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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Magnificat

     



Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






Yahad-In Unum

   

Vicariat hébréhophone en Israël

 


 

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SALVE REGINA

21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 12:30

En effet, c'est une illusion de penser que nous n'ayons à répondre que de nos propres péchés. Les péchés d'autrui, selon la part que nous y avons, doivent entrer dans le compte que Dieu exigera de nous, ou, pour mieux dire, les péchés d'autrui nous deviennent propres et personnels, dès là que nous y participons, que nous y coopérons, que nous les favorisons, et que nous les fomentons.

BOURDALOUE

 

 

Qu'il se trouve des hommes assez perdus d'honneur et de conscience pour s'attaquer à l'innocence même, et pour imaginer contre elle des faits supposés et de prétendus sujets d'accusation, c'est une des iniquités les plus criantes et les plus dignes de toute la sévérité des lois. Mais que ceux encore que Dieu a établis et qu'il a revêtus de sa puissance pour réprimer cette audace, l'autorisent au contraire, l'appuient, et lui laissent la liberté d'inventer tout ce qui lui plaît, et de l'avancer impunément, c'est le comble et le dernier degré de l'injustice. Or voilà néanmoins ce que fait Caïphe dans la cause de Jésus-Christ, et à l'égard des faux témoins qu'on a subornés contre cet Homme-Dieu. Comme grand prêtre et souverain juge, Caïphe devait les rejeter et même les châtier. Il était évident que leurs témoignages se contredisaient, et par conséquent qu'il y avait dans leurs dépositions de l'imposture et du mensonge. Il n'ignorait pas au nom de qui ils parlaient, ni de qui ils étaient les ministres et les suppôts. Il savait qu'ils étaient gagnés par les ennemis du Fils de Dieu pour l'opprimer et le faire périr. Mais bien loin de s'opposer à une si damnable entreprise et de confondre ces calomniateurs, il les reçoit favorablement, il les écoute, il se joint à eux, et tire de la bouche du Sauveur du monde un aveu touchant sa divinité, dont il lui fait un crime, et qu'il traite de blasphème : Quid adhuc desideramus testes? Audistis blasphemiam (Marc, XIV, 63, 64.) ? Pourquoi tout cela ? C'est qu'il entrait dans toutes les passions des scribes et des docteurs de la Synagogue ; c'est qu'il était lui-même d'intelligence avec les Pharisiens, piqués contre Jésus-Christ ; c'est qu'il était bien aise d'avoir, pour le condamner, des preuves au moins apparentes, s'il ne pouvait en avoir de réelles et de solides. Voilà ce qui le rend si facile à entendre tout, quelque peu de vraisemblance qu'il y découvre, et quelque persuadé qu'il soit que ce sont autant d'inventions et autant d'artifices de la plus injuste et de la plus violente cabale.

 

De là, Chrétiens, que viens-je vous enseigner, ou de quelle erreur voudrais-je aujourd'hui vous détromper ? Appliquez-vous à ce point de morale, dont on n'a pas dans le monde une idée assez juste, et sur lequel on suit sans scrupule des principes très contraires néanmoins et à la raison et à la religion. D'être auteur de la médisance, de la faire et de la débiter, c'est ce que les âmes vraiment chrétiennes reconnaissent aisément pour une injustice et un désordre ; mais d'y prêter seulement l'oreille, de s'y rendre attentif, de ne l'arrêter pas, autant qu'il est possible, et de n'y former nulle opposition, c'est ce qu'on ne pense guère à se reprocher, et ce qu'on met au rang des fautes les plus légères et les plus pardonnables. Or je soutiens que, sans rien dire soi-même au désavantage du prochain, on peut toutefois, par la seule attention qu'on donne à la médisance, pécher très gravement. Je soutiens que si c'est un crime d'attaquer et de blesser l'honneur d'autrui, c'en est pareillement un de ne le défendre pas de tout son pouvoir, et de ne le pas maintenir. Je soutiens que Dieu, là dessus, nous a chargés de l'intérêt de nos frères ; que c'est un devoir, sinon de justice, au moins de charité ; et que de manquer à cette loi indispensable, c'est désobéir à un précepte divin, et par là même s'exposer à une éternelle damnation.

 

Je le soutiens, dis-je ; et voilà pourquoi saint Bernard disait de la médisance que c'est un étrange mal et bien funeste, puisque du même trait elle cause la mort à trois personnes : à celui qui médit, à celui dont on médit, à celui devant qui l'on médit ; à celui qui médit, et qui perd la vie de l'âme en perdant la grâce de Dieu ; à celui dont on médit, et qui perd en quelque sorte la vie civile en perdant la réputation qui l'y entretenait ; enfin, à celui devant qui l'on médit, et qui perd la charité, dès là qu'il en abandonne les intérêts et qu'il permet qu'elle soit violée en sa présence. Tout ceci ne souffre nulle contestation : mais il faut le développer encore davantage, afin que vous en ayez une intelligence plus parfaite, et que vous sachiez précisément à quelles règles vous pouvez dans la pratique et vous devez vous en tenir.

 

Je dis donc qu'il y a, selon la distinction commune, trois états différents, soit à l'égard de celui qui fait la médisance, ou à l'égard de celui qui l'écoute : un état de supériorité, un état d'égalité et un état de dépendance. Comme je ne veux rien outrer, je conviens que chaque état a ses obligations particulières, et que dans tous ce ne sont pas les mêmes. Suis-je dans un état supérieur à celui du médisant, je puis lui fermer la bouche, je puis user de mon autorité pour interrompre ses discours trop libres et trop mordants ; je puis hautement lui déclarer et lui faire entendre que ce n'est point par de tels entretiens qu'on me peut plaire, que le christianisme nous les interdit, et qu'étant chrétien, je ne suis pas dans une disposition à les tolérer ni à les agréer. Suis-je dans un état égal, ou même dans un état inférieur ; je n'ai pas le même droit alors de résister en face à la médisance, ni de m'élever aussi ouvertement contre elle et avec la même force : mais je puis au moins me taire, et par mon silence la laisser tomber ; mais je puis, par un air grave et sérieux, donner à connaître que je n'entre point en tout ce qu'on me dit, et que je n'y prends point de part ; mais je puis, par des propos éloignés, couper la conversation, et peu à peu, la tourner sur d'autres sujets ; mais je puis même, par quelques paroles d'excuse, couvrir les choses, les justifier ou les adoucir : car c'est ainsi que la charité le demande. Sans cela, que fais-je ? Je me rends responsable devant Dieu de la médisance qui se commet, et j'en fais retomber sur moi l'iniquité. Voulez-vous savoir comment ? vous n'aurez pas de peine à le comprendre.

 

En effet, c'est une illusion de penser que nous n'ayons à répondre que de nos propres péchés. Les péchés d'autrui, selon la part que nous y avons, doivent entrer dans le compte que Dieu exigera de nous, ou, pour mieux dire, les péchés d'autrui nous deviennent propres et personnels, dès là que nous y participons, que nous y coopérons, que nous les favorisons, et que nous les fomentons. Or, écouter la médisance, je dis l'écouter sans nécessité, sans contrainte, d'une volonté délibérée et d'un plein gré, quand on pourrait ou la repousser directement et la combattre, ou l'éluder adroitement et la détourner, c'est sans contredit y participer, c'est y coopérer, c'est la favoriser et la fomenter.

 

Pour vous en convaincre d'une manière sensible, supposons l'esprit de charité tellement répandu dans le christianisme, que la médisance y trouvât partout des contradictions ; que la plupart des chrétiens fussent prévenus de telle sorte et disposés contre elle ; que personne ou presque personne ne lui applaudît ; que le pouvoir des maîtres fût employé à la bannir de devant eux et à la proscrire ; que la fermeté des égaux et même des inférieurs fût assez constante pour y témoigner toujours une certaine répugnance, pour y former toujours quelque obstacle, du moins pour n'y consentir jamais, pour ne l'approuver jamais, pour ne marquer jamais ni par aucun signe, ni par aucune parole, qu'on y fît réflexion, et que l'esprit y fût appliqué : ah ! mes Frères, dites-moi s'il y aurait alors beaucoup de médisants, et même dites-moi s'il y en aurait un seul ? La médisance ne trouvant point d'auditeurs favorables , ne recevant point d'éloges capables de la flatter et de l'exciter, se voyant au contraire ou honteusement rebutée, ou reçue froidement et négligée, oserait-elle se produire ? le chercherait-elle avec tant d'ardeur ? serait-elle si hardie et si téméraire à s'expliquer ? n'y garderait-elle pas plus de mesure ? n'y apporterait-elle pas plus de réserve ? Il est donc incontestable que ce qui l'entretient et ce qui lui donne dans le monde un empire si étendu, c'est le bon accueil qu'on lui fait, et l'accès facile qu'elle rencontre dans tous les lieux où elle se présente. D'où il s'ensuit que la malice n'en doit pas être seulement attribuée aux médisants, mais qu'elle doit rejaillir encore sur tous ceux qui contribuent à la médisance, en lui laissant une pleine liberté de lancer ses traits sur qui il lui plaît, et comme il lui plaît. C'est pour cela que saint Jérôme s'écriait : Heureuse la conscience qui ne s'attache ni à voir le mal, ni à l'entendre : Felix conscientia quœ nec audit, nec aspicit malum. Prenez garde, je vous prie : ce saint docteur ne se contente pas de dire qu'heureux est l'homme qui ne se porte point à mal parler, mais qui ne s'arrête pas même à écouter le mal : pourquoi ? parce qu'il se met par là à couvert d'un des péchés les plus graves, et en même temps les plus ordinaires.

 

Non, mes chers auditeurs, rien de plus ordinaire que d'avoir les oreilles ouvertes à tous les mauvais contes qui se font, et à toutes les histoires scandaleuses qui se récitent. Je puis ajouter que c'est aussi l'un des plus dangereux écueils où l'innocence soit exposée dans le commerce du monde. Une âme chrétienne et prévenue des sentiments de la religion peut avec moins de difficulté s'abstenir de la médisance, et ne la prononcer jamais elle-même ; mais de ne la pas entendre, c'est de quoi il n'est pas possible de se garantir sans une vigilance continuelle sur soi-même, et sans une résolution à l'épreuve de toutes les occasions et de toutes les tentations. De là vient, pour peu qu'on ait la conscience timorée, qu'il est rare que nous allions parmi le monde, et que nous nous mêlions dans les conversations du monde, sans en revenir avec quelque scrupule dans le cœur sur ce qui s'est dit du prochain, et sur la manière dont nous l'avons reçu. Je me trompe. Chrétiens , et je devrais plutôt reconnaître, en le déplorant, qu'il est rare et très rare que nous ayons là-dessus le moindre scrupule, parce que la plupart ne comptent pour rien d'écouter une médisance, et d'en raisonner avec celui qui la fait. On l'écoute avec indifférence, on l'écoute avec complaisance, on l'écoute par un respect humain et par une lâche condescendance, on l'écoute par une vaine curiosité ; et ce qu'il y a de plus criminel enfin, on l'écoute par une secrète malignité. Autant de caractères ou autant de degrés à distinguer dans le péché dont on se charge devant Dieu. Suivez-moi.

 

On l'écoute avec indifférence. Comme on n'est guère touché des intérêts du prochain, et qu'on ne se croit nullement engagé dans sa cause, on laisse parler chacun ainsi qu'il le juge à propos. Ce n'est pas mon affaire, dit-on, et cela ne me regarde point ; ce n'est point moi qui ai entamé cette matière; et dans tout cet entretien, je n'ai été qu'auditeur et que témoin. Sur ce beau principe, on se rassure, et l'on se tient quitte de tout. Si, dans les visites qu'on rend et qu'on reçoit, si, dans les compagnies que l'on fréquente, la charité est fidèlement observée et l'honneur d'autrui ménagé on en est bien aise, et l'on en bénit le Seigneur : mais du reste, que la médisance y vienne prendre place, que la réputation de celui-ci ou de celle-là y soit impitoyablement déchirée, on en est peu en peine : pourquoi ? parce qu'on ne peut se figurer qu'on en soit complice ; parce qu'on ne peut se mettre dans l'esprit qu'on ait sur cela d'autre obligation que de se tenir neutre, et de ne se point déclarer : comme si voyant mon frère attaqué avec violence et sur le point de périr, je pouvais sans crime l'abandonner à l'ennemi qui le poursuit, et lui refuser mon secours, lorsque je suis en état de le sauver. Il n'est pas nécessaire, pour connaître l'indignité d'une telle conduite et pour la condamner, d'avoir recours à la religion ; il suffit de consulter la loi de la nature et la raison.

 

On l'écoute avec complaisance. De tout temps la médisance a été, et est encore plus que jamais l'assaisonnement des conversations. Tout languit sans elle, et rien ne pique. Les discours les plus raisonnables ennuient, et les sujets les plus solides causent bientôt du dégoût. Que faut il donc pour réveiller les esprits, et pour y répandre une gaieté qui leur rende le commerce de la vie agréable ? Il faut que dans les assemblées le prochain soit joué, et donné en spectacle par des langues médisantes : il faut que par des narrations entrelacées des traits les plus vifs et les plus pénétrants, tout ce qui se passe de plus secret dans une ville, dans un quartier, soit représenté au naturel et avec toute sa difformité : il faut que toutes les nouvelles du jour viennent en leur rang et soient étalées successivement et par ordre. C'est alors que chacun sort de l'assoupissement où il était, que les cœurs s'épanouissent, que l'attention redouble, et que les plus distraits ne perdent pas une circonstance de tout ce qui se raconte. Les yeux se fixent sur celui qui parle ; et quoiqu'on ne lui marque pas expressément le plaisir qu'on a de l'entendre, il le voit assez par la joie qui paraît sur les visages, par les ris et les éclats qu'excitent ses bons mots, par les signes, les gestes, les coups de tête. Tout l'anime ; et se trouvant en pouvoir de tout dire, sans que personne l'arrête, où sa passion, où son imagination ne l'emporte-t-elle pas ? On ne se retire point qu'il n'ait cessé, et l'on s'en revient enfin d'autant plus content de soi, que, sans blesser, à ce qu'on prétend, sa conscience, on a eu tout le divertissement de la conversation la plus spirituelle et la plus réjouissante. Voilà ce qu'on met au nombre des amusements permis, et de quoi l'on s'imagine être en droit de goûter toute la douceur, sans que l'innocence de l’âme en soit endommagée.

 

On l'écoute par un respect tout humain et par une lâche condescendance. C'est un ami qu'on craint de choquer, c'est un maître qu'on ménage et qu'on veut flatter, c'est même un inférieur qu'on n'a pas la force de reprendre, et dont on se laisse dominer. On sait bien ce qui serait du devoir de la charité, et l'on voudrait y satisfaire ; mais l'assurance et le courage manquent. On gémit intérieurement de la contrainte où l'on est, et l'on se reproche sa faiblesse, mais on ne peut venir à bout de la surmonter. De là ce consentement forcé, mais apparent, qu'on donne à la médisance. On la condamne dans le fond du cœur ; mais, de la manière dont on y répond, il semble au dehors qu'on l'approuve ; il semble qu'on entre dans toutes les pensées du médisant, dans toutes ses idées et tous ses sentiments. Or, par là même on l'y confirme ; et bien loin de le guérir, on le perd, et l'on se perd soi-même avec lui.

 

On l'écoute par une vaine curiosité. Combien de gens veulent être informés de tout et tout savoir ! Je dis tout ce qui ne les regarde point, et qui ne les intéresse en rien. Car voici ce qu'il y a souvent de plus étrange et de plus bizarre : c'est qu'on ignore ses propres affaires, qu'on n'a nul soin de les apprendre, ni d'examiner ce qui se fait dans sa propre maison; tandis qu'on veut avoir une connaissance exacte des affaires des autres, et qu'on tient en quelque sorte registre de tout ce qu'ils font et de tout ce qui se fait chez eux. Au lieu donc de rejeter mille rapports, non seulement inutiles, mais très injurieux et très pernicieux, on en est avide, on les recherche, et l'on en recueille jusqu'aux moindres particularités. C'est ce qu'on appelle ouvertures de cœur, confidences ; et moi, c'est ce que j'appelle perfidies et médisances. C'est ce qu'on tâche de justifier par le droit de l'amitié ; et moi c'est ce que je réprouve par le droit de la charité. Et où est-elle cette charité évangélique ? comment l'accorder avec ces tours d'adresse, avec ces perquisitions, ces questions subtiles et captieuses ; avec ces longs circuits pour amener une personne dans le piège, pour lui tirer ce qu'elle a de plus caché dans l'âme, pour l'engager insensiblement à vous le révéler, pour abuser de son ingénuité, ou plutôt de sa simplicité ? Il faudrait lui enseigner à se taire, et l'on use de toutes les industries et de toutes les instances, pour lui arracher une parole qu'elle devrait retenir. Cependant on se sait bon gré d'avoir découvert telle chose qui n'est pas connue ; on en triomphe, on s'en fait un faux mérite ; et ce sera beaucoup si dans peu l’on ne la rend pas publique, et l'on ne produit pas au jour tout le mystère.

 

Achevons.

 

On l'écoute par une secrète malignité. Un homme a des précautions à prendre et des mesures à garder ; il n'aurait pas bonne grâce de s'élever hautement contre cet autre, et de déclamer contre lui ; on ne l'en croirait pas, et tout ce qu'il dirait ne ferait nulle impression ; on l'attribuerait à chagrin, à ressentiment, à prévention, à mauvaise volonté, parce qu'ils sont mal ensemble, et qu'ils ne se voient point ; parce qu'ils sont liés à des partis tout contraires, et que le monde est instruit de leur division ; parce qu'ils sont actuellement en concurrence pour un emploi, pour une charge, pour quelque avantage que ce puisse être. Mais s'il ne peut s'expliquer lui-même et s'il ne lui convient pas, qu'il lui est doux de trouver quelqu'un qui prenne sa place et qui parle pour lui ! Peut-être par bienséance en fera-t-il paraître quelque peine ; peut-être même affectera-t-il d'excuser ce qu'il entend et d'y donner un bon sens. Mais que la malignité est artificieuse ! il en dira trop peu pour une solide justification, et assez pour animer l'entretien, et pour engager encore à de plus amples détails et à de nouvelles médisances. Voilà le fruit de cette prétendue modération. Autant et mieux vaudrait-il qu'il eût ouvert son cœur, qu'il en eût suivi tous les sentiments, et qu'il eût jeté au dehors tout le fiel dont il est rempli.

 

Quoi qu'il en soit, mes Frères, préservons-nous de la médisance comme du poison le plus contagieux et le plus mortel. C'est l'idée que nous en fait concevoir le Saint-Esprit, en comparant la langue du médisant avec la langue du serpent : Acuerunt linquas suas sicut serpentis (Psal., CXXXIX, 4.). Le serpent pique ; ce n'est qu'une morsure : mais de cette morsure le venin se communique dans toutes les parties du corps. Le médisant parle ; ce n'est qu'une parole : mais bientôt cette parole retentit partout ; on se la redit les uns aux autres, et, pour user de cette figure, comme un souffle empesté, elle infecte également et toutes les bouches d'où elle sort, et toutes les oreilles où elle entre. Ne nous arrêtons point tant à examiner ce que fait le prochain, et ce qu'il ne fait pas. Si Dieu nous en a confié la conduite, veillons-y avec toute l'attention nécessaire ; mais du reste, en y observant toutes les règles d'une correction charitable, c'est-à-dire en l'avertissant, en le reprenant de lui à nous, et non en publiant ses imperfections et ses vices, ni en le décriant. S'il ne dépend point de nous et que nous n'en soyons point responsables, qu'avons-nous affaire de rechercher ses actions ? de quelle autorité entreprenons-nous de le juger et de le censurer ? Chacun devant Dieu portera son fardeau ; et c'est à chacun de penser à soi, sans vouloir étendre plus loin ses vues. Que de soins superflus dont on se délivrerait ! que de retours fâcheux qu'on s'épargnerait ! que de querelles et de démêlés qu'on préviendrait ! que de péchés qu'on éviterait ! Combien une médisance a-t-elle troublé de familles, de sociétés, de communautés ? combien a-t-elle blessé de consciences, et combien d'âmes a-t-elle damnées ? De toutes les tentations dont nous avons à nous garantir, on peut dire que celle-ci est non seulement la plus universelle, mais la plus dangereuse et la plus difficile à vaincre. L'apôtre saint Jacques en était bien persuadé, et nous n'éprouvons que trop tous les jours la vérité du témoignage qu'il en a rendu, quand il nous dit que la langue est un feu qui ne cherche qu'à s'échapper et à consumer tout : Et lingua ignis est (Jac., III, 6.) ; que c'est un mal inquiet, qui n'a point de repos et qui n'en donne point : Inquietum malum ; qu'il n'y a aucune espèce de bêtes si sauvages et si farouches que l'homme n'ait su réduire ; mais que pour la langue, on ne la peut dompter : Linguam autem nullus hominum domare potest. Et n'est-ce pas elle, en effet, qui fait tomber les plus sages, et qui entraîne les plus vertueux ? Il n'y a point d'état où elle n'ait causé des dommages infinis.

 

Au reste, mes chers auditeurs, si nous nous sentons quelquefois atteints de ses coups, et si nous nous voyons en butte à la médisance, nous avons dans Jésus-Christ un beau modèle de patience. Imitons ce divin Maître, et ne soyons point plus jaloux de notre réputation qu'il ne l'a été de la sienne. Ou ce qu'on dit de nous est vrai : reconnaissons-le humblement devant Dieu, et consentons, puisqu'il le permet, à en porter devant les hommes toute la confusion. Ou c'est sans fondement et sans raison qu'on nous accuse : contentons-nous, pour notre défense, d'une simple exposition de la vérité, et laissons au Seigneur le soin dune plus entière justification ; il y pourvoira dès cette vie même, au moins dans l'autre. Quand le monde nous comblerait de ses malédictions, nous sommes heureux si nous pouvons à ce prix mériter les bénédictions du ciel, et obtenir la gloire éternelle, que je vous souhaite.

 

BOURDALOUE

EXHORTATION SUR LES FAUX TÉMOIGNAGES RENDUS CONTRE JÉSUS-CHRIST

 

Christ Accused by the Pharisees

Le Christ accusé par les Pharisiens, Duccio di Buoninsegna

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Published by un pèlerin - dans BOURDALOUE
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