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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

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... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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SALVE REGINA

20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 12:30

Or, mes Frères, le même crime que commirent a l'égard de Jésus-Christ ces faux témoins, je dis que c'est, par proportion, celui dont tous les jours nous devenons coupables nous-mêmes dans les discours que nous tenons du prochain, et dans les médisances que nous en faisons avec si peu de retenue et si peu de modération.

BOURDALOUE

 

 

Multi testimonium falsum dicebant adversus eum, et convenientia testimonia non erant.

Plusieurs rendaient de faux témoignages contre Jésus, et tous ces témoignages ne s'accordaient point. (Saint Marc, chap. XIV, 56.)

 

Le moyen que tous ces témoignages pussent convenir ensemble, puisqu'ils étaient contraires à la vérité, et qu'il n'y a que la vérité qui s'accorde bien avec elle-même, au lieu que l'imposture est tous les jours sujette à se contredire et à se démentir. Mentita est iniquitas sibi (Psal., XXVI, 12.). C'est ce que nous voyons dans ces faux témoins qui déposent contre Jésus-Christ, et qui se font ses accusateurs devant le tribunal de Caïphe, alors grand prêtre, et revêtu de l'autorité pontificale, pour connaître de toutes les causes qui concernaient la religion. Ils allèguent bien des faits, ils produisent bien des preuves, ils s'étendent en de longs discours ; mais rien ne se soutient, et ce que dit l'un, l'autre le détruit, parce qu'ils ne sont inspirés, les uns et les autres, que par l'esprit de mensonge et par la passion qui les aveugle. Cependant Caïphe les écoute, lui qui devait, en juge équitable, réprimer leur audace ; et les scribes, les pharisiens, les princes des prêtres, les anciens de la Synagogue, tous assemblés pour délibérer avec le pontife, bien loin d'imposer silence à ces imposteurs et de les confondre, se déclarent en leur faveur, et deviennent les plus zélés à les exciter : Summi vero sacerdotes et omne concilium quœrebant adversus Jesum testimonium (Marc, XIV, 55.).

 

Voilà, Chrétiens, quoique d'une manière en apparence moins odieuse, ce qui arrive encore chaque jour dans la société humaine et dans les conversations du monde. Il est vrai qu'on ne se porte pas communément à des calomnies atroces, et qu'il est moins ordinaire de vouloir, en parlant du prochain, lui imputer des crimes dont on le croit innocent ; mais, du reste, est-il rien de plus commun, dans le commerce des hommes, que de se déchirer mutuellement par de cruelles et d'injurieuses médisances ? et toutes injustes, toutes criminelles qu'elles sont, en a-t-on quelque remords dans l’âme, et s'en fait-on quelque scrupule ? Avec quelle liberté les débite-t-on ? avec quelle facilité les écoute-t-on ? Deux désordres dignes de tout le zèle évangélique, et contre lesquels je ne puis ici m'élever avec trop de force. C'est aussi de quoi je prétends vous entretenir. Désordre de la médisance dans celui qui la fait, et désordre de la médisance dans celui qui l'écoute.

 

Désordre de la médisance dans celui qui la fait, et qui souvent ne se rend pas moins coupable que ces faux accusateurs, qui témoignent contre le Fils de Dieu : ce sera la première partie. Désordre de la médisance dans celui qui l'écoute, et qui souvent n'est pas moins condamnable que ce pontife et que tout son conseil, qui prêtent si volontiers l'oreille aux accusations formées contre le Fils de Dieu : ce sera la seconde partie. La matière est d'une extrême conséquence , et mérite toutes vos réflexions..

 

C'est le caractère de l'iniquité, de se parer autant qu'elle le peut des dehors de la plus belle, de la plus exacte justice, et d'en affecter les plus belles apparences, lorsque dans le fond on en viole les règles les plus essentielles. Ainsi, quoique la mort du Fils de Dieu eût été déjà résolue dans un conseil secret des pharisiens et des pontifes, ils feignent néanmoins d'agir contre lui dans toutes les formes, et de ne manquer à aucune des procédures ordinaires. Il faut donc qu'il soit déféré au tribunal du grand prêtre, qu'il y soit accusé publiquement, et juridiquement examiné. C'est pour cela qu'on cherche des preuves ; et, dans ce jugement où la passion domine, on ne trouve que trop de délateurs et de prétendus témoins.

 

Que ne disent-ils point contre Jésus-Christ, et sous quels traits le dépeignent-ils? Cet homme dont toute la conduite fut toujours la plus droite et la plus irréprochable ; cet homme qui, dans ses paroles et dans ses actions, fut toujours la douceur même, la patience, la charité, l'humilité, la sainteté même ; cet Homme-Dieu, pour qui le font-ils passer ? pour le plus méchant des hommes, pour un perturbateur du repos public, qui veut changer le gouvernement et révolter toute la nation ; pour un usurpateur qui prétend se faire roi et ose attenter aux droits et à l'autorité du prince ; pour un impie qui blasphème la loi de Moïse, et qui parle même de renverser le temple de Dieu. Une parole qu'il a dite dans le sens le plus juste, et avec l'intention la plus pure et la plus innocente, ils la relèvent, ils l'empoisonnent, ils l'interprètent à leur gré, et lui en font un sujet de condamnation. Ne nous en étonnons pas ; c'est que ce sont des gens prévenus ; c'est qu'ils ont le cœur envenimé, et qu'ils sont remplis contre lui d'amertume. Pourvu qu'ils contentent leur haine, et qu'ils puissent venir à bout du dessein qu'ils ont formé de le perdre, rien du reste ne les arrête, et ils ne suivent que leur animosité et leur ressentiment. C'est de quoi le Prophète, s'expliquant au nom de ce divin Sauveur, se plaignait avec tant de raison : Ils ont aiguisé leurs langues, ils les ont rendues aussi subtiles et aussi pénétrantes que le glaive le mieux affilé, pour me percer des coups les plus mortels : Lingua eorum gladius acutus (Psal., LVI, 3.).

 

Or, mes Frères, le même crime que commirent a l'égard de Jésus-Christ ces faux témoins, je dis que c'est, par proportion, celui dont tous les jours nous devenons coupables nous-mêmes dans les discours que nous tenons du prochain, et dans les médisances que nous en faisons avec si peu de retenue et si peu de modération. Car prenez garde, s'il vous plaît, et faites-en avec moi la comparaison, autant qu'elle nous peut convenir. Ces accusateurs du fils de Dieu avançaient contre lui mille impostures ; et je soutiens que rien ne nous est plus ordinaire dans nos médisances que d'y ajouter des faussetés, que peut-être nous ne connaissons pas comme telles, mais qui le sont en effet, et dont nous aurions dû mieux nous instruire, pour en parler du moins avec plus d'exactitude, et pour n'y être pas trompés. Ces accusateurs du Fils de Dieu voulaient le noircir dans l'esprit de ses juges, et le faire condamner ; et vous savez que l'injustice de la médisance est de s'attaquer à la réputation d'autrui, de la détruire dans l'estime publique, et d'exposer le prochain aux mépris et aux jugements les plus désavantageux. Ces accusateurs du Fils de Dieu n'agissaient que par passion : et l'expérience de la vie nous apprend assez que le principe le plus commun de tant de médisances où l'on se porte si aisément et si impunément dans tous les états, même les plus saints, c'est une secrète passion qui nous anime et qui veut se satisfaire. Expliquons-nous, et considérons encore chacun de ces trois articles plus en détail.

 

Je sais combien la calomnie, je dis la calomnie délibérée et préméditée, nous paraît odieuse ; et je ne puis ignorer que, pour peu qu'on ait de droiture d'âme et de probité, on ne voudrait pas imaginer des titres d'accusation contre le prochain, ni lui attribuer de pures fictions comme des faits réels et comme des vérités. Ce n'est pas que nous n'en ayons vu de nos jours, et que nous n'en voyions encore des exemples en certaines rencontres et sur certains sujets. Il n'y a rien qu'un faux zèle de religion n'ait employé et qu'il n'emploie pour décréditer, non point seulement quelques particuliers, mais des sociétés entières qui s'opposent à ses progrès. Les plus évidentes suppositions ne lui coûtent plus alors à soutenir, et lui semblent suffisamment justifiées, dès là qu'elles peuvent servir à ses desseins et favoriser ses entreprises. Cependant, Chrétiens, je veux bien reconnaître que la médisance ne va pas toujours jusque-là, et que ce sont des excès dont nous avons naturellement horreur.

 

Mais voici en même temps ce que j'ose avancer, et de quoi le seul usage du monde doit pleinement nous convaincre. C'est qu'il n'y a guère de médisances où la vérité même, outre la justice et la charité, ne soit au moins blessée en quelque manière ; où elle ne soit au moins altérée, déguisée, diminuée. Combien d'histoires se racontent dans les entretiens comme des choses certaines et avérées, et ne sont néanmoins que de faux bruits et de simples imaginations ? On les croit comme on les entend, et on les répète de même. Elles deviennent communes par une démangeaison extrême qu'on a de les publier, et d'en informer toutes les personnes à qui elles ne sont point encore parvenues. S'il était question de les vérifier, quelle preuve en pourrait-on produire ? point d'autre que le récit qu'on nous en a fait à nous-mêmes ; récit aussi mal fondé que la créance que nous y avons donnée. Mais tout s'éclaircit enfin avec le temps, et l'on a la confusion d'apercevoir l'erreur dont on s'était laissé prévenir, et dont on a prévenu les autres. Je le pensais ainsi, dit-on, et j'en avais ouï parler de la sorte. Belle et solide excuse ! comme si c'était une raison suffisante pour former votre jugement et pour l'appuyer, que quelques rapports vagues et sans autorité ; comme si vous ne deviez pas savoir qu'il n'est rien de plus incertain ni de plus trompeur ; comme si la sagesse ne demandait pas d'autre examen, lorsqu'il s'agit de flétrir votre frère et de l'outrager. Ce qu'il y a de plus étrange, c'est que des gens, après y avoir été trompés cent fois, n'en sont dans la suite ni plus réservés, ni plus circonspects, et qu'on les trouve toujours également disposés à recevoir tous les mauvais discours qu'on leur tient, et à les répandre.

 

Accordons-leur néanmoins qu'ils ne disent rien qui dans le fond ne soit vrai : mais ce fond, qui peut être véritable, combien l'exagère-t-on ? quelles circonstances y ajoute-t-on ? sous quelles couleurs empruntées le représente-t-on ? de quels prétendus embellissements l'orne-t-on, ou plutôt le défigure-t-on ? On fait là-dessus mille raisonnements ; on en tire des conséquences ; on en veut pénétrer les motifs, les vues, les intentions, les principes les plus secrets : tout cela autant de fantômes qu'on se figure, et autant d'idées vaines et chimériques où l'esprit s'égare et se perd. Or n'est-ce pas là ce qui arrive presque sans cesse dans ces conversations où l'on met si volontiers en jeu le prochain ? et n'est-ce pas ainsi que, sans vouloir être calomniateur, et sans croire l'être, on l'est toutefois, sinon absolument, du moins en partie et sur des points très essentiels ?

 

Mais sans aller plus loin, et à se renfermer précisément dans les bornes de la médisance, je n'ai, mes Frères, qu'à vous la faire considérer en elle-même, pour vous en faire connaître l'injustice ; injustice la plus grave : pourquoi ? parce qu'elle ravit au prochain, de tous les biens naturels, le plus précieux, le plus délicat, le plus difficile et à conserver et à réparer, qui est l'honneur. Et en effet, qui ne sait pas que l'honneur, dans l'opinion du monde, est un bien du premier ordre ? Qu'est-ce qu'un homme sans honneur ? eut-il tous les autres biens, fût-il comblé de richesses, pût-il goûter dans son état tous les plaisirs, si c'est un homme noté et déshonoré, on le regarde comme le dernier des hommes. Ainsi tout ce qu'un homme du siècle oppose à l'Evangile sur le pardon des injures, qu'il se le dise à lui-même sur la médisance, et qu'il mesure son péché par les maximes qu'il établit et qu'il suit en matière de point d'honneur. Il a horreur des concussions, des usurpations violentes ou frauduleuses, des vols, des assassinats, des meurtres ; mais tout cela n'attaque, après tout, que les biens de fortune ou que la vie. Or il préfère l'honneur à tous ces biens ; d'où il s'ensuit qu'il doit donc avoir encore plus d'horreur de la médisance, que de tout cela.

 

Est-il, mes chers auditeurs (souffrez que je m'exprime de la sorte), est-il une bizarrerie pareille à la nôtre ? Nous mettons l'honneur à la tête de tous les autres biens ; nous sommes sur cet honneur sensibles à l'excès ; il n'y a rien, pour sauver cet honneur, à quoi nous ne fussions prêts de renoncer ; nous nous en déclarons hautement ; nous le témoignons dans toutes les rencontres, et la moindre atteinte faite à cet honneur est capable d'exciter dans nos cœurs les ressentiments les plus amers : mais, par une contradiction qui ne se peut comprendre, et que nous ne justifierons jamais, nous traitons de péché léger ce qui enlève aux autres ce même honneur, ce qui le ternit, ce qui le détruit. Est-ce là raisonner conséquemment ? Ou bien abandonnons ces grands principes auxquels nous paraissons si attachés, et que nous faisons tant valoir touchant l'honneur ; ou bien reconnaissons notre injustice, lorsque nous le blessons si aisément dans autrui, et que nous en tenons si peu de compte.

 

Injustice d'autant plus condamnable, que l'honneur est un bien plus délicat, un bien plus difficile à acquérir, à maintenir, à rétablir. Il n'y a qu'à voir combien il en coûte pour se faire dans le monde une bonne réputation. On n'en vient à bout qu'après de longues années d'épreuves, et des épreuves les plus critiques et les plus rigoureuses. Est-elle faite, que ne faut-il point pour s'y conformer, et pour la défendre de tout ce qui en pourrait obscurcir l'éclat ? Car cet éclat d'une réputation saine et heureusement établie, est comme la glace d'un miroir, à qui la plus faible haleine ôte dans un moment tout son lustre. Nous avons un tel penchant à croire le mal, nous sommes même si accoutumés à l'augmenter et à l'exagérer, qu'une parole suffit pour perdre un homme, une femme dans notre estime. Nous prenons cette parole dans tous les sens, et toujours dans les plus mauvais, parce que c'est la perversité naturelle de notre cœur qui nous la fait interpréter. De sorte que la meilleure réputation et la plus juste est tout d'un coup renversée, et que souvent il n'est presque plus possible de la relever. Pour peu que vous touchiez à certain fruit, il perd toute sa fleur, et ne la peut plus reprendre ; et dès qu'une fois l'honneur est endommagé, la tache est presque ineffaçable et le dommage sans remède. Vous direz dans la suite tout ce qu'il vous plaira, vous prendrez tous les soins imaginables pour guérir le coup que vous avez porté, et pour en fermer la plaie ; malgré toutes vos réparations et tous vos soins, on se souviendra toujours de tel mot qui vous est échappé, on s'en tiendra là, et l'on traitera tout le reste de discours étudiés et de cérémonies.

 

Qu'est-ce donc que la médisance ? c'est comme une grêle, qui ruine dans un jour, et même en beaucoup moins de temps, l'ouvrage de vingt années de travaux, de précautions, de mesures. On regarde comme une cruauté de ravager des terres cultivées : que sera-ce de détruire une réputation achetée si cher et au prix de tant de peines ? Mais vous ne la détruisez, dites-vous, que par une vérité, et la vérité ne peut être contre la justice. Erreur : car il ne vous est pas permis de faire connaître toute la vérité. Quoique ce soit une vérité, tant qu’elle demeure secrète, ma réputation est entière, et vous l'entamez ; j'ai droit à cette réputation, et vous m'en privez ; je suis dans une possession actuelle de cette réputation, et vous m'en dépouillez ; ce que j'ai fait est caché, et vous le révélez. Voilà votre injustice, et envers Dieu et envers moi-même : envers Dieu, puisqu'il vous avait défendu de me ravir un bien dont j'étais le maître, et que vous violez sa loi ; envers moi-même, puisque sans raison vous attentez sur ce qui m'appartenait le plus légitimement, et que par une espèce d'oppression vous me l'arrachez des mains et le dissipez.

 

Oui, Chrétiens, c'est sans raison que le médisant se porte à de pareils attentats contre la réputation de son frère, et c'est aussi ce qui met le comble à son crime. Car je n'ai garde d'appeler de véritables raisons une vengeance outrée, une haine envenimée, une aveugle antipathie, une jalousie mortelle, un esprit d'intérêt, une humeur chagrine et critique, un zèle mal entendu, une envie démesurée de parler, de railler, de plaisanter, une légèreté sans attention, sans réflexion, sans ménagement ni discrétion. Or, ne sont-ce pas là les principes de la médisance?

 

Reprenons.

 

Une vengeance outrée : on se croit bien fondé à rendre médisance pour médisance. Il a dit ceci de moi, et je dis cela de lui ; il ne m'épargne pas, pourquoi l'épargnerais-je ? Conduite en quelque sorte tolérable parmi des idolâtres et des païens ; mais expressément réprouvée dans les. chrétiens, à qui Jésus Christ a donné cette grande règle de pardonner toute injure et de bénir ceux qui les chargent d'imprécations, Du moins, si l'on y observait quelque proportion : mais pour une chose qu'on a dite de vous, et qu'on n'a dite qu'une fois, peut être même pour le seul soupçon que vous en avez, il y a des années entières que vous poursuivez sans relâche cette personne, et que vous la déchirez.

 

Une haine envenimée : c'est assez d'être mal ensemble, d'avoir ensemble quelque dispute, quelque contestation, quelque procès, pour conclure qu'on peut publier contre son ennemi tout ce qu'on en sait, ou tout ce qu'on en croit savoir. De là, dans la défense d'une cause, tant de faits scandaleux que l'on recueille et que l'on produit, sans autre sujet ni d'autre avantage que de contenter son animosité et de couvrir de confusion l'adverse partie.

 

Une aveugle antipathie : certaines gens ne nous plaisent pas, et dès lors on n'en peut dire du bien. Mais pourquoi ne nous plaisent-ils pas ? il ne faut point nous demander pourquoi, car nous ne le voyons guère nous-mêmes, et nous aurions de la peine à le marquer. Quoi qu'il en soit, dès qu'ils ne nous reviennent pas, et que nous en avons je ne sais quel éloignement, on ne leur passe rien, on ne leur pardonne rien, on ne les ménage en rien. C'est un plaisir de les faire sans cesse paraître sur la scène, et d'en divertir les compagnies.

 

Une jalousie mortelle : on ne l'avoue pas, parce que de soi-même c'est un vice honteux et humiliant ; mais sans l'avouer, on ne la sent pas moins. Jalousie ingénieuse à déguiser la médisance sous les plus beaux dehors, et à lui donner les couleurs les plus spécieuses ; jalousie du mérite d'autrui, de ses succès, de ses vertus et de ses perfections ; jalousie entre des partis différents, surtout entre des personnes du sexe, plus susceptibles que les autres de cette passion, et par là même plus sujettes à médire, et plus piquantes dans leurs traits satiriques et médisants.

 

Un esprit d'intérêt : examinez bien pourquoi dans la même vocation, dans le même emploi, celui-ci s'étudie tant à rabaisser l'autre et à le décréditer : c'est qu'il voudrait tout attirer à soi, et profiter aux dépens de celui-là qui lui fait ombrage. Examinez bien pourquoi dans la cour d'un prince la médisance est si fort en règne, et pourquoi il s'y répand tant de mémoires injurieux : c'est que chacun pense à s'avancer, et que tous ne pouvant occuper telle et telle place, vous vous trouvez par conséquent intéressé à flétrir quiconque pourrait y aspirer préférablement à vous, et les obtenir. Examinez même, si je puis user ici de cet exemple, examinez bien pourquoi, dans le cours d'une intrigue criminelle, ce rival se déchaîne à toute occasion et avec tant de violence contre son rival : c'est qu'il travaille a l'écarter, et qu'il prétend posséder seul l'infâme et malheureux objet de ses désirs.

 

Que dirai-je encore ? Une humeur chagrine et critique, le monde est plein de ces censeurs par état, qui ne voient dans le prochain que ce qu'il y a de défectueux, ou ce qui en a l'apparence. Du moins est-ce à cela qu'ils s'attachent, sans égard à tout le reste : n'ayant, ce semble, d'autre occupation, ni d'autre satisfaction dans la vie, que de déclamer, tantôt contre l'un, tantôt contre l'autre ; cherchant en tout et y trouvant, selon leurs bizarres idées, de quoi exciter le fiel qui les dévore, et sur quoi le faire couler.

 

Un zèle mal entendu : oh ! que de médisances par là sont justifiées, sont consacrées, sont sanctifiées ! un médisant dévot, un médisant zélé ou prétendu tel, est le plus à craindre. D'un air tranquille et composé, d'un ton pieux et modeste, il en dira plus que l'emportement le plus passionné et la plus ardente colère n'en peut inspirer. Encore se flattera-t-il d'avoir en cela rendu service à Dieu, et s'en fera-t-il un mérite auprès du Seigneur. Content de lui-même, il ira devant un autel ou au pied d'un oratoire épancher son âme, et croira pouvoir dire, comme David (Psal., C, 8.) : Dans un matin, ô mon Dieu ! sans autre glaive que celui de la langue ou que celui de la plume, je combattais tous les ennemis de votre loi, et j'exterminais tous les pécheurs de la terre.

 

Une envie démesurée de parler, de railler, de plaisanter : Je n'ai rien contre cet homme, dit-on, je ne lui veux point de mal ; et si j'en parle, ce n'est que pour me réjouir. Divertissement sans doute bien charitable et bien chrétien ! vous n'avez rien contre lui, et vous le frappez aussi rudement que s'il y avait entre lui et vous l'inimitié la plus déclarée ! vous ne lui voulez point de mal, et vous lui en faites ! Vous n'avez en vue que de vous réjouir : eh quoi ! de le noircir et de le diffamer, de le rendre au moins un sujet de risée, et de lui ôter par là toute la douceur de la société humaine, de lui causer mille chagrins et de lui aigrir le cœur contre vous, est-ce donc si peu de chose que vous en deviez faire un jeu ? Esprit railleur dont on s'applaudit, dont on tire une fausse gloire, dont on se laisse tellement posséder, qu'on n'est plus maître de le retenir. Esprit pernicieux qui trouble la paix, qui rompt les amitiés les plus étroites, qui suscite les querelles et les dissensions.

 

Enfin, une légèreté sans attention, sans réflexion, sans ménagement ni discrétion : on raisonne de tout, à propos et hors de propos ; on dit tout ce qu'on sait, et souvent tout ce qu'on ne sait pas ; on n'a rien de secret, et quoi que ce soit qui s'offre à la pensée, on le jette d'abord tel qu'il se présente. Ce n'est point dessein prémédité , j'en conviens : c'est vivacité ; mais cette vivacité, ne fallait-il pas la modérer ? ne fallait-il pas vous en défier ? ne fallait-il pas profiter de tant d'occasions, où vous avez reconnu vous-même qu'elle vous avait emporté au delà des bornes ? En serez-vous quitte quand vous direz à Dieu : Je n'y pensais pas. Il vous répondra que vous deviez y penser. Car que vous n'y ayez pas pensé, le prochain n'en souffre pas moins : et c'est à vous de voir par où vous pourrez le dédommager.

 

Concluons, Chrétiens.

 

Voilà les principes de la médisance ; or de tels principes, que peut-il venir que de mauvais et de corrompu ? Si donc nous voulons acquérir la vie éternelle, et nous garantir d'un des dangers les plus présents d'en être exclus pour jamais ; si même dès ce monde nous voulons couler d'heureux jours et couper la racine de mille peines, de mille disgrâces, de mille affaires désagréables, Qui vult diligere vitam, et dies videre bonos (1 Petr., III, 10.) ; que ferons-nous pour cela ? c'est de suivre l'important avis que nous donne le Prophète en ces courtes paroles : Prohibe linguam tuam a malo (Psal., XXXIII, 14.).

 

C'est, dis-je, de veiller sur notre langue et de la régler ; d'y mettre un frein, et, si je puis m'exprimer de la sorte, un frein d'équité, un frein de charité, un frein de circonspection et de sagesse, qui en arrête l'intempérance et qui en réprime les saillies. Ainsi nous éviterons le désordre de celui qui fait la médisance, et vous allez encore apprendre à éviter le désordre de celui qui l'écoute : c'est la seconde partie.    

 

BOURDALOUE

EXHORTATION SUR LES FAUX TÉMOIGNAGES RENDUS CONTRE JÉSUS-CHRIST 

 

Christ Accused by the Pharisees (detail)

Le Christ accusé par les Pharisiens (détail), Duccio di Buoninsegna

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