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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


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Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






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Vicariat hébréhophone en Israël

 


 

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Vierge de Vladimir  

    

 

SALVE REGINA

27 décembre 2011 2 27 /12 /décembre /2011 05:00

Selon la belle remarque d'un Père de l'Eglise, il se trouve assez de chrétiens qui suivent Jésus-Christ jusqu'à la cène, comme les autres apôtres ; mais il y en a peu qui le suivent, comme saint Jean, jusqu'au Calvaire ; c'est-à-dire, il s'en trouve assez qui marquent de la ferveur et du zèle quand Dieu leur aplanit toutes les voies du salut et de la sainteté chrétienne, mais peu qui ne se relâchent dès qu'ils n'y sentent plus les mêmes consolations, et qu'il s'y présente des obstacles à vaincre. Or, c'est néanmoins à cette constance que la faveur de Dieu est attachée.

BOURDALOUE

 

 

Conversus Petrus  vidit illum discipulum quem  diligebat Jesus sequentem, qui et recubuit in cœna super pectus ejus. 

Pierre, se retournant, vit venir après lui le  disciple que Jésus aimait, et qui pendant la cène s'était reposé sur son sein. (Saint Jean, chap. XX, 20.)

 

Tel est, Chrétiens, en deux mots l'éloge du bienheureux apôtre dont nous solennisons la mémoire en ce saint jour ; voilà ce qui nous le doit rendre vénérable, ce qui nous doit inspirer pour lui et un profond respect, et une tendre dévotion. C'est le disciple que Jésus aimait : caractère qui le distingue, et qui lui donne entre tous les saints de la loi de grâce un rang si élevé. Saint Jean fut appelé comme les autres à l'apostolat ; il porta, comme saint Jacques, le nom d'enfant du tonnerre. Ezéchiel nous le présente comme l'aigle entre les évangélistes : son Apocalypse en a fait le premier et le plus éclairé de tous les prophètes du Nouveau Testament ; il a souffert une cruelle persécution pour Jésus-Christ, et mérité d'être mis au nombre de ses plus zélés martyrs ; il tient dans le culte que nous lui rendons une place honorable parmi les vierges ; les Eglises d'Asie l'ont reconnu pour leur patriarche et leur fondateur : mais tout cela ne nous donne point de sa personne l'idée singulière qu'expriment ces paroles de mon texte : Discipulus quem diligebat Jesus, le disciple que Jésus-Christ aimait.

 

Attachons-nous donc à cette idée ; et puisque la règle la plus sûre pour louer les saints est de nous proposer leur sainteté comme le modèle de la nôtre, ne nous contentons pas de dire que saint Jean a été le bien-aimé disciple de Jésus, et, pour parler de la sorte, son disciple favori ; mais examinons comment il est parvenu à cette faveur, de quelle manière il en a usé, les effets qu'elle a produits en lui ; et de là, tirons de quoi nous édifier et nous instruire. Car, quelque imparfaits et quelque éloignés que nous soyons des voies de Dieu, nous devons, mes chers auditeurs, aspirer nous-mêmes à la faveur de Jésus-Christ ; et de tous les Saints qui l'ont possédée, il n'y en a point dont l'exemple soit plus propre à nous y conduire, à nous y disposer, à nous y former, que celui du glorieux apôtre dont j'entreprends le panégyrique. Ainsi je veux aujourd'hui vous enseigner l'important secret de mériter la faveur de Jésus-Christ, de trouver grâce devant ses yeux, d'être de ses disciples bien-aimés, et de lui plaire. Fasse le ciel que ce discours ne soit ni pour vous, ni pour moi, une vaine spéculation ; mais que les leçons que j'ai à vous tracer entrent dans tout le règlement et tout l'ordre de notre vie, c'est ce que je demande par l'intercession de cette divine Mère qui fut, entre toutes les femmes, la plus chérie de Jésus-Christ son fils. Ave, Maria.

 

Quelque avantageuse que puisse être, selon le monde, la faveur des grands et des princes de la terre, il faut néanmoins convenir que, par rapport au monde même, elle est sujette à trois défauts essentiels : car, premièrement, il n'arrive que trop souvent qu'elle soit aveugle, et qu'au lieu d'être la récompense du mérite et de la vertu elle s'attache sans discernement et sans choix, ou plutôt, par un choix bizarre à d'indignes sujets ; secondement, elle devient souvent orgueilleuse et fière, et, par l'abus qu'en fait le favori, elle renfle en l'élevant, et le corrompt ; d'où il s'ensuit, en troisième lieu, qu'à l'égard de ceux qui en sont exclus, et qui auraient droit d'y prétendre, la faveur est presque toujours odieuse, et qu'en faisant le bonheur d'un seul elle est pour tous les autres un objet d'envie ; trois défauts auxquels, par une fatalité presque inévitable, la faveur des hommes est communément exposée. Pour la rendre parfaite, que faudrait-il ? trois choses ; qu'elle fût juste et raisonnable dans le choix du sujet : c'est la première ; qu'elle fût modeste et bienfaisante dans la conduite de celui qui en est honoré : c'est la seconde ; et qu'elle n'excitât ni la jalousie ni les murmures de ceux qui n'y parviennent pas : c'est la troisième. Qu'elle fût juste dans le choix du sujet, parce qu'autrement ce que les hommes appellent faveur n'est plus l'ouvrage de la raison, mais un pur effet du caprice; qu'elle fût modeste et bienfaisante dans la conduite de celui qui en est honoré, parce qu'autrement il en abuse, ne la faisant servir qu'à son ambition et à son intérêt ; qu'elle n'excitât ni les murmures ni la jalousie de ceux qui n'y parviennent pas, parce qu'autrement la concorde et la paix en est troublée.

 

Or, c'est sur ces principes, Chrétiens, que je fonde l'excellence de la faveur spéciale dont le Fils de Dieu a gratifié saint Jean ; car voici les trois caractères et les trois qualités qui lui conviennent : elle a été parfaitement juste dans le choix que Jésus-Christ a fait de cet apôtre ; elle a été solidement humble dans la manière dont cet apôtre en a usé, et elle n'a rien eu d'odieux à l'égard des autres disciples, auxquels cet apôtre semble avoir été préféré. Concevez bien le partage de ce discours. Je dis que le Sauveur du monde a fait un choix plein de sagesse, en prenant saint Jean pour son disciple bien-aimé, parce qu'il a trouvé dans lui un mérite particulier que n'avaient pas les autres apôtres : ce sera la première partie. Je dis que saint Jean a usé de la faveur de son maître de la manière la plus sainte, parce qu'outre qu'il ne s'en est point laissé éblouir, il en a répandu les fruits, en communiquant à toute l'Eglise ce qu'il avait puisé dans la source des lumières et des grâces, lorsqu'il reposa sur le sein de Jésus-Christ : ce sera la seconde partie. Enfin, je dis que la faveur de saint Jean n'a point été odieuse aux autres disciples, parce que tout favori qu'il était, il n'a point été plus ménagé que les autres, ni plus exempt de souffrir : ce sera la dernière partie. Trois points, mes chers auditeurs, qui me donnent lieu de traiter les plus solides vérités du christianisme, et qui demandent toute votre attention.

 

Il n'y a que Dieu, Chrétiens, qui puisse choisir et se faire des favoris, sans être obligé, pour y garder la loi de la justice, à discerner leurs mérites ; et ce qui est encore bien plus remarquable, il n'y a que Dieu qui, se faisant ainsi des favoris sans nul discernement de leurs mérites, soit néanmoins incapable de se tromper dans le choix qu'il en fait : pourquoi ? les théologiens, après saint Augustin, en apportent une excellente raison : Parce qu'il n'y a que Dieu, disent-ils, dont le choix soit efficace pour opérer tout ce qu'il lui plaît de vouloir ; c'est-à-dire, parce qu'il n'y a que Dieu qui, choisissant un favori, lui donne, en vertu de ce choix, le mérite qu'il faut pour l'être. Il n'en est pas de même des rois de la terre. Qu'un roi honore de sa faveur un courtisan, il ne lui donne pas pour cela ce qui lui serait nécessaire pour en être digne : il peut bien le faire plus riche, plus grand, plus puissant ; il peut le combler de plus d'honneurs ; mais il ne peut le rendre plus parfait ; et quoi qu'il fasse pour l'élever, par cet accroissement d'élévation et de fortune, il ne lui ôte pas un seul défaut ni ne lui communique pas un seul degré de vertu. Il n'y a donc, encore une fois, que la faveur de Dieu qui porte avec soi le mérite. Comme Dieu, il a seul le pouvoir de perfectionner les hommes par son amour ; et quand il les admet au nombre de ses favoris (c'est la belle réflexion de saint Jérôme), il ne les y appelle pas parce qu'ils en sont dignes ; mais il fait, en les y appelant, qu'ils en soient dignes : Non idoneos vocat, sed vocando facit idoneos. Cette raison seule devrait suffire pour justifier le choix que le Sauveur du monde fit de saint Jean. Ce Dieu-Homme le voulut ainsi ; c'est assez, puisque, en le voulant, il rendit son disciple tel qu'il devait être pour devenir le favori d'un Dieu.

 

Mais sans prendre la chose de si haut, et sans remonter à la source de la prédestination éternelle, je prétends que le Fils de Dieu eut des raisons particulières qui l'engagèrent à aimer saint Jean d'un amour spécial ; et que la prédilection qu'il lui marqua fut, de la part même de ce glorieux disciple, très-solidement fondée. Sur quoi fondée ? sur le mérite de cet apôtre, lequel, entre tous les apôtres, a eu des qualités personnelles qui l'ont distingué, et qui lui ont acquis la faveur de son maître. L'Evangile et les Pères nous en proposent surtout deux, et les voici : car il a été vierge, dit saint Jérôme, et de plus il a été fidèle à Jésus-Christ dans la tentation ; il a été vierge, et c'est pour cela qu'il eut l'honneur de reposer sur le sein de cet Homme-Dieu dans la dernière cène : Qui et recubuit super pectus ejus (Joan., XXI, 20.) ; il a été fidèle à Jésus-Christ dans la tentation, lui seul l'ayant suivi jusqu'au Calvaire ; et voilà par où il mérita d'entendre cette consolante parole qui lui donna spécialement Marie pour mère, et qui le donna spécialement lui-même à Marie pour fils : Ecce mater tua, ecce filius tuus (Ibid., XIX, 27.). Or, ces deux avantages qu'eut saint Jean, de reposer sur le sein d'un Dieu, et d'être substitué au Fils de Dieu, pour devenir après lui le Fils de Marie, sont les deux plus illustres et plus authentiques preuves d'une faveur toute singulière, et vous voyez qu'ils ont été l'un et l'autre les récompenses de sa vertu ; celui-là de sa virginité, celui-ci de son attachement à son devoir et de sa fidélité. Il est donc vrai que le choix de Jésus-Christ fut un choix d'estime, et fondé sur le mérite de la personne.

 

Ecoutez-moi, s'il vous plait, tandis que je vais développer ces deux pensées. Ne nous étonnons pas, Chrétiens, que saint Jean ayant été, de tous les disciples du Sauveur, le seul vierge par état, comme nous l'apprenons de la tradition, il ait eu sur eux la préférence et la qualité de disciple bien-aimé. Dans l'ordre des dons divins, l'un semblait devoir être la suite de l'autre : car de même que saint Bernard, parlant de l'auguste mystère de l'incarnation, ne craignait point d'en tirer ces deux conséquences, ou d'avancer ces deux propositions, savoir, que si un Dieu incarné et fait homme a dû naître d'une mère, il était de sa dignité que cette mère fût vierge ; et que si une vierge, demeurant vierge, a dû concevoir un fils, il était comme naturel que ce fils fût Dieu : Neque enim aut partus alius virginem, aut Deum decuit partus alter ; aussi puis-je dire aujourd'hui que si un Dieu descendu du ciel devait avoir un favori sur la terre, il était convenable que ce favori fût vierge ; et que si le titre de vierge devait être nécessaire pour posséder la faveur d'un maître, ce maître ne pouvait être qu'un Dieu. En effet, qui méritait mieux d'avoir part à la faveur de Jésus-Christ, que celui de tous qui, par le caractère de distinction qu'il portait, je veux dire par sa virginité, s'était rendu plus semblable à Jésus-Christ ? qui devait plutôt reposer sur ce sein vénérable où habitait corporellement la plénitude de la divinité, que cet apôtre dont la sainteté était, en quelque sorte, au-dessus de l'homme, par la profession qu'il faisait d'une inviolable pureté ? qui se trouvait plus digne d'être le dépositaire et le confident des secrets du Verbe de Dieu, que ce disciple, lequel, ayant épuré son cœur de tous les désirs charnels, était, selon l'Evangile, par une béatitude anticipée, déjà capable de voir Dieu, et par conséquent ce qu'il y avait de plus intime et de plus caché dans Dieu ? Quiconque, dit le Saint-Esprit, aime la pureté du cœur, aura le roi pour ami : Qui diligit cordis munditiam, habebit amicum meum (Prov., XXII, 11.). Voilà, Chrétiens auditeurs, l'accomplissement de cet oracle.

 

Les autres apôtres, engagés dans le mariage, en avaient comme rompu les liens, pour s'attacher au Fils de Dieu ; et c'est pour cela même que le Fils de Dieu, le Roi des rois, ne dédaigna point de s'attacher à eux par le lien d'une étroite amitié : Jam non dicam vos servos, vos autem dixi amicos (Joan., XV, 15.). Mais saint Jean n'avait point de liens à rompre ; et parce qu'il était vierge, il est parvenu à un degré bien plus haut ; car il est entré non seulement dans l'amitié, mais dans la familiarité, dans la privauté, dans la confidence de ce Roi de gloire : Discipulus quem diligebat Jesus (Ibid., XIII, 23.). Ceux-là ont été les amis, parce qu'ils ont aimé la pureté ; mais celui-ci a été le favori, parce qu'il a aimé la plus parfaite pureté, qui est la pureté virginale : Qui amat cordis munditiam , habebit amicum regem. Voyez-vous, mes Frères, nous fait remarquer là-dessus saint Grégoire de Nysse, jusqu'à quel point notre divin Rédempteur a aimé cette vertu ? Entre toutes les femmes, il en a choisi une pour mère ; et entre tous les disciples qui le suivaient, il en a choisi un pour son favori ; mais il a voulu que cette mère et ce favori eussent le don et le mérite de la virginité. Marie devait être vierge, pour porter dans ses chastes lianes le corps de Jésus-Christ ; et saint Jean le devait être pour devenir un homme selon le cœur de Jésus-Christ : Diligebat eum Jesus, quoniam specialis prœrogativa castitatis ampliori dilectione fecerat dignum.

 

Vous me demandez pourquoi ce Sauveur adorable, étant sur la croix, voulut encore, par une autre grâce, donner à saint Jean le gage le plus précieux de son amour, en lui désignant, si je puis ainsi m'exprimer, sa propre mère : et ne vous ai-je pas dit d'abord que ce fut pour reconnaître la fidélité et la constance héroïque de ce généreux apôtre qui le suivit dans sa passion et jusqu'à sa mort, lorsque tous les autres l'avaient lâchement et honteusement abandonné ? Représentez-vous, Chrétiens, ce qui se passait au Calvaire : le Sauveur du monde était à sa dernière heure, et sur le point d'expirer ; il avait un trésor dont il voulait disposer en mourant, c'était Marie, la plus parfaite de toutes les créatures. A qui la donnera-t-il, ou plutôt y eut-il lieu de délibérer ? Un dépôt si cher ne devait être confié qu'au plus fidèle : or le plus fidèle, ne fut-ce pas celui qui fit paraître un attachement plus solide à son devoir ? De tous les disciples de Jésus-Christ, Jean est le seul qui dans l'adversité n'a point manqué à son Maître ; tout le reste l’a trahi, ou renoncé, ou déshonoré par une fuite scandaleuse. Il n'y a que Jean, qui, sans crainte et sans nulle considération humaine, l'ait accompagné jusqu'au pied de la croix ; il n'y a que lui qui y demeure avec une fermeté inébranlable. Jésus-Christ, regardant de toutes parts, n'aperçoit que lui. C'est donc à lui que ce Sauveur se trouve comme obligé de laisser Marie ; et puisqu'il veut partager avec un de ses disciples la possession de ce trésor, c'est à Jean, préférablement à tout autre, qu'il doit faire cet honneur. Mais admirez, mes chers auditeurs, la manière dont il le fait. Tout attaché qu'il est à la croix, tout réduit qu'il est dans une mortelle agonie, il jette les yeux sur son disciple : Cum vidisset discipulum stantem (Joan., XIX, 26.). Dans un temps où il est appliqué au grand sacrifice de notre rédemption, interrompant, si je l'ose dire, pour quelques moments l'affaire du salut du monde, ou plutôt selon l'expression de saint Ambroise, différant de quelques moments à la consommer, Paulis per publicam different salutem, il pense à saint Jean, il lui recommande sa mère, il le substitue à sa place, il en fait un autre lui-même. Comme s'il lui eût dit : Cher et fidèle disciple, recevez cette dernière marque de ma tendresse, comme je reçois ici la dernière preuve de votre zèle. Mes ennemis m'ont tout ôté, et je meurs pauvre, après avoir voulu naître et vivre pauvre : mais il me reste une mère dont le prix est inestimable, et qui renferme dans sa personne des trésors infinis de grâces. Je vous la donne, et je veux qu'elle soit à vous ; mais en sorte que vous soyez pareillement à elle. La voilà : Ecce mater tua ( Ibid.); soyez son fils comme je l'ai été moi-même, et elle sera votre mère comme elle a été la mienne. Qui parle ainsi, Chrétiens ? c'est un Dieu ; et à qui parle-t-il ? à saint Jean. Ne fallait-il pas, dit le savant abbé Rupert, que Jean fût un homme bien parfait, puisqu'on ne le jugeait pas indigne de remplir la place de Jésus-Christ ? Marie, ajoute ce Père, perdait un fils (voici une pensée qui vous surprendra, mais qui n'a rien néanmoins d'outré, puisque c'est le fond même du mystère que je vous prêche), Marie perdait un fils, et elle en acquérait un autre : elle perdait un fils qui l'était par nature, et elle en acquérait un qui le devenait par adoption ; or l'adoption est une espèce de ressource pour consoler les pères et les mères de la perte de leurs enfants. Marie allait perdre Jésus-Christ, et par l'ordre de Jésus-Christ même elle adoptait saint Jean. Il fallait donc qu'elle trouvât dans saint Jean, non pas de quoi se dédommager, ni de quoi réparer la perte qu'elle faisait de Jésus-Christ, mais au moins de quoi l'adoucir, et se la rendit! plus supportable ; il fallait qu'entre saint Jean et Jésus-Christ il y eût des rapports de conformité, tellement que Marie, voyant saint Jean, eût toujours devant les yeux comme une image vivante du fils qu'elle avait perdu et uniquement aimé, afin que la parole du Sauveur se vérifiât : Ecce Filius tuus (Joan., XIX, 26.). Peut-on rien concevoir de plus glorieux à ce saint apôtre ? Non, répond saint Augustin ; mais aussi fut-il jamais une plus grande fidélité que la sienne, et jamais vit-on un attachement plus inviolable et plus constant ?

 

Voilà, mes Frères, par où saint Jean mérita la faveur de son maître, et voilà par où nous la mériterons nous-mêmes. Voulez-vous que Dieu vous aime, et voulez-vous être du nombre de ses élus ; travaillez à purifier votre cœur : Qui diligit cordis munditiam, habebit amicum regem (Prov., XXII. Il.). Sans cela, mon cher auditeur, qui que vous soyez, vous êtes indigne et même incapable d'être aimé de votre Dieu : or, du moment que vous êtes exclu de son amour, dès là vous êtes anathème et un sujet de malédiction. Il est vrai que Dieu, comme souverain arbitre de la prédestination des hommes, n'a acception de personne ; qu'il n'a égard ni aux qualités, ni aux conditions de ceux qu'il choisit : l'Ecriture nous l'apprend, et c'est un article de notre foi : Non est personarum acceptor Deus (Ad., X, 34.). Mais il n'est pas moins de la foi que le même Dieu, qui ne considère ni les conditions, ni les qualités des hommes prises dans l'ordre naturel, sans déroger à cette règle, ne laisse pas, dans l'ordre de la grâce, d'avoir des égards particuliers pour les âmes pures, jusqu'à les élever aux premiers rangs de ses prédestinés, jusqu'à les combler de ses dons les plus exquis, jusqu'à les honorer de ses plus intimes communications. C'est pour cela qu'il les traite d'épouses dans le Cantique ; c'est pour cela que, dans l'Apocalypse, les vierges seules nous sont représentées comme les compagnes de l'Agneau ; c'est pour cela qu'elles environnent son trône, et que plus elles sont pures, plus elles ont d'accès auprès de lui ; c'est pour cela que rien de souillé n'entrera jamais dans le ciel, qui est sa demeure et le palais de sa gloire. Ah ! mon cher auditeur, si je vous disais qu'il dépend aujourd'hui de vous d'être en faveur auprès du plus grand roi du monde ; si je vous en marquais le moyen, et si je vous le garantissais comme un moyen infaillible, que feriez vous ? y a-t-il sacrifice qui vous étonnât ? y a-t-il engagement et passion qui vous arrêtât ? la condition que je vous proposerais pour cela vous paraîtrait-elle onéreuse ? y trouveriez-vous quelque difficulté ? Or, ce que je ne puis vous promettre de la faveur d'un roi de la terre, c'est ce que je vous promets et ce qui est incontestablement vrai de la faveur d'un plus grand que tous les rois de l'univers : car je dis que la faveur de Dieu vous est acquise, pourvu que vous vous préserviez de la corruption de ce péché qui souille votre âme en déshonorant votre corps ; s'il vous reste une étincelle de foi, pouvez-vous être insensible à ce motif ? Pour en venir au détail et vous mieux instruire, je dis que vous n'avez qu'à rompre ces amitiés sensuelles qui vous lient à la créature, ces funestes attaches qui vous portent à tant de désordres, ces passions que le démon de la chair inspire, ces commerces qui les entretiennent, ces libertés prétendues innocentes, mais évidemment criminelles dans les principes de votre religion : dès que vous vous ferez violence là-dessus, je vous réponds du coeur de Dieu.

 

Je vais plus avant, et je dis aussi que, sans cette pureté, vous êtes du nombre de ces réprouvés que l'Ecriture traite d'infâmes, et contre lesquels notre apôtre a prononcé ce formidable arrêt : Foris canes et impudici (Apoc, XXII, 15.) ; Hors de la maison de Dieu, voluptueux et impudiques ! Je dis que dès le commencement du monde, Dieu s'en est lui-même déclaré par ces paroles de la Genèse : Non permanebit Spiritus meus in œternum in homine, quia caro est (Genes., VI, 3.) ; non, mon Esprit ne demeurera jamais dans l'homme, tandis que l'homme sera esclave de la chair. Et en effet, mon Dieu, ne voyons-nous pas l'accomplissement de cet oracle ? n'éprouvons-nous pas tous les jours, qu'autant que nous nous laissons dominer par la chair, autant votre Esprit se retire de nous ; qu'après avoir succombé à une tentation impure, confus et piqués des remords secrets de notre conscience, nous n'osons plus nous présenter devant Vous ; que, semblables à l'infortuné Caïn, nous fuyons de devant votre face, nous nous éloignons de vos autels, nous nous regardons comme bannis de votre sanctuaire, et absolument indignes du sacrement de votre amour ? au lieu que nous en approchons avec une humble et ferme confiance, quand nous croyons avoir ce cœur pur que vous béatifiez dès cette vie : Beati mundo corde (Matth., V, 8.). Sainte pureté qui nous ouvre le ciel ! c'est le premier titre pour obtenir la faveur de Dieu, et l'autre est la fidélité et une persévérance que rien n'ébranle.

 

Car, selon la belle remarque d'un Père de l'Eglise, il se trouve assez de chrétiens qui suivent Jésus-Christ jusqu'à la cène, comme les autres apôtres ; mais il y en a peu qui le suivent, comme saint Jean, jusqu'au Calvaire ; c'est-à-dire, il s'en trouve assez qui marquent de la ferveur et du zèle quand Dieu leur aplanit toutes les voies du salut et de la sainteté chrétienne, mais peu qui ne se relâchent dès qu'ils n'y sentent plus les mêmes consolations, et qu'il s'y présente des obstacles à vaincre. Or, c'est néanmoins à cette constance que la faveur de Dieu est attachée. Oui, Seigneur, une victoire que nous remporterons sur nous-mêmes, un effort que nous ferons, un dégoût, un ennui que nous soutiendrons, sera devant vous d'un plus grand prix, et contribuera plus à nous avancer, que de stériles sentiments à certaines heures où vous répandez l'onction céleste, et que les plus sublimes élévations de l'âme ; car ce sera dans cette victoire, dans cet effort, dans ce dégoût et cet ennui soutenus constamment, que nous vous donnerons les preuves les plus solides d'un dévouement sincère et fidèle.

 

Les hommes du siècle, qui n'ont nul usage des choses de Dieu, ne comprennent pas ce mystère ; mais les justes, qui en ont l'expérience, et à qui Dieu se fait sentir, le conçoivent bien. C'est ainsi que saint Jean est parvenu à la faveur de Jésus-Christ : voyons de quelle manière il en a usé. Je prétends que, comme le choix de ce favori a été juste et raisonnable de la part du Fils de Dieu, la faveur du Fils de Dieu a été, de la part de ce bien-aimé disciple, également modeste et bienfaisante : je vais vous le montrer dans la seconde partie.

 

BOURDALOUE, SERMON POUR LA FÊTE DE SAINT JEAN L'ÉVANGÉLISTE

 

La Cène 

La Cène, Valentin de Boulogne

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Published by un pèlerin - dans Les Saints
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