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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


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... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

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SALVE REGINA

13 octobre 2011 4 13 /10 /octobre /2011 11:30

Si maintenant nous passons en France, le pays de tout l'Occident où les usages liturgiques actuels s'éloignent le plus de ceux de Rome, il nous faut examiner si cette différence est ancienne et remonte au-delà de la bulle de saint Pie V.

 

Malheureusement, ce que nous avons à dire de cette Église contraste avec ce que nous avons jusqu'ici rapporté de toutes les autres. Les églises de France, à l'époque de la publication de la bulle, avaient une Liturgie formée de la romaine introduite par Charlemagne, et de ces usages particuliers qu'elles y avaient ajoutés, ensemble qui leur faisait honneur aux yeux de toute l'Europe, et qu'elles pouvaient conserver légitimement, aux termes de la bulle ; or, voilà qu'aujourd'hui, dans ces mêmes églises, on ne trouve plus rien qui rappelle cette ancienne gloire de la patrie ; d'un autre côté, on est plus éloigné encore d'y rencontrer les livres romains de la réforme de saint Pie V

 

L'Église de France remontant vers son berceau, aurait-elle osé, malgré la défense de Charlemagne et des pontifes Etienne et Adrien, inaugurer de nouveau l'antique Liturgie gallicane des Hilaire et des Grégoire de Tours ? Hélas ! non. Ce que l'on chante aujourd'hui dans nos églises, a moins de rapport encore avec le rite gallican dont nous avons parlé ailleurs honorablement, que ce rite n'en aurait avec la Liturgie romaine elle-même. Tout est sorti du cerveau de certains hommes dont quelques-uns vivent encore. Mais avant de raconter cette lamentable histoire, dans laquelle nous verrons foulés aux pieds tous les principes admis par l'Église, en matière liturgique, dans tous les siècles précédents, nous avons un tableau bien différent à offrir à nos lecteurs : celui de l'Eglise de France travaillant, de concert avec le Siège apostolique, à consolider l'unité liturgique dans son sein. Nous avons à répondre par des faits imposants et incontestables à ceux qui ont osé soutenir que la bulle de saint Pie V n'avait pas été reçue en France.

 

Nous rappellerons d'abord à nos lecteurs la vigoureuse orthodoxie que déploya, sur la doctrine liturgique, l'Université de Paris, dans la censure du bréviaire de Quignonez. Elle avait déjà fait paraître un zèle semblable en flétrissant les assertions audacieuses de Lefèvre d'Étaples sur sainte Marie-Madeleine, et d'Érasme sur saint Denys l’Aréopagite, questions qui intéressent à un si haut point les traditions de la Liturgie. Elle veillait en même temps sur les diverses éditions qu'on faisait des bréviaires diocésains, et dénonçait énergiquement toutes tentatives d'innovation par lesquelles des esprits inquiets auraient cherché à altérer le dépôt de l'antique Liturgie. C'est ainsi qu'en 1529, elle dénonça au chapitre de la cathédrale de Boissons les nouveautés qu'on avait glissées dans une nouvelle édition du bréviaire de cette église. "On a, dit la Sorbonne, introduit dans ce bréviaire beaucoup de choses étrangères et éloignées du commun usage de l'Église. Si l'on n'y portait remède, il en pourrait facilement résulter un schisme odieux et funeste dans l'Église gallicane. Si cela arrivait, votre nom maintenant glorieux serait souillé d'une tache que de longs siècles pourraient à peine effacer ; c'est donc à vous de vous opposer à un si grand mal, avant qu'il ne s'étende davantage."

 

Les docteurs expriment avec plus de précision leurs principes sur l'inviolabilité de la Liturgie, à propos d'une édition du bréviaire d'Orléans, dans une censure en règle qui est de 1548. Entre autres reproches caractéristiques qu'ils font à ce livre, on remarque les suivants :

" On a retranché dans ce bréviaire beaucoup de leçons des matines en tout ou en partie, en sorte que des fêtes de neuf leçons sont réduites à trois, et des fêtes de trois leçons n'ont plus qu'une simple mémoire. Quand ces changements n'ont pas eu lieu, les leçons ont été tronquées, les unes au commencement, les autres au milieu, d'autres à la fin. La plupart du temps, on a retranché les miracles des saints, leurs mérites, leurs invocations. On a fait disparaître plusieurs choses qui étaient propres à confirmer le dogme de l’Eucharistie, savoir, dans les histoires de saint Grégoire, de saint Benoît, de saint Ambroise et de sainte Marie Égyptienne. Plusieurs traits importants pour l’édification ont été élagués, comme le récit des jeûnes, des macérations des saints, les fondations et dotations d'églises faites par eux, par exemple, dans les fêtes de saint Antoine, saint Siméon Stylite, saint Louis, sainte Geneviève et autres. On a supprimé les hymnes propres des saints, leurs antiennes et suffrages, pour renvoyer le tout au commun, ce qui a eu  lieu  même dans les fêtes particulières à l'église d'Orléans. Il est à craindre que toutes ces choses ne produisent dans les fidèles la diminution, peut-être même l'extinction de la piété envers les saints. Les choses que l'on a retranchées pouvaient servir à édifier les fidèles dans la foi et les mœurs, et à combattre l'hérésie ; ce changement est donc une chose imprudente, téméraire et scandaleuse, et donne même quelque lieu de soupçonner l'envie de favoriser les hérétiques."

 

Telle était l'opinion de l'Université de Paris, au XVIe siècle, sur les innovations en matière de Liturgie. L'Église de France tout entière n'avait pas d'autres principes, lors de l'apparition du bréviaire et du missel réformés. Elle reconnut tout d'abord la supériorité de ces livres sur ceux qui étaient en usage dans le royaume, et comme, à cette époque, elle avait encore le droit de se réunir en conciles provinciaux, on entendit ces saintes assemblées, en même temps qu'elles réclamaient avec fermeté l'exécution des décrets du saint concile de Trente, proclamer la nécessité de se soumettre à la bulle de saint Pie V.

 

Le premier de ces conciles est celui qui fut tenu à Rouen, en 1581, par l'archevêque Charles de Bourbon, et auquel assistaient les évêques de Bayeux, de Séez, d'Évreux, de Lisieux, et les procureurs des chapitres d'Avranches et de Coutances, etc. Au chapitre deuxième, De cultu divino in genere, le concile recommande aux évêques d'examiner avec le plus grand soin les bréviaires, missels, manuels et autres livres ecclésiastiques, dans la crainte qu'ils ne contiennent quelque chose de contraire à la doctrine catholique ou aux vraies histoires des saints, ou quelque chose encore qui tienne du sortilège ou s'écarte de la discipline ecclésiastique et de la sainteté des mœurs. Les évêques devront procurer l'impression et la correction des livres liturgiques, suivant l'usage des diocèses, conformément toutefois aux constitutions de Pie V, de sainte mémoire, sur le bréviaire et le missel romains, publiés et restitués suivant le décret du saint concile de Trente. Le concile ensuite rappelle la défense faite par le Saint-Siège de se servir à l'avenir du bréviaire de Quignonez, etc.

 

On voit ici que les évêques, quoiqu'ils n'adoptent pas purement et simplement les livres romains, ne confirment que plus expressément l'obligation de se soumettre aux bulles qui les ont promulgués, puisqu'ils exigent que, dans la réimpression des usages diocésains, on applique la forme d'office publiée par ces bulles. C'est ce que l'on peut voir mis à exécution dans les rares exemplaires des bréviaires de Normandie, imprimés à la fin du XVIe et pendant le XVIIe siècle. Nous avons eu entre les mains ceux de Bayeux, de Lisieux, d'Évreux et d'Avranches : ils portent le titre : Breviarium Bajocense, Lexoviense, etc.; ad Romani formam ou ex decreto concilii Tridentini ; et, sauf les saints particuliers à chaque diocèse, le répons des premières vêpres, le neuvième répons à matines, le verset sacerdotal, et autres particularités dont nous avons énuméré la plupart au chapitre X, ils sont entièrement conformes au romain actuel. On peut donc dire que l'unité liturgique fut rétablie au XVIe siècle dans la province ecclésiastique de Rouen. Passons à celle de Reims.

 

Le concile de cette métropole fut tenu en 1583, à Reims même, par l'archevêque Louis, cardinal de Guise. Les évêques de Soissons, de Laon, de Beauvais, de Châlons-sur-Marne, de Noyon, d'Amiens, et les procureurs des évêques et chapitres de Boulogne et de Senlis, firent partie de l'assemblée. Voici ce que décrètent les Pères au chapitre de breviario, missali et agendis : "Attendu que tous les rites et formules de prières sont contenus au bréviaire, missel, agenda, ou manuel, nous exhortons les évêques de notre province à examiner avec soin ces sortes de livres, au moyen d'une commission de deux chanoines, dont l'un sera choisi par l'évêque et l'autre par le chapitre, et quand ils trouveront les bréviaires et les missels mal digérés, ou moins conformes à la piété, ils auront soin de les faire, au plus tôt, réformer et réimprimer, aux frais du diocèse, conformément à l'usage de l'Église romaine, suivant la constitution de Pie V." L'obligation de garder cette constitution est encore rappelée dans un règlement exprès, sous le titre De Cul tu divino.

 

Les  livres  de la province de   Reims,   antérieurs  au XVIIIe siècle, font foi de la fidélité avec laquelle ce règlement fut observé. Nous citerons, en exemple, ceux d'Amiens et de Noyon, qui portent en tête la clause que nous avons signalée dans ceux de Normandie, et la justifient par leur accord avec les livres de saint Pie V.

 

En la même année 1583, nous trouvons le concile de Bordeaux, tenu par l'archevêque Antoine, Prévost de Sansac, et auquel assistèrent les évêques d'Agen, d'Angoulême, de Poitiers, de Saintes, de Sarlat, et celui de Bazas, quoique de la province d'Auch. On y décréta l'adoption pure et simple du bréviaire et du missel de saint Pie V, attendu la grande pénurie des livres diocésains, qu'il serait trop long et difficile de corriger et de réimprimer. Le concile en ordonne l'usage exclusif, en public et en particulier, lequel devra être établi, en tous lieux, avant le premier dimanche de l'Avent de la même année 1583.

 

C'était aller, comme on voit, plus loin que les conciles de Rouen et de Reims, qui avaient du moins sauvé le titre diocésain des bréviaires et des missels ; mais dans beaucoup de lieux, la seule raison de l'embarras et de la dépense devait amener l'introduction pure et simple des livres romains, ainsi que nous l'avons déjà vu pour l'Église d'Aquilée.

 

Le concile provincial de Tours fut tenu aussi en 1583. Il fut présidé par Simon de Maillé, archevêque de Tours, et on y vit les évêques d'Angers, de Nantes, de Saint-Pol de Léon, de Saint-Brieuc, de Rennes, de Quimper, de Dol, de Vannes, et les procureurs des évêques du Mans, de Saint-Malo, et du chapitre de Tréguier, le siège vacant. Les Pères s'occupèrent aussi de la réforme liturgique, et l'on voit qu'à leurs yeux l'unité en cette matière était aussi précieuse qu'elle pouvait l'être à ceux des évêques de ce concile de Vannes, de 461, dont nous avons parlé au chapitre VI ; seulement, il ne s'agissait plus de l'unité restreinte aux limites d'une province ecclésiastique, mais de cette vaste et catholique unité que les pontifes romains, depuis lors, avaient établie, au prix de tant de soins, dans la Liturgie de l'Occident tout entier. Les évêques du concile de Tours ne font aucun doute de l'obligation où l'on est en tous lieux d'observer la constitution de saint Pie V, bien qu'on ne trouve nulle part, jusque-là, la plus légère trace d'une promulgation, et encore moins d'une acceptation qu'on aurait faite de cette bulle en France, soit en concile, soit autrement. Nous verrons même bientôt les gens du roi attaquer en plusieurs lieux l'autorité de cette constitution, et s'opposer aux mesures prises pour son application.

 

Les évêques du concile de Tours déclarent donc l'obligation, pour les ordinaires, de faire imprimer les missels, les bréviaires, les graduels, et autres livres nécessaires au culte divin, et de les corriger exactement, suivant la forme prescrite par le Siège apostolique et la constitution de Pie V, de sainte mémoire.

 

Dans l'exécution de ce décret, les divers diocèses de la province de Tours suivirent une conduite différente. La Bretagne, pays d'obédience, embrassa tout entière les livres romains, sans rien réserver de ses anciens usages qu'un Propre des saints par chaque diocèse. Les Églises de Tours, du Mans et d'Angers réimprimèrent leurs missels et bréviaires sous le titre diocésain, avec l'addition ad romani formam, et l'on peut voir dans les lettres épiscopales placées en tête des diverses éditions qui en ont été publiées jusqu'au changement de la Liturgie, que l'on se croyait, dans ces trois diocèses, obligé à suivre les offices de Rome, tant à cause du décret du concile de Trente et de la bulle de saint Pie V, que par le canon du concile de Tours de 1583. L'espace nous manque pour insérer ici ces importantes lettres pastorales, que chacun peut consulter en tête des divers exemplaires des bréviaires de ces trois diocèses que l'on trouve encore dans les bibliothèques publiques, et même entre les mains de plusieurs particuliers.

 

La province de Bourges tint son concile en 1584, sous la présidence de l'archevêque Renauld de Beaulne. On y vit les évêques de Saint-Flour, de Cahors, de Limoges ; les procureurs des évêques de Rodez, de Tulle, d'Albi, de Mende, de Vabres, et ceux des chapitres de Clermont et de Gastres, le siège vacant. Au titre premier, canon dixième, il est enjoint aux évêques de faire réimprimer les missels, bréviaires et autres livres liturgiques, et de les corriger, suivant le besoin. Les Pères ajoutent les paroles suivantes, qui montrent clairement la conviction où ils étaient que la réforme liturgique accomplie à Rome intéressait tout l'Occident : "S'il est des Églises qui se soient servies jusqu'ici de l'ancien office romain, qu'on les oblige à recevoir celui qui vient d'être réformé d'après le décret du concile de Trente". Il ne se peut, certes, désirer, rien de plus exprès. Dans la province de Bourges, comme dans celle de Tours, les Églises se divisèrent dans la manière d'appliquer la réforme liturgique. L'Église primatiale, et celle de Limoges, entre autres, firent imprimer, presque aussitôt après le concile, leurs bréviaires sous le titre diocésain, avec la clause dont nous avons parlé. Saint-Flour, Cahors, Rodez, Castres, etc., adoptèrent le romain pur, et firent imprimer séparément le propre diocésain.

 

L'année suivante 1585, l'archevêque d'Aix, Alexandre Canigiani, tint le concile de sa province, auquel se trouvèrent les évêques d'Apt, de Gap, de Riez, de Sisteron, et le procureur de l'évêque de Fréjus. On y fit le décret suivant : "Le saint synode désirant que tous les clercs de cette province soient unanimes dans la louange de Dieu, tant publique que privée, et considérant que, d'après la constitution du pape Pie V, il est défendu, si l'on quitte un office particulier, d'en prendre un autre que le romain ; comme, d'ailleurs, les autres églises cathédrales ne sont pas en mesure de se conformer à l'office de la métropole ; statue, prescrit et commande à tous ceux à qui il appartient, sous peine d'excommunication, et autres à la volonté de l'évêque, d'introduire dans toutes les Églises de cette province l'usage du bréviaire et du missel réformés d'après le décret du saint concile de Trente, d'ici au premier janvier de l'année prochaine 1586". Les Pères ajoutent que cette mesure leur semble préférable à la réimpression des bréviaires particuliers, qui nécessiterait de trop grands frais, et ils terminent leur décret par ces paroles qui mettent dans une nouvelle évidence (si déjà nous n'avions pas rendu cette observation banale à force de la répéter), la conformité presque matérielle de ces liturgies diocésaines de France avec la romaine, tant ancienne que réformée : "Et afin que les livres tant de l'Église métropolitaine que des autres cathédrales, ne demeurent pas inutiles, au grand préjudice de ces mêmes Églises, on les adaptera et corrigera suivant l'usage romain, aux dépens du clergé de chaque diocèse."

 

Le concile de Toulouse, en 1590, présidé par l'archevêque François, cardinal de Joyeuse, ne fut pas moins absolu que celui d'Aix, dans son décret sur l'office divin. On y vit les évêques de Saint-Papoul, de Rieux, de Lavaur, et les procureurs des évêques de Lombez, de Pamiers, de Mirepoix et de Montauban. Le canon est conçu en peu de mots : "Afin d'établir un accord plus parfait entre les chrétiens, les heures canoniales seront récitées, tant en particulier qu'en public, suivant la prescription du bréviaire romain."

 

Le dernier de nos conciles de France que nous trouvons avoir adhéré à la réforme liturgique de saint Pie V, est celui de Narbonne, tenu en 1609, par l'archevêque Louis de Vervins, et dans lequel siégèrent les évêques de Carcassonne, d'Agde, de Saint-Pons, de Nîmes, d'Uzès, d'Aleth, de Montpellier, et les procureurs des évêques de Béziers et de Lodève. Le décret,  que nous ne traduisons pas, afin de  ne pas fatiguer  le lecteur qui peut le voir dans les notes, a cela de particulier que les évêques y disent expressément recevoir la bulle de saint Pie V, et la déclarer promulguée, indiquant et signifiant les peines qui y sont déclarées contre les infracteurs. Ce langage est fort différent, comme l'on voit, de celui des  sept conciles du XVIe siècle que nous  avons cités. Au reste, la prétention des Pères du concile ne fait que rendre plus grave pour les diverses églises de la province l'obligation de reconnaître l'autorité d'une constitution reçue et approuvée d'une manière authentique.

 

Les huit conciles provinciaux dont nous venons de porter les ordonnances sur la Liturgie, nous ont fait passer en revue presque toute l'Église de France.

 

Les autres provinces, sans se réunir en concile, adoptèrent des mesures analogues pour la réforme liturgique. Lyon maintint le fonds de son office mêlé de romain et de gallican. Plusieurs des églises de cette métropole renouvelèrent, en les corrigeant, leurs anciens livres ; nous ne saurions indiquer aujourd'hui leurs noms avec précision. Langres, du moins, adopta le romain pur. Sens ne fit qu'épurer ses anciens livres à l'aide de ceux de saint Pie V. Paris, Meaux, Chartres, suivirent son exemple. Nous ne pouvons rien affirmer sur les autres églises de la province de Sens. Auch adopta purement et simplement la Liturgie romaine réformée, et le reste de la province suivit son exemple. Avignon et Embrun, avec leurs églises, firent la même chose. Il faut en dire autant de la plupart des diocèses de la province de Vienne. Quant à la métropole elle-même, elle garda l'ancien bréviaire, et n'en donna même pas d'édition corrigée.

 

Si nous passons maintenant aux diocèses qui, depuis, ont été réunis au territoire français, nous trouvons Cambrai qui adopta le romain pur ; Arras qui corrigea ses livres ; Saint-Omer, dont la Liturgie ne fut plus autre que la romaine. Dans la même province ecclésiastique, Tournai et Namur adoptèrent également le romain.

 

Pour dire un mot, en passant, sur la Belgique, nous mentionnerons le concile de Malines, en 1607, dans lequel les prélats établissent pour la réforme liturgique les mêmes règles que les évêques de France dans les conciles cités plus haut. Les évêques qui prirent part à cette Assemblée, sous la présidence de l'archevêque, furent ceux de Gand, Bois-le-Duc, Ruremonde, Bruges, Anvers et Ypres.

 

Ainsi fut rétablie en France l'unité liturgique, et cet événement eut lieu d'une manière si éclatante, qu'il n'est pas d'exemple qu'une constitution pontificale y ait été reconnue obligatoire dans un aussi grand nombre de conciles, que l'a été celle de saint Pie V, sur le Bréviaire romain. On voit aussi que ces conciles dépassèrent même dans leur obéissance au Saint-Siège les limites qu'il avait tracées. Plus d'un tiers de nos églises était en possession d'un bréviaire, romain sans doute pour le fond, mais depuis plus de deux cents ans corrigé, réformé par l'autorité diocésaine. Néanmoins les évêques jugèrent que l'unité ne pouvait être trop parfaite, et reconnaissant d'ailleurs la supériorité de rédaction du nouveau bréviaire, ils ne firent aucune difficulté, la plupart, de l'adopter purement et simplement, les autres de le faire imprimer presque en entier sous le titre diocésain. Nous ne connaissons guère que Lyon dans toute la France qui retint son ancien bréviaire, et encore ce ne fut pas sans emprunter quelques améliorations au nouveau romain.

 

Un autre événement, important pour l'unité liturgique en France, est l'introduction des livres romains réformés dans la chapelle du roi, à Paris, et dans celles des autres châteaux royaux. Cette pieuse innovation eut lieu, par ordre de Henri III, en 1583 (on ne quitta toutefois le parisien à la Sainte-Chapelle de Paris, que le mercredi des Cendres 1610). Ce prince, à la sollicitation des jésuites, auxquels l'Église catholique fut si redevable dès le XVIe siècle, avait permis, en 1580, l'impression du Bréviaire romain, qui souffrait des difficultés de la part du parlement de Paris.

 

En effet, la haine de ce corps contre tout ce qui venait de Rome, s'était déjà éveillée à l'apparition d'un ensemble de Liturgie imposé aux églises par le Saint-Siège. L'accord des divers conciles à mettre en exécution la bulle de saint Pie V, n'avait pas été sans être remarqué, et peut-être une formelle intimation faite par les gens du roi est elle la meilleure explication de la clause par laquelle le concile de Narbonne, tenu déjà dans le XVIIe siècle, a cru devoir déclarer qu'il recevait en forme cette constitution. Quoi qu'il en soit, le parlement de Paris donna, vers 1580, un insigne exemple de cette oppression religieuse que nul autre pays n'a mieux connue que le nôtre.

 

On se rappelle que le Missel de saint Pie V ne portait point au canon ces paroles Pro rege nostro. Nous avons rapporté l'action de Philippe II qui, dans son respect pour l'autorité religieuse, ne voulut pas employer son pouvoir royal pour arracher des prières au clergé espagnol. Voici maintenant ce qui se passa en France. Le parlement, toujours jaloux des droits du roi, quand il s'agissait d'opprimer l'Église, vit avec indignation l'absence du nom du roi dans le Missel romain ; mais fidèle à son plan de nationaliser l'Église, il se garda bien de conseiller au souverain de se pourvoir auprès du Saint-Siège pour obtenir la même faveur que Philippe II n'avait pas dédaigné de solliciter. De son autorité laïque, matérielle, incompétente, il fit défense, en 1580, à tous imprimeurs du royaume de publier le Missel romain, sans y ajouter le Pro rege nostro ; et depuis lors, on n'a jamais osé enfreindre ce règlement. Le temps, et plus encore, la condescendance du Siège apostolique, a pu légitimer l'emploi de ces paroles au canon de la messe ; mais l'origine de cet usage n'en remonte pas moins à une entreprise du pouvoir séculier qui prouve, d'ailleurs, assez clairement que, dans cette Espagne si méprisée, ou plutôt si mal connue, la couronne s'entendait mieux en fait de liberté de conscience qu'en France, où cette liberté ne s'est jamais développée qu'en faveur des hérétiques.

 

Cette mauvaise humeur des parlements contre les livres romains  semble déjà présager dans l'histoire la réaction qui devait avoir lieu un jour en France contre les antiques principes de la Liturgie. Car, il faut bien l'avouer, les magistrats ne se sentaient pas seuls dans cette opposition ; un parti se formait sourdement dans le clergé, et la haine de Rome fermentait déjà dans plus d'un cœur. On en vit une démonstration bien significative de la part de la Sorbonne, en 1583. L'évêque de Paris, Pierre de Gondy, ayant songé à introduire les livres romains dans sa cathédrale, comme ils venaient d'être introduits par le roi lui-même dans sa chapelle, le Chapitre de Notre-Dame forma opposition contre cette intention du prélat, prétendant, avec fondement, que le Bréviaire et le Missel de Paris se trouvaient dans le cas de l'exception prévue par la bulle ; qu'on ne devait point abolir un rite dont la renommée s'était répandue non seulement par toute la France, mais dans presque toutes les autres églises de l'univers ; et conclut à la simple correction des livres parisiens par les commissaires déjà députés à cet effet. La commission continua donc son travail, mais elle s'en acquitta avec tant de zèle pour les usages romains réformés, qu'elle y fit entrer la presque totalité du Bréviaire de saint Pie V

 

Nous venons de voir, d'ailleurs, que le Chapitre, par le fait même qu'il croyait l'Église de Paris dans le cas de l'exception prévue par la bulle, reconnaissait la valeur de cette constitution. Paris doit donc être mis au rang des Églises qui prirent part à la réforme liturgique de saint Pie V. Quant au refus que firent les chanoines de prendre le romain pur, nous sommes loin de le blâmer. Il était trop juste que cette Liturgie romaine-française, enrichie par Robert le Pieux, Fulbert, Maurice de Sully ; que plusieurs ordres religieux avaient adoptée ; qui avait pénétré jusque dans les églises de Jérusalem, de Rhodes, de Sicile, demeurât debout comme une de nos gloires nationales.

 

Abolie déjà, dans la plupart des cathédrales françaises par l'introduction des livres romains, Paris, du moins, ne devait pas la laisser périr ; Rome elle-même avait préparé les voies à cette conservation par les clauses de sa bulle. Si donc aujourd'hui, cette belle et poétique forme du culte catholique n'est plus, demandons-en compte, non au Siège apostolique, mais aux Parisiens modernes qui, cent ans plus tard, se plurent à renverser l'antique et noble édifice que leurs pères avaient défendu avec tant d'amour.

 

C'est que malheureusement, comme nous le disions tout à l'heure, un parti se formait qui devait, au temps marqué, poursuivre l'œuvre romaine de la Liturgie, jusque dans les livres diocésains. La Sorbonne recelait des hommes de ce caractère, et l'histoire nous a conservé le scandaleux avis que cette Faculté, ou plutôt quelques-uns de ses membres, consultés par le Chapitre de Paris, donnèrent contre l'adoption projetée des livres romains. Le lecteur trouvera cette étrange pièce ci-après en note : nous en choisissons seulement ici les principaux traits.

 

Après quelques banalités sur le grand bien qu'il y a dans la variété, comme si l'unité n'était pas aussi une chose désirable, les docteurs disent leur véritable pensée : "L'adoption du Bréviaire romain diminuerait beaucoup l'autorité des évêques et des diocèses. Les promoteurs de cette mesure sont gens qui veulent faire leur cour". Les évêques ont puissance de police et de règlement dans leurs diocèses, comme l'évêque de Rome dans le sien ; ce grand bien serait ébranlé par le changement a en question. Cette entreprise serait contre la liberté de l'Église gallicane qui, si elle se soumettait à celle de Rome dans une chose aussi capitale, lui demeurerait assujétie en tout le reste :  car l'accessoire suit le principal. Il n'y a pas plus de raison à ce que tous les prêtres disent en tous lieux un même bréviaire, qu'il n'y en a à ce que tous les laïques adressent à Dieu la même prière. Après tout, que résulte-t-il autre chose de ceci, si ce n'est l'accroissement non de la religion, mais de la superbe et ambition romaines ? Que la crête du coq gaulois ne le cède pas ainsi au sourcil romain ! Il ne s'agit pas ici de religion, mais d'orgueilleuse fourberie. Si les évêques connaissent ce qu'ils sont, ils doivent savoir qu'ils ont pouvoir de régler la forme de la prière, aussi bien que le pape dans son diocèse de Rome; autrement, ils ne seraient que les chapelains du pape."

 

Voilà, certes, de la franchise : toute la pièce est dans le même goût. Les docteurs se prévalent surtout de l'inconvenance qu'il y aurait de renoncer au culte des saints du diocèse, en adoptant le calendrier romain. Cette difficulté n'est pas sérieuse, puisque tout le monde sait que, dans tous les diocèses où l'on suit le romain pur, on est autorisé à joindre au bréviaire un Propre des saints locaux qui peut être aussi complet qu'on le désire. Au reste, dans une cause qui fut plaidée en parlement, en 1603, et dont nous parlerons ailleurs, l'avocat du roi, Servin, ayant inséré cet acte de la Sorbonne en son plaidoyer, la Faculté réclama contre l'insertion et contre l'acte lui-même qui doit donc être considéré, non comme l'avis de tous les membres de cette Compagnie, mais simplement, ainsi que nous avons dit, comme la manifestation d'un esprit de révolte dans quelques particuliers. Nous verrons bientôt le terrible incendie qu'alluma cette étincelle cachée un moment sous la cendre.

 

Achevons le tableau de la réforme liturgique dans l'Église latine, au XVIe siècle.

 

DOM GUÉRANGER

INSTITUTIONS LITURGIQUES : CHAPITRE XV : RÉFORME   CATHOLIQUE  DE   LA  LITURGIE.  —   PAUL   IV.   PIE   IV. — CONCILE   DE  TRENTE.   SAINT   PIE   V.    BREVIAIRE   ROMAIN. MISSEL ROMAIN. — INTRODUCTION DE LA LITURGIE REFORMEE EN ITALIE, EN ESPAGNE, EN FRANCE ET DANS LE RESTE DE L'OCCIDENT. — PALESTRINA. — SIXTE-QUINT. CONGRÉGATION DES RITES. — GRÉGOIRE XIII. RÉFORME DU CALENDRIER. MARTYROLOGE ROMAIN. — CLÉMENT VIII. PONTIFICAL ROMAIN. CÉRÉMONIAL ROMAIN. — AUTEURS LITURGISTES DU XVIe SIÈCLE. 

 

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Missel Parisien

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