Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : "Que devons-nous faire ?" Jean leur répondait : "Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même !"

Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : "Maître, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé." A leur tour, des soldats lui demandaient : "Et nous, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde."

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous : "Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas."

Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc



Le Temps de l'Avent



Roraty w bazylice św. Franciszka w Krakowie
Rorate coeli.mpg
Rorate Cæli







Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine


La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre




Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus







Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris



la vidéo sur KTO



Magnificat


NOTRE-DAME

Pour ce Carême 2009, le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, nous a invité en cette année jubilaire à la réflexion sur Saint Paul, juif et apôtre des nations : sa personnalité, sa mission...
retouvez les Conférences de Carême sur le site du diocèse de Paris


mardi 8 décembre 2009
Fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

Cette solennité est aussi la fête du Chapitre Cathédral de Notre-Dame de Paris et l’installation des nouveaux chanoines nommés par l’Archevêque de Paris : Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris



NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour ! 

Sœur Marie-Aimée de Jésus

à Paris

Exposition Brukenthal du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010

Le musée Jacquemart-André accueille les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal, l’une des plus prestigieuses d’Europe centrale qui rassemble des œuvres flamandes des plus grands maîtres du XVème siècle au XVIIème siècle : Van Eyck, Jordaens, Bruegel, Memling ou Teniers.



Exposition d’icônes "Noël Russe" du 5 décembre 2009 au 24 janvier 2010

Eglise de la Madeleine


Atelier Saint Jean Damascène



du 5 mars 2010 au 24 mai 2010 au Musée du Louvre exposition Sainte Russie

Vierge de Vladimir

Livres



Dans le sillon du Père Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière


Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle, fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu.
Spiritualité 2000


 

Prières du Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières ferventes, méditations intérieures, oraisons contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.




Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes, à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure



À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est déjà un fruit de la grâce de Dieu»
Le baptême est quelque chose de simple
par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et dans le monde 





Prions en église - évangile du jour, méditations, psaumes, liturgie

Le Pape en Terre Sainte



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Pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte 
                                               
 

Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)

La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses




Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI

La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.

La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.

Custodia Terrae Sanctae






Mgr Fouad Twal
" Jérusalem est la clé de la paix dans le monde"

" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."

" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."

 " Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce qui ne va pas."

" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet prochain."


Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."

l'entretien intégral en ligne



Patriarcat latin de Jérusalem


Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.

Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces particulières
.

La preghiera per il viaggio del Papa in Terra Santa




Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)

Jordanie, Israël et Territoires palestiniens


ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org) - Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).


à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions


Vendredi 8 mai : Jordanie


14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman

15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion

17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II




Samedi 9 mai : Jordanie

7 h 15 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)




Visite de l'ancienne basilique

10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba

11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman


11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités


17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.




Dimanche 10 mai : Jordanie


10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli





17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ



18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).

Lundi 11 mai : Israël

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman

10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman

10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h


11 h : Cérémonie de bienvenue


Voyage vers Jérusalem

16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres



17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux




Mardi 12 mai : Jérusalem

9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher


10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem


10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël




11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle




12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem



13 h : Déjeuner avec  les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin




16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat

Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron  lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai




P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron


Mercredi 13 mai : Bethléem

9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel


10 h : Messe sur la place de la Crèche





12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains

15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité

16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem


16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours




18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne

18 h 40 : Cérémonie de congé

Jeudi 14 mai : Nazareth


10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice


Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice  lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth 



12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape

15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël

16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée




17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation



17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux

Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe


10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre







11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques


13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv




14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50





Yahad-In Unum





Vicariat hébréhophone en Israël





Chrétiens arabes en Israël  à la recherche d’une identité

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Béni soit ton Nom !

Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !

Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !

Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !

 
(Prière d'une Clarisse)


















Notre-Dame de Paris : déposer une intention de prière












Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.


Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.


Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là


Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.


Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,


La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.

Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,

Parce que vous êtes là pour toujours,


Simplement parce que vous êtes Marie,

Simplement parce que vous existez,


Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !



Paul Claudel
La Vierge à midi









 

SALVE REGINA

Saints

Mercredi 16 décembre 2009 3 16 /12 /2009 06:00
Suor Maria Angeli-1
la Bienheureuse Marie des Anges, vierge du Carmel (1661-1717)

En 1676, elle entra au Carmel Sainte-Christine de Turin, où elle imita la vie de Sainte Thérèse et de Sainte Marie-Madeleine de Pazzi. Avec beaucoup de difficultés, elle fonda le Carmel de Moncalieri, qui existe toujours.

comunita
Carmelitane Moncalieri

Marie des Anges fut élue à plusieurs reprises comme supérieure de sa communauté, et se chargea surtout de la formation des novices, auxquelles elle inculquait l’esprit et la doctrine de Sainte Thérèse. Mais elle expérimenta douloureusement la nuit de la foi et se livra à des pénitences extraordinaires. Cependant sa prière continuelle, l’intérêt et l’affection qu’elle portait à tous, firent que sa réputation se répandit et qu’on venait la consulter, parfois même avant de partir en guerre. Sa dévotion à Saint Joseph lui inspira de faire construire une nouveau couvent en l’honneur de ce Saint dans la ville de Moncalieri.

048 f
Carmel San Giuseppe della Madre di Dio

029 f


096 f


076 f
Statua del S. Cuore


textes : Le Carmel en France et L'Ordre des Carmes Déchaux

photos : Monastero Carmelitane Scalze, Carmelo San Giuseppe


beata maria degli angeli
Publié dans : Saints
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Lundi 14 décembre 2009 1 14 /12 /2009 07:00

Suivons l'Eglise se dirigeant vers le Carmel, pour y porter l'hommage reconnaissant du monde. Sur les pas de Thérèse de Jésus, Jean de la Croix s'est levé, frayant aux âmes en quête de Dieu un chemin sûr.

Saint Jean de la Croix
San Juan de la Cruz

L'évolution qui inclinait les peuples au délaissement de la prière sociale, menaçait de compromettre irréparablement la piété, quand, au XVIe siècle, la divine bonté suscita des Saints dont la parole comme la sainteté répondissent aux besoins de ces temps nouveaux. La doctrine ne change pas ; l'ascétique, la mystique de ce siècle transmirent aux siècles suivants les échos de ceux qui avaient précédé. Leur exposé se fit toutefois plus didactique, leur analyse plus serrée; leurs procédés se prêtèrent à la nécessité de secourir les âmes que l'isolement livrait au risque de toutes les illusions. C'est justice de reconnaître que, sous l'action toujours féconde de l'Esprit-Saint, la psychologie des états surnaturels en devint plus étendue et plus précise.


Les chrétiens d'autrefois, priant avec l'Eglise, vivant chaque jour, à toute heure, de sa vie liturgique, gardaient son empreinte en toutes circonstances dans leurs relations personnelles avec Dieu. Et de la sorte  il arrivait que,  sous
l'influence persévérante et transformante de l'Eglise, participant aux grâces de lumière et d'union, à toutes les bénédictions de cette unique bien-aimée, de cette unique agréée de l'Epoux, c'était sa propre sainteté qu'ils s'assimilaient sans labeur autre que de suivre docilement leur Mère, ou de se laisser porter dans ses bras très sûrs. Ainsi s'appliquaient-ils la parole du Seigneur: Si vous ne devenez comme de petits enfants, vous n'entrerez point dans le royaume des cieux.

Qu'on ne s'étonne pas de ne point remarquer près d'eux, aussi fréquente et assidue que de nos jours, l'assistance de directeurs spéciaux attachés à leurs propres personnes. Les guides particuliers sont moins nécessaires aux membres d'une caravane ou d'une armée : ce sont les voyageurs isolés qui ne peuvent s'en passer ; et même avec ces guides particuliers, la sécurité, pour eux, ne sera jamais comparable à celle de quiconque suit la caravane ou l'armée.


C'est ce que comprirent au cours des derniers siècles les hommes de Dieu qui, s'inspirant des aptitudes multiples des âmes, donnèrent leurs noms à des écoles, unes quant au but, diverses quant aux moyens proposés par elles à l'encontre des dangers de l'individualisme. Dans cette campagne de redressement et de salut, où l'ennemie redoutable entre toutes était l'illusion aux mille formes, aux subtiles racines, aux détours infinis, Jean de la Croix fut la vivante image du Verbe de Dieu, pénétrant mieux qu'un glaive acéré jusqu'à la division de l'esprit et de l'âme, des moelles et des jointures, scrutant, révélateur inexorable, intentions et pensées des cœurs. Ecoutons-le :
bien que moderne, on reconnaît en lui le fils des anciens.

« L'âme, écrit-il, est faite pour parvenir à une connaissance fort étendue, et pleine de saveur, des choses divines et humaines, qui s'élève bien au-dessus de sa science naturelle. Autant le divin est éloigné de l'humain, autant la lumière et la grâce de l'Esprit-Saint diffèrent de la lumière des sens. Aussi avant d'arriver à la divine lumière de la parfaite union d'amour, dans la mesure où cela est possible en ce monde, l'âme doit traverser la nuit obscure, affronter ordinairement des ténèbres si profondes que l'intelligence humaine est impuissante à les comprendre et la parole à les exprimer.

« La purification qui conduit l'âme à l'union divine peut recevoir la dénomination de nuit pour trois raisons. La première se rapporte au point de départ; car, en renonçant à toutes les choses créées, l'âme a dû tout d'abord priver ses appétits du goût qu'ils y trouvaient. Or ceci est indubitablement une nuit pour tous les sens et tous les instincts de l'homme.


« La seconde raison est la voie même qu'il faut prendre pour atteindre l'état bienheureux de l'union. Cette voie n'est autre que la foi, nuit vraiment obscure pour l'entendement.


« Enfin la troisième raison est le terme où l'âme tend. Terme qui est Dieu, être incompréhensible et infiniment au-dessus de nos facultés, et qu'on peut appeler par là même une nuit obscure pour l'âme durant son pèlerinage ici-bas.


« Ces  trois nuits  à  traverser par l'âme sont
figurées au Livre de Tobie par les trois nuits que, sur l'ordre de l'Ange, le jeune Tobie laissa écouler avant de s'unir à son épouse. L'Ange Raphaël lui commanda de brûler pendant la première nuit le foie du poisson, symbole d'un cœur affectionné et attaché aux choses créées. Quiconque désire s'élever à Dieu doit, dès le début, purifier son cœur dans le feu de l'amour divin et y consumer tout ce qui appartient au créé. Cette purification met en fuite le démon , qui auparavant avait puissance sur l'âme pour la faire adhérer aux plaisirs temporels et sensibles.

« L'Ange dit à Tobie que dans la seconde nuit il serait admis en la compagnie des saints Patriarches, qui sont les pères de la foi. De même l'âme, après avoir traversé la première nuit, figurée par la privation de tout ce qui flatte les sens, pénètre sans obstacle dans la seconde. Là, étrangère à tous les objets sensibles, elle demeure dans la solitude et la nudité de la foi, l'ayant choisie pour son unique guide.


« Enfin, pendant la troisième nuit il fut promis à Tobie une abondante bénédiction. Dans le sens qui nous occupe, cette bénédiction est Dieu lui-même qui, à la faveur de la seconde nuit, c'est-à-dire de la foi, se communique à l'âme d'une manière si secrète et si intime, que c'est un autre genre de nuit plus profonde que les précédentes. L'union avec l'Epouse, c'est-à-dire avec la Sagesse de Dieu, se consomme quand la troisième nuit est écoulée, nous voulons dire, lorsque cette communication de Dieu à l'esprit est achevée.

« O âmes spirituelles ! ne vous plaignez pas de sentir vos puissances livrées à l'angoisse des
 ténèbres, vos affections stériles et paralysées, vos facultés impuissantes à tout exercice de la vie intérieure. En vous enlevant votre manière imparfaite d'agir, le Seigneur vous délivre ainsi de vous-même. Malgré le bon emploi que vous eussiez fait d'ailleurs de vos facultés, leur impureté et leur ignorance ne vous eussent jamais permis d'obtenir un résultat aussi parfait et une sécurité aussi entière. Dieu vous prend parla main, et se fait lui-même votre conducteur au milieu des ténèbres. Il vous guide comme un aveugle par un chemin inconnu, vers le terme où ni vos lumières ni vos efforts n'eussent jamais pu vous conduire.»

Nous aimons à laisser les Saints décrire eux-mêmes les voies qu'ils parcoururent, et dont ils demeurent, en récompense de leur fidélité, les guides reconnus dans l'Eglise. Ajouterons-nous qu' "il faut prendre garde, dans les peines de ce genre, à ne pas exciter la commisération du Seigneur avant que son œuvre soit achevée ? On ne peut s'y méprendre : telles grâces que Dieu fait à l'âme ne sont pas nécessaires au salut, mais elles doivent être payées d'un certain prix. Si nous nous montrions par trop difficiles, il se pourrait que, pour ménager notre faiblesse, le Seigneur nous laissât retomber dans une voie inférieure, ce qui, au regard de la foi,  serait un irréparable malheur.


« Mais dira-t-on, qu'importe, puisque cette âme se sauvera? Il est vrai, mais notre intelligence ne saurait apprécier la supériorité d'une âme qui pourrait devenir l'émule des chérubins ou des séraphins, sur celle qui ne saurait être assimilée qu'aux hiérarchies inférieures. Une fausse
 modestie ou l'amour du médiocre ne saurait avoir légitimement cours en ces matières.

« Il importe plus qu'on ne saurait le dire aux intérêts de la sainte Église et à la gloire de Dieu que les âmes vraiment contemplatives se multiplient sur la terre. Elles sont le ressort caché et le moteur qui donne l'impulsion sur terre à tout ce qui est la gloire de Dieu, le règne de son Fils, et l'accomplissement parfait de la divine volonté. En vain multipliera-t-on les œuvres, les industries, et même les dévouements : tout sera stérile, si l'Eglise militante n'a pas ses saints qui la soutiennent dans l'état de voie, celui que le Maître a choisi pour racheter le monde. Certaines puissances et certaines fécondité? sont inhérentes à la vie présente ; elle a, de soi, si peu de charmes, qu'il n'était pas inutile d'en relever ainsi le mérite.»


Scenes from the Life of Saint John the Baptist by Master of the Life of Saint John the Baptist


Voici la vie de saint Jean de la Croix racontée par la sainte Eglise :
   

Jean de la Croix naquit de parents pieux à Hontiveros, en Espagne. On vit clairement , dès ses premières années, combien il serait agréable à la Vierge Mère de Dieu ; car tombé dans un puits à l'âge de cinq ans, il en sortit sain et sauf, soutenu par la main de cette bienheureuse Vierge.

Dans son grand désir de souffrir, à neuf ans, il prenait pour s'endurcir l'habitude de coucher sur des sarments.  Adolescent, il se consacra au service des pauvres malades dans  l'hôpital de  Médina del Campo ; grande s'y montra l'ardeur de sa charité, dans le zèle qui le faisait s'empresser près d'eux aux plus vils offices et excitait, par la force de l'exemple,  l'ardeur des autres pour les mêmes œuvres charitables. Cependant appelé plus haut, il embrassa l'institut  de la  bienheureuse Vierge Marie du Mont Carmel, où, fait prêtre par obéissance, et  désireux d'une discipline plus sévère et d'une vie plus dure, il s'attacha, du consentement de son  supérieur,  à pratiquer la règle primitive de l'Ordre. On le vit dès lors, ayant sans cesse en pensée la passion du Seigneur, se déclarer la guerre à  lui-même  comme a l'ennemi le plus funeste ; veilles, jeûnes, disciplines de  fer, tous les  genres  de tourments, eurent bientôt fait  de crucifier  en lui la chair  avec ses  vices  et ses passions, le rendant véritablement digne d'être rangé par sainte Thérèse au nombre des âmes les plus pures et les plus saintes qui illustrassent alors l'Eglise de Dieu.
 

Toutes les vertus, jointes à l'extrême  austérité de sa vie, lui formaient comme un rempart ; assidûment plongé dans la contemplation des choses divines, il éprouvait souvent de longues et admirables extases ; si grand était l'amour dont il brûlait pour Dieu, que le feu divin, ne pouvant rester enfermé davantage, s'échappait au dehors et entourait son visage de rayons. Grandement zélé pour le salut du prochain, il s'adonnait à la prédication de la parole de Dieu et à l'administration des sacrements. Tant de mérites, et l'ardent désir qui le consumait d'une plus stricte discipline en son Ordre, le firent donner par Dieu comme compagnon à sainte Thérèse, afin qu'elle pût, aidée de Jean, rétablir la primitive observance du Carmel chez les frères comme elle l'avait fait pour les sœurs. C'est pourquoi, dans cette œuvre divine, il supporta avec la servante de Dieu d'innombrables travaux, visitant, sans nul souci des fatigues et des dangers, chacun des monastères que la sainte avait fondés dans toute l'Espagne, en établissant nombre d'autres lui-même, et partout propageant l'observance restaurée, l'affermissant par sa parole et son exemple. Aussi est-ce à bon droit qu'il est considéré comme étant, après sainte Thérèse, le père et premier  profès de l'Ordre des  Carmes  déchaussés.
 

Il garda toujours la virginité, et non seulement repoussa, mais gagna au Christ des femmes éhontées qui lui tendaient des pièges.

Au jugement du Siège apostolique, éclairé par Dieu comme sainte Thérèse dans l'explication des secrets divins, il écrivit sur la théologie mystique des livres remplis d'une sagesse du ciel. Un jour, interrogé par Jésus-Christ quelle récompense il demandait pour tant de travaux, il répondit : Seigneur, souffrir, et être méprisé pour vous.

Célèbre par son empire sur les démons qu'il chassait fréquemment des corps, doué du discernement des esprits, du don de prophétie, de la gloire des miracles, telle fut toujours son humilité que souvent il implorait du Seigneur la faveur de mourir en un lieu où il fût inconnu de tous. Son vœu fut exaucé.

En proie à une cruelle maladie, où cinq plaies suppurantes à la jambe donnèrent satisfaction au désir qu'il avait de souffrir et firent voir son inaltérable patience, il s'endormit dans le Seigneur à Ubeda, pieusement et saintement muni des sacrements de l'Eglise, tenant embrassée l'image de Jésus crucifié qu'il avait toujours eu dans le cœur et sur les lèvres, disant : Entre vos mains je remets mon esprit. C'était au jour et à l'heure qu'il avait annoncés, l'an du salut mil cinq cent quatre-vingt-onze, de son âge le quarante-neuvième. Un globe de feu resplendissant reçut son âme ; un parfum très suave se répandit de son corps, que l'on garde toujours sans corruption à Ségovie en grand honneur. Les éclatants et nombreux prodiges qu'il accomplit après sa mort comme de son vivant, portèrent le Souverain Pontife Benoît XIII à le mettre au nombre des Saints.
 

Puissent au Carmel et sur les monts, comme dans la plaine et les vallées, se multiplier les âmes qui concilient le ciel à la terre, attirent les bénédictions, écartent la foudre ! Saints que nous sommes par vocation, puissions-nous à votre exemple et par votre prière, ô Jean de la Croix, laisser la divine grâce agir en nous selon toute la mesure de sa vertu purifiante et déifiante ; car alors aussi  nous pourrons dire un jour avec vous :
 

« O vie divine qui ne donnez la mort que pour rendre la vie, vous m'avez blessée pour me guérir, vous avez détruit en moi ce qui me retenait dans la mort. Sagesse divine, ô touche délicate, Verbe qui pénétrez si subtilement la substance de mon âme, et la plongez en des douceurs qu'on ne connaît pas dans la terre de Chanaan ni dans celle de
 Théman : vous renversez les montagnes, vous brisez les rochers d'Horeb par la seule ombre de votre puissance, et au prophète vous vous révélez par le murmure d'une brise légère. O souffle divin, si terrible et si doux, le monde ne connaît pas votre suavité.

« Ceux-là seuls vous sentent, ô mon Dieu et ma vie ! ceux-là seuls vous reconnaissent à votre délicatesse infinie, qui, s'éloignant du monde, se sont spiritualisés tout entiers. Vous qui n'avez en vous rien de matériel, vous touchez l'âme d'une manière d'autant plus intime et profonde, que votre être divin, affranchi de tout mode, figure ou forme, l'a rendue elle-même plus simple et pure. Vous cachant en elle, désormais séparée de tout souvenir de créatures, vous la cachez à votre tour dans le secret de votre face divine, l'y mettant à couvert de tous les troubles de ce monde. Vous l'étant réservée, tout autre objet, qu'il soit d'en haut ou d'en bas, la fatigue ; et c'est pour elle une peine et un tourment que d'avoir à s'en occuper.»


DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique



The Virgin of Mercy by Master of the Life of the Virgin

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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 20:00

Odilia
Odile est la cinquième des Vierges sages qui nous conduiront, à la lueur de leurs lampes, au berceau de l'Agneau, leur Epoux. Elle n'a pas donné son sang pour lui, comme Bibiane, Barbe, Eulalie et Lucie ; elle ne lui a offert que ses larmes et son amour ; mais la blancheur de sa couronne de lis se marie agréablement à la pourpre des roses qui ceignent le front de ses compagnes. Son nom est grand dans la France orientale : au delà du Rhin, sa mémoire est demeurée chère au peuple fidèle ; et mille ans écoulés sur son glorieux tombeau n'ont point attiédi la tendre vénération dont il est l'objet, ni diminué le nombre des pieux pèlerins qui, chaque année, se pressent sur les sommets de la sainte montagne où il repose.

Le sang illustre de cette vierge est celui même de la race des Capétiens, celui de la famille impériale des Habsbourg ; tant de rois et d'empereurs sont les descendants du vaillant duc d'Alsace Adalric, ou Eutichon, père de la douce Odile.


Elle vint en ce monde privée de la lumière des yeux. Le père repoussa loin de lui cette enfant que la nature sembla n'avoir disgraciée que pour faire éclater plus merveilleusement en elle le pouvoir de la grâce divine. Un cloître reçut la petite exilée que l'on avait arrachée des bras de sa mère ;
mais Dieu, qui voulait signaler en elle la vertu du divin sacrement de la régénération, permit que le baptême lui fût différé jusqu'à l'âge de treize ans.

Le moment enfin arriva où Odile allait recevoir le sceau des enfants de Dieu. Mais, ô merveille ! la jeune fille obtint tout à coup la vue du corps, au sortir de la fontaine baptismale ; et ce don n'était qu'une faible image de la lumière que la foi avait à ce moment allumée dans son âme. Ce prodige rendit Odile à son père et au monde ; elle dut alors soutenir mille combats pour protéger sa virginité qu'elle avait vouée à l'Epoux céleste. Les grâces de sa personne et la puissance de son père attirèrent autour d'elle les plus illustres prétendants. Elle triompha ; et l'on vit Adalric lui-même élever, sur les rochers de Hohenbourg, le monastère où Odile devait servir le Seigneur, présider un nombreux essaim de vierges sacrées, et soulager toutes les misères humaines.

sainte-odile
sur les rochers de Hohenbourg, le monastère où Odile devait servir le Seigneur

Après une longue vie consacrée tout entière à la prière, à la pénitence et aux œuvres de miséricorde, la vierge arriva au moment de cueillir la palme. C'était aujourd'hui même, treize Décembre, en la fête de la vierge Lucie.

Les soeurs de Hohenbourg se pressaient autour de leur sainte Abbesse, avides de recueillir ses dernières paroles. Une extase l'avait enlevée au sentiment des choses d'ici-bas. Craignant qu'elle n'allât à son Epoux céleste avant d'avoir reçu le divin Viatique qui doit nous introduire dans la possession de Celui qui est notre dernière fin, les filles crurent devoir enlever leur mère à ce sommeil mystique qui semblait la rendre insensible aux devoirs du moment. Odile revint à elle, et leur dit avec tendresse : "Chères mères et chères sœurs, pourquoi m'avez-vous troublée ?  pourquoi imposer  de
nouveau à mon âme le poids du corps qu'elle avait quitté ? Par la faveur divine, j'étais en la compagnie de la vierge Lucie, et les délices dont je jouissais étaient si grandes que ni la langue ne les saurait raconter, ni l'oreille les entendre, ni l'œil humain les contempler." On se hâta de donner à la compagne de Lucie le pain de vie et le breuvage sacré. Aussitôt qu'elle les eut reçus, elle s'envola vers sa céleste sœur ; et le treize Décembre réunit pour jamais la mémoire de l'Abbesse de Hohenbourg à celle de la Martyre de Syracuse. 

Sancta Odilia

L'Eglise de Strasbourg, dont Odile est une des premières gloires, lui consacre le récit suivant dans le Propre diocésain : 

Odile, l'honneur et la protection de sa patrie, fut le premier enfant d'Adalric, duc dAlsace, et de Bérésinde son épouse. Comme elle était venue au monde privée de la vue, son père la repoussa ; mais sa mère, dans un sentiment plus tendre, la confia secrètement à une nourrice. Elle fut ensuite élevée dans le monastère de Baume, non loin de Besançon. On lui enseigna dans cet asile les saintes lettres, et elle croissait en âge et en sagesse.

Déjà elle était arrivée à l'âge adulte, quand elle fut baptisée par le bienheureux évêque Erhard ; et, à ce moment, elle recouvra miraculeusement la vue. Quelques années après, elle rentra dans la maison et dans les bonnes grâces de son père. Dans ce palais, on la vit mépriser tout ce que le monde recherche, cultiver l'amour de la pauvreté au milieu de l'opulence, garder la solitude d'une anachorète au sein même d'une cour bruyante. Elle repoussa avec constance les alliances qui lui furent offertes, et ce ne fut qu'après de longs et rudes combats qu'elle obtint enfin de son père  la permission de se consacrer à  Dieu avec d’autres vierges. Adalric fit bâtir à ses frais sur le sommet d'une haute montagne une église et un monastère auquel il attacha de riches domaines, et il y installa Odile pour le gouverner.
 

Sainte Odile 3
sur le sommet d'une haute montagne une église et un monastère

Cet asile de sainteté était à peine ouvert que l'on vit un grand nombre de vierges y affluer : la tradition en porte le nombre à cent trente. Elles vécurent d'abord en ce lieu sans aucune règle déterminée ; imiter Odile était toute leur loi. Plus tard, les Sœurs délibérèrent sur le choix qu'elles avaient à faire entre la règle monastique et la règle canoniale ; la très sage Abbesse décida la question en faveur de cette dernière, étant mue à cette résolution par les conditions particulières du lieu.
 

Indulgente envers toutes, Odile n'était dure qu'à l'égard d'elle-même. Du pain d'orge et de l'eau, avec quelques légumes, c'était toute la sustentation de sa vie. La contemplation des choses divines l'attirait continuellement ; elle, y consacrait la plus grande partie de la nuit ; le reste était donné au sommeil. Une peau d'ours lui servait de lit, une pierre d'oreiller.
 

Animée d'une tendresse maternelle envers les pauvres et les malades, elle construisit un second monastère et un vaste hospice vers le bas de la montagne, afin d'y ménager à leur misère un asile plus commode. Et non seulement elle établit en cet endroit une communauté de vierges sacrées qui devaient donner leurs soins à ces infortunés ; mais elle-même les visitait chaque jour, leur servait à manger et leur prodiguait ses consolations, pansant même, sans dégoût, de ses propres mains, les ulcères des lépreux.

Enfin, pleine de mérites et d'années, et sentant sa mort approcher, elle convoqua ses religieuses dans la chapelle de saint Jean-Baptiste, et les exhorta à demeurer fidèles à leurs saints engagements, et à ne jamais abandonner la voie qui conduit au ciel. Enfin, ayant  reçu dans  ce saint lieu le Viatique du corps et du sang de Jésus-Christ, elle sortit de cette vie, le jour des ides de décembre, et, selon le calcul le plus probable, en l'année sept cent vingt.

Le corps de la vierge fut  enseveli  dans
cette même chapelle ; et dès lors son tombeau commença d'être entouré de la plus grande vénération, et resplendit de l'éclat des miracles. 

Les voies du Seigneur furent admirables sur vous, ô Odile, et il daigna montrer en votre personne toute la richesse des moyens de sa grâce. En vous privant de la vue du corps qu'il devait plus tard vous rendre, il accoutuma l'œil de votre âme à ne s'attacher qu'aux beautés divines ; et lorsque la lumière sensible vous fut donnée, déjà vous aviez fait choix de la meilleure part.

La dureté d'un père vous refusa les innocentes douceurs de la famille ; mais vous étiez appelée à devenir la mère spirituelle de tant de nobles filles qui, à votre exemple, foulèrent aux pieds le monde et ses grandeurs. Votre vie fut humble, parce que vous aviez compris les abaissements de votre Epoux céleste ; votre amour pour les pauvres et les infirmes vous rendit semblable à notre divin Libérateur, qui vient prendre sur lui toutes nos misères.

Ne vous vit-on pas retracer les traits sous lesquels il va bientôt se montrer à nous, lorsqu'un pauvre lépreux  repoussé de tous fut accueilli par vous avec une si touchante compassion ? On vous vit le serrer dans vos bras, porter avec le courage d'une mère la nourriture à sa bouche défigurée ; n'est-ce pas là ce que vient faire ici-bas notre Emmanuel, descendu pour guérir nos plaies dans ses fraternels embrassements, pour nous faire part de
la nourriture divine qu'il nous prépare à Béthléhem ? Pendant qu'il recevait les caresses de votre charité, le lépreux tout à coup sentit disparaître l'affreuse maladie qui le séquestrait du reste des humains. A la place de cette horrible puanteur qu'il exhalait, une odeur délicieuse s'échappe de ses membres renouvelés : n'est-ce pas là encore ce que Jésus vient opérer à notre égard ? La lèpre du péché nous couvrait ; elle se dissout par la grâce qu'il nous apporte, et l'homme régénéré répand autour de lui la bonne odeur de Jésus-Christ.

Au sein des joies que vous partagez avec Lucie, souvenez-vous de nous, ô Odile ! Nous savons combien votre cœur est compatissant. Nous n'avons point oublié la puissance de ces larmes qui retirèrent votre père du lieu des expiations, et ouvrirent les portes de la patrie céleste à celui qui vous avait exilée de la famille terrestre. Maintenant vous n'avez plus de larmes à répandre ; vos yeux ouverts à la lumière du Ciel contemplent l'Epoux dans sa gloire, et vous êtes plus puissante encore sur son cœur. Souvenez-vous de nous qui sommes pauvres et infirmes ; obtenez la guérison de nos maladies. L'Emmanuel qui vient à nous se présente comme le médecin de nos âmes. Il nous rassure en nous disant que sa "mission n'est pas pour ceux qui se portent bien, mais pour ceux qui sont malades."

Priez-le de nous affranchir de la lèpre du péché, et de nous rendre semblables à lui. O vous dont le sang illustre a coulé dans les veines de tant de rois et d'empereurs, jetez un regard sur la France, et protégez-la ; aidez-la à recouvrer avec l'antique foi sa grandeur première.

Veillez sur les débris du Saint Empire romain ; l'hérésie a  dispersé les  membres de ce
grand corps ; mais il revivra, si le Seigneur, fléchi par vos prières, daigne ramener dans la Germanie l'unité de croyance et la soumission à la sainte Eglise.

Priez afin que ces merveilles s'opèrent à la gloire de votre Epoux, et que les peuples, las enfin de l'erreur et de la division, s'unissent pour proclamer le règne de Dieu sur la terre.

Sainte Odile 4

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Dimanche 13 décembre 2009 7 13 /12 /2009 16:00


SAINTE LUCIE par Lippi

Voici la quatrième de nos Vierges sages, la vaillante Lucie. Son nom glorieux étincelle au sacré Diptyque du Canon de la Messe, à côté de ceux d'Agathe, d'Agnès et de Cécile ; mais, dans les jours de l'Avent, le nom de Lucie annonce la Lumière qui approche, et console merveilleusement l'Eglise.

Lucie est aussi une des trois gloires de la Sicile chrétienne ; elle triomphe à Syracuse, comme Agathe brille à Catane, comme Rosalie embaume Palerme de ses parfums. Fêtons-la donc avec amour, afin qu'elle nous soit en aide en ce saint temps, et nous introduise auprès de Celui dont l'amour l'a rendue victorieuse du monde. Comprenons encore que si le Seigneur a voulu que le berceau de son Fils parût ainsi entouré d'une élite de Vierges, et s'il ne s'est pas contenté d'y faire paraître des Apôtres, des Martyrs et des Pontifes, c'est afin qu'au milieu de la joie d'un tel Avènement, les enfants de l'Eglise n'oublient pas d'apporter à la crèche du Messie, avec la foi qui l'honore comme le souverain Seigneur, cette pureté du cœur et des sens que rien ne saurait remplacer dans ceux qui veulent approcher de Dieu.

Lisons maintenant les Actes glorieux de la Vierge Lucie
 :
Lucie, vierge  de Syracuse, illustre par sa naissance et par la foi chrétienne qu'elle professa dès l'enfance, vint à Catane, avec sa mère Eutychia malade d'un flux de sang, pour vénérer le corps de sainte Agathe.

Saintes Agathe et Lucie par Cozzarelli

Ayant fait ses prières au tombeau de la Sainte, elle obtint, par son intercession, la santé de sa mère. Aussitôt elle supplia celle-ci de souffrir qu'elle distribuât aux pauvres de Jésus-Christ la dot qu'elle lui préparait. C'est pourquoi Lucie, étant de retour à Syracuse, vendit tous ses biens, et en distribua l'argent aux pauvres.
 

Celui à qui ses parents l'avaient fiancée contre sa volonté ayant appris ceci, alla trouver le Préfet Paschasius , et accusa Lucie d'être chrétienne. Ce magistrat ne pouvant, ni par prières, ni par menaces, amener Lucie au  culte des idoles, voyant au  contraire  que plus il s'efforçait de lui faire changer de sentiments, plus elle  semblait enflammée à célébrer les  louanges de la foi chrétienne : Tu ne parleras plus autant, lui dit-il, quand on en sera venu aux coups. La parole  ne peut manquer  aux serviteurs de Dieu,  reprit  la  vierge  : puisque le Seigneur Christ a dit  : Quand vous  serez devant  les  rois et les gouverneurs ,  ne vous mettez pas en peine  de la manière dont vous parlerez, ou de ce que vous direz ; car ce que vous aurez à dire vous sera donné à l'heure même ; parce que ce n'est pas vous qui parlez, mais l'Esprit-Saint qui parle en vous.
 

Paschasius lui ayant dit sur cela : Le Saint-Esprit est-il donc en toi . Elle répondit : Ceux qui vivent avec chasteté et piété sont le temple de l'Esprit-Saint. Le Préfet repartit : Je vais donc te faire conduire en un lieu de prostitution, afin que le Saint-Esprit t'abandonne. La vierge répondit : Si on me fait violence malgré moi, j'aurai double couronne de chasteté. A ces mots Paschasius, enflammé de colère, ordonna qu'on traînât Lucie dans un lieu où on lui fît perdre sa virginité ; mais il arriva, par la puissance divine, que la vierge demeura immobile au même lieu, sans qu'aucune violence l'en pût arracher. C'est pourquoi le gouverneur, l'ayant fait environner de poix, de résine et d'huile bouillante, commanda qu'on allumât du feu autour d'elle ; mais comme la flamme ne lui faisait aucun mal, après qu'on l'eût tourmentée en plusieurs manières, on lui perça la gorge d'un coup d'épée. Lucie, ayant reçu le coup, prédit la tranquillité  dont l'Eglise devait jouir après la mort de Dioclétien et de Maximien,  rendit son esprit à  Dieu, aux ides de décembre. Son corps, enseveli à Syracuse, fut ensuite transféré à Constantinople, et enfin à Venise.


L'inhumation de Sainte Lucie par le Caravage

Nous prenons dans l'Office de la Sainte quelques Antiennes, dont l'ensemble forme une oeuvre lyrique pleine de grâce et de fraîcheur :
 

Sainte Lucie étant en prières, la bienheureuse Agathe lui apparut, et consolait la servante du Christ.
 

Vierge Lucie, lui dit-elle, pourquoi me demandes-tu pour ta mère un secours que toi-même lui peux procurer ?
 

A cause de toi, Vierge Lucie, la ville de Syracuse sera comblée de gloire par le Seigneur Jésus-Christ.
 

Voix de Lucie : Je vous bénis, ô Père de mon Seigneur Jésus-Christ, de ce que, par votre Fils, le feu qui m'environnait a été éteint.
 

Dans ta patience, tu as possédé ton âme, ô Lucie, Epouse du Christ ! tu as haï les choses du monde, et tu brilles avec les Anges : par ton propre sang, tu as vaincu l'ennemi.
 

Nous nous adressons à vous, ô Vierge Lucie, pour obtenir la grâce de voir dans son humilité Celui que vous contemplez présentement dans la gloire : daignez nous accepter sous votre puissant patronage. Le nom que vous avez  reçu  signifie
Lumière : soyez notre flambeau dans la nuit qui nous environne.

O Lampe toujours brillante de la splendeur de virginité, illuminez nos yeux ; guérissez les blessures que leur a faites la concupiscence, afin qu'ils s'élèvent, au-dessus de la créature, jusqu'à cette Lumière véritable qui luit dans les ténèbres, et que les ténèbres ne comprennent point.

Obtenez que notre œil purifié voie et connaisse, dans l'Enfant qui va naître, l'Homme nouveau, le second Adam, l'exemplaire de notre vie régénérée.

Souvenez-vous aussi, Vierge Lucie, de la sainte Eglise Romaine et de toutes celles qui empruntent d'elle la forme du Sacrifice : car elles prononcent chaque jour votre doux nom à l'autel, en présence de l'Agneau votre Epoux, à qui il est agréable de l'entendre.

Répandez vos bénédictions particulières sur l'île fortunée qui vous donna le jour terrestre et la palme de l'éternité. Maintenez-y l'intégrité de la foi, la pureté des moeurs, la prospérité temporelle, et guérissez les maux que vous connaissez.
 


DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique



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Vendredi 11 décembre 2009 5 11 /12 /2009 05:00

Ce grand Pontife apparaît au Cycle, non plus pour annoncer la Paix comme saint Melchiade, mais comme un des plus illustres défenseurs du grand Mystère de l'Incarnation. Il venge la foi des Eglises dans la divinité du Verbe, en condamnant, comme son prédécesseur Libère, les actes et les fauteurs du trop fameux concile de Rimini ; il atteste par sa souveraine autorité l'Humanité complète du Fils de Dieu incarné, en proscrivant l'hérésie d'Apollinaire.

Enfin, nous pouvons considérer comme un nouvel et éclatant témoignage de sa foi et de son amour envers l'Homme-Dieu, la charge qu'il donna à saint Jérôme de travailler à une nouvelle version du Nouveau Testament sur l'original grec, pour l'usage de l'Eglise Romaine.

Honorons un si grand Pontife que le Concile de Chalcédoine appelle l'ornement et la force de Rome par sa piété, et que son illustre ami et protégé saint Jérôme qualifie d'homme excellent, incomparable, savant dans les Ecritures, Docteur vierge d'une Eglise vierge.
 

La Légende du Bréviaire nous raconte une partie de ses mérites :
 

Damase, Espagnol, homme excellent et savant dans  les Ecritures, ayant convoqué le premier Concile de Constantinople, étouffa  la criminelle hérésie d'Eunomius et de Macédonius. Il condamna derechef l'assemblée de Rimini, déjà rejetée par Libère, et dans laquelle, comme l'écrit saint Jérôme, les artifices de Valens et d'Ursace firent proclamer la condamnation de la foi de Nicée, en sorte que le monde gémissant s'étonna d'être Arien. 

Il édifia deux Basiliques : l’une sous le nom de Saint-Laurent, près le théâtre de Pompée, à laquelle il fit de très grands présents et donna des maisons et des terres ; l'autre sur la voie Ardéatine, aux Catacombes. Il dédia le lieu embelli de marbres où les corps de saint Pierre et de saint Paul avaient reposé quelque temps, et il l'orna de vers composés avec élégance. Il écrivit aussi sur la Virginité en vers et en prose, et composa beaucoup d'autres poésies.
 

Il établit la peine du talion pour ceux qui auraient accusé quelqu'un faussement. Il ordonna que, selon l'usage déjà reçu en plusieurs lieux, on chanterait jour et nuit dans toutes les églises les Psaumes à deux choeurs, et qu'on ajouterait à la fin de chaque Psaume : Gloire au Père, et au Fils, et au Saint-Esprit.

Il chargea saint Jérôme de traduire le Nouveau Testament, selon la pureté du texte grec. Il gouverna l'Eglise dix-sept ans, deux mois et vingt-six jours, et fit cinq Ordinations au mois de décembre, dans lesquelles il créa trente-un Prêtres, onze Diacres, et soixante-deux Evêques pour divers lieux. Après avoir éclaté en vertu, en science et en sagesse, il s'endormit dans le Seigneur, sous l'empire du grand Théodose, étant presque octogénaire, et il fut enseveli sur la voie Ardéatine, avec sa mère et sa sœur, dans la Basilique qu'il avait édifiée. Ses reliques ont été transportées depuis dans l'église de Saint-Laurent, qui s'appelle de son nom, in Damaso.

Saint Pontife Damase ! vous avez été durant votre vie le flambeau des enfants de l'Eglise ; car vous leur avez fait connaître le Verbe incarné, vous les avez prémunis contre les doctrines perfides au moyen desquelles l'Enfer cherchera toujours à dissoudre ce Symbole glorieux, dans lequel sont écrites la souveraine miséricorde d'un Dieu pour l'œuvre de ses mains, et la dignité sublime de l'homme racheté. Du haut de la Chaire de Pierre, vous avez confirmé vos frères, et votre foi n'a point défailli ; car le Christ avait prié pour vous.

Nous nous réjouissons de la récompense infinie que le  Prince des Pasteurs a octroyée à
votre intégrité, ô Docteur vierge de l'Eglise vierge ! Du haut du ciel, faites descendre jusqu'à nous un rayon de cette lumière dans laquelle le Seigneur Jésus se fait voir à vous en sa gloire ; afin que nous puissions aussi le voir, le reconnaître, le goûter dans l'humilité sous laquelle il va bientôt se montrer à nous.

Obtenez-nous et l'intelligence des saintes Ecritures, dans la science desquelles vous fûtes un si grand Docteur, et la docilité aux enseignements du Pontife romain, auquel il a été dit, en la personne du Prince des Apôtres : Duc in altum : avancez dans la haute mer.


Faites, ô puissant successeur de ce pêcheur d'hommes, que tous les Chrétiens soient animés des mêmes sentiments que Jérôme, lorsque, s'adressant à votre Apostolat, dans une célèbre Epître, il disait : "C'est la Chaire de Pierre que je veux consulter ; je veux que d'elle me vienne la foi, nourriture de mon âme. La vaste étendue des mers, la distance des terres, ne m'arrêteront point dans la recherche de cette perle précieuse : là où se trouve le corps, il est juste que les aigles s'y rassemblent. C'est à l'Occident que maintenant se lève le Soleil de justice : c'est pourquoi je demande au Pontife la Victime du salut ; du Pasteur, moi brebis, j'implore le secours. Sur la Chaire de Pierre est bâtie l'Eglise : quiconque mange l'Agneau hors de cette Maison est un profane ; quiconque ne sera pas dans l'Arche de Noé, périra dans les eaux du déluge. Je ne connais pas Vital ; je n'ai rien de commun avec Mélèce ; Paulin m'est inconnu : quiconque ne recueille pas avec vous, ô Damase, dissipe ce qu'il a amassé ; car celui qui n'est pas au Christ est à l'Antéchrist."
 

Considérons notre divin Sauveur au sein de la très pure Marie sa Mère ; et adorons, avec les saints Anges, le profond anéantissement auquel il s'est réduit pour notre amour. Contemplons-le s'offrant à son Père pour la rédemption du genre humain, et commençant dès lors à remplir l'office de Médiateur dont il a daigné se charger. Admirons avec attendrissement cet amour infini, qui n'est pas satisfait de ce premier acte d'abaissement dont le mérite est si grand qu'il eût suffi pour racheter des millions de mondes. Le Fils de Dieu veut accomplir, comme les autres enfants, le séjour de neuf mois au sein de sa Mère, naître ensuite dans l'humiliation, vivre dans le travail et la souffrance, et se faire obéissant jusqu'à la mort et à la mort de la Croix.

O Jésus ! soyez béni, soyez aimé pour un si grand amour. Vous voici donc descendu du ciel, pour être l'Hostie qui remplacera tant d'autres hosties stériles, par lesquelles n'a pu être effacée la faute de l'homme. La terre porte maintenant son Sauveur, bien qu'elle ne l'ait pas contemplé encore. Dieu ne la maudira pas, cette terre ingrate, enrichie qu'elle est d'un tel trésor. Mais reposez encore, ô Jésus, dans les chastes entrailles de Marie, dans cette Arche vivante, au sein de laquelle vous êtes la véritable Manne destinée à la nourriture des enfants de Dieu.

Toutefois, ô Sauveur ! l'heure approche où il vous faudra sortir de ce sanctuaire. Au lieu de la tendresse de Marie, il vous faudra connaître la malice des hommes ; et cependant, nous vous en supplions, nous osons vous le rappeler, il est nécessaire que vous naissiez au jour marqué : c'est la volonté de votre Père ; c'est l'attente du monde, c'est le salut de ceux qui vous auront aimé.


à Rome l'église San-Lorenzo-in-Damaso

San-Lorenzo-in-Damaso 1































San-Lorenzo-in-Damaso 2































San-Lorenzo-in-Damaso 3






























Stational Church San Lorenzo in Damaso
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Jeudi 10 décembre 2009 4 10 /12 /2009 05:00


Chapelle à la Basilique de Sainte Eulalie à Merida
MISCELÁNEA DESDE MÉRIDA NOCTURNOS DE SANTA EULALIA

Enfin, l'Eglise d'Espagne, la perle de la catholicité, célèbre  aujourd'hui la  mémoire de l'illustre Martyre qui fait la gloire de Mérida, l'honneur de toute la péninsule  Ibérienne, la joie de  l'Eglise  universelle. C'est la troisième de ces Vierges sages dont le culte est le plus solennel dans l'Eglise au temps de l'Avent ; la digne compagne  de Bibiane, de Barbe et de cette  héroïque Lucie, qui bientôt va recevoir nos  hommages.

Nous insérons ici en son entier l'admirable poème de Prudence sur la vie et le martyre d'Eulalie. Ce prince des poètes chrétiens n'a peut-être jamais fait entendre des accents plus suaves et plus mélodieux : c'est pourquoi, dans son admiration, la Liturgie Mozarabe n'a fait qu'une seule Hymne des quarante-cinq strophes de ce délicieux cantique.  Sa forme historique nous dispensera  d'emprunter au Propre des  Eglises  d'Espagne la Légende de  la  sainte Martyre :

Eulalie, vierge sacrée noble de race, plus noble encore dans son courageux trépas, favorise de sa protection Mérida qui lui donna le jour, et qui garde son tombeau.
 

C'est aux régions où le soleil se couche qu'est située la ville qui a produit cette illustre héroïne ; cité puissante et habitée par un peuple nombreux, mais plus fière encore du sang de la martyre et du sépulcre de la vierge.
 

La jeune fille ne comptait encore que douze années, lorsqu'on la vit effrayer par son courage les bourreaux tremblants, braver la flamme pétillante du bûcher et mettre sa joie dans le supplice.
 

Déjà on l'avait vue prendre son essor vers la patrie où règne le Père céleste ; renonçant à l'hymen terrestre, elle avait repoussé les joies et les amusements du jeune âge.
 

Les parfums, les roses, les riches parures, n'obtinrent que son mépris ; grave dans ses traits, modeste dans sa démarche, dès l'âge le plus tendre on trouvait en elle cette sagesse que la vieillesse seule peut donner.
 

Tout à coup une fureur impie s'anime contre les serviteurs de Dieu ; on ordonne aux chrétiens de brûler un sacrilège encens, avec le foie des victimes, devant des dieux qui ne donnent que la mort.
 

L'âme sainte d'Eulalie en frémit ; sa noble fierté se prépare à repousser un tel assaut : son cœur intrépide, épris de l'amour d'un Dieu, sollicite la jeune fille à braver le glaive des tyrans.
 

En vain la tendre sollicitude d'une mère veille à retenir la vierge généreuse dans le secret de la maison, à la campagne et loin de la ville, de peur que l'amour d'un trépas glorieux ne l'entraîne à sacrifier son sang.

Elle, dédaignant un repos qui lui semble une lâcheté, fatiguée d'un retard qui la déshonore, force les portes, la nuit, sans témoins : dans sa fuite elle ouvre les barrières qui la retenaient, et bientôt elle prend sa route par des sentiers détournés.
 

De ses pieds déchirés, elle franchit des lieux couverts de ronces et d'épines ; mais un chœur d'anges l'accompagne ; la sombre nuit l'environne de son silence ; mais une lumière céleste la guide.
 

Telle on vit la troupe courageuse des Hébreux, nos pères, marcher à la suite de la colonne lumineuse qui brisait les ombres de la nuit, et traçant par ses feux une voie éclatante, anéantissait l'obscurité.
 

Ainsi la vierge pieuse , suivant sa voie durant la nuit, obtint du ciel la clarté du jour, et n'eut point à lutter avec les ténèbres, à cette heure où elle fuyait aussi l'Egypte, et commençait une route qui devait la conduire bien au-delà des astres.
 

D'un pas hardi et prompt, elle a su franchir plusieurs milles, avant que l'aurore vienne illuminer le ciel : dès le matin elle est rendue au pied du tribunal, et, dans une sainte fierté, elle vient se placer au milieu des faisceaux.
 

«  Quelle fureur vous anime ? s'écrie-t-elle. Pourquoi perdre vos âmes imprudentes, en  les  abaissant devant des pierres taillées  par  le ciseau ? Pourquoi renier Dieu
père de tous ? 

«  Infortunés, vous poursuivez les chrétiens ; moi aussi je suis une ennemie du culte des démons, je foule sous mes pieds les idoles ; de mon cœur et de ma bouche je confesse Dieu.
 

« Isis, Apollon, Vénus ne sont rien ; Maximien aussi n'est que néant : vos idoles, parce qu'elles sont faites de la main des hommes ; lui, parce qu'il les adore : tout cela est nul et doit être compté pour rien.
 

« Que Maximien, ce prince opulent, et pourtant l'humble serviteur de ces pierres, dévoue et sacrifie jusqu'à sa tête à de telles divinités ; mais pourquoi persécute-t-il des cœurs généreux ?
 

« Cet empereur plein de bonté, ce maître excellent, il lui faut du sang innocent pour se nourrir. Dans sa faim il déchire les corps des saints et jusqu'à leurs entrailles accoutumées au jeûne ; son bonheur est de torturer jusqu'à leur foi.

  
« Allons, bourreau, emploie le fer et le feu ; divise ces membres sortis du limon de la terre ; il est aisé de détruire une chose si fragile; mais au dedans vit une âme que la douleur n'abattra pas.» 

Un tel discours fait monter au comble la colère du Préteur : « Licteur, s'écrie-t-il, saisis cette furieuse, et dompte la par les tortures. Fais lui sentir ce que c'est que les dieux de la patrie, et qu'on ne méprise pas en vain les édits du prince.
 

« Jeune fille égarée, plutôt que de t'envoyer à la mort, je voudrais, s'il est possible, t'arracher à tes erreurs perverses. Vois donc quel bonheur cette vie te destine, quel honorable hymen t'est préparé.
 

«  Ta famille dans les larmes te recherche en ce moment ; cette famille d'une si illustre noblesse se désole de te voir périr à la fleur de tes ans, à la veille des pompes nuptiales.
 

«  La splendeur d'un hyménée opulent n'est-elle donc rien pour toi ? Dans ta présomption, veux-tu donc ébranler la piété filiale ? Eh bien ! considère ces instruments d'un cruel trépas.
 

« Ou ta tête tombera sous le glaive, ou tes membres seront déchirés par la dent des bêtes féroces, ou les torches embrasées les consumeront à petit feu, ou le bûcher te réduira en cendres au milieu des cris et des larmes de tes parents.


« Et quel si grand effort as-tu à faire pour éviter un sort si affreux. Daigne seulement, jeune fille, toucher du bout de tes doigts un peu de sel et quelques grains d'encens ; et ces supplices terribles ne te regardent plus. »
 

La martyre garde le silence, mais elle frémit à un tel discours ; dans son indignation , elle crache aux yeux du tyran , renverse d'un coup de pied les idoles, les gâteaux sacrés et l'encens.
 

Aussitôt deux bourreaux déchirent la chair délicate de la vierge ; ses flancs sont sillonnés jusqu'aux os  par les ongles de fer ; Eulalie compte ses glorieuses blessures.
 

«  C'est votre Nom, Seigneur, que l'on trace sur mon corps ; que j'aime à lire ces caractères qui racontent vos victoires, ô Christ ! La pourpre de mon sang sert à écrire votre Nom sacré.»
 

C'est ainsi qu'elle chantait dans sa joie, la vierge intrépide ; pas une larme, pas un soupir ; de si cruelles souffrances sont pour elle comme si elles n'étaient pas ; et cependant ses membres sont arrosés à chaque instant par un nouveau jet de son sang qui jaillit tiède sous les ongles de fer.
 

Mais ce n'est pas la dernière de ses tortures ; il ne leur suffit pas d'avoir labouré tout son corps de sillons cruels ; c'est maintenant le tour de la flamme ; des torches ardentes parcourent avec fureur ses flancs et sa poitrine.
 

La chevelure embaumée d'Eulalie s'était détachée ; flottant sur les épaules, elle était venue descendre comme un voile appelé à protéger la pudeur de la vierge.
 

Mais la flamme pétillante des torches est montée jusqu'au visage ; en un instant, elle prend à la chevelure, elle parcourt la tête et s'élève au-dessus du visage. La vierge, avide de mourir, ouvre ses lèvres, et aspire ce feu qui l'environne.
 

On vit soudain une colombe plus blanche que la neige s'élancer de la bouche de la martyre, et monter vers les cieux : c'était l'âme d'Eulalie, toute pure, toute vive, toute innocente.
 

La tête s'incline au moment où l'âme s'est enfuie ; le feu des torches s'éteint tout à coup ; les membres endoloris ont cessé de souffrir ; le souffle qui animait la vierge, monte joyeux à travers les airs et se dirige, semblable à l'innocent oiseau, vers les temples du ciel.

Le bourreau l'a vu s'élancer de la bouche de la jeune fille ; saisi de terreur, il s'est enfui  loin du théâtre de sa barbarie ; le licteur lui-même a disparu tremblant.
 

Tout à coup une neige inattendue se forme dans l'air glacial et descend sur le forum ; comme un blanc linceul, elle vient couvrir le corps d'Eulalie qui demeurait exposé aux injures de la saison.
 

Les larmes humaines accompagnent les funérailles d'un être chéri ; ici, ces témoignages de regret sont dépassés ; les éléments eux-mêmes, ô vierge, ont reçu de Dieu l'ordre d'accomplir envers toi les devoirs suprêmes.
 

Aujourd'hui, Mérida, ville célèbre, s'honore de posséder son sépulcre ; cité florissante que parcourt le fleuve Ana qui, dans son cours rapide et ombragé d'arbres toujours verts, vient baigner son élégante enceinte.
 

C'est là que, dans un sanctuaire où la lumière est réfléchie par l'éclat des marbres étrangers et indigènes, un tombeau digne de tout respect garde les cendres sacrées d'Eulalie.
 

Au-dessus étincelle un lambris tout resplendissant d'or ; le pavé du temple, formé de pierres délicatement taillées, semble un jardin émaillé de rieurs et des roses les plus vermeilles.
 

Cueillez la violette pourprée, moissonnez des Heurs éclatantes ; l'hiver, malgré sa rigueur, en produit encore ; le sol glacé qu'échauffe le soleil en fournira de quoi remplir vos corbeilles.
 

Jeunes filles, jeunes hommes, en présentant cette offrande, n'oubliez pas de l'entourer d'un épais feuillage ; ma guirlande à moi sera ces vers dactyliques que j'offre pour les chœurs ; ils sont humbles, ils se ressentent de ma vieillesse ; cependant ils conviennent à la fête.
 


Asociación Cultural UBI SUNT - Mérida (Extremadura - España)

Publié dans : Saints
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