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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

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... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






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SALVE REGINA

12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 12:30

Trop longtemps, mon Dieu, et trop souvent j'ai moi-même écouté les faux prétextes d'un esprit aigri, d'un esprit animé, d'un esprit rebelle, et j'en ai suivi les mouvements.

BOURDALOUE

 

 

Et progressus pusillum, procidit in faciem suam, orans et dicens : Pater mi, si possibile est, transeat a me calix iste : verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu.

S'étant avancé un peu plus loin, il se prosterna le visage contre terre, priant et disant : Mon Père, s'il est possible, faites que ce calice passe, et qu'il ne soit point pour moi : cependant que votre volonté s'accomplisse, et non la mienne. (Saint Matt., chap. XXVI, 39.)

 

Voilà, Chrétiens, le premier mystère et comme l'entrée de tous les mystères de la passion du Fils de Dieu, que nous devons méditer pendant le cours de ce carême. C'est la grande dévotion des âmes fidèles, surtout en ce saint temps, de considérer les souffrances de leur Sauveur ; et c'est de cette méditation que les saints ont retiré des fruits si merveilleux de grâce et de sainteté. Pour moi, mes Frères, disait saint Bernard, depuis le jour de ma conversion, mon soin le plus ordinaire et le plus fréquent a été de cueillir, comme l'Epouse, ce bouquet de myrrhe, composé de toutes les amertumes et de toutes les douleurs de Jésus-Christ, mon souverain Seigneur. Je l'ai mis dans mon sein, et je l'ai appliqué à toutes mes plaies : Hunc mihi fasciculum colligere et intra viscera mea collocare curavi, collectum ex amaritudinibus Domini mei. Car comment pourrais-je oublier les miséricordes d'un Dieu souffrant, ajoutait ce saint docteur, puisque ce sont elles qui m'ont donné la vie ? et quel intérêt n'ai-je pas à les tenir profondément gravées dans mon souvenir, puisque c'est là que je trouve la vraie sagesse, que je trouve la plénitude de la science, que je trouve des trésors de salut, que je trouve enfin un fonds inépuisable de mérites ? In his sapientiam, in his plenitudinem scientiœ, in his divitias salutis, in his copiam meritorum.

 

De là, mes Frères, continuait encore le même Père, parlant à ses religieux, de là vient que je les ai si souvent dans la bouche, comme vous le savez ; et que je les ai encore plus dans le cœur, comme Dieu le sait : car c'est là toute ma philosophie, c'est à la seule connaissance de Jésus qu'elle se réduit, et de Jésus crucifié : Hœc philosophia mea, scire Jesum, et hune crucifixum. Tels étaient les sentiments de saint Bernard : faisons-en les nôtres, mes chers auditeurs ; et puisque c'est pour cela que nous sommes ici assemblés, commençons dès aujourd'hui à étudier cette science sublime et suréminente de la charité de notre Dieu et de sa douloureuse passion. Ce que nous présente d'abord l'Evangile, c'est Jésus-Christ priant dans le jardin, et acceptant avec une pleine soumission le calice que son Père lui a destiné et préparé : Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Arrêtons-nous là, et pour notre édification apprenons nous-mêmes comment nous devons en tout nous conformer aux ordres de Dieu, et nous résigner à ses adorables volontés.

 

Soumission d'une nécessité indispensable ; soumission que tout chrétien doit conserver jusqu'à la mort, et sans laquelle il n'y a point de salut, puisque le salut devient impossible à quiconque refuse d'obéir à Dieu, et ne veut pas dépendre de Dieu ; mais soumission qui, de toutes les vertus, est peut-être la moins connue dans le christianisme et la moins pratiquée. Elle renferme deux choses qui vont partager cet entretien, savoir le sentiment et l'action ; le sentiment dans le cœur, et l'action dans la pratique : le sentiment dans le cœur, pour vouloir tout ce que Dieu veut, et l'action dans la pratique, pour exécuter ensuite et pour faire tout ce que Dieu veut : deux devoirs que nous enseigne par son exemple le divin Maître qui s'est anéanti pour nous, et rendu obéissant jusques a la mort. Donnez, s'il vous plaît, à l'une et à l'autre une favorable attention.

 

Pour comprendre ce que c'est qu'une résignation parfaite aux ordres de Dieu, et que cette soumission du cœur qui consiste dans le sentiment, nous n'avons, Chrétiens, qu'à contempler le Fils de Dieu prosterné en la présence de son Père, et lui adressant l'humble prière que les évangélistes ont pris soin de rapporter. C'est là que ce Dieu Sauveur nous donne la plus haute idée d'une sainte conformité aux arrêts du ciel et à toutes les dispositions de la divine Providence; c'est là qu'il nous fait connaître toute l'étendue qu'elle doit avoir, et à quel degré de dépendance elle nous doit réduire; tellement qu'il n'y ait ni circonstances si rigoureuses, ni répugnances si vives et si naturelles, ni temps, ni conjonctures, où notre volonté ne soit soumise, et où nous ne réprimions toutes ses révoltes. Remarquez ceci, mes chers auditeurs ; car voilà, j'ose le dire, un des points les plus importants de la morale chrétienne, et un des plus salutaires enseignements.

 

Que fait donc notre adorable Maître, retiré dans le jardin de Gethsémani, et se disposant à consommer, par une mort également ignominieuse et violente, le grand ouvrage de notre rédemption ? Il prie, non pas pour une fois, mais jusques à trois fois ; non pas pour quelques moments, mais pendant trois heures entières. Et dans tout le cours de cette oraison si souvent réitérée et si longtemps prolongée, que demande-t-il ? Une seule chose et rien de plus ; une chose qu'il préfère à toutes les autres ; une chose pour laquelle il est descendu sur la terre ; une chose qu'il a cherchée dans toute sa vie mortelle, et qu'il ne cessera point de chercher jusques à son dernier soupir : c'est, ô mon Dieu, Père tout-puissant, Père souverainement sage, souverainement juste, souverainement saint, que votre volonté soit faite, et non la sienne : Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Prenez garde, chrétiens: il se soumet, ce Fils unique de Dieu, au bon plaisir de son Père ; il s'y soumet dans le dernier accablement de l'affliction, et lorsqu'il semble qu'un déluge de maux ait inondé son âme ; il s'y soumet dans un temps où ce Père même, qu'il veut glorifier par sa soumission, s'est retiré sensiblement de lui, et paraît l'avoir abandonné ; il s'y soumet, sans trouver nulle consolation auprès des créatures ; et il s'y soumet enfin de telle sorte, qu'il agrée tout, sans exception et sans réserve. Je reprends et je m'explique, pour vous faire encore mieux connaître tout le mérite d'une résignation si généreuse et si héroïque.

 

Il se soumet au bon plaisir de son Père : car le bon plaisir de son Père était qu'il souffrît, qu'il mourût, et que, par ses souffrances et sa mort, il procurât le salut de l'homme. Or voilà ce qu'il accepte, malgré la nature qui s'y oppose, et malgré tous les sentiments contraires qu'elle lui inspire. En vain se révolte-t-elle ; en vain, par la violence de ses révoltes, lui fait-elle dire : Transeat a me calix iste ! Que ce calice passe, et que je ne sois point réduit à le boire ! La grâce, par un effort supérieur, prévaut et l'emporte : le retour est prompt, et, sans égard à la parole que les sens lui ont en quelque sorte arrachée, il en revient bientôt au point capital qu'il s'est tracé comme la grande règle de sa vie, et qui est de ne vouloir que ce que le ciel a résolu, et que ce qu'il a déterminé dans ses immuables décrets : Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu.

 

Il se soumet ; et en quelles conjonctures ? Ah ! chrétiens, en pouvons-nous imaginer de plus tristes et de plus désolantes ? c'est dans un soulèvement général de toutes ses passions contre lui-même ; c'est au milieu des plus rudes combats que lui livrent tour à tour, tantôt la douleur la plus mortelle : Cœpit contristari (Matth., XXVI, 37.) ; tantôt l'ennui le plus profond : Cœpit tœdere (Marc, XIV, 33.) ; tantôt la crainte et les plus vives frayeurs : Cœpit pavere (Ibid.) ; c'est au plus fort de son agonie, et dans une telle défaillance que le sang coule de tous les membres de son corps, et que la terre en est arrosée : Factus est sudor ejus sicut guttœ sanguinis decurrentis in terram (Luc, XXII, 44.) ; c'est, à ce qu'il semble, dans un délaissement total, et de la part du ciel et de la part des hommes. Il s'adresse à son Père, et son Père ne lui répond rien ; les trois apôtres qui l'ont accompagné s'endorment, et le laissent seul dans la plus sombre nuit et la plus affreuse solitude. De là donc il se soumet sans recevoir nulle consolation, surtout nulle consolation humaine. S'il persiste dans la prière, ce n'est pas en vue d'y trouver un soulagement à sa peine, mais dans le dessein d'y prendre de nouvelles forces pour la supporter. Aussi l'ange que le ciel lui envoie ne lui rend-il point d'autre office que de le soutenir et de l'encourager : Apparuit autem angelus de cœlo, confortans eum (Ibid. 43.) ; Observez cette parole, dit saint Augustin : l'Evangéliste ne nous fait pas entendre que l'ange le consola, mais seulement qu'il le fortifia : Confortans eum. Enfin, il se soumet : et à quoi ? A tout : c'est-à-dire non seulement à la chose, mais à toutes les circonstances qui y doivent être jointes ; non seulement à la substance de ce que Dieu veut, mais à la manière dont il le veut ; non seulement à la croix, mais à tous les opprobres et à toutes les ignominies particulières de la croix. D'où vient qu'il ne se contente pas de dire, Que ce que vous voulez se fasse ; mais il ajoute : Qu'il se fasse, et qu'il en soit comme vous le voulez : Non sicut ego volo, sed sicut tu.

 

Voilà, mes chers auditeurs, le vrai modèle de la soumission chrétienne ; voilà en quoi consiste cette conformité de cœur et de sentiment qui nous tient toujours unis à Dieu, quoi qu'il ordonne de nous, et en quelque situation qu'il lui plaise de nous mettre. Etre soumis dans l'adversité comme dans la prospérité, dans le trouble de la passion comme dans la paix ; être soumis quand Dieu nous traite en apparence dans toute la rigueur de sa justice, qu'il ne prend nul soin de nous, ou plutôt qu'il en use avec nous comme s'il n'en prenait nul soin, et qu'il nous eût absolument oubliés ! être soumis sans recourir au monde, à une famille, à des proches, à des amis qui pourraient nous être de quelque soutien, et apporter quelque remède au mal qui nous presse ; sans rien même attendre de la grâce, je dis rien de sensible, qui puisse nous adoucir l'amertume du calice que Dieu nous présente ; sans avoir d'autre ressource, ni d'autre asile , que l'autel et que l'oratoire, non pas pour y demander à être déchargé, mais à être secondé et conforté, et du reste pour y témoigner une fidélité inébranlable et une pleine résignation ; être soumis avec une détermination entière à tout ce que Dieu voudra, comme il le voudra, et dans l'ordre qu'il le voudra ; c'est là, encore une fois, ce que j'appelle une véritable conformité d'esprit et de volonté avec l'esprit et la volonté de Dieu. De tous ces points qu'il en manque un seul, je n'ai plus cette soumission que mon Sauveur m'a enseignée par son exemple, et je ne satisfais pas au devoir de la religion que je professe, ou je n'y satisfais qu'à demi.

 

Car, pour en venir au détail, de me conformer au bon plaisir de Dieu quand rien ne me mortifie, quand rien ne contredit mes inclinations, quand je me vois dans un état commode par lui-même, et qu'il ne m'arrive rien de désagréable et de fâcheux, est-ce là une vertu de chrétien, et serait-ce même une vertu de philosophe et de païen ? Il est vrai néanmoins que je dois, en cet état comme en tout autre, me soumettre au gré de Dieu ; mais en même temps ma soumission me doit être bien suspecte ; j'ai bien lieu de m'en défier, et je dois dire à Dieu : Seigneur, je veux maintenant ce que vous voulez ; mais après tout parce que vous ne voulez que ce qui me plaît, je n'ose presque compter sur une résignation si douce et si aisée : car c'est plutôt vous qui vous conformez à moi, que moi qui me conforme à vous ; et selon que les choses succèdent, c'est vous qui faites ma volonté, plutôt que je ne fais la vôtre. C'est trop, mon Dieu, c'est trop me ménager et trop m'épargner : mais afin de me connaître, afin de voir si je suis en effet dans la disposition d'un cœur solidement et chrétiennement soumis, éprouvez-moi, frappez-moi, affligez-moi : Proba me, Domine, et tenta me (Psal., XXV, 2.). Faites-moi passer par le creuset et par le feu de la tribulation : Ure renes meos et cor meum (Ibid.) : c'est ainsi que je pourrai savoir si ce n'est point par un effet de mon amour-propre que j'accepte ce que vous m'envoyez, et que je m'y résigne ; si ce n'est point parce qu'il m'est utile, selon le monde, parce qu'il m'est honorable et agréable. Sans cette épreuve de l'affliction et de la souffrance, je n'oserais vous répondre de mon cœur, ni en être garant : Proba me, Domine, et tenta me.

 

De même, Chrétiens, si je ne me trouve docile et souple sous la main de Dieu que lorsque mes passions sont dans le calme, que lorsque je ne sens en moi nulle agitation, que lorsqu'il ne s’élève dans mon âme nul mouvement qui me porte au murmure et à la résistance, quel sacrifice fais-je à Dieu ; et ma patience peut-elle être à ses yeux d'un grand prix ? Je n'ai nul ennemi à vaincre, je n'ai nulle victoire à remporter, je n'ai presque qu'à suivre le sentiment naturel qui me conduit. Il ne m'est pas difficile alors de m'écrier dans la ferveur de la méditation : Que votre volonté s'accomplisse, ô mon Dieu ! Fiat voluntas tua (Matth., XXVI, 42.) ! Mais quand je suis dans l'ardeur d'une passion violente, qui s'est emparée de mon esprit ; quand toutes les puissances de mon âme sont dans le désordre et dans la confusion ; quand la raison elle-même paraît choquée, et que toutes mes réflexions, que toutes mes connaissances ne servent qu'à m'aigrir davantage et à m'animer: au milieu de cette tempête et de ces soulèvements involontaires, m’arracher en quelque sorte à moi-même, me renoncer moi-même, pour rendre hommage à la providence de Dieu, et pour lui dire : Non sicut ego volo, sed sicut tu ; Il n'importe, Seigneur ; n'ayez point d'égard à ce que je souhaiterais, ni à ce qui me semblerait même plus raisonnable, plus juste, plus saint ; vous l'avez autrement réglé, cela me suffit : demeurer ferme dans cette disposition, et ne m'en pas départir un moment, c'est ce qui me distingue devant lui et ce qui m'élève auprès de lui : pourquoi ? parce que c'est ce qui l'honore , parce que c'est ce qui le fait triompher dans moi de tout moi-même, en le faisant triompher de tout ce qu'il y a de plus vif et de plus intime dans mes inclinations et dans mes désirs. Heureux qu'il m'en coûtât une agonie pareille à celle de mon Sauveur ! heureux que, tout couvert comme lui de mon sang, je pusse mille fois redire après lui, et par proportion comme lui : Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu !

 

Mais si Dieu, dans l'orage dont nous sommes assaillis, s'éloigne de nous, ou pour parler plus juste, si Dieu se comporte envers nous comme s'il s'était éloigné de nous: car voilà quelquefois comment il traite une âme affligée, la livrant en apparence à elle-même, ne lui donnant ni vues, ni lumières, ni goût : tout la rebute, tout contribue à lui faire sentir le poids de sa peine. En quel abattement elle tombe ! Cœpit contristari ; quel ennui la saisit et la désole ! Cœpit tœdere ; quelles sombres réflexions l'inquiètent et la tourmentent ! Cœpit pavere. Sa foi vient au secours, et lui dicte intérieurement d'aller à Dieu : elle y va ; mais elle le cherche et ne le trouve point. Elle frappe à la porte ; mais il semble que le ciel est fermé pour elle, il semble qu'il n'y a point de Dieu qui l'écoute : du moins c'est ce que les ennemis de son salut lui reprochent, c'est ce que la nature et les sens ne cessent point de lui suggérer : Dum dicitur mihi quotidie : Ubi est Deus tuus (Psal., XXI, 4.) ? Peut-être se rencontre-t-il un ministre du Seigneur qui, comme l'ange envoyé d'en haut, la relève, la rassure, la ranime : Apparuit ei angelus confortans ; mais c'est seulement un appui pour ne pas succomber, et non point un adoucissement qui lui rende la paix, et qui fasse couler sur elle quelques gouttes de l'onction divine. Or dans cette sécheresse et dans cet accablement, puis-je être bien résigné aux ordres de Dieu ? Oui, je le puis, et je le dois. Car quand on me dit qu'il faut être soumis au bon plaisir de Dieu, il ne s'agit pas du temps de la consolation spirituelle, lorsque Dieu me remplit des douceurs de son esprit et de l'abondance de ses grâces.

 

On sait assez que rien ne nous est pénible en cet état, et que nous disons avec la même confiance que David : Ego dixi in abundantia mea : Non movebor in œternum (Psal., XXI, 4.). Combien de fois dans une communion où Dieu se faisait sentir à moi, dans les saintes ardeurs d'une prière où je m'entretenais avec Dieu, dans un ravissement de mon cœur que Dieu touchait, que Dieu embrasait, que Dieu transportait, lui ai-je protesté que je n'aurais éternellement d'autre volonté que la sienne ! Et fallait-il beaucoup prendre sur moi pour lui parler de la sorte ? que dis-je ! et était-ce moi qui parlais alors, ou n'était-ce pas l'Esprit de Dieu qui parlait en moi et pour moi ? En quoi donc je puis bien marquer ma soumission, mais une soumission ferme et constante, mais une soumission solide et de quelque valeur dans l'estime de Dieu, c'est lorsque toutes les lumières qui m'éclairaient viennent à s'éteindre ; c'est lorsque toute la ferveur qui m'excitait et qui m'emportait vient à se refroidir ; c'est lorsque toutes ces larmes qu'une certaine tendresse de cœur et de dévotion me faisait répandre sont venues à sécher, et que toutes ces douceurs secrètes qui m'attiraient et qui m'attachaient se sont tournées en aridités et en dégoûts. Car voilà l'écueil où les âmes qui paraissent le mieux affermies ne sont que trop sujettes à échouer : c'est là qu'elles commencent à se démentir : Avertisti faciem tuam, et factus sum conturbatus (Ibid. 8.). Mais c'est en ce temps d'épreuve que je dois m'armer de toute la force chrétienne, et faire à Dieu une sainte violence pour m'approcher de lui, malgré ses rébus apparents : Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu. Vous me délaissez, mon Dieu, mais je ne vous délaisserai point. Vous me délaissez en me privant de cette présence sensible dont vous favorisez vos élus ; mais je ne vous délaisserai point en perdant cette union inviolable et essentielle que vos élus ont avec vous, et qu'ils doivent toujours conserver. Au contraire, plus je me verrai abandonné de vous, ou plus je croirai l'être, plus je m'abandonnerai à vous ; et avec les simples vues de la foi qui me restent, je vous dirai tout ce que je vous disais en ces jours de bénédiction et de paix, où vous daigniez vous communiquer à moi et me gratifier de vos plus doux entretiens et de vos plus consolantes visites : Verumtamen non sicut ego volo, sed sicut tu.

 

De là, sans chercher les vaines consolations du monde, et sans avoir recours à des parents, à des amis qui pourraient la dissiper, et en quelque manière la dédommager de ce qu'elle ne trouve point auprès de Dieu, une âme soumise ne veut que Dieu ; et de quelques épines que la voie où elle marche soit semée, il lui suffit de savoir que c'est la voie de Dieu, et qu'elle y est par la volonté de Dieu. Cette seule pensée lui inspire un courage qui la dispose à tout, et qui lui fait accepter tout. Je dis tout, sans restriction et sans choix. Car à quoi je ne puis trop prendre garde, c'est que ce ne serait point encore assez, et même que ce ne serait rien pour moi de me soumettre, si ma soumission n'était universelle, et si je prétendais me résigner à une chose et non à l'autre. Dès que l'une et l'autre se trouvent également marquées du sceau de la volonté de Dieu, l'une et l'autre, sous cet aspect, ne doivent être également sacrées, puisque la volonté de Dieu est, dans l'une comme dans l'autre également respectable et adorable. Quel calice le Fils de Dieu consent-il à boire ? Celui que son Père lui présente, celui que son Père lui a choisi, celui que son Père lui envoie par le ministère de l'ange, et non pas celui qu'il s'est préparé, ni qu'il a choisi lui-même : Calicem quem dedit mihi Pater (Joan., XVIII, 11.). Si j'avais moi-même à me prescrire mes peines, mes disgrâces, mes mortifications, mes humiliations ; si je pouvais, à mon gré, et selon mon goût, prendre l'une et laisser l'autre, autant qu'il y aurait de mon goût et de mon gré, autant y aurait-il de ma volonté, j'entends ma propre volonté. Or, ce qui s'appelle ma propre volonté ne peut compatir avec la volonté de Dieu, ou plutôt avec une sincère et véritable soumission à la volonté de Dieu : pourquoi ? parce que l'essence de cette soumission est que toute propre volonté soit anéantie dans moi, et comme absorbée dans la volonté de Dieu.

 

Ainsi je dois reconnaître l'illusion de ce langage si commun dans le christianisme, et que tiennent tant d'âmes pieuses du reste, et régulières dans leur conduite. On dit : Je veux bien souffrir, puisque Dieu l'ordonne ; mais je voudrais que ce ne fût point ceci ou cela. On dit : Que Dieu m'afflige d'une infirmité, d'une maladie, je la porterai sans me plaindre : mais je ne puis vivre dans l'abaissement où je suis, ni digérer les outrages que je reçois et les traitements indignes qu'on me fait. On dit : Que Dieu me frappe dans mes biens ; je les lui offre tous, et il en est le maître : mais que ma réputation soit attaquée, mais que cet homme l'emporte sur moi, et que mes droits soient si injustement blessés ; mais que le repos de ma vie soit sans cesse troublé par les chagrins, par les humeurs, par les contradictions perpétuelles de cet esprit bizarre et inquiet, c'est ce qui ne me paraît pas soutenable. Voilà comment on s'explique, et le sentiment où l'on s'entretient : mais c'est en cela même qu'on s'égare et qu'on perd toute soumission parce qu'on n'en a qu'une imparfaite et bornée. Car ce calice qu'on rejette, c'est justement celui que Dieu nous a destiné par sa providence, et par conséquent celui qui nous doit sanctifier, celui qui doit être la matière de notre obéissance, et qui en doit faire le mérite : Calicem quem dedit mihi Pater. Tout autre nous serait inutile, parce qu'il ne nous viendrait pas de la main de Dieu, et que ce n'est point par celui-là qu'il lui a plu d'éprouver notre soumission, ni à celui-là qu'il a voulu attacher notre salut et notre perfection. D'où il s'ensuit que si je veux être soumis à Dieu, je ne dois rien excepter : rien, dis-je, non seulement par rapport aux choses, mais même par rapport aux moindres circonstances des choses. Et, en effet, remarque saint Thomas, ce que Dieu veut, hors des conjonctures où il veut, et sans les circonstances avec lesquelles il le veut, n'est plus, à le bien prendre, ce qu'il veut. Dire donc : De la part d'un autre, je supporterais cette parole, ce mépris, ce refus ; mais de la part de telle personne, c'est ce que je ne saurais dissimuler ni tolérer ; dire : En d'autres rencontres et dans un autre temps, je me tairais ; mais maintenant, il faut que je me contente et que j'éclate : penser de la sorte, et être ainsi disposé, n'est-ce pas vouloir faire la loi à Dieu ? Celte circonstance du lieu, du temps, de l'occasion, de la personne, est-elle moins dépendante de lui et de sa suprême volonté, que tout le reste ?

 

Ah ! Seigneur, que la nature est ingénieuse pour défendre ses intérêts ! et que le cœur de l'homme, jaloux de sa liberté et impatient sous le joug, devient adroit à s'autoriser contre vous et à justifier ses révoltes ! Trop longtemps, mon Dieu, et trop souvent j'ai moi-même écouté les faux prétextes d'un esprit aigri, d'un esprit animé, d'un esprit rebelle, et j'en ai suivi les mouvements : mais il faut enfin qu'il plie ; et, après un exemple comme le vôtre, il ne lui est plus permis d'avoir d'autre sentiment que celui d'une humble et d'une aveugle soumission. Soumission dans les plus fâcheux revers et dans les plus tristes accidents ; soumission dans les calamités, dans les besoins, dans les traverses, dans toutes les misères de la vie ; soumission malgré les répugnances, malgré les soulèvements de cœur, malgré tout le bruit et tous les retours des passions les plus vives et les plus ardentes ; soumission au milieu des plus profondes ténèbres, au milieu des découragements, des désolations, des langueurs, et sans nulle goutte de cette rosée céleste que vous faites couler, Seigneur, à certains moments et sur certaines âmes ; soumission toute pure et toute surnaturelle, où ne se mêle rien d'humain, rien de tout ce que le monde me peut offrir pour me soulager ou pour me distraire ; soumission générale et complète, qui embrasse tous les événements, quels qu'ils soient ou qu'ils puissent être, et dans chaque événement jusques aux plus légères particularités. Car telle est, mon Dieu, la soumission que je vous dois, et dont je ne puis me départir sans oublier ce que vous êtes et ce que je suis. Elle a pour moi bien des difficultés, et j'y trouve dans moi bien des obstacles. Tout ce qu'il y a de charnel dans mon cœur y forme de continuelles oppositions, et cette guerre intestine m'expose à de rudes assauts. Mais avec votre grâce, Seigneur, la raison et la religion réprimeront la chair ; ou si elles ne peuvent lui imposer silence, au milieu de ses cris, et sans prêter l'oreille à ses murmures, je ne cesserai point de répéter cette parole que je vous ai déjà bien des fois adressée, et dont je comprends aujourd'hui le sens mieux que jamais : Verumtamen non sicut ego volo , sed sicut tu.

 

Quand je ne chercherais que le repos de mon âme, c'est dans cette disposition que je le trouverai; et sans cette disposition, je ne puis l'avoir ; car vous êtes, Seigneur, le centre de mon repos ; et, par conséquent, il n'y a de repos à espérer pour moi qu'autant que je serai uni à vous. Le supplice des damnés dans l'enfer est d'avoir une volonté contraire à la vôtre, et par là même, de vouloir éternellement ce qui jamais ne sera, et de ne vouloir jamais ce qui sera pendant toute l'éternité. Le bonheur des prédestinés dans le ciel est de n'avoir qu'une même volonté avec vous. Ils vous voient, ils vous aiment, ils vous possèdent ; mais cette vision, cet amour, cette possession ne les rendent bienheureux que parce que ce sont les principes de cette admirable et ineffable conformité qu'ils ont avec vous. De sorte que si quelqu'un de ces bienheureux n'était pas content de l'état où vous l'avez mis, et qu'il désirât un autre degré de gloire que celui qu'il a reçu, il ne serait plus bienheureux.

 

Or il ne tient qu'à moi d'entrer dès à présent, par une soumission chrétienne, en participation de ce bonheur, et d'acquérir par choix et par mérite cet avantage dont les bienheureux jouissent par récompense et par nécessité.

 

BOURDALOUE

EXHORTATION SUR LA PRIÈRE DE JÉSUS-CHRIST DANS LE JARDIN

 

Christ in the Garden of Gethsemane

Le Christ dans le Jardin de Gethsémani, Masaccio

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