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)
La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses

Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI
La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en
Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.
La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.
Custodia Terrae Sanctae

Mgr Fouad Twal :
" Jérusalem est la clé de
la paix dans le monde"
" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans
l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."
" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."
" Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce
qui ne va pas."
" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet
prochain."
![]()
Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."
l'entretien intégral en ligne
Patriarcat latin de Jérusalem
Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté
de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.
Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces
particulières.
La preghiera per il viaggio del Papa in
Terra Santa

Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)
Jordanie, Israël et Territoires palestiniens
ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org)
- Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).
à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions
Vendredi 8 mai : Jordanie

14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman
15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion
17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II

Samedi 9 mai : Jordanie
7 h 15 : Messe en privé à la nonciature
9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)

Visite de l'ancienne basilique
10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba
11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman

11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités
17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.

Dimanche 10 mai : Jordanie

10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli

17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ

18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).
Lundi 11 mai : Israël
7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman
10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman
10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h

11 h : Cérémonie de bienvenue
Voyage vers Jérusalem
16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres

17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem

18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux

Mardi 12 mai : Jérusalem
9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher

10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem
10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël

11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle

12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem

13 h : Déjeuner avec les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin

16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat

Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai

P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron
Mercredi 13 mai : Bethléem
9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel
10 h : Messe sur la place de la Crèche

12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains
15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité
16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem
16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours

18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne
18 h 40 : Cérémonie de congé
Jeudi 14 mai : Nazareth

10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice

Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth
12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape
15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël
16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée

17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation
17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux
Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv
7 h 30 : Messe en privé à la nonciature
9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe
10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre



11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques
13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv

14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50

Yahad-In Unum
![]()
Vicariat hébréhophone en Israël

Chrétiens arabes en Israël à la recherche d’une identité
Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !
Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !
Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !
(Prière d'une Clarisse)


Notre-Dame de Paris : déposer une
intention de prière
Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,
Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.
Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Paul Claudel
La Vierge à midi
SALVE REGINA

Le plus grand des Docteurs et le plus humble, Augustin se lève, acclamé par les cieux dont nulle conversion de
pécheur n'excita comme la sienne l'ineffable joie, célébré par l'Eglise où ses travaux laissent pour les siècles en pleine lumière la puissance, le prix, la gratuité de la divine
grâce.
Depuis l'entretien extatique qui fit d'Ostie un jour le vestibule du ciel, Dieu a complété ses triomphes dans le fils des larmes de Monique et de la sainteté d'Ambroise. Loin des villes fameuses
où l'abusèrent tant de séductions, le rhéteur d'autrefois n'aspire qu'à nourrir son âme de la simplicité des Ecritures sacrées dans le silence de la solitude. Mais la grâce, qui a brisé la double
chaîne enserrant son esprit et son cœur, garde sur lui des droits souverains ; c'est dans la consécration des pontifes vouant Augustin à l'oubli de soi-même, que la Sagesse consomme avec lui son
alliance : la Sagesse qu'il déclare : "aimer seule pour elle seule, n'aimant qu'à cause d'elle le repos et la vie".
A ce sommet où l'a porté la miséricorde divine, entendons-le épancher son cœur :
Je
vous ai aimée tard, beauté si ancienne et si nouvelle ! je vous ai aimée tard ! Et vous étiez
en moi ; et moi, hors de moi-même, vous cherchais en tous lieux. J'interrogeais la terre, et elle me disait : "Je ne suis pas ce que tu cherches" ; et tous les êtres que porte la terre me
faisaient même aveu. J'interrogeais la mer et ses abîmes, et ce qui a vie dans leurs profondeurs ; et la réponse était : "Nous ne sommes pas ton Dieu, cherche au-dessus de nous."
J'interrogeais les vents et la brise ; et l'air disait avec ses habitants : "Anaximènes se trompe ; je ne suis pas Dieu." J'interrogeais le ciel, le soleil, la lune, les étoiles : "Nous
non plus, nous ne sommes pas le Dieu que tu cherches." O vous tous qui vous pressez aux portes de mes sens, objets qui m'avez dit n'être pas mon Dieu, dites-moi de lui quelque chose ; et dans
leur beauté qui avait attiré mes recherches avec mon désir, ils ont crié d'une seule voix : "C'est lui qui nous a faits." — Silence à l'air, aux eaux, à la terre ! silence aux cieux !
silence en l'homme à l'âme elle-même ! qu'elle passe au delà de sa propre pensée : par delà tout langage, qu'il soit de la chair ou de l'ange, s'entend lui-même Celui dont parlent les créatures ;
là où cessent le signe et l'image, et toute vision figurée, se révèle la Sagesse éternelle. Mes oreilles sourdes ont entendu votre voix puissante ; votre lumière éblouissante a forcé l'entrée de
mes yeux aveugles ; votre parfum a éveillé mon souffle, et c'est à vous que j'aspire, j'ai faim et soif, car je vous ai goûté ; j'ai tressailli à votre contact, je brûle d'entrer dans votre repos
: quand je vous serai uni de tout moi-même, la douleur et le travail auront pris fin pour moi.
(Confess.)
Un autre travail que le labeur de la correspondance intime aux prévenances de son Dieu ne devait finir pour Augustin qu'avec la vie : celui de ses luttes pour la vérité qui avait délivré son âme,
sur tous les champs de bataille choisis dans ces temps par le père du mensonge. Combats terminés par autant de victoires, où l'on ne sait qu'admirer le plus, comme d'autres l'ont dit : la science
des Livres saints, la puissance de la dialectique ou l'art de bien dire ; mais dans lesquels l'emporte sur tout la plénitude de la charité. Nulle part ailleurs n'apparaît mieux l'unité de cette
divine charité communiquée par l'Esprit à l'Eglise, et qui, du même cœur où elle puise son inflexibilité à maintenir jusqu'au moindre iota les droits du Seigneur Dieu, déborde d'ineffable
mansuétude pour tant de malheureux qui les méconnaissent encore :
" Qu'ils vous soient durs, ceux qui ne savent pas quel labeur c'est d'arriver au vrai, d'éviter l'erreur. Qu'ils vous soient durs, ceux qui ne savent pas combien il est rare, combien il en coûte, de parvenir à surmonter dans la sérénité d'une âme pieuse les fantômes des sens. Qu'ils vous soient durs, ceux qui ne savent pas avec quelle peine se guérit l'œil de l'homme intérieur, pour fixer son soleil, le soleil de justice ; ceux qui ne savent pas par quels soupirs, quels gémissements, on arrive, en quelque chose, à comprendre Dieu. Qu'ils vous soient durs enfin, ceux qui n'ont jamais connu séduction pareille à celle qui vous trompe. Pour moi qui, ballotté par les vaines imaginations dont mon esprit était en quête, ai partagé votre misère et si longtemps pleuré, je ne saurais aucunement être dur avec vous."
(Aug. Contra epist. Manichaei quam vocant fundamenti, 2-3.)
C'est aux disciples de Manès, traqués partout en vertu des lois mêmes des empereurs païens, qu'Augustin adressait ces paroles émues : nouveau Paul, se souvenant du passé ! Combien effrayante
n'est donc pas la misère de notre race déchue, que les nuages s'élevant des bas fonds y prévalent à ce point sur les plus hautes intelligences ! avant d'être le plus redoutable adversaire de
l'hérésie, Augustin, neuf années durant, s'était montré le sectateur convaincu, l'apôtre ardent du manichéisme : variante incohérente de ce roman dualiste et gnostique dans lequel, pour expliquer
l'existence du mal, on n'imaginait rien de mieux que de faire un dieu du mal même, et qui trouva dans la complaisance qu'y prenait l'orgueil du prince des ténèbres le secret de son influence
étrange à travers les siècles.
Plus locale, mais autrement prolongée, devait être la lutte d'Augustin contre la secte Donatiste, appuyée d'un principe aussi faux que le fait dont elle se disait née. Le fait, démontré
juridiquement inexact à la suite des requêtes présentées par Donat et ses partisans, était que Cécilien, primat d'Afrique en 311, aurait reçu la consécration épiscopale d'un évêque traditeur des
Livres saints pendant la persécution. Comme principe et conséquence tirée par eux dudit principe, les Donatistes affirmaient que nul ne pouvait communiquer avec un pécheur sans cesser de faire
partie du troupeau du Christ ; que dès lors, les évêques du reste du monde n'en ayant pas moins continué de communiquer avec Cécilien et ses successeurs, eux seuls Donatistes étaient maintenant
l'Eglise. Schisme sans fondement, s'il en fut, mais qui s'était imposé pourtant au plus grand
nombre des habitants de l'Afrique romaine, avec ses quatre cent dix évèques et ses troupes de Circoncellions, fanatiques toujours prêts aux violences et aux meurtres contre les catholiques
surpris sur les routes ou dans les maisons isolées. Le rappel de ces brebis égarées prit à notre Saint le meilleur de son temps.
Qu'on ne se le représente pas méditant à loisir, écrivant dans la paix d'une humble ville épiscopale, choisie comme à dessein par la Providence, ces ouvrages précieux dont le monde devait jusqu'à
nous recueillir les fruits. Il n'est point sur la terre de fécondité sans souffrance, souffrances publiques, angoisses privées, épreuves connues des hommes ou de Dieu ; lorsque, à la lecture des
écrits des Saints, germent en nous les pieuses pensées, les résolutions généreuses, nous ne devons pas nous borner, comme pour les livres profanes, à solder un tribut quelconque d'admiration au
génie de leurs auteurs, mais plus encore songer au prix dont sans nul doute ils ont payé le bien surnaturel produit par eux dans chacune de nos âmes.
Avant l'arrivée d'Augustin dans Hippone, les Donatistes s'y trouvaient en telle majorité, rappelle-t-il lui-même, qu'ils en abusaient jusqu'à interdire de cuire le pain pour les catholiques.
Quand le Saint mourut, l'état des choses était bien changé ; mais il avait fallu que le pasteur, faisant passer avant tous autres devoirs celui de sauver, fût-ce malgré elles, les âmes qui lui
étaient confiées, donnât ses jours et ses nuits à cette œuvre première, et courût plus d'une fois le risque heureux du martyre. Les chefs des schismatiques, redoutant la force
de ses raisons plus encore que son éloquence, se refusaient à toute rencontre avec lui ; mais ils avaient déclaré
que mettre à mort Augustin serait œuvre louable, méritant la rémission de tout péché à qui aurait pu l'accomplir.
" Priez pour nous, disait-il en ces débuts de son ministère, priez pour nous qui vivons d'une façon si précaire entre les dents de loups furieux : brebis égarées, brebis
obstinées qui s'offensent de ce que nous courons après elles, comme si leur égarement faisait qu'elles ne soient pas nôtres. — Pourquoi nous appeler ? disent-elles ; pourquoi nous poursuivre ? —
Mais la cause de nos cris, de nos angoisses, c'est justement qu'elles vont à leur perte. — Si je suis perdue, si je n'ai plus la vie, qu'avez-vous affaire de moi ? que me voulez-vous ? — Ce que
je veux, c'est te rappeler de ton égarement ; ce que je veux, c'est t'arracher à la mort. — Et si je veux m'égarer ? si je veux me perdre ? —Tu veux t'égarer ? tu veux te perdre ?
Combien mieux, moi, je ne le veux pas ! Oui ; j'ose le dire : je suis importun ; car j'entends l'Apôtre : Prêche la parole, presse à temps, à contre-temp. A temps, sans doute, ceux
qui le veulent bien ; à contre-temps, ceux qui ne le veulent pas. Oui, donc ; je suis importun : tu veux périr ; je ne le veux pas. Il ne le veut pas, lui non plus, Celui qui
dit, plein de menaces, aux pasteurs : Vous n'avez pas rappelé ce qui s'égarait, vous n'avez pas cherché ce qui était perdu. Dois-je plus te redouter que lui-même ? Je ne te crains pas : ce
tribunal du Christ, devant lequel nous devons tous paraître, tu ne le remplaceras pas par celui de Donat. Que tu le veuilles ou non, je rappellerai la brebis qui s'égare, je chercherai la brebis perdue. Que les ronces me déchirent : il n'y aura pas
de brèche assez étroite pour arrêter ma poursuite ; il n'y aura pas de haie que je ne secoue, tant que le Seigneur me donnera des forces, pour pénétrer où que ce soit que tu prétendes
périr."
(AUG. Sermo XLVI, 14)
Forcés dans leurs derniers retranchements par l'intransigeance d'une telle charité, les Donatistes répondaient-ils en massacrant, à défaut d'Augustin, fidèles et clercs ; l'évêque suppliait
les juges impériaux qu'on épargnât aux coupables la mutilation et la mort, de crainte que le triomphe des martyrs ne fût comme souillé par ces représailles sanglantes. Mansuétude bien
digne, à coup sûr, de l'Eglise dont il était Pontife, mais que tenteraient vainement de retourner contre cette même Eglise, en l'opposant à certains faits de son histoire, les tenants d'un
libéralisme qui reconnaît tout droit à l'erreur et lui réserve toute prévenance. L'évêque d'Hippone l'avoue : sa pensée fut d'abord qu'il ne fallait point user de contrainte pour amener
personne à l'unité du Christ ; il crut que la parole, la libre discussion, devait être dans la conversion des hérétiques le seul élément de victoire ; mais, à la lumière de ce
qui se passait sous ses yeux, la logique même de cette charité qui dominait son âme l'amenait bientôt à se ranger au sentiment tout autre de ses collègues plus
anciens dans l'épiscopat.
" Qui peut, remarque-t-il, nous aimer plus que ne fait Dieu ? Dieu néanmoins emploie la crainte pour nous sauver, tout en nous instruisant avec douceur. Et le Père de famille, voulant des convives à son festin, n'envoie-t-il
pas par les chemins, le long des haies, ses serviteurs, avec ordre de forcer à venir tous ceux qu'ils rencontreront ? Ce festin, c'est l'unité du corps du Christ. Si donc la divine munificence a
fait qu'au temps voulu la foi des rois devenus chrétiens reconnût ce pouvoir à l'Eglise, c'est aux hérétiques ramenés de tous les carrefours, aux schismatiques forcés dans leurs buissons, de
considérer, non la contrainte qu'ils subissent, mais le banquet du Seigneur où sans elle ils n'arriveraient pas. Le berger n'use-t-il pas de la menace, de la verge au besoin, pour faire rentrer
au bercail du maître les brebis que la séduction en avait fait sortir ? La sévérité provenant de l'amour est préférable à la douceur qui trompe. Celui qui lie l'homme en délire et réveille le
dormeur de sa léthargie, les moleste tous deux, mais pour leur bien. Si dans une maison menaçant ruine se trouvaient des gens que nos cris ne persuaderaient pas d'en sortir, est-ce que ne point
user de violence à leur endroit pour les sauver malgré eux ne serait pas cruauté ? et cela, lors même que nous ne pourrions en arracher qu'un seul à la mort, et que l'obstination de plusieurs en
prendrait occasion de précipiter leur perte : comme font ceux du parti de Donat qui, dans leur furie, demandent au suicide la couronne du martyre. Nul ne saurait devenir bon malgré lui ; mais ce
sont des villes entières, non quelques hommes seulement, que la rigueur des lois dont ils se plaignent amène chaque jour à délivrance, en les dégageant des liens du mensonge, en leur faisant voir
la vérité que la violence ou les tromperies schismatiques dérobaient à leurs yeux. Loin
qu'elles se plaignent, leur reconnaissance aujourd'hui est sans bornes, leur joie entière ; leurs fêtes et leurs chants ne cessent plus."
(Aug. Epist. XCIII, CLXXXV, et alibi passim)
Cependant, par delà les flots séparant Hippone des rivages d'Italie, la justice du ciel passait sur la reine des nations. Rome, qui depuis le triomphe de la Croix n'avait point su répondre
au délai que lui laissait la miséricorde, expiait sous les coups d'Alaric le sang des Saints versé jadis pour ses faux dieux. Sortez d'elle, mon peuple. A ce signal que le prophète
de Pathmos avait entendu d'avance, la ville aux sept collines s'était dépeuplée. Loin des routes remplies de Barbares, heureux le fugitif pouvant confier à la haute mer, au plus
fragile esquif, l'honneur des siens, les débris de sa fortune ! Comme un phare puissant dont les feux dominent l'orage, Augustin, par sa seule renommée, attirait vers la côte d'Afrique les
meilleurs de ces naufragés de la vie. Sa correspondance si variée nous fait connaître les liens nouveaux créés par Dieu alors entre l'évêque d'Hippone et tant de nobles exilés.
Naguère, c'était jusqu'à Nole, en l'heureuse Campanie, que des messages pleins de charmes, où se mêlaient les doctes questions, les réponses lumineuses, allaient saluer "ses
très chers seigneurs et vénérables frères, Paulin et Thérasia, condisciples d'Augustin en l'école du Seigneur Jésus".
Maintenant c'est à Carthage, ou plus près encore, que les lettres du Saint vont consoler, instruire, fortifier Albina, Mélanie, Pinianus, Proba surtout et Juliana, aïeule et mère
illustres d'une plus illustre fille, la vierge Démétriade, première du monde romain par la
noblesse et l'opulence, conquête très chère d'Augustin pour l'Epoux.
" Oh ! qui donc, s'écrie-t-il à la nouvelle de la consécration de cette fiancée du Seigneur,
qui expliquera dignement combien glorieuse se révèle aujourd'hui la fécondité des Anicii, donnant des vierges au Christ après avoir pour le siècle ennobli tant d'années du nom des consuls leurs
fils ! Que Démétriade soit imitée : quiconque ambitionne la gloire de l'illustre famille, prenne pour soi sa sainteté !"
Vœu du cœur d'Augustin, qui devait se réaliser magnifiquement, lorsque la gens Anicia, moins d'un siècle plus tard, donna au monde Scholastique et Benoît pour conduire tant d'âmes avides de la
vraie noblesse dans le secret de la face de Dieu.
La chute de Rome eut dans les provinces et par delà un retentissement immense. L'évêque d'Hippone nous dit ses propres gémissements quand il l'eut apprise, ses larmes à lui, descendant des
anciens Numides, sa douleur presque inconsolable tant, même en sa décadence, par l'action secrète de Celui qui lui réservait de nouvelles, de plus hautes destinées, la cité
reine avait gardé de place en la pensée universelle et d'empire sur les âmes. En attendant, la terrible crise devenait pour Augustin l'occasion de ses œuvres les plus importantes. Sur les ruines
du monde qui semblait s'écrouler pour toujours, il édifiait son grand ouvrage de la Cité de Dieu : réponse aux partisans de l'idolâtrie, nombreux encore, qui attribuaient à
la suppression du culte des dieux les malheurs de l'empire. Il y oppose à la théologie et, en
même temps, à la philosophie du paganisme romain et grec la réfutation la plus magistrale, la plus complète qu'on en ait jamais vue ; pour de là établir l'origine, l'histoire, la fin des deux
cités, l'une de la terre, l'autre du ciel, qui se divisent le monde, et que "firent deux amours divers : l'amour de soi jusqu'au mépris de Dieu, l'amour de Dieu jusqu'au mépris de
soi-même."
Mais le principal triomphe d'Augustin fut celui qui joignit à son nom le titre de Docteur de la grâce. La prière aimée de l'évêque d'Hippone : Da quod jubes, et jube quod vis ( Seigneur,
donnez ce que vous commandez, et commandez ce que vous voudrez ), froissait l'orgueil d'un moine breton que les événements de l'année 410 avaient amené lui aussi sur la terre africaine : d'après
Pelage, la nature, toute-puissante pour le bien, se suffisait pleinement dans l'ordre du salut, n'ayant été lésée d'aucune sorte d'ailleurs par le péché d'Adam qui n'avait affecté que lui-même.
On comprend la répulsion toute spéciale d'Augustin, si redevable à la miséricorde céleste, pour un système dont les auteurs "semblaient dire à Dieu : Tu nous as faits hommes, mais c'est nous
qui nous faisons justes".
Dans cette campagne nouvelle, les injures ne furent pas épargnées au converti de jadis ; mais elles étaient la
joie et l'espérance de celui qui, rencontrant ce même genre d'arguments dans la bouche d'autres adversaires, avait dit déjà :
"Catholiques, mes frères très aimés, unique troupeau de l'unique Pasteur, je n'ai cure
des insultes de l'ennemi au chien de garde du bercail ; ce n'est pas pour ma défense, c'est pour la vôtre que je dois aboyer. Faut-il lui dire pourtant, à cet ennemi, qu'en ce qui touche mes
égarements, mes erreurs d'autrefois, je les condamne avec tout le monde, et n'y vois que la gloire de Celui qui par sa grâce m'a délivré de moi-même. Lorsque j'entends rappeler cette vie qui fut
la mienne, à quelque intention qu'on le fasse, je ne suis pas si ingrat que de m'en affliger ; car autant l'on fait ressortir ma misère, autant moi je loue mon médecin."
La renommée de celui qui faisait si bon marché de lui-même remplissait néanmoins la terre, en compagnie de la grâce par lui victorieuse. "Honneur à vous, écrit de Bethléhem Jérôme
chargé d'années ; honneur à l'homme que n'ont point abattu les vents déchaînés ! Ayez bon courage toujours. L'univers entier célèbre vos louanges ; les catholiques vous vénèrent et vous
admirent comme le restaurateur de l'ancienne foi. Signe d'une gloire encore plus grande : tous les hérétiques vous détestent. Moi aussi, ils m'honorent de leur haine ; ne pouvant nous frapper du
glaive, ils nous tuent en désir."
On reconnaît dans ces lignes l'intrépide lutteur que nous retrouverons en septembre, et qui laissait bientôt après sa dépouille mortelle à la grotte sacrée près de laquelle il avait abrité sa
vie. Augustin devait poursuivre le bon combat quelques années, compléter l'exposé de la doctrine catholique à l'encontre même de saints personnages, auxquels il eût semblé que du moins
le commencement du salut, le désir de la foi, ne requérait pas un secours spécial
du Dieu rédempteur et sauveur. C'était le semi-pélagianisme. Cent ans plus tard, le second concile d'Orange, approuvé par Rome, acclamé par l'Eglise, terminait la lutte en s'inspirant dans
ses définitions des écrits de l'évêque d'Hippone.
Lui cependant concluait ainsi le dernier ouvrage achevé par ses mains :
" Que ceux qui lisent ces choses rendent grâces à Dieu, s'ils les comprennent ; sinon, qu'ils s'adressent dans la prière au docteur de nos âmes, à
Celui dont le rayonnement produit la science et l'intelligence. Me croient-ils dans l’erreur ? qu'ils y réfléchissent encore et encore, de peur que peut-être ce ne soient eux qui se
trompent. Pour moi, quand il advient que les lecteurs de mes travaux m'instruisent et me corrigent, j'y vois la honte de Dieu ; et c'est ce que je demande comme faveur, aux doctes
surtout qui sont dans l'Eglise, s'il arrive que ce livre parvienne en leurs mains et qu'ils daignent prendre connaissance de ce que
j'écris."
Revenons au milieu de ce peuple d'Hippone, si privilégié, conquis par le dévouement d'Augustin plus encore que par ses admirables discours. Sa porte, ouverte à tout
venant, accueillait toute demande, toute douleur, tout litige de ses fils. Parfois, devant l'insistance des autres églises, des conciles même, réclamant d'Augustin la poursuite
plus active de travaux d'intérêt général, un accord intervenait entre le troupeau et le pasteur, et l'on déterminait que, tels et tels jours de la semaine, le repos laborieux de
celui-ci serait respecté par tous ; mais la convention durait peu ; quiconque le voulait
triomphait de cet homme si aimant et si humble, près de qui, mieux que tous, les petits savaient bien qu'ils ne seraient jamais éconduits : témoin l'heureuse enfant qui, désireuse d'entrer en
relation épistolaire avec l'évêque, mais craignant de prendre l'initiative, reçut de lui la missive touchante qu'on peut lire en ses Œuvres.
Resterait à montrer dans notre Saint l'initiateur de la vie monastique en Afrique romaine, par les monastères qu'il fonda et habita lui-même avant d'être évêque ; le législateur dont une simple
lettre aux vierges d'Hippone devenait la Règle où tant de serviteurs et de servantes de Dieu puiseraient jusqu'aux derniers temps la forme de leur vie religieuse ; enfin, avec les clercs de son
église vivant ainsi que lui de la vie commune dans la désappropriation absolue, l'exemplaire et la souche de la grande famille des Chanoines réguliers.
Quelle mort fut la vôtre, Augustin, sur l'humble couche où n'arrivaient à vous que nouvelles de désastres et de ruines ! Livrée aux Barbares en punition de ces crimes innommés du vieux monde dont
la nourricière de Rome avait eu sa si large part, l'Afrique, votre patrie, ne devait pas vous survivre. Avec Genséric, Arius triomphait sur cette terre qui pourtant, grâce à vous, parla vigueur
de foi qu'elle avait retrouvée, allait encore, un siècle durant, donner d'admirables martyrs au Verbe consubstantiel. Rendue au monde romain par Bélisaire, Dieu sembla vouloir à cause d'eux lui
ménager l'occasion de retrouver ses beaux jours ; mais l'impéritie byzantine, absorbée dans ses querelles théologiques et ses intrigues de palais, ne sut ni la relever, ni la garder contre une
invasion plus funeste que n'avait été la première. Les flots débordants de l'infidélité musulmane eurent bientôt fait de tout stériliser, dessécher et flétrir.
Enfin, après douze siècles, la Croix reparaît dans ces lieux où de tant d'Eglises florissantes le
nom même a péri. Puisse la liberté qui lui est rendue devenir bientôt le triomphe ! Puisse la nation dont relève aujourd'hui votre sol natal se montrer fière de cet honneur nouveau, comprendre
les obligations qui en résultent pour elle en face d'elle-même et du monde !
Durant cette longue nuit pesant sur la terre d'où vous étiez monté aux cieux, votre action cependant ne s'était pas ralentie. Par l'univers entier, vos ouvrages immortels éclairaient les
intelligences, excitaient l'amour. Dans les basiliques desservies par vos imitateurs et fils, la splendeur du culte divin, la pompe des cérémonies, la perfection des mélodies saintes,
maintenaient au cœur des peuples l'enthousiasme surnaturel qui s'était emparé du vôtre à l'instant heureux où, pour la première fois dans notre Occident, résonna sous la direction d'Ambroise le
chant alternatif des Psaumes et des Hymnes sacrées. Dans tous les âges, aux eaux, sorties de vos fontaines, la vie parfaite se complut à renouveler sa jeunesse sous les mille formes que le double
aspect de la charité, qui regarde Dieu et le prochain, lui demande de revêtir.
Illuminez toujours l'Eglise de vos incomparables rayons. Bénissez les multiples familles religieuses qui se réclament de votre illustre patronage. Aidez-nous tous, en obtenant pour nous l'esprit
d'amour et de pénitence, de confiance et d'humilité qui sied si bien à l'âme rachetée ; enseignez-nous l'infirmité de la nature et son indignité depuis la chute, mais aussi la bonté sans limites
de notre Dieu, la surabondance de sa rédemption, la toute-puissance de sa grâce.
Que tous avec vous nous sachions non seulement reconnaître la vérité, mais loyalement et pratiquement dire à Dieu: "Vous nous avez faits pour vous, et notre cœur est inquiet jusqu'à ce
qu'il se repose en vous."
(Aug. Confess. I, 1.)

commentaires