"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.
Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.
Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."
Evangile de Jésus-Christ selon saint Jean
" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."
Évangile de Jésus Christ selon saint Jean
1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II
Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II
Notre Dame de Grâce
" J 'étais en bas, tout en bas, avec Dieu et le diable, les deux se sont battus, et Dieu a gagné !"
" J'ai saisi la main de Dieu, c'était la meilleure main. J'ai toujours su que Dieu allait nous sauver."
- Mario Sepulveda à sa sortie le 13 octobre 2010
pour les 33 mineurs pris au piège sous terre dans le désert d'Atacama du Chili depuis le 5 août
Béatification du Père Popieluszko
à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ
Procession à Kriusha en Russie le samedi 7 août 2010
Procession du Saint Sacrement à Port-au-Prince le 3 juin 2010
Séisme en Haïti

Père Alphonse Kenel - Dimanche 17 janvier 2010, Port-au-Prince, Haïti
Témoignage d'un prêtre haïtien du diocèse de Lille

Près de 47 religieux ont perdu la vie dans le tremblement de terre du 12 janvier à Port au Prince, capitale d'Haïti.
ZENIT.org

Notre-Dame de Paris : Messe du 16 janvier 2010 pour les
victimes du tremblement de terre en Haïti

Carmélites d'Haïti saines et
sauves
Varsovie, avril 2010
Basilique du
Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde
Divine
La miséricorde de Dieu
est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)

Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus
absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de
l’amour.
Père Marie-Joseph Le
Guillou

Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.
Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.
Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)

Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en
Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant
Jésus

feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de
Montmartre
NOTRE DAME
CONFÉRENCES
DE CARÊME 2010
Pour ce Carême 2010, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a choisi pour thème le Concile Vatican II : la perspective historique dans laquelle il s’inscrit, l’actualité et la force
de ses principaux documents, le sens de la réforme liturgique qui lui est lié et le renouvellement qu’il permet dans l’œcuménisme et dans les rapports de l’Eglise au peuple d’Israël et aux autres
religions. le programme des
conférences 2010
>
la première Conférence de Carême
> la 2e Conférence de
Carême
> la 3e Conférence de
Carême
> la 4e Conférence de
Carême
> la 5e Conférence de
Carême
> la 6e Conférence de
Carême

Ordinations du
samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris

la vidéo sur
KTO

Magnificat
Ordinations Sacerdotales 2010 le samedi 26 juin à Notre Dame de Paris

Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de
Paris
NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des
Victoires

... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !
Et Lutèce devint Paris
Crypte archéologique du parvis de Notre-Dame
Métro : Cité
tous les jours de 10h à 18h, sauf les lundis, jours fériés et dimanches de Pâques et de Pentecôte
du 15 mars 2011 au 26 février 2012
LIVRES

Une mission de
liberté - un livre d'entretiens avec le Cardinal Vingt-Trois
> l'article de Mgr Riocreux
Monseigneur Darboy (1813-1871) Archevêque de Paris entre Pie IX et Napoléon, Jacques-Olivier BOUDON, édtions du Cerf, août 2011

Dans le sillon du Père
Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière

Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle,
fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un
temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu. Spiritualité 2000

Prières du Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières ferventes, méditations intérieures, oraisons
contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.

Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes,
à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure
À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum
l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est
déjà un fruit de la grâce de Dieu» : Le baptême est quelque chose de simple par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et
dans le monde

Prions en église - évangile du jour, méditations, psaumes, liturgie
SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ
BENOÎT XVI à CHYPRE
Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010
Agia Kyriaki Chrysopolitissa, Paphos, Chypre, Vendredi 4 juin 2010
Nicosie, samedi 5 juin 2010, Porte de Paphos, devant l'église de la Sainte Croix pour la Messe de l'Exaltation de la Croix
Nicosie, Dimanche 6 juin 2010, Messe à l'Eleftheria Sport Palace
Voyage de Benoît XVI au Portugal du 11 au 14 mai
Programme du pèlerinage de Benoît XVI
Messe à Lisbonne le mardi 11 mai
sur l'esplanade du Terreiro do Paço
Pèlerinage à Notre Dame de Fatima
mercredi 12 mai
jeudi 13 mai
Messe à Notre Dame de Fatima
Messe à Porto
Vendredi 14 mai après la Messe
un étudiant de Porto offre une guitare à Benoït XVI
" Merci de votre témoignage de foi" a dit le pape aux étudiants des universités qui ont eux aussi voulu rencontrer Benoît XVI à Porto. Ils ont choisi le moment où, après la messe, il a salué la foule depuis le balcon qui domine toute l'Avenida dos Aliados.
" Je suis heureux d'être parmi vous et je vous remercie pour l'accueil joyeux et cordial que vous m'avez réservé à Porto, la Cité de la Vierge", a dit le pape à la foule de plus de 120.000 personnes.
" J'aurais volontiers accepté votre invitation à prolonger mon séjour dans votre ville, mais cela ne m'est pas possible", a-t-il fait remarquer en souriant et sous les applaudissements.
" Permettez-moi donc, au moment de repartir, de vous embrasser tous affectueusement dans le Christ, notre Espérance, et en vous bénissant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit."

Vierge de Vladimir

08-03-2010
Appel en faveur des chrétiens de Terre Sainte
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Pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte
Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre
Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)
La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses

Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI
La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en
Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.
La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.
Custodia Terrae Sanctae

Mgr Fouad Twal :
" Jérusalem est la clé de
la paix dans le monde"
" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans
l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."
" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."
" Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce
qui ne va pas."
" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet
prochain."
Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."
l'entretien intégral en ligne
Patriarcat latin de Jérusalem
Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté
de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.
Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces
particulières.
La preghiera per il viaggio del Papa in
Terra Santa

Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)
Jordanie, Israël et Territoires palestiniens
ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org)
- Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).
à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions
Vendredi 8 mai : Jordanie

14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman
15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion
17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II

Samedi 9 mai : Jordanie
7 h 15 : Messe en privé à la nonciature
9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)

Visite de l'ancienne basilique
10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba
11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman

11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités
17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.

Dimanche 10 mai : Jordanie

10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli

17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ

18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).
Lundi 11 mai : Israël
7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman
10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman
10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h

11 h : Cérémonie de bienvenue
Voyage vers Jérusalem
16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres

17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem

18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux

Mardi 12 mai : Jérusalem
9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher

10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem
10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël

11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle
12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem

13 h : Déjeuner avec les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin

16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat
Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai

P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron
Mercredi 13 mai : Bethléem
9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel
10 h : Messe sur la place de la Crèche

12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains
15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité
16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem
16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours

18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne
18 h 40 : Cérémonie de congé
Jeudi 14 mai : Nazareth

10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice

Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth
12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape
15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël
16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée

17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation
17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux
Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv
7 h 30 : Messe en privé à la nonciature
9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe
10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre



11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques
13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv

14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50
Une Jérusalem artificielle... mais unie ! par ABRAHAM RABINOVICH - Le Jerusalem Post 18.05.2010

Yahad-In Unum
![]()
Vicariat hébréhophone en Israël
Chrétiens arabes en Israël à la recherche d’une identité
Appel de Benoît XVI à la pénitence
" Je dois dire que nous, chrétiens, même ces derniers temps, nous avons souvent évité le mot pénitence, qui nous semblait trop dur. Maintenant sous les attaques du monde qui nous parle de nos péchés, nous voyons que pouvoir faire pénitence est une grâce et nous voyons la nécessité de faire pénitence, de reconnaître les erreurs dans notre vie." -extrait de l'homélie de Benoît XVI
Le Pape invite les chrétiens à reconnaître leurs erreurs
Pénitence - la-Croix.com : le commentaire d'Isabelle de Gaulmyn
Messe au Terreiro do Paço à Lisbonne le 11 mai 2010
" Les souffrances de l'Eglise viennent de l'intérieur même de l'Eglise, du péché qui existe dans l'Eglise.
" Cela aussi on l'a toujours su, mais nous le voyons aujourd'hui de façon réellement terrifiante : la plus grande persécution contre l'Eglise ne vient pas d'ennemis du dehors, mais elle naît du péché dans l'Eglise, et l'Eglise a donc un profond besoin de réapprendre la pénitence, d'accepter la purification, d'apprendre d'une part le pardon mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice.
" Nous devons nous rappeler que le Seigneur est plus fort que le mal et la Vierge est pour nous la garantie visible, maternelle, de la bonté de Dieu, qui a toujours le dernier mot dans l'histoire."
Benoît XVI
pèlerinage de Notre Dame de Fatima - 11 mai 2010
Messe de clôture de l'Année Sacerdotale
11 juin 2010, Place Saint Pierre
" Il est arrivé qu'au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres, en particulier l'abus à l'égard des petits.
" Nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir."
Benoît XVI
Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !
Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !
Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !



Notre-Dame de Paris : déposer une
intention de prière
Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.
Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.
Je n'ai rien à offrir et rien à demander.
Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.
Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela
Que je suis votre fils et que vous êtes là
Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.
Midi !
Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.
Ne rien dire, regarder votre visage,
Laisser le cœur chanter dans son propre langage.
Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,
Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.
Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,
La femme dans la Grâce enfin restituée,
La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,
Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.
Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,
Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.
Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,
Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.
Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,
Parce que vous êtes là pour toujours,
Simplement parce que vous êtes Marie,
Simplement parce que vous existez,
Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !
Paul Claudel
La Vierge à midi
SALVE REGINA
Voilà dans ses exemples le précis et l'abrégé de sa morale, de cette morale également ennemie de tout excès, soit de relâchement, soit de rigueur ; de cette morale qui ne ménage et ne flatte personne, mais aussi qui ne décourage et ne rebute personne ; de cette morale qui joint si bien ensemble, et toute la douceur, et toute la perfection de la loi évangélique.
BOURDALOUE
Les évêques, dit saint Denis, sont les princes de la hiérarchie ecclésiastique ; il leur appartient donc de perfectionner les fidèles, comme les anges dans la hiérarchie céleste, perfectionnent ceux qui leur sont inférieurs. De là vient, ajoute saint Thomas, l'obligation indispensable qu'ont les évêques d'être parfaits, puisqu'il n'est pas possible, au moins dans l'ordre naturel des choses, qu'ils communiquent aux autres, par leur action, ce qu'ils n'ont pas eux-mêmes. Cette vérité, dont les exemples particuliers ne nous convainquent pas toujours, se trouve pleinement justifiée dans notre illustre prélat. Il a été choisi de Dieu pour répandre l'esprit de piété dans tout le corps de l'Eglise, et il l'a fait par trois excellents moyens : par la douceur de sa doctrine, par la douceur de sa conduite, par la douceur de ses exemples. C'est ce qui l'a élevé à un si haut rang, et placé, comme l'Agneau de Dieu, sur la sainte montagne : Et vidi, et ecce Agnus stabat supra montem Sion (Apoc, XIV, 1.).
La piété tire un merveilleux secours de la doctrine, mais toute doctrine n'est pas propre à la piété. Sans parler de la fausse doctrine qui séduit, de la mauvaise doctrine qui corrompt, de la doctrine profane qui enfle, il y en a d'autres qui, toutes bonnes et toutes saintes qu'elles sont, ou surpassent l'esprit par leur élévation, ou l'épuisent par leur subtilité, ou l'accablent par leur rigueur : les unes l'éclairent sans l'émouvoir ; d'autres le touchent sans l'instruire; celles-ci sont trop mystérieuses, et l'embarrassent ; celles-là trop austères, et le rebutent. Pourquoi, de tant d'éloquentes prédications et de tant de livres remplis de piété, y en a-t-il si peu qui nous l'inspirent ? C'est que la doctrine des hommes parlant et d'un esprit défectueux et d'un sens particulier, elle tient toujours des qualités de son principe, et par conséquent ne peut être ni parfaite, ni universelle ; si elle entre dans un cœur, elle en trouve un autre fermé ; pour un qui la reçoit, cent l'écoutent avec indifférence : au lieu que celle qui vient de Dieu se fait comprendre à tous, et goûter de tous : Et erunt omnes docibiles Dei (Joan., VI, 45.). Or, telle est la merveille que je découvre dans le grand et incomparable François de Sales : sa doctrine est une viande, non de la terre, mais du ciel, qui de la même substance nourrit, aussi bien que la manne, toutes sortes de personnes. Et je puis dire, sans blesser le respect que je dois à tous les autres écrivains, qu'après les saintes Ecritures, il n'y a point d'ouvrages qui aient plus entretenu la piété parmi les fidèles, que ceux de ce saint évêque. Oui, Chrétiens, les Pères ont écrit pour la défense de notre religion, les théologiens pour l'explication de nos mystères, les historiens pour conserver la tradition de l'Eglise ; ils ont tous excellé dans leur genre, et nous leur sommes à tous redevables ; mais pour former les mœurs des fidèles, et pour établir dans les âmes une solide piété, nul n'a eu le même don que l'évêque de Genève. Son introduction seule à la vie dévote, combien a-t-elle converti de pécheurs ? combien a-t-elle formé de religieux ? combien d'hommes et de femmes a-t-elle sanctifiés dans le mariage ? combien, dans tous les états, a-t-elle fait de changements admirables ? Je vous le demande, Chrétiens ; car pourquoi citer ici les souverains pontifes, les cardinaux, les princes et les rois qui lui ont donné tant d'éloges, et pourquoi rapporter un nombre presque infini de miracles que la lecture de ce livre a produits ? Vous l'avez entre les mains ; et une des marques les plus évidentes de son excellence et de son prix, c'est que dans le christianisme il soit devenu si commun. L'avez-vous jamais ouvert sans vous sentir excités à la pratique de la vertu, sans concevoir de saints désirs d'être à Dieu, sans que l'Esprit de grâce vous ait parlé intérieurement, sans que la conscience vous ait fait quelque reproche ? or, ce que vous avez éprouvé, mes chers auditeurs, est une expérience générale et la meilleure preuve que la proposition que j'ai avancée, savoir, que François, par sa doctrine, a répandu dans les cœurs l'esprit de la vraie piété.
Mais qu'y a-t-il donc dans cette doctrine qui la rende si universelle et si efficace ? qui fait que ni les savants n'y trouvent rien au-dessous d'eux, ni les faibles rien de trop relevé ; qu'elle convient à toutes sortes de conditions, qu'il n'y a point de tempérament qui n'en ressente l'impression ? C'est, mes Frères, cette douceur inestimable qui faisait distiller de la plume de notre saint évêque, comme des lèvres de l'Epouse, le lait et le miel : Favus distillans labia tua, mel et lac sub lingua tua (Cant., IV, 11.). Voilà ce qui a donné tant de goût pour ses ouvrages aux âmes les plus mondaines et les moins sensibles à la piété. Prenez garde, au reste ; je ne dis pas que la doctrine de François de Sales soit douce dans ses maximes. Il n'y a rien de si difficile dans la loi chrétienne qu'elle n'embrasse, mais en cela même elle est plus conforme à celle de Jésus-Christ. Le Sauveur, remarque saint Augustin, dit que son joug est doux. Jugum meum suave est (Matth., XI, 30.) : pourquoi ? parce qu'il nous impose une charge plus légère ? non sans doute : trois additions à la loi écrite, qu'il exprime en ces termes : Ego autem dico vobis (Ibid., V, 22. ), sont d'une observance plus rigoureuse que tous les anciens préceptes. Le joug du Seigneur est doux, ajoute ce Père, non point à raison de sa matière, car c'est un joug ; mais par la grâce de l'Evangile, qui nous aide à le porter. Ainsi la morale que François a enseignée, est en elle-même une morale sublime et de la plus haute perfection ; mais suivant le dessein de son Maître, il a, par fonction de ses écrits, adouci l'amertume de la croix, que Jésus-Christ avait rendue si désirable et si précieuse, en la détrempant dans son sang. Ah ! Chrétiens, si la morale de ce saint prédicateur, seulement tracée sur le papier, est encore si puissante, que ne pouvait-elle point quand elle était vivante et animée ? et lorsqu'elle partait immédiatement de ce cœur embrasé du zèle le plus pur et le plus ardent, quel feu ne devait-elle pas répandre partout ? De vous dire que François de Sales a été l'oracle de son temps, que Paris l'a admiré, que les parlements de France, par des députations honorables, l'ont recherché pour entendre sa doctrine, qu'il fut l'apôtre de la cour, ce serait peu ; et si vous savez peser les choses au poids du sanctuaire, vous l'estimerez plus sortant de ce grand monde d'admirateurs qui le suivaient en foule, et se retirant dans le désert, c'est-à-dire quittant la cour et Paris, pour consacrer les carêmes entiers aux moindres villes de son diocèse, et aimant mieux, comme Jésus-Christ, prêcher dans les bourgades, que dans Jérusalem. De là même aussi, ces bénédictions abondantes que Dieu donnait à son ministère ; de là ces soupirs que poussaient vers le ciel ses auditeurs, et ces larmes qui coulaient de leurs yeux. De là ces fruits de pénitence qu'il recueillait après ses prédications évangéliques, comme le seul tribut qu'il prétendait tirer de cet emploi : recevant les pécheurs, écoutant leurs confessions, les encourageant et les consolant, leur prescrivant des règles de vie conformes à leur état, et tout cela avec cette sage douceur qui les convainquait, et qui les attachait inviolablement à leurs devoirs. Un des souhaits de saint Fulgence était de voir saint Paul prêchant l'Evangile ; et ne vous sentez-vous pas, Chrétiens, touchés du même désir à l'égard de François de Sales ? Or il est aisé de vous satisfaire : l'évêque de Genève vit encore dans ses écrits, parce qu'il y a laissé tout son esprit : choisissez-le pour votre prédicateur ; en tout temps et en tous lieux vous pouvez l'entendre. Je n'aurai pas peu fait pour votre salut, si je puis vous engager à cette sainte pratique : et cet homme de Dieu aura la gloire de continuer, après sa mort, ce qu'il a si heureusement commencé pendant sa vie, lorsqu'il a établi la piété et le culte de Dieu par la douceur de sa doctrine.
Ce sujet est trop vaste, mes chers auditeurs, pour le renfermer dans un seul discours. A cette douceur de la doctrine , François joignit la douceur de la conduite dans le gouvernement des âmes ; et quel nouveau champ s'ouvre devant moi ! que dirai-je des effets merveilleux que produisit dans l'Eglise une telle direction ? Je n'en veux qu'un exemple : il est mémorable. Je parle de ce saint ordre qu'il a institué sous le titre de la Visitation de Marie. Oui, Chrétiens, c'est à la conduite de son instituteur, à cette conduite également religieuse et douce, qu'il doit sa naissance ; c'est sur cette conduite qu'il est fondé, c'est par cette conduite qu'il subsiste. Vous le savez : Dieu choisit l'illustre et vénérable dame de Chantai pour l'exécution de ce grand ouvrage, et l'adressa à François de Sales, auquel il avait inspiré le même dessein. Dès qu'elle a vu ce saint prélat, qu'elle l'a entendu, la voilà d'abord gagnée par l'attrait de sa douceur ; cette femme forte que nous avons enfin trouvée dans notre France : Mulierem fortem quis inveniet (Prov., XXXI, 10.) ? connaît bientôt que son saint directeur agit de concert avec Dieu dans cette affaire : Gustavit et vidit quia bona est negotiatio ejus : cela suffit ; et sans une plus longue délibération, elle se résout à tout entreprendre pour seconder son zèle : Manum suam misit ad fortia. Elle rompt les liens qui la tiennent attachée au monde ; elle quitte sa patrie, et va dans une autre terre planter une nouvelle vigne qui devait fructifier au centuple et se répandre de toutes parts : De fructu manuum suarum plantavit vineam. A peine a-t-elle mis la main à l'œuvre du Seigneur, qu'un nombre de saintes vierges se joignent à elle pour prendre part au travail, et pour s'enrichir de grâces et de vertus : Multœ filiœ congregaverunt divitias. Telle fut l'origine de cet ordre si florissant. Vous me demandez quelle est sa loi fondamentale ? la voici dans les paroles du Sage, au même endroit : Et lex clementiœ in lingua ejus ; une autre version porte , lex mansuetudinis : c'est la loi de douceur, cette loi extraite du cœur de François, pour être gravée dans celui de ses filles en Jésus-Christ ; car il ne fallait pas qu'une si belle vertu mourût dans sa personne : et si le double esprit du Prophète dut être transmis à un autre, il était encore plus important que l'esprit simple et doux de ce glorieux fondateur fût multiplié : Mansuetudo multiplicavit me. Il semble en effet, que dans ces excellentes lettres par où il forma ce cher troupeau dont il était le conducteur, il ne leur recommande rien autre chose que la douceur de l'esprit : cette douceur d'esprit est le sujet ordinaire de ces admirables entretiens que nous lisons, et qu'il avait avec ces âmes prédestinées : à cette douceur d'esprit il rapporte toutes les constitutions de son ordre. Pourquoi, de toutes les congrégations religieuses, celle-ci est-elle spécialement favorisée du ciel ? pourquoi, par un avantage assez rare, lorsque le temps altère tout, croît-elle sans cesse dans la perfection de son institut, au lieu d'en dégénérer ? pourquoi se remplit-elle tous les jours de tant de sujets distingués, et par la splendeur de leur naissance et par le mérite de leurs personnes ? C'est que l'esprit de François y règne, c'est qu'elle est gouvernée par sa douceur. Je ne dis pas ceci, mes très chères Sœurs, pour vous donner la préférence au-dessus de tous les ordres de l'Eglise ; vous les devez honorer, et ce sera toujours beaucoup pour vous d'être les plus humbles dans la maison de Dieu. Mais je vous le dis pour vous faire encore plus aimer cette douceur qui vous doit être si précieuse , puisque c'est l'héritage de votre père, et que vous ne la pratiquerez jamais selon ses règles, sans triompher de toutes les passions, sans acquérir toutes les vertus, et sans vous élever comme lui, jusqu'au sommet de la montagne ou de la sainteté évangélique : Et vidit, et ecce Agnus stabat supra montem Sion , et cum eo centum quadraginta quatuor millia (Apoc, XIV, 1.).
Quand le grand évêque de Genève, par la douceur de sa conduite et pour l'avancement de la piété, n'aurait rien fait davantage que d'établir dans le christianisme un ordre où Dieu est si parfaitement et si constamment servi, ne serait-ce pas assez, et ne trouverais-je pas en cela même l'ample matière d'un des plus solides et des plus magnifiques éloges ? Mais non, Chrétiens, Dieu a prétendu de lui, il attend aujourd'hui de moi quelque chose de plus : Dieu, dis-je, a prétendu de lui que, par la douceur de ses exemples, il fit renaître en vous l'esprit de la piété chrétienne ; et Dieu attend encore de moi qu'en vous les proposant, je contribue à une fin si importante. Oubliez, s'il est possible, tout ce j'ai dit, et regardez seulement la vie de François de Sales : c'est un des plus excellents modèles que vous puissiez imiter. Hélas ! mes chers auditeurs, où la piété en est-elle maintenant réduite ? François de Sales lui avait donné du crédit : elle régnait de son temps jusque dans la cour, où il l'avait introduite avec honneur : et présentement n'est-elle pas en quelque sorte bannie de la société des hommes ? Les libertins méprisent insolemment ses maximes, et elle passe parmi ces prétendus esprits forts pour simplicité et pour faiblesse, parce qu'elle nous fait dépendre de Dieu, et qu'elle nous assujettit à la loi de Dieu. Les grands, dont elle devait être autorisée, l'abandonnent, parce qu'elle ne peut compatir avec l'ambition et l'intérêt qui les dominent : tout le reste à peine la connaît-il, tant il est aveugle et grossier : on se contente de vivre, sans penser à vivre chrétiennement. Ce désordre n'est-il pas tel que je le dis ; et si nous avons encore quelque sentiment de religion, n'en devons-nous pas être touchés ? Mais quoi ! mes Frères, ne le corrigerons-nous point, ce désordre si déplorable ; et faisant profession de garder si exactement tous les devoirs où la vie civile nous engage, n'aurons-nous nul soin de cette belle vie qui fait toute la perfection d'un chrétien ? Ah! du moins, considérez ici le modèle que je vous présente : il vous fera voir ce que c'est que la piété ; il vous la fera non seulement estimer, mais aimer. La Providence, qui voulait nous donner François pour exemple, l'a attaché à une vie commune, afin qu'elle n'eût rien que d'imitable : il n'a point passé les mers, pour aller dans un nouveau monde chercher de l'exercice à son zèle : il est demeuré dans sa patrie, mais il y a été prophète et plus que prophète, puisqu'il en a été le salut. Voilà ce que vous pouvez faire par proportion dans vos familles, et n'y êtes-vous pas indispensablement obligés ?
François n'a point refusé les bénéfices de l'Eglise : il était plus nécessaire qu'il nous enseignât à les bien recevoir. Voyez s'il y est entré par des considérations humaines, et déplorez les abus et les scandales de notre siècle où ce sont des vues intéressées, des vues ambitieuses qui nous servent de vocation pour tous les états, même les plus saints. De cet exemple vous tirerez deux règles de conduite ; l'une particulière, l'autre générale : car d'abord vous apprendrez en particulier avec quel esprit vous devez approcher de l'autel du Seigneur et paraître dans son sanctuaire ; que c'est le Seigneur même qui doit vous appeler à ce sacré ministère, et non point vous qui ayez droit de vous y porter. Et, par une conséquence plus générale, vous conclurez ensuite que Dieu étant le maître de toutes les conditions, c'est à lui de les partager, à lui de vous les marquer, à lui de vous choisir, sans qu'il vous soit permis de prévenir ou d'interpréter son choix à votre gré. Si ces règles étaient fidèlement observées, nous ne verrions pas dans les bénéfices et les dignités ecclésiastiques tant de sujets qui ne s'y sont ingérés que par la faveur, que par l'intrigue, que par les voies les plus sordides et les plus basses, et nous n'aurions pas encore la douleur de voir dans le monde tant d'hommes sans mérite, sans talent, sans nulle disposition occuper les places les plus honorables et se charger des fonctions les plus importantes.
François, en acceptant la dignité épiscopale, ne nous a pas donné le même exemple de renoncement, que plusieurs autres qui ont pris la fuite et se sont cachés dans les déserts pour éviter ou un fardeau, ou un honneur qu'ils craignaient. Mais j'ose dire néanmoins qu'en cela même il a fait quelque chose de plus rare et de plus instructif pour nous : car se trouvant engagé à une Eglise pauvre et désolée dont Dieu lui avait confié le soin, jamais rien ne l'en put séparer. C'était son épouse ; et, toute défigurée qu'elle paraissait à ses yeux, il lui fut toujours fidèle : en sorte qu'il la préféra à tout ce qu'on put lui offrir de plus spécieux et de plus brillant. Un tel exemple n'a-t-il pas je ne sais quoi qui gagne le cœur ? Vous me demandez, Chrétiens, quelle application vous en pouvez faire à vos mœurs ? rien de plus juste et de plus nécessaire à une solide piété. C'est d'aimer la condition où Dieu vous a appelés, quelle qu'elle soit ; de vous y tenir, et de ne chercher rien au delà, persuadés que si vous y suivez les vues de la Providence, si vous y demeurez par l'ordre de Dieu, il n'y a point de condition où vous n'ayez tous les moyens de vous sanctifier. C'est de réprimer ces insatiables désirs qu'inspirent aux âmes mondaines ou l'envie d'avoir, ou l'envie de paraître ; formant toute votre vie sur les grandes maximes du véritable honneur, de la raison, de la foi, et n'écoutant point ces faux principes qu'on se fait dans le siècle et même dans l'Eglise, pour viser sans cesse plus haut, et pour ne mettre jamais de bornes à ses prétentions. Dès que vous saurez ainsi vous fixer, vous ne serez plus si entêtés de votre fortune, si distraits et si dissipés ; vous vous préserverez de mille écueils où l'innocence échoue ; et, plus attentifs sur vous-mêmes, vous serez plus en état de goûter Dieu, et de marcher tranquillement et avec assurance dans ses voies.
François, revêtu de l'épiscopat, a fait consister sa perfection dans la pratique des devoirs propres de son ministère, visitant son Eglise, tenant des synodes, conférant les ordres sacrés, instruisant les prêtres, dirigeant les consciences , prêchant la parole de Dieu, administrant les sacrements. En tout cela rien d'extraordinaire, sinon qu'il le faisait d'une manière non ordinaire, parce qu'il le faisait en saint : c'est-à-dire parce qu'il le faisait avec fidélité, descendant à tout, jusques à converser avec les pauvres, et à enseigner lui-même la doctrine chrétienne aux enfants ; parce qu'il le faisait avec assiduité, ayant ses heures, ses jours, tous ses temps marqués, et donnant à chacun ce qui lui était destiné : parce qu'il le faisait avec persévérance et sans relâche, s'élevant au-dessus de tous les dégoûts, de tous les ennuis, de toutes les humeurs, principes de ces vicissitudes et de ces changements perpétuels, qui, selon les différentes conjonctures, nous rendent si différents de nous-mêmes ; parce qu'il le faisait toujours avec une ferveur vive et animée, ne se déchargeant point sur les autres de ce qu'il pouvait lui-même porter : le premier au travail, et le dernier à le quitter ; ne comptant pour rien les fatigues passées, et ne pensant qu'à en prendre de nouvelles et qu'à recommencer : enfin, parce qu'il le faisait avec une droiture et une pureté d'intention qui relevait devant Dieu le prix de toutes choses, même des plus légères en apparence, et leur imprimait un caractère de sainteté, n'ayant en vue que Dieu, que le bon plaisir de Dieu, que l'honneur de Dieu. Ah ! Chrétiens, on se fait tant de fausses idées de la piété ! on la croit fort éloignée, lorsqu'elle est auprès de nous ; on se persuade qu'il faut sortir de son état, et abandonner tout pour la trouver ; et voilà ce qui ralentit toute notre ardeur, et ce qui nous désespère. Mais étudiez bien François de Sales ; c'est assez pour vous détromper. Vous apprendrez de lui que toute votre piété est renfermée dans votre condition et dans vos devoirs. Je dis dans vos devoirs fidèlement observés : ne manquez à rien de tout ce que demandent votre emploi, votre charge, les diverses relations que vous avez plus directement, ou avec Dieu en qualité de ministres des autels, ou avec le public en qualité de juges, ou avec des domestiques en qualité de maîtres, ou avec des enfants en qualité de pères et de mères ; avec qui que ce puisse être, et dans quelque situation que ce puisse être, embrassez tout cela, accomplissez tout cela, ne négligez pas un point de tout cela. Je dis, dans vos devoirs assidûment pratiqués : ayez dans l'ordre de votre vie certaines règles qui distribuent vos moments, qui partagent vos soins, qui arrangent vos exercices selon la nature et l'étendue de vos obligations ; tracez-les vous-mêmes, ces règles, ou, pour agir plus sûrement et plus chrétiennement, engagez un sage directeur à vous les prescrire, et faites-vous une loi inviolable de vous y soumettre. Je dis, dans vos devoirs constamment remplis : avancez toujours dans la même route sans vous détourner d'un pas; et malgré l'ennui que peut causer une longue et fatigante continuité, n'ayez pour mobiles que la raison et la foi, qui chaque jour sont les mêmes, et qui chaque jour, autant qu'il vous convient, vous appliqueront aux mêmes œuvres. Je dis, dans vos devoirs gardés avec une sainte ardeur ; non pas toujours avec une ardeur sensible, mais avec une ardeur de l'esprit, indépendante des sentiments et au-dessus de tous les obstacles. Enfin, je dis, dans vos devoirs sanctifiés par la droiture de votre intention : tellement que, dégagés de tout autre intérêt et de tout autre désir, vous ne soyez en peine que de plaire à Dieu, et ne vous proposiez que de faire la volonté de Dieu.
Voilà, dis-je, mes chers auditeurs, ce que vous enseignera le saint directeur dont vous venez d'entendre l'éloge, et dont je voudrais que les leçons fussent gravées dans votre souvenir avec des caractères ineffaçables ; voilà dans ses exemples le précis et l'abrégé de sa morale, de cette morale également ennemie de tout excès, soit de relâchement, soit de rigueur ; de cette morale qui ne ménage et ne flatte personne, mais aussi qui ne décourage et ne rebute personne ; de cette morale qui joint si bien ensemble, et toute la douceur, et toute la perfection de la loi évangélique.
Vous me direz qu'on ne voit point là ni de rigoureuses pénitences à pratiquer, ni de grands efforts à soutenir : j'en conviens ; mais j'ajoute et je réponds, que c'est cela même qui en fait l'excellence et qui nous en doit donner la plus haute estime. Car c'est là que, sans qu'il paraisse beaucoup de mortifications, on a sans cesse à se mortifier ; que, sans croix en apparence, on trouve sans cesse à se crucifier ; que, sans nulle violence au dehors, il faut sans cesse se vaincre et se renoncer. Et je vous le demande en effet, Chrétiens, pour s'assujettir, comme François de Sales, à une observation exacte et fidèle, à une observation pleine et entière, à une observation constante et assidue, à une observation sainte et fervente des devoirs de chaque état, quelle attention est nécessaire ? quelle vigilance et quels retours sur soi-même ? et pour se maintenir dans cette attention et cette vigilance continuelle, de quelle fermeté a-t-on besoin, et en combien de rencontres faut-il surmonter la nature, captiver les sens, gêner l'esprit ? D'ailleurs, combien de devoirs difficiles en eux-mêmes et très onéreux ? combien qui nous exposent à mille contradictions et à mille combats ! combien dont on ne peut s'acquitter sans se faire la victime du public, la victime du bon droit, la victime de l'innocence ? combien qui demandent le plus parfait désintéressement, le sacrifice le plus généreux de toutes les inclinations, de toutes les liaisons du sang et de la chair ? Et comme tout cela se fait selon les obligations ordinaires de la condition, et n'a pas un certain faste, ni un certain brillant que la singularité donne à d'autres œuvres, quelle doit être la force et la pureté de nos sentiments, lorsque, sans nul soutien extérieur, sans nul éclat et sans nulle vue de paraître, la seule religion nous anime, la seule équité nous sert d'appui, le seul devoir nous tient lieu de tout ! Ah ! mes chers auditeurs, entrons dans cette voie, et ne craignons point qu'elle nous égare. C'est la voie la plus droite et la plus courte ; elle est ouverte à tout le monde, et François a eu la consolation d'y attirer après lui une multitude innombrable de fidèles. Si, par une dangereuse illusion, elle ne nous semble pas encore assez étroite, c'est que nous n'y avons jamais bien marché, et que nous ne la connaissons pas. Faisons-en l'épreuve ; et quand, après une épreuve solide, nous la trouverons trop large, alors il nous sera permis de chercher une autre route, et d'aspirer à une plus sublime perfection.
Vous cependant sur qui Dieu répandit sa lumière avec tant d'abondance, et qui nous l'avez communiquée avec tant de charité, fidèle et zélé pasteur des âmes, grand saint, recevez les honneurs solennels que vous rend aujourd'hui tout le peuple chrétien. Recevez les hommages que toute la France vous offre, comme autant de gages de sa reconnaissance (le P. Bourdaloue lit ce sermon pour la cérémonie de la canonisation de saint François de Sales). Elle sait ce qu'elle doit à vos soins, et elle tâche, dans cette cérémonie, à s'acquitter en quelque sorte auprès de vous. C'est elle qui, la première, vous avait déjà canonisé par la voix publique, et c'est elle qui vient enfin de consommer l'ouvrage de votre canonisation par la voix de l'Eglise. C'est à la requête de son roi, à l'instance de ses prélats, à la sollicitation de tout son clergé, que vous avez été proclamé saint. Il était juste qu'elle vous rendît, autant qu'elle le pouvait, devant les hommes, ce que vous lui avez donné devant Dieu. Pendant votre vie, vous avez travaillé à la sanctifier : il était juste qu'après votre mort elle travaillât à faire déclarer authentiquement et hautement votre sainteté. Recevez en particulier les hommages que je vous présente, comme membre d'une compagnie à qui l'éducation de votre jeunesse fut confiée, dans les mains de qui vous remîtes le plus précieux dépôt de votre conscience, et qui eut enfin la consolation de recueillir vos derniers soupirs, et de conduire votre bienheureuse âme dans le sein de Dieu.
Du reste, mes chers auditeurs, entrons tous dans l'esprit de cette solennité. Qu'est-ce que la canonisation d'un saint ? Un engagement à acquérir nous-mêmes, avec la grâce et le secours de Dieu, toute la sainteté qui nous convient. Car célébrer la canonisation d'un saint, c'est professer que la véritable gloire consiste dans la sainteté, qu'il n'y a rien de grand et de solide dans le monde que la sainteté, que toute la félicité et tout le bonheur de l'homme est attaché à la sainteté. Or, je ne puis professer tout cela sans me sentir excité fortement, et sollicité à la poursuite de la sainteté ; et je me condamne moi-même par ma propre confession, si, reconnaissant tout cela, je n'en ai pas plus de zèle pour ma sanctification. Il n'est pas nécessaire que nous soyons canonisés dans l'Eglise, comme François de Sales ; mais il est d'une nécessité absolue que nous soyons saints, par proportion, comme lui. Nous trouverons dans sa doctrine de quoi nous éclairer, dans sa conduite de quoi nous régler, dans ses exemples de quoi nous animer, et dans la gloire où il est parvenu, de quoi éternellement et pleinement nous récompenser.
BOURDALOUE, SERMON POUR LA CANONISATION DE SAINT FRANÇOIS DE SALES
Saint François de Sales écrivant l'Introduction à La Vie Dévote, église Saint-Pierre, Vaux-Saules