Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : "Que devons-nous faire ?" Jean leur répondait : "Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même !"

Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : "Maître, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé." A leur tour, des soldats lui demandaient : "Et nous, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde."

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous : "Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas."

Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc



Le Temps de l'Avent



Roraty w bazylice św. Franciszka w Krakowie
Rorate coeli.mpg
Rorate Cæli







Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine


La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre




Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus







Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris



la vidéo sur KTO



Magnificat


NOTRE-DAME

Pour ce Carême 2009, le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, nous a invité en cette année jubilaire à la réflexion sur Saint Paul, juif et apôtre des nations : sa personnalité, sa mission...
retouvez les Conférences de Carême sur le site du diocèse de Paris


mardi 8 décembre 2009
Fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

Cette solennité est aussi la fête du Chapitre Cathédral de Notre-Dame de Paris et l’installation des nouveaux chanoines nommés par l’Archevêque de Paris : Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris



NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour ! 

Sœur Marie-Aimée de Jésus

à Paris

Exposition Brukenthal du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010

Le musée Jacquemart-André accueille les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal, l’une des plus prestigieuses d’Europe centrale qui rassemble des œuvres flamandes des plus grands maîtres du XVème siècle au XVIIème siècle : Van Eyck, Jordaens, Bruegel, Memling ou Teniers.



Exposition d’icônes "Noël Russe" du 5 décembre 2009 au 24 janvier 2010

Eglise de la Madeleine


Atelier Saint Jean Damascène



du 5 mars 2010 au 24 mai 2010 au Musée du Louvre exposition Sainte Russie

Vierge de Vladimir

Livres



Dans le sillon du Père Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière


Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle, fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu.
Spiritualité 2000


 

Prières du Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières ferventes, méditations intérieures, oraisons contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.




Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes, à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure



À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est déjà un fruit de la grâce de Dieu»
Le baptême est quelque chose de simple
par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et dans le monde 





Prions en église - évangile du jour, méditations, psaumes, liturgie

Le Pape en Terre Sainte



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Pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte 
                                               
 

Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)

La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses




Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI

La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.

La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.

Custodia Terrae Sanctae






Mgr Fouad Twal
" Jérusalem est la clé de la paix dans le monde"

" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."

" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."

 " Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce qui ne va pas."

" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet prochain."


Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."

l'entretien intégral en ligne



Patriarcat latin de Jérusalem


Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.

Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces particulières
.

La preghiera per il viaggio del Papa in Terra Santa




Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)

Jordanie, Israël et Territoires palestiniens


ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org) - Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).


à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions


Vendredi 8 mai : Jordanie


14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman

15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion

17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II




Samedi 9 mai : Jordanie

7 h 15 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)




Visite de l'ancienne basilique

10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba

11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman


11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités


17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.




Dimanche 10 mai : Jordanie


10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli





17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ



18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).

Lundi 11 mai : Israël

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman

10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman

10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h


11 h : Cérémonie de bienvenue


Voyage vers Jérusalem

16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres



17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux




Mardi 12 mai : Jérusalem

9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher


10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem


10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël




11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle




12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem



13 h : Déjeuner avec  les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin




16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat

Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron  lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai




P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron


Mercredi 13 mai : Bethléem

9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel


10 h : Messe sur la place de la Crèche





12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains

15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité

16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem


16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours




18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne

18 h 40 : Cérémonie de congé

Jeudi 14 mai : Nazareth


10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice


Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice  lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth 



12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape

15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël

16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée




17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation



17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux

Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe


10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre







11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques


13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv




14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50





Yahad-In Unum





Vicariat hébréhophone en Israël





Chrétiens arabes en Israël  à la recherche d’une identité

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Béni soit ton Nom !

Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !

Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !

Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !

 
(Prière d'une Clarisse)


















Notre-Dame de Paris : déposer une intention de prière












Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.


Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.


Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là


Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.


Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,


La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.

Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,

Parce que vous êtes là pour toujours,


Simplement parce que vous êtes Marie,

Simplement parce que vous existez,


Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !



Paul Claudel
La Vierge à midi









 

SALVE REGINA

Charles Péguy

Mardi 21 juillet 2009 2 21 /07 /2009 06:25

Comme Jésus parlait encore à la foule, voici que sa mère et ses frères se tenaient au-dehors, cherchant à lui parler.

Quelqu'un lui dit : « Ta mère et tes frères sont là dehors, qui cherchent à te parler. »

Jésus répondit à cet homme : « Qui est ma mère, et qui sont mes frères ? »

Puis, tendant la main vers ses disciples, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de mon Père qui est aux cieux, celui-là est pour moi un frère, une soeur et une mère. »


Evangile de Jésus-Christ selon saint Matthieu



Il avait dit à Jean : Jean, voici votre mère.

Et voici votre fils.

Il ne pleurait point Jean, Marie et Madeleine ;

Il ne les quittait plus que de quelques années ;

Un jour ils remontraient au séjour de son père ;

La séparation n’avait qu’un temps humain.

Tout ce qui tenait à lui, tout ce qui venait de lui, tout ce qui tenait de lui, de ce côté-là, n’était qu’humain.


Un berceau lointain, une crèche dans une étable ; sous le chœur des chansons ; sous le chœur des anges ; sous les ailes calmes mais frissonnantes, mais palpitantes des anges.


Il mesura plus qu’eux la grandeur de la peine ;

Ils ne la mesuraient que d’un regard humain ;

Même le damné, même le larron qui venait de se perdre ;

Ils n’étaient devant lui que des damnés humains.


De son regard de Dieu joignant l’éternité,

Il était tout au bout en même temps qu’ici,

Il était tout au bout en même temps qu’alors.

Il était au milieu et tout ensemble à l’un et l’autre bout.

Lui seul.

De tous.


Il saisit d’un regard toute sa vie humaine,

Que trente ans de famille et trois ans de public

N’avaient point accomplie ;

Que trente ans de famille et trois ans de disciples,

Sa nouvelle famille,

Cette autre famille,

Sa famille charnelle et sa famille élue,

L’une et l’autre charnelles, l’une et l’autre élues,

Toutes les deux charnelles, toutes les deux élues,

N’avaient point consommée ;

Que trente ans de travail et trois ans de prières,

Trente-trois ans de travail, trente-trois ans de prières

N’avaient point achevée ;

Trente-trois ans de travail, trente-trois ans de prière.


Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc





Missel (XVe siècle)

Publié dans : Charles Péguy
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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /2009 17:00

Comme la vieille aïeule au plus fort de son âge
Se réjouit de voir le tendre nourrisson,
L’enfant à la mamelle et le dernier besson
Recommencer la vie ainsi qu’un héritage ;

Elle en fait par avance un très grand personnage,
Le plus hardi faucheur au temps de la moisson,
Le plus hardi chanteur au temps de la chanson
Qu’on aura jamais vu dans cet humble village :

Telle la vieille sainte éternellement sage
Connut ce que serait l’honneur de sa maison
Quand elle vit venir, habillée en garçon,

Bien prise en sa cuirasse et droite sur l’arçon,
Priant sur le pommeau de son estramaçon,
Après neuf cent vingt ans la fille au dur corsage ;

Et qu’elle vit monter de dessus l’horizon,
Souple sur le cheval et le caparaçon,
La plus grande beauté de tout son parentage.

 

 

Comme la vieille aïeule au fin fond de son âge
Se plaît à regarder sa plus arrière fille,
Naissante à l’autre bout de la longue famille,
Recommencer la vie ainsi qu’un héritage ;


Elle en fait par avance un très grand personnage,
Fileuse, moissonneuse à la pleine faucille,
Le plus preste fuseau, la plus savante aiguille
Qu’on aura jamais vu dans ce simple village


Telle la vieille sainte éternellement sage,
Du bord de la montagne et de la double berge
Regardait s’avancer dans tout son équipage,


Dans un encadrement de cierge et de flamberge,
Et le casque remis aux mains du petit page,
La fille la plus sainte après la sainte Vierge.

 

 

Comme Dieu ne fait rien que par miséricordes,
Il fallut qu’elle vît le royaume en lambeaux,
Et sa filleule ville embrasée aux flambeaux,
Et ravagée aux mains des plus sinistres hordes ;


Et les coeurs dévorés des plus basses discordes,
Et les morts poursuivis jusque dans les tombeaux,
Et cent mille Innocents exposés aux corbeaux,
Et les pendus tirant la langue au bout des cordes


Pour qu’elle vît fleurir la plus grande merveille
Que jamais Dieu le père en sa simplicité
Aux jardins de sa grâce et de sa volonté
Ait fait jaillir par force et par nécessité ;


Après neuf cent vingt ans de prière et de veille
Quand elle vit venir vers l’antique cité,
Gardant son coeur intact en pleine adversité,
Masquant sous sa visière une efficacité ;


Tenant tout un royaume en sa ténacité,
Vivant en plein mystère avec sagacité,
Mourant en plein martyre avec vivacité,


La fille de Lorraine à nulle autre pareille.





Jeanne en bataille


texte de Charles Péguy :
La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d'Arc

tableau de Hermann Anton Stilke

Publié dans : Charles Péguy
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Samedi 30 mai 2009 6 30 /05 /2009 09:25

Les armes de Satan c’est la paix et la guerre,
Les peuples éventrés, les sacrements par terre,
La honte, la terreur, la rage militaire ;


Les armes de Jésus c’est la guerre et la paix,
Les peuples respectés et les derniers harnais
De guerre suspendus aux frontons des palais ;


Les armes de Satan c’est l’horreur de la guerre,
Les peuples affolés, Jésus sur le Calvaire,
Le sang, le cri de mort, le meurtre volontaire ;


Les armes de Jésus c’est l’honneur de la guerre,
Les peuples rétablis, Jésus sur le Calvaire,
Le sang, le sacrifice et la mort volontaire


Pour qu’elle vît venir sous un tel étendard
De Jésus-Christ soldat contre Satan soudard,
Vers le vieux saint Etienne et le vieux saint Médard ;


Pour qu’elle vît venir par un chemin de terre,
Comme une jeune enfant qui vient vers sa grand-mère,
Par les bois de Puteaux, par les champs de Nanterre ;


Pour qu’elle vît venir ardente et militaire,
Obéissante et ferme et douce et volontaire,
Sur Boulogne et Neuilly, sur Puteaux et Nanterre ;


Hauturière et docile, alerte et droiturière,
Et prompte à la manoeuvre et peu procédurière,
Destinée à périr comme une aventurière ;


Bien en selle en avant de sa cavalerie,
Masquant ses bombardiers et sa bombarderie,
Traînant comme un réseau sa lourde infanterie ;


Ameutant ses tambours qui battaient pour la messe,
Gourmandant ces brigands qui couraient à confesse,
Déférente aux trois voix qui scellaient leur promesse ;


Ayant mis les soldats au pas sacramentaire,
Ayant mis les curés au pas réglementaire,
Et logé les Vertus au train régimentaire ;


Bien allante et vaillante et sans étourderie,
Bien venante et plaisante et sans coquetterie,
Bien disante et parlante et sans bavarderie ;


Révérant les coffrets sertis de pierrerie
Où les reliefs des saints ouvrés d’orfèvrerie
Reposent sur l’autel et sur la broderie ;


Sage comme une aïeule en sa tendre jeunesse,
Cadette ayant conquis le plus beau droit d’aînesse,
Grave et les yeux plus clairs que d’une chanoinesse,


La sainte la plus grande après sainte Marie.




Jeanne d'Arc en prière



texte de Charles Péguy :
La tapisserie de sainte Geneviève et de Jeanne d’Arc

tableau de Ary Sheffer
à l'église Saint Denys de la Chapelle
où Jeanne passa une nuit en prière



Saint Denys de la Chapelle à Paris 18e

Publié dans : Charles Péguy
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Vendredi 1 mai 2009 5 01 /05 /2009 04:00

Il saisit d’un regard toute sa vie humaine,

Que trente ans de famille et trois ans de public

N’avaient point accomplie ;

Que trente ans de famille et trois ans de disciples,

Sa nouvelle famille,

Cette autre famille,

Sa famille charnelle et sa famille élue,

L’une et l’autre charnelles, l’une et l’autre élues,

Toutes les deux charnelles, toutes les deux élues,

N’avaient point consommée ;

Que trente ans de travail et trois ans de prières,

Trente-trois ans de travail, trente-trois ans de prières

N’avaient point achevée ;

Trente-trois ans de travail, trente-trois ans de prière.

Que trente ans de charpente et trois ans de parole,

Trente-trois ans de charpente, trente-trois ans de parole, secrète ; publique ;

N’avaient point épuisée ;

Car il avait travaillé dans la charpente, de son métier.

Il travaillait, il était dans la charpente.

Dans la charpenterie.

Il était ouvrier charpentier.

Il avait même été un bon ouvrier.

Comme il avait été un bon tout.

C’était un compagnon charpentier.

Son père était un tout petit patron.

Il travaillait chez son père.

Il faisait du travail à domicile.

Il voyait, il revoyait aussi l’établi et le rabot.

L’établi. Le billot pour appuyer le morceau de bois que l’on fend.

La scie et la varlope.

Les beaux vrillons, les beaux copeaux de bois.

La bonne odeur du bois frais.

Fraîchement coupé.

Fraîchement taillé.

Fraîchement scié.

Et la belle couleur, et la belle odeur,

Et la bonne couleur, et la bonne odeur.

Du bois quand on enlève l’écorce.

Quand on le pelure.

Comme un beau fruit.

Comme un bon fruit.

Que l’on mangerait.

Mais ce sont les outils qui le mangent.

Et l’écorce qui se sépare.

Qui s’écarte.

Qui se pèle.

Qui s’enlève délicatement sous la cognée.

Qui sent si bon et qui a une si belle couleur brune.

Comme il aimait ce métier-là.

L’écorce qui a une si bonne couleur, une si bonne odeur.

Comme il aimait son métier.

Il était fait pour ce métier-là.

Sûrement.

Le métier des berceaux et des cercueils.

Qui se ressemblent tant.

Des tables et des lits.

Et aussi des autres meubles.

De tous les meubles.

Car il ne faut oublier personne.

Il ne faut décourager personne.

Le métier des buffets, des armoires, des commodes.

Des mées.

Pour mettre le pain.

Des escabeaux.

Et le monde n’est que l’escabeau de vos pieds.

Car dans ce temps-là les menuisiers n’étaient pas encore séparés des charpentiers.

Tout ce qui travaillait le bois.

Comme il avait aimé le travail bien fait.

L’ouvrage bien faite.

Il avait été un bon ouvrier.

Un bon charpentier.

Comme il avait été un bon fils.

Un bon fils pour sa mère Marie.

Un enfant bien sage.

Bien docile.

Bien soumis.

Bien obéissant à ses père et mère.

Un enfant.

Comme tous les parents voudraient en avoir.

Un bon fils pour son père Joseph.

Pour son père nourricier Joseph.

Le vieux charpentier.

Le maître charpentier.

Comme il avait été un bon fils aussi pour son père.

Pour son père qui êtes aux cieux.

Comme il avait été un bon camarade pour ses petits camarades.

Un bon camarade d’école.

Un bon camarade de jeux.

Un bon compagnon de jeu.

Un bon compagnon d’atelier.

Un bon compagnon charpentier.

Parmi tous les autres compagnons.

Charpentiers.

Pour tous les compagnons.

Charpentiers.

Comme il avait été un bon pauvre.

Comme il avait été un bon citoyen.

Il avait été un bon fils pour ses père et mère.

Jusqu’au jour où il avait commencé sa mission.

Sa prédication.

Un bon fils pour sa mère Marie.

Jusqu’au jour où il avait commencé sa mission.

Un bon fils pour son père Joseph.

Jusqu’au jour où il avait commencé sa mission.

En somme tout s’était bien passé.

Jusqu’au jour où il avait commencé sa mission.

Il était généralement aimé.

Tout le monde l’aimait bien.

Jusqu’au jour où il avait commencé sa mission.

Les camarades, les amis, les compagnons, les autorités,

Les citoyens,

Les père et mère

Trouvaient cela très bien.

Jusqu’au jour où il avait commencé sa mission.




Autel à la Cathédrale de Coutances


texte : Charles Péguy

Publié dans : Charles Péguy
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Jeudi 16 avril 2009 4 16 /04 /2009 18:00

Il y a un trésor des promesses. D’un seul coup, du premier coup Jésus a tenu toutes les promesses. Il est venu et il a tenu toutes les promesses. Il a tenu toutes les promesses de Dieu, toutes les promesses des prophètes. Toutes les promesses de Dieu remémorées, répercutées par les prophètes, par la lignée des prophètes. Toutes les promesses faites à son peuple, au peuple d’Israël ; et en Israël à toute humanité. Singulières promesses. Elles ont toutes été accomplies du premier coup, elles furent toutes couronnées d’un seul coup. Et éternellement c’est de nous, c’est aussi de nous, c’est finalement de nous qu’elles attendent leur accomplissement, qu’elles attendent leur couronnement. Singulières promesses. Encore singulières. Doublement singulières. C’est à nous qu’elles furent données. C’est à nous qu’elles furent promises. Et c’est de nous en définitive que dépend leur accomplissement, c’est de nous qu’elles attendent leur couronnement. C’est en nos mains, en nos faibles mains, en nos maigres mains ; en nos mains indignes, en nos mains pécheresses que réside leur accomplissement même et la promesse de leur couronnement. C’est le monde renversé. Celui à qui la promesse est faite est aussi celui qui en définitive tient la promesse, se tient la promesse à lui-même. C’est le monde à l’envers. Celui qui tient est le même que celui à qui c’est promis. C’est nous qui nous tenons parole à nous-mêmes, qui avons à nous tenir parole à nous-mêmes. Voilà ce que n’ont pas compris les docteurs de la terre.


Charles Péguy
Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc

Publié dans : Charles Péguy
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Samedi 11 avril 2009 6 11 /04 /2009 08:05

Elle pleurait, elle pleurait.

Comme aucune femme n’a jamais pleuré.

Nulle femme.

Voilà ce qu’il avait rapporté à sa mère.

Jamais un garçon n’avait coûté autant de larmes à sa mère.

Jamais un garçon n’avait autant fait pleurer sa mère.

Voilà ce qu’il avait rapporté à sa mère.

Depuis qu’il avait commencé sa mission.


Parce qu’il avait commencé sa mission.

Depuis trois jours elle pleurait.

Depuis trois jours elle errait, elle suivait.

Elle suivait le cortège.

Elle suivait les événements.

Elle suivait comme à un enterrement.

Mais c’était l’enterrement d’un vivant.

D’un vivant encore.

Elle suivait ce qui se passait.

Elle suivait comme si elle avait été du cortège.

De la cérémonie.

Elle suivait comme une suivante.

Comme une servante.

Comme une pleureuse des Romains.

Des enterrements romains.

Comme si ça avait été son métier.

De pleurer.

Elle suivait comme une pauvre femme.

Comme une habituée du cortège.

Comme une suivante du cortège.

Comme une servante.

Déjà comme une habituée.

Elle suivait comme une pauvresse.

Comme une mendiante.

Eux qui n’avaient jamais rien demandé à personne.

À présent elle demandait la charité.

Sans en avoir l’air elle demandait la charité.

Puisque sans en avoir l’air, sans même le savoir elle demandait la charité de la pitié.

D’une piété.

D’une certaine piété.

Pietas.

Voilà ce qu’il avait fait de sa mère.

Depuis qu’il avait commencé sa mission.

Elle suivait, elle pleurait.

Elle pleurait, elle pleurait.

Les femmes ne savent que pleurer.

On la voyait partout.

Dans le cortège mais un peu en dehors du cortège.

Sous les portiques, sous les arcades, dans les courants d’air.

Dans les temples, dans les palais.

Dans les rues.

Dans les cours et dans les arrière-cours.

Et elle était montée aussi sur le Calvaire.

Elle aussi elle avait gravi le Calvaire.

Qui est une montagne escarpée.

Et elle ne sentait seulement pas qu’elle marchait.

Elle ne sentait seulement pas ses pieds qui la portaient.

Elle ne sentait pas ses jambes sous elle.

Elle aussi elle avait gravi son calvaire.

Elle aussi elle avait monté, monté.

Dans la cohue, un peu en arrière.

Monté au Golgotha.

Sur le Golgotha.

Sur le faîte.

Jusqu’au faîte.

Où il était maintenant crucifié.

Cloué des quatre membres.

Comme un oiseau de nuit sur la porte d’une grange.

Lui le Roi de Lumière.

Au lieu appelé Golgotha.

C’est-à-dire la place du Crâne.

Voilà ce qu’il avait fait de sa mère.

Maternelle.

Une femme en larmes.

Une pauvresse.

Une pauvresse de détresse.

Une pauvresse en détresse.

Une espèce de mendiante de pitié.

Depuis qu’il avait commencé d’accomplir sa mission.

Depuis trois jours elle suivait elle suivait.

Accompagnée seulement de trois ou quatre femmes.

De ces saintes femmes.

Escortée, entourée seulement de ces quelques femmes.

De ces quelques saintes femmes.

Des saintes femmes.

Enfin.

Puisqu’éternellement on devait les nommer ainsi.

Qui gagnaient ainsi.

Qui assuraient ainsi leur part de paradis.

Et pour sûr elles auraient une bonne place.

Aussi bonne que celle qu’elles avaient en ce moment.

Puisqu’elles auraient la même place.

Car elles seraient aussi près de lui qu’en ce moment.

Je veux dire qu’elles seraient aussi près de lui qu’en ce moment.

Qu’en ce moment même.

Éternellement aussi près qu’en ce moment même.

Éternellement aussi près qu’en ce moment du temps.

Du temps de Judée.

Éternellement aussi près dans sa gloire.

Que dans sa passion.

Dans la gloire de sa passion.

Et toutes les quatre ensemble ou peut-être un peu plus ou moins.

Un peu plus un peu moins.

Elles formaient toujours un petit groupe à part.

Un petit cortège un peu derrière le grand cortège.

Un peu en arrière.

Et on les reconnaissait.

Elle pleurait, elle pleurait sous un grand voile de lin.

Un grand voile bleu.

Un peu passé.

Voilà ce qu’il avait fait de sa mère.

Elle pleurait comme jamais il ne sera donné ;

Comme jamais il ne sera demandé

À une femme de pleurer sur terre.

Éternellement jamais.

À aucune femme.

Voilà ce qu’il avait fait de sa mère.

D’une mère maternelle.

Ce qu’il y a de curieux c’est que tout le monde la respectait.

Les gens respectent beaucoup les parents des condamnés.

Ils disaient même : la pauvre femme.

Et en même temps ils tapaient sur son fils.

Parce que l’homme est comme ça.

L’homme est ainsi fait.

Le monde est comme ça.

Les hommes sont comme ils sont et on ne pourra jamais les changer.

Elle ne savait pas qu’au contraire il était venu changer l’homme.

Qu’il était venu changer le monde.

Elle suivait, elle pleurait.

Et en même temps ils tapaient sur son garçon.

Elle suivait, elle suivait.

Les hommes sont comme ça.

On ne les changera pas.

On ne les refera pas.

On ne les refera jamais.

Et lui il était venu pour les changer.

Pour les refaire.

Pour changer le monde.

Pour le refaire.

Elle suivait, elle pleurait.

Tout le monde la respectait.

Tout le monde la plaignait.

On disait la pauvre femme.

C’est que tous ces gens n’étaient peut-être pas méchants.

Ils n’étaient pas méchants au fond.

Ils accomplissaient les Écritures.

Ce qui est curieux, c’est que tout le monde la respectait.

Honorait, respectait, admirait sa douleur.

On ne l’écartait, on ne la repoussait que modérément.

Avec des attentions particulières.

Parce qu’elle était la mère du condamné.

On pensait : c’est la famille du condamné.

On le disait même à voix basse.

On se le disait, entre soi,

Avec une secrète admiration.

Et on avait raison, c’était toute sa famille.

Sa famille charnelle et sa famille élue.

Sa famille sur la terre et sa famille dans le ciel.

Elle suivait, elle pleurait.

Ses yeux étaient si brouillés que la lumière du jour ne lui paraîtrait jamais claire.

Plus jamais.

Depuis trois jours les gens disaient : Elle a vieilli de dix ans.

Je l’ai encore vue.

Je l’avais encore vue la semaine dernière.

En trois jours elle a vieilli de dix ans.

Jamais plus.

Elle suivait, elle pleurait, elle ne comprenait pas très bien.

Mais elle comprenait très bien que le gouvernement était contre son garçon.

Ce qui est une mauvaise affaire.

Que le gouvernement était pour le mettre à mort.

Toujours une mauvaise affaire.

Et qui ne pouvait pas bien finir.

Tous les gouvernements s’étaient mis d’accord contre lui.

Le gouvernement des Juifs et le gouvernement des Romains.

Le gouvernement des juges et le gouvernement des prêtres.

Le gouvernement des soldats et le gouvernement des curés.

Il n’en réchapperait sûrement pas.

Certainement pas.

Tout le monde était contre lui.

Tout le monde était pour sa mort.

Pour le mettre à mort.

Voulait sa mort.






























texte de Charles Péguy : Le mystère de la charité de Jeanne d’Arc

1er tableau : Deposition by DUCCIO di Buoninsegna

2e tableau : Entombment by TOURNIER, Nicolas

3e tableau : Deposition by BARTOLOMEO, Fra 

4e tableau : The Entombment of Christ by BADALOCCHIO, Sisto

5e tableau : Entombment of Christ by WEYDEN, Rogier van der

Publié dans : Charles Péguy
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