Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : "Que devons-nous faire ?" Jean leur répondait : "Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même !"

Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : "Maître, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé." A leur tour, des soldats lui demandaient : "Et nous, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde."

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous : "Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas."

Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc



Le Temps de l'Avent



Roraty w bazylice św. Franciszka w Krakowie
Rorate coeli.mpg
Rorate Cæli







Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine


La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre




Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus







Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris



la vidéo sur KTO



Magnificat


NOTRE-DAME

Pour ce Carême 2009, le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, nous a invité en cette année jubilaire à la réflexion sur Saint Paul, juif et apôtre des nations : sa personnalité, sa mission...
retouvez les Conférences de Carême sur le site du diocèse de Paris


mardi 8 décembre 2009
Fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

Cette solennité est aussi la fête du Chapitre Cathédral de Notre-Dame de Paris et l’installation des nouveaux chanoines nommés par l’Archevêque de Paris : Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris



NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour ! 

Sœur Marie-Aimée de Jésus

à Paris

Exposition Brukenthal du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010

Le musée Jacquemart-André accueille les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal, l’une des plus prestigieuses d’Europe centrale qui rassemble des œuvres flamandes des plus grands maîtres du XVème siècle au XVIIème siècle : Van Eyck, Jordaens, Bruegel, Memling ou Teniers.



Exposition d’icônes "Noël Russe" du 5 décembre 2009 au 24 janvier 2010

Eglise de la Madeleine


Atelier Saint Jean Damascène



du 5 mars 2010 au 24 mai 2010 au Musée du Louvre exposition Sainte Russie

Vierge de Vladimir

Livres



Dans le sillon du Père Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière


Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle, fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu.
Spiritualité 2000


 

Prières du Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières ferventes, méditations intérieures, oraisons contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.




Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes, à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure



À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est déjà un fruit de la grâce de Dieu»
Le baptême est quelque chose de simple
par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et dans le monde 





Prions en église - évangile du jour, méditations, psaumes, liturgie

Le Pape en Terre Sainte



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Pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte 
                                               
 

Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)

La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses




Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI

La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.

La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.

Custodia Terrae Sanctae






Mgr Fouad Twal
" Jérusalem est la clé de la paix dans le monde"

" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."

" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."

 " Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce qui ne va pas."

" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet prochain."


Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."

l'entretien intégral en ligne



Patriarcat latin de Jérusalem


Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.

Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces particulières
.

La preghiera per il viaggio del Papa in Terra Santa




Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)

Jordanie, Israël et Territoires palestiniens


ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org) - Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).


à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions


Vendredi 8 mai : Jordanie


14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman

15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion

17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II




Samedi 9 mai : Jordanie

7 h 15 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)




Visite de l'ancienne basilique

10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba

11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman


11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités


17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.




Dimanche 10 mai : Jordanie


10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli





17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ



18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).

Lundi 11 mai : Israël

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman

10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman

10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h


11 h : Cérémonie de bienvenue


Voyage vers Jérusalem

16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres



17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux




Mardi 12 mai : Jérusalem

9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher


10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem


10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël




11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle




12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem



13 h : Déjeuner avec  les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin




16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat

Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron  lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai




P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron


Mercredi 13 mai : Bethléem

9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel


10 h : Messe sur la place de la Crèche





12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains

15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité

16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem


16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours




18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne

18 h 40 : Cérémonie de congé

Jeudi 14 mai : Nazareth


10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice


Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice  lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth 



12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape

15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël

16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée




17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation



17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux

Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe


10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre







11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques


13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv




14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50





Yahad-In Unum





Vicariat hébréhophone en Israël





Chrétiens arabes en Israël  à la recherche d’une identité

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Béni soit ton Nom !

Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !

Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !

Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !

 
(Prière d'une Clarisse)


















Notre-Dame de Paris : déposer une intention de prière












Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.


Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.


Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là


Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.


Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,


La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.

Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,

Parce que vous êtes là pour toujours,


Simplement parce que vous êtes Marie,

Simplement parce que vous existez,


Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !



Paul Claudel
La Vierge à midi









 

SALVE REGINA

La Bible en tableaux

Samedi 21 novembre 2009 6 21 /11 /2009 05:00


Présentation de la Vierge au Temple

Inférieure en solennité aux autres fêtes de Notre-Dame, tardivement inscrite au Cycle sacré, la Présentation semble de préférence réserver chez nous le culte de ses mystères à la contemplation silencieuse. Dans le silence de leur prière ignorée, les justes gouvernent la terre ; la Reine des saints, la première, fit plus par ses mystères cachés que tous les faux grands hommes dont les gestes bruyants prétendent constituer la trame des annales du monde.

L'Orient chantait depuis sept siècles au moins l’entrée de la Mère de Dieu dans le temple de Jérusalem, quand pour la première fois, en 1372, Grégoire XI permit qu'elle fût célébrée à la cour romaine d'Avignon. Or en réponse, Marie brisait les chaînes qui depuis soixante-dix ans retenaient la Papauté captive, et bientôt Grégoire XI rendait à Rome le successeur de Pierre. 
Ainsi déjà, au Cycle d'Occident, la Visitation nous était apparue comme le monument de l'unité reconquise sur le schisme qui suivit l'exil.

Dès l’année 1373, à l'imitation du Pontife suprême, Charles V de France introduisait la fête de la Présentation dans sa chapelle du palais. Par lettres en date du 10 novembre 1374, aux maîtres et écoliers du collège de Navarre, il exprimait le désir qu'elle fût célébrée dans le royaume entier :
Charles, par la grâce de Dieu roi des Francs, à nos bien-aimés : salut en Celui qui ne cesse point d'honorer sa Mère sur la terre. Entre les autres objets de notre sollicitude, souci journalier et diligente méditation, le premier qui occupe à bon droit nos pensées est que la bienheureuse Vierge et très sainte Impératrice soit honorée par nous d'un très grand amour et louée comme il convient à la vénération qui lui est due. Car c'est un devoir pour nous de lui rendre gloire ; et nous qui élevons vers elle en haut les veux de notre âme, nous savons quelle protectrice incomparable elle est pour tous, quelle puissante médiatrice auprès de son béni Fils pour ceux qui l'honorent avec un cœur pur. Et c'est pourquoi, voulant exciter notre fidèle peuple à solenniser ladite fête comme Nous-même nous proposons de le faire, Dieu aidant, chacune des années de notre vie, nous en adressons l'Office à votre dévotion à cette fin d'augmenter vos joies.

Ainsi parlaient les princes dans ces temps. Or on sait comment dans ces mêmes années le sage et pieux  roi,  poursuivant l'œuvre  inaugurée à 
Brétigny par la Vierge de Chartres, sauvait une première fois de l'Anglais la France vaincue et démembrée. Dans l'Etat donc comme dans l'Eglise, à cette heure si critique pour les deux, Notre-Dame en sa Présentation commandait à l'orage, et le sourire de Marie enfant dissipait la nue.

La nouvelle fête, enrichie d'indulgences par Paul II, s'était peu à peu généralisée, quand saint Pie V, voulant alléger d'un certain nombre d'Offices le calendrier universel, crut devoir la comprendre en ses suppressions. Mais Sixte-Quint la rétablissait au Bréviaire romain dès l'année 1585, et peu après, Clément VIII l'élevait au rang des Doubles-majeurs. Bientôt clercs et réguliers prenaient pour coutume de renouveler leurs engagements sacrés en ce jour où leur commune Reine ouvrit devant eux la voie qui conduit par le sacrifice aux prédilections du Seigneur.

Ecoute, ma fille, et vois, et prête l'oreille ; oublie ton peuple et la maison de ton père, et le Roi convoitera ta beauté. Ainsi, formulant les vœux des filles de Tyr, chantait au sommet de Moriah l'Eglise de l'attente ; et son regard inspiré perçant l'avenir, elle ajoutait : A sa suite viendront les vierges, ses compagnes ; elles s'avanceront dans la joie et l'allégresse; elles entreront dans le temple du Roi.

Or donc, salué d'avance comme le plus beau des fils des hommes, ce Roi, qui est le Très Puissant, prélude à ses conquêtes en ce jour ; et son début, selon le mot du Psaume, est admirable, Par la gracieuse enfant qui à cette heure franchit les degrés du temple, il prend possession
de ce temple, dont le sacerdoce le reniera vainement plus tard ; car cette enfant qu'accueille aujourd'hui le temple est son trône. Dès maintenant, son parfum le précède et l'annonce en la mère au sein de laquelle l'huile d'allégresse, coulant à flots, doit le faire Christ entre ses frères ; en elle déjà les Anges saluent la Reine dont la virginité féconde enfantera toutes ces âmes consacrées qui réservent à l'Epoux la myrrhe et l'encens de leurs holocaustes, ces filles des rois qui feront l'honneur de sa cour.

Mais la Présentation de Notre-Dame ouvre encore à l'Eglise d'autres horizons. Au Cycle des Saints, dépourvu des frontières précises qui délimitent celui du Temps, le mystère du séjour de Marie dans le sanctuaire de l'ancienne alliance prélude, mieux que n'aurait pu faire aucun autre, à la saison si prochaine de l'Avent liturgique.

Marie, conduite au temple pour s'y préparer dans la retraite, l'humilité, l'amour, à ses incomparables destinées, eut aussi pour mission d'y parfaire, au pied des autels figuratifs, la prière de l'humanité trop impuissante à faire pleuvoir des cieux le Sauveur.

Elle fut, dit saint Bernardin de Sienne, le bienheureux couronnement de toute attente et demande de l'avènement du Fils de Dieu ; en elle, comme en un sommet, tous les désirs des saints qui l'avaient précédée eurent leur consommation et leur terme.

Par son admirable intelligence des Ecritures, par sa conformité de chaque jour, de toute heure, aux moindres enseignements et prescriptions du rituel mosaïque, Marie découvrait, adorait partout
le Messie sous la lettre ; elle s'unissait à lui, s'immolait avec lui dans chacune des victimes immolées sous ses yeux ; et ainsi rendait-elle au Dieu du Sinaï l'hommage, vainement attendu jusque-là, de la Loi comprise, pratiquée, fécondée selon la plénitude qu'elle comportait pour le Législateur. Alors Jéhovah put dire en toute vérité : Comme la pluie descend du ciel et n'y retourne point, mais enivre la terre et lui fait produire ses fruits ; ainsi sera ma parole : elle ne me reviendra pas inféconde, mais aura heureusement tous les effets que j’ai voulus.

Supplément béni de la gentilité non moins que de la synagogue, Marie dès lors vit dans l'Epouse du Cantique sacré l'Eglise à venir. En notre nom à tous elle adressait à Celui qu'elle savait devoir être l'Epoux, sans connaître encore qu'elle l'aurait pour fils, les appels d'un amour qui, sur ses lèvres, était bien fait pour obtenir du Verbe divin l'oubli des infidélités passées, des dérèglements où le monde dévoyé s'abîmait toujours plus.

Arche de l'alliance universelle, combien avantageusement ne remplaçait-elle pas celle des Juifs, disparue avec le premier temple ! C'était pour elle sans le savoir qu'Hérode, le Gentil, avait repris la construction du second, demeuré comme désert et comme vide depuis Zorobabel ; car le temple, aussi bien que le tabernacle qu'il remplaçait, n'était que l'asile de l'arche destinée à porter Dieu lui-même : mais garder la réalité fut pour le second temple une gloire plus grande que d'abriter comme le premier la figure.


Les Grecs ont fait choix, comme Leçons de ce
jour, des passages de l'Ecriture qui rappellent l'entrée de l'arche dans le tabernacle au désert, et plus tard dans le temple à Jérusalem. Le synaxaire, ou leçon historique de la solennité, résume les traditions qui nous montrent la bienheureuse Vierge offerte par ses saints parents dans la troisième année de son âge au temple de Dieu, pour y demeurer jusqu'aux jours où, après douze années écoulées, devait s'accomplir en elle le mystère du salut.


DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique


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Lundi 2 novembre 2009 1 02 /11 /2009 08:58
Nous ne voulons pas, mes Frères, que vous ignoriez la condition de ceux qui dorment dans le Seigneur, afin que vous ne soyez pas tristes comme ceux qui n'ont point d'espérance. (Thess. IV, 13)

C'était le désir de l'Apôtre écrivant aux premiers chrétiens ; l'Eglise, aujourd'hui, n'en a pas d'autre.

Non seulement, en effet, la vérité sur les morts met en admirable lumière l'accord en Dieu de la justice et de la bonté : les cœurs les plus durs ne résistent point à la charitable pitié qu'elle inspire, et tout ensemble elle offre au deuil de ceux qui pleurent la plus douce des consolations.

Si la foi nous enseigne qu'un purgatoire existe, où des fautes inexpiées peuvent retenir ceux qui nous furent chers, il est aussi de foi que nous pouvons leur venir en aide, il est théologiquement assuré que leur délivrance plus ou moins prompte est dans nos mains.


DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique










BOUTS
Le Paradis







La Croix de Vie
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Mardi 15 septembre 2009 2 15 /09 /2009 05:00

Memling

Au lendemain de la fête de la Sainte Croix, nous faisons mémoire de la Compassion de Marie, c'est-à-dire de l'écho de la Passion dans son coeur.


C'est pour avoir communié intimement à la Passion de Jésus que Marie a été associée d'une manière unique à la gloire de sa Résurrection.


Elle n'a jamais été plus mère qu'au pied de la Croix : c'est là que son coeur a été transpercé comme par une épée à la vue des souffrances de Jésus ; là aussi que la maternité de Marie s'est étendue à tous les membres du Corps du Christ, qui allaient naître de son côté ouvert.



O vous tous qui passez par le chemin, regardez et voyez s'il est douleur pareille à ma douleur ! Est-ce donc le premier cri de la douce enfant dont la venue a causé joie si pure à la terre ; et fallait-il arborer si tôt le drapeau de la souffrance sur le berceau où repose tant d'innocence et d'amour ? Le cœur de l'Eglise pourtant ne l'a pas trompée ; cette fête, à cette date, est toujours la réponse à la question de l'humanité dans l'attente : Que sera cette enfant ?


Raison d'être de Marie, le Sauveur à venir doit en être en tout l'exemplaire. C'est à titre de Mère que fut annoncée, qu'est apparue la Vierge bénie, et dès lors à titre de Mère de douleurs, parce que le Dieu dont la naissance prochaine est le motif de sa propre naissance sera en ce monde l’homme des douleurs et de l'infirmité. A qui vous comparer ? chante le prophète des lamentations : ô Vierge, votre affliction est comme l'océan. Sur la montagne du Sacrifice, comme mère elle donna son fils, comme épouse elle s'offrit avec lui ; par ses souffrances d'épouse et de mère, elle fut la corédemptrice du genre humain.

Une première fête des Douleurs de Marie, préludant aux récits 
de la grande Semaine, a gravé dans nos âmes cet enseignement et ces souvenirs. Le Christ ne meurt plus ; pour Notre-Dame, de même, a cessé la souffrance. Néanmoins la passion du Christ se poursuit dans ses élus, dans son Eglise contre laquelle, à son défaut, se rue l'enfer. A cette passion du corps mystique dont elle est aussi mère, la compassion mystérieuse de Marie reste acquise ; que de fois ne l'ont pas attesté les larmes coulant des yeux de ses images les plus vénérées ! Là encore, là surtout, est aujourd'hui l'explication de cette reprise inaccoutumée par la Liturgie sainte d'une fête célébrée déjà dans une autre saison sous un titre identique.


Le lecteur qui compulse le recueil des ordonnances du Siège apostolique sur les Rites sacrés, s'étonne d'y rencontrer après le 20 mars 1809 une interruption prolongée ; lacune insolite, ne prenant fin que le 18 septembre 1814 par le décret qui institue au présent Dimanche une nouvelle commémoration des Douleurs de la Bienheureuse Vierge. 1809-1814 : lustre fatal, où le gouvernement de la chrétienté demeura suspendu ; années de sang, qui revirent l'agonie de l'Homme-Dieu dans son Vicaire captif. Toujours debout près de la Croix cependant, la Mère des douleurs offrait à Dieu les souffrances de l'Eglise ; à la suite de l'épreuve, n'ignorant pas d'où lui venait la miséricorde reconquise, Pie VII dédiait ce jour à Marie comme mémorial nouveau de la journée du Calvaire.


Dès le XVIIe siècle, les Servîtes étaient par privilège 
en possession de cette seconde fête, qu'ils célèbrent sous le rit Double de première classe avec Vigile et Octave. C'est d'eux que l'Eglise voulut en emprunter l'Office et la Messe. Honneur et privilège bien dus à cet Ordre, établi par Notre-Dame sur le culte de ses souffrances, et qui s'en était fait l'apôtre. Héritier des sept bienheureux fondateurs, Philippe Benizi propagea la flamme allumée par eux sur les hauteurs du mont Senario ; grâce au zèle de ses successeurs et fils, la dévotion des sept Douleurs de la Bienheureuse Vierge Marie, jadis pour eux patrimoine de famille, est aujourd'hui le trésor de la terre entière.



Notre Dame des Sept Douleurs (Isenbrandt)

La prophétie du vieillard Siméon, la fuite en Egypte, la perte de l'Enfant divin dans Jérusalem, le portement de Croix, le crucifiement, la descente de Croix, la sépulture de Jésus : septuple mystère, autour duquel Notre-Dame aime à voir grouper les aspects quasi infinis des souffrances qui firent d'elle la Reine des Martyrs, la première rose et la plus belle du champ de Dieu. Ayons à cœur la recommandation du livre de Tobie, dont l'Eglise fait lecture cette semaine en l'Office du Temps : Honorez votre Mère, et n'oubliez jamais les douleurs qu'elle a endurées pour vous donner la vie.
 


" Dieu, dit le pieux et profond Père Faber, Dieu semble choisir en lui les choses qui sont le plus incommunicables pour les communiquer à Marie d'une manière mystérieuse. Voyez comme il l'a déjà mêlée aux desseins éternels de l'univers dont il la rend presque cause et type partiel. La coopération de la sainte Vierge au salut du monde nous présente un nouvel aspect de sa magnificence. Ni l'Immaculée Conception, ni l'Assomption ne nous donnent une plus haute idée de 
Marie que le titre de corédemptrice.

Ses douleurs n'étaient pas nécessaires à la rédemption, mais dans les conseils de Dieu elles en étaient inséparables. Elles appartiennent à l'intégrité du plan divin. Les mystères de Jésus ne sont-ils pas ceux de Marie, et les mystères de Marie ne sont-ils pas ceux de Jésus ? La vérité paraît être que tous les mystères de Jésus et ceux de Marie n'étaient pour Dieu qu'un seul mystère.

Jésus lui-même est la douleur de Marie sept fois répétée, sept fois agrandie. Durant les heures de la Passion, l'offrande de Jésus et celle de Marie étaient réunies en une seule. Quoique de dignité, de valeur évidemment différentes, elles étaient offertes avec des dispositions semblables, allant du même pas, embaumées des mêmes parfums, consumées par le même feu ; oblation simultanée faite au Père par deux cœurs sans tache pour les péchés d'un monde coupable, dont ils avaient  librement assumé les démérites."
(Faber, Le Pied de la Croix, IX, I, II.)

Aux tourments de la grande Victime, aux pleurs de Marie, sachons unir nos larmes. C'est dans la mesure où nous l'aurons fait en cette vie, que nous pourrons nous réjouir au ciel avec le Fils et la Mère ; si Notre-Dame, comme chante le Verset, est elle-même aujourd'hui reine du ciel et souveraine du monde, il n'est personne parmi les élus dont les souvenirs de souffrance puissent être comparés aux siens.

 

DOM GUÉRANGER

L'Année Liturgique




Memling
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Mardi 8 septembre 2009 2 08 /09 /2009 05:00

Nativité de la Vierge par Cavallini


C’est la naissance de la Vierge Marie ; faisons-lui fête, en adorant le Christ son fils, le Seigneur. Telle est l'invitation que nous adresse aujourd'hui l'Eglise. Ecoutons son appel ; entrons dans sa joie qui déborde : l'Epoux est proche, puisque son trône est dès maintenant dressé sur terre ; encore un peu, et lui-même paraîtra sous ce diadème de notre humanité dont doit le couronner sa mère au jour de la joie de son cœur et du nôtre. Aussi, comme en la glorieuse Assomption, retentit à nouveau le Cantique sacré ; mais il est plus de la terre, cette fois, que du ciel.


Voici qu'en vérité nous est donné mieux que le premier paradis à cette heure. Eden, ne crains plus les retours des mortels humains ; ton chérubin peut cesser sa garde et regagner les cieux. Que nous importent tes beaux fruits auxquels on ne peut toucher sans mourir ? La mort, maintenant, elle est pour ceux qui ne goûteront pas du fruit qui s'annonce parmi les fleurs de la terre vierge où nous fait aborder notre Dieu.

Salut, monde nouveau où les magnificences de la création primitive sont dépassées ; salut, port fortuné dont le repos s'offre à nous après tant d'orages ! L'aurore paraît ; l'arc-en-ciel brille ; la colombe s'est montrée ; l'arche touche terre, ouvrant au monde de nouvelles destinées. Le port, l'aurore, l'arc-en-ciel, la colombe, l'arche du salut, le paradis du céleste Adam, la création dont l'autre n'était qu'une ébauche, c'est vous, douce enfant, en qui déjà résident toute grâce, toute vérité, toute vie.


Vous êtes la petite nuée que le père des Prophètes attendait dans l'angoisse suppliante de son âme, et qui apporte à la terre desséchée la fraîcheur ; sous la faiblesse de vos membres si frêles apparaît la mère du bel amour et de la sainte espérance. Vous êtes cet autre léger nuage d'exquis parfum qu'exhale aux cieux notre désert ; l'incomparable humilité de votre âme qui s'ignore révèle leur Reine aux Anges, armés en guerre près de votre berceau.


O tour du vrai David, citadelle où, du premier choc, s'est brisé l'enfer ; vraie Sion, dès l'abord fondée sur les saintes montagnes, au sommet des vertus ; temple et palais dont ceux de Salomon étaient l'ombre ; maison que l'éternelle Sagesse s'est bâtie pour elle-même : le plan réalisé dans vos lignes si pures était arrêté dès l'éternité. Avec l'Emmanuel qui vous prédestina pour son lieu de délices,  vous êtes vous-même, enfant 
bénie, le sommet de toute création, l'idéal divin pleinement réalisé sur terre.


Or donc, comprenons l'Eglise, quand elle acclame dès ce jour votre divine maternité, ne séparant pas la naissance de l'Emmanuel et la vôtre en ses chants. Celui qui, étant Fils en Dieu par essence, voulut l'être aussi dans l'humaine nature, avait avant tous autres desseins résolu qu'il aurait une Mère ; tel par suite devait être en celle-ci le caractère primordial, absolu, de ce titre de Mère, qu'il ne fît qu'un dans l'éternel décret avec son être futur, comme en étant le motif, comme renfermant la cause même de son existence ainsi que le principe de toutes ses perfections de nature et de grâce. Donc nous aussi, dès le berceau, devons-nous voir en vous la Mère, et célébrer votre naissance, en adorant votre fils, le Seigneur.


D'autant qu'embrassant tous les frères de l'Homme-Dieu, votre bienheureuse maternité projette ses rayons sur tout ce qui précède ou suit dans le temps ce fortuné jour. Dieu, notre Roi avant les siècles, a opéré le salut au milieu de la terre : 

" Le milieu de la terre, c'est admirablement Marie,
dit l'Abbé de Clairvaux ; Marie, centre universel, arche de Dieu ; elle est la cause des choses, l'affaire des siècles. Vers elle se tournent les habitants des cieux comme du séjour de l'expiation, les hommes qui nous précédèrent et nous qui sommes présentement, ceux qui doivent nous suivre, et les fils de nos fils et leurs descendants : les cieux pour voir se remplir leurs vides, 
les habitants des bas lieux pour leur délivrance ; les hommes du premier âge pour être trouvés des prophètes fidèles, ceux qui viennent après pour obtenir de parvenir à la béatitude.

Mère de Dieu, Reine des cieux, Souveraine du monde, toutes les générations vous diront bienheureuse ; car vous avez engendré pour toutes la vie et la gloire. En vous à jamais les Anges puisent la joie, les justes la grâce, les pécheurs le pardon ; en vous, et par vous, et de vous la bénigne main du Tout-Puissant a créé une seconde fois ce qu'elle avait fait une première."


" Solennité d'entrée, dit de ce jour André de Crète ; fête initiale, dont le terme est l'union du Verbe et de la chair ; fête virginale, de joie pour tous et de confiance." 

" Toutes les nations, soyez présentes, s'écrie Jean Damascène ; toute race, toute langue, tout âge, toute dignité, célébrons joyeusement le jour natal de l'allégresse du monde." 

" C'est le commencement du salut, l'origine de toute tète, proclame à son tour saint Pierre Damien : voici qu'est née la Mère de l'Epoux ! A bon droit, l'univers aujourd'hui tressaille, et l'Eglise, transportée, module des motifs d'épithalame en ses chœurs."


Mais les docteurs d'Orient et d’Occident ne sont pas seuls à exalter dans les mêmes termes aujourd'hui l'apparition de Marie sur terre. Dans l'Office de la fête, les deux Eglises latine et grecque chantent toujours, chacune en leur langue, cette belle formule  de conclusion, identique 
pour toutes deux : "Votre naissance, o Mère de Dieu, fut l'annonce de la joie pour le monde ; car c'est de vous qu'est né le Soleil de justice, le Christ notre Dieu, qui détruisant la malédiction octroya la bénédiction, et confondant la mort nous gratifia de l'éternelle vie."


L'accord de Rome et de Byzance dans la célébration de la fête de ce jour remonte au VIIe siècle au moins. On ne saurait avec quelque assurance préciser davantage, ni surtout généraliser la date première de son institution.

Angers regarde le saint évêque Maurille comme en ayant été le premier auteur, sur un désir de la Bienheureuse Vierge à lui apparue, vers l'an 430, dans les prairies du Marillais : d'où le nom de Notre-Dame Angevine, ou fête de l'Angevine, donné si fréquemment à la présente solennité.


La naissance de Marie par la maître de la vie de la Vierge

Au XIe siècle, Chartres, la ville de Marie, n'en revendique pas moins pour son Fulbert, soutenu de l'autorité de Robert le Pieux, une part prépondérante dans la diffusion de la glorieuse fête au pays de France ; on sait l'intimité de l'évêque et du roi, et comment celui-ci voulut noter lui-même en chant d'une suave mélodie les trois admirables Répons où son ami célèbre le lever de l'étoile mystérieuse qui doit engendrer le soleil, la branche sortant de la tige de Jessé pour porter la fleur divine où se reposera l'Esprit-Saint, la bénigne toute-puissance qui fait produire à la Judée Marie comme la rose à l'épine.


En l'année 1245, dans la session troisième du premier Concile de Lyon, celle-là même où Frédéric II fut déposé de l'empire, Innocent IV établit pour l'Eglise universelle, non la fête partout 
dès lors observée, mais l'Octave de la Nativité de la Bienheureuse Vierge Marie ; c'était l'accomplissement du vœu fait par lui et les autres cardinaux pendant le veuvage de dix-neuf mois, résultat des intrigues du fourbe empereur, qui suivit pour l'Eglise la mort de Célestin IV, et auquel l'élection de Sinibaldo Fieschi sous le nom d'Innocent avait mis un terme.


En 1377, le grand Pape qui venait de briser les chaînes de la captivité d'Avignon, Grégoire XI, voulut compléter par l'adjonction d'une Vigile à la solennité les honneurs rendus à Marie naissante ; mais soit qu'il n'eût exprimé sur ce point qu'un désir, comme un peu plus tard au sujet du jeûne préparatoire à la fête de la Visitation son successeur Urbain VI, soit pour toute autre cause, les intentions du pieux Pontife ne prévalurent que peu de temps dans les années si troublées qui suivirent sa mort.


Avec l'Eglise implorons, comme fruit de cette fête si suave, la paix qui semble fuir toujours plus nos temps malheureux. Ce fut dans la seconde des trois périodes de paix universelle signalées sous Auguste, et dont la dernière marqua l'avènement du Prince même de la paix, que naquit Notre-Dame.


Pendant que se fermait le temple de Janus, l'huile mystérieuse sortait du sol où devait s'élever le premier sanctuaire delà Mère de Dieu dans la Ville éternelle ; les présages se multipliaient ; le monde était dans l'attente ; le poète chantait : "Voici qu'arrive enfin le dernier âge prédit par la Sibylle, voici s'ouvrir la grande série des siècles nouveaux, voici la Vierge !" (Virg. Eglog. IV)


En Judée, le sceptre est ôté de Juda ; mais
celui-là même qui s'en est approprié la puissance, Hérode l'Iduméen poursuit en hâte la splendide restauration qui doit permettre au second Temple de recevoir dignement dans ses murs l'Arche sainte du nouveau Testament.


C'est le mois sabbatique, premier de l'année civile, septième du cycle sacré : Tisri, où commence le repos de chaque septième année, où l'année sainte du jubilé s'annonce (Levit. XXV, 9)  ; le plus joyeux des mois, avec sa solennelle Néoménie que signalent les trompettes et les chants, sa fête des Tabernacles, et la mémoire, de l'achèvement du premier Temple sous Salomon.


Au ciel, l'astre du jour, parcourant ses demeures du Zodiaque, vient de quitter le signe du Lion pour entrer dans celui de la Vierge. Sur la terre, deux descendants obscurs de David, Joachim et Anne, remercient Dieu qui a béni leur union longtemps inféconde.


DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique



L'Ange apparaissant à Joachim et la naissance de la Vierge

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Samedi 29 août 2009 6 29 /08 /2009 06:00

En ce temps-là, Hérode envoya prendre Jean et il le mit en prison chargé de liens, à cause d'Hérodiade, femme de son frère Philippe, qu'il avait épousée. Car Jean disait à Hérode : Il ne vous est pas permis d'avoir la femme de votre frère. Or Hérodiade lui dressait des embûches et voulait le faire mourir, mais ne le pouvait pas. Hérode, en effet, craignait Jean qu'il tenait pour un homme juste et saint, et il le gardait, faisant beaucoup de choses d'après ses avis et l'écoutant volontiers. Un jour favorable s'étant donc présenté, à savoir celui de la naissance d'Hérode où il avait offert un banquet à ses grands, aux chefs militaires et aux principaux de la Galilée, la fille d'Hérodiade entra et dansa, et elle plut à Hérode et à ses convives, et le roi lui dit : Demande-moi ce que tu voudras, et je te le donnerai. Et il en fit le serment : Quoi que ce soit que tu demandes, je te le donnerai, fût-ce la moitié de mon royaume. Or elle, étant sortie, dit à sa mère : Qu'est-ce que je demanderai ? Sa mère lui dit : La tête de Jean-Baptiste. Rentrant donc aussitôt en grande hâte, elle fit au roi sa demande, disant : Je veux que sur-le-champ vous me donniez dans un plat la tête de Jean-Baptiste. Et le roi en fut peiné ; mais à cause de son serment et de ceux qui étaient avec  lui à  table,  il ne voulut pas la contrister, et envoyant un de ses gardes, il lui donna l'ordre d'apporter la tête dans un plat. Et le garde coupa la tête de Jean dans la prison, et l'apportant dans un plat, il la remit à la fille qui la donna à sa mère. Ce qu'ayant appris, ses disciples vinrent et enlevèrent son corps, et ils l'ensevelirent dans un tombeau.




Salomé avec la tête de Saint Jean-Baptiste par Onorio Marinari


Ainsi  donc finit le  plus grand des enfants nés d'une femme, sans témoins, dans la prison d'un tyran de second ordre, victime de la plus vile des passions, prix d'une danseuse.

Au silence devant le crime, fût-ce sans espoir d'amender le coupable, au renoncement à sa liberté, même dans les fers, la Voix du Verbe a préféré la mort. Belle liberté de la parole, selon  l'expression de saint Jean Chrysostome, quand elle est véritablement la liberté même du Verbe de Dieu, quand par elle ne cessent  point  de  vibrer ici-bas les échos des collines éternelles !  Elle est bien alors l'écueil de la tyrannie, la sauvegarde  du monde, des droits de Dieu et de l'honneur des peuples, des intérêts du temps comme de ceux de l'éternité. La mort ne prévaut pas contre elle ;  à l'impuissant meurtrier de Jean-Baptiste, à tous ceux qui voudraient l'imiter, mille bouches pour une, jusqu'à la fin des temps, redisent en toute langue, en tous lieux : Il ne t'est pas permis d'avoir la femme de ton frère.


" Grand et admirable mystère ! s'écrie par ailleurs saint Augustin. Il faut qu'il croisse, et que je diminue, disait Jean, disait la Voix en laquelle se personnifient les voix qui le précédèrent, annonçant comme  lui la Parole du Père incarnée dans
son Christ. Toute parole, en tant que signifiant quelque chose, en tant qu'idée, verbe intérieur, est indépendante du nombre des syllabes, de la variété des lettres ou des sons ; elle reste immuable et une au cœur qui la conçoit, bien que multiples puissent être les mots qui lui donnent corps extérieurement, les voix qui la propagent, les langues, grecque, latine ou autres, où elle se traduit. A qui sait la parole, inutiles deviennent les formules et la voix. Voix furent les Prophètes, voix les Apôtres ; voix dans les Psaumes, voix dans l'Evangile. Mais vienne la Parole, le Verbe qui était au commencement, le Verbe qui était avec Dieu, le Verbe qui était Dieu : quand nous le verrons comme il est, entendra-t-on encore réciter l'Evangile ? écouterons-nous les Prophètes ? lirons-nous les Epîtres des Apôtres ? La voix défaille où grandit le Verbe. Non qu'en lui-même le Verbe décroisse ou grandisse. Mais il est dit croître en nous, quand c'est nous qui croissons en lui. A qui donc se rapproche du Christ, à qui progresse dans la contemplation de la Sagesse, les mots sont moins utiles ; il est nécessaire qu'ils tendent à faire tous défaut. Ainsi s'amoindrit le ministère de la voix en la mesure du progrès de l’âme vers le Verbe ; ainsi que le Christ grandisse et que Jean diminue. C'est ce qu'indiquent la Décollation de Jean et l'Exaltation du Christ en croix, comme l'avaient déjà fait leurs dates de naissance ; car à partir de la naissance de Jean décroissent les jours, qui grandissent à dater de celle du Seigneur."
(Aug. Sermo CCLXXXVIII, In Natali J. Bapt. 11, De voce et verbo)

Utile leçon donnée aux guides des âmes dans les sentiers de la vie parfaite. Si,  dès l'abord, ils
doivent respectueusement observer la direction de la grâce en chacune d'elles,  pour seconder l'Esprit-Saint et non s'imposer à lui ; ainsi faut-il qu'à mesure qu'elles avancent, ils évitent d'obstruer le Verbe sous l'abondance de leur propre parole ; comme aussi leur discrétion devra respecter l'impuissance où ces âmes en arrivent progressivement d'exprimer ce qu'opère en elles le Seigneur. Heureux alors  d'avoir conduit l'Epouse à l'Epoux, qu'ils apprennent à dire avec Jean : Il faut qu'il croisse, et que je diminue.

Et n'est-ce pas une leçon pareille que nous insinue à nous-mêmes le Cycle sacré, lorsque nous le verrons, dans les  jours qui vont suivre, comme tempérer ses propres enseignements par la diminution du nombre des fêtes et l'absence prolongée des grandes  solennités qui ne reparaîtront  qu'en novembre ? L'école de la sainte Liturgie n'a point d'autre but que d'adapter l'âme, plus sûrement, plus pleinement qu'aucune autre école, au magistère intérieur de l'Epoux. Comme Jean, l'Eglise voudrait, s'il était possible ici-bas toujours, laisser Dieu parler seul ; du moins aime-t-elle, sur la fin de la route, à modérer sa voix, à quelquefois s'imposer silence, désirant donner à ses fils l'occasion de montrer qu'ils savent écouter au dedans d'eux-mêmes Celui qui pour elle et pour eux est l'unique amour.

Aux  interprètes  de sa pensée de bien la comprendre. L'ami de l'Epoux, qui jusqu'au jour des noces marchait devant lui, se tient maintenant debout et lui-même il  l'écoute ; et cette voix de l'Epoux, qui fait rentrer la sienne dans le silence, le remplit d'immense joie. Cette joie donc qui est la mienne est complète, disait le Précurseur.

L
a fête de la Décollation de saint Jean-Baptiste peut être considérée comme un des jalons de l'Année liturgique en la manière que nous venons d'exposer. Elle est rangée par les Grecs au nombre des solennités chômées. La mention qui en est faite au Martyrologe dit de saint Jérôme, la place qu'elle occupe dans les Sacramentaires gélasien et grégorien, démontrent sa haute antiquité dans l'Eglise latine. C'était aux environs de la fête de Pâques qu'avait eu lieu la bienheureuse mort du Précurseur ; pour l'honorer plus librement, on choisit ce jour qui rappelle aussi la découverte à Emèse de son glorieux chef.

La vengeance de Dieu s'était appesantie sur Hérode Antipas. Josèphe rapporte que les Juifs attribuaient à la mort de Jean sa défaite par Arétas d'Arabie, dont il avait répudié la fille pour suivre ses instincts adultères. Déposé par Home de son tétrarchat de Galilée, il fut relégué à Lyon, dans les Gaules, où l'ambitieuse Hérodiade partagea sa disgrâce. Quant à Salomé la danseuse, nos pères racontaient, d'après d'anciens auteurs, qu'ayant un jour d'hiver voulu danser sur une rivière gelée, la glace se rompit l'engloutissant jusqu'au cou, tandis que sa tête, tranchée par les glaçons rejoints soudainement, continua quelque temps par ses bonds cette danse de la mort.


De Machéronte au delà du Jourdain, où leur maître consomma son martyre, les disciples de Jean avaient porté son corps jusqu'à Sébaste, l'ancienne Samarie, en dehors des frontières d'Antipas ; car il était urgent de le soustraire aux profanations qu'Hérodiade n'avait point épargnées à son chef auguste. La vengeance de la malheureuse n
e se crut point satisfaite, en effet, qu'elle n'eût percé d'une de ses épingles à cheveux la langue qui n'avait pas craint de flétrir sa honte ; et la face du Précurseur, que l'église d'Amiens présente depuis  sept  siècles  à  la  vénération  du monde, garde encore  trace des violences auxquelles se porta sa furie dans la joie du triomphe. Au temps de  Julien  l'Apostat,  les païens voulurent compléter l'œuvre de  cette  indigne descendante des Machabées, en envahissant le tombeau de Sébaste pour brûler et disperser les restes du Saint. Mais ce sépulcre vide n'en faisait pas moins toujours la terreur des démons, comme sainte Paule le constatait avec une religieuse émotion quelques années plus tard.  Sauvées d'ailleurs en grande partie, les précieuses reliques s'étaient répandues par l'Orient, d'où elles devaient, à l'époque surtout des Croisades, émigrer dans nos contrées où leur présence fait la gloire de nombreuses églises. 


DOM GUÉRANGER
L'année Liturgique

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Samedi 22 août 2009 6 22 /08 /2009 10:00


Le Couronnement de la Vierge par Fra Angelico


Celui-là seul qui comprendrait la sainteté de Marie pourrait apprécier sa gloire. Mais la Sagesse, qui présida au creusement des abîmes, ne nous a point révélé la profondeur de cet océan, près duquel les vertus des justes et toutes les grâces qui leur furent prodiguées ne sont que ruisseaux. Toutefois l'immensité de grâce et de mérite qui constitue à part de toutes autres la perfection surnaturelle de la Vierge bénie, nous met en droit de conclure pour elle à une égale suréminence dans cette gloire qui n'est que la consécration de la sainteté des élus.


Tandis que les autres prédestinés de notre race s'échelonnent aux divers rangs des célestes hiérarchies, la sainte Mère de Dieu s'élève par delà tous les chœurs bienheureux, formant à elle seule un ordre distinct, un ciel nouveau, où les harmonies angéliques et humaines sont dépassées. En Marie, Dieu est glorifié davantage, mieux connu, plus aimé que dans tout le reste de l'univers. A ce seul titre, selon l'ordre de la Providence créatrice qui au plus parfait subordonne le moindre, Marie devait être la souveraine de la terre et des cieux.

Dans ce sens, c'est pour elle, après l'Homme-Dieu, qu'existe le monde. Le grand théologien et cardinal de Lugo, expliquant ici les paroles des saints, ose bien dire : "De même que Dieu, créant tout dans sa complaisance pour son Christ, a fait de lui la fin des créatures ; de même avec proportion peut-on dire qu'il a tiré du néant le reste du monde par amour pour la Vierge Mère, faisant qu'elle soit appelée justement elle aussi, en cette manière, fin de toutes choses."


Comme Mère de Dieu, et à la fois comme sa première-née, elle avait titre et droit sur ses biens ; comme Epouse, elle devait partager sa couronne. "La Vierge glorieuse compte autant de sujets que la Trinité, dit saint Bernardin de Sienne. Toute créature, quel que soit son rang dans la création, spirituelle comme les Anges, raisonnable comme l'homme, matérielle comme les corps célestes ou les éléments, le ciel, la terre, les réprouvés, les bienheureux, tout ce qui relève de la puissance de Dieu est soumis à la Vierge. Car celui qui est Fils de Dieu et de la Vierge bénie, voulant, pour ainsi dire, égaler en quelque sorte à la principauté du Père la principauté de sa Mère, s'est fait, lui Dieu, serviteur de Marie. Si donc il est vrai de dire que tout, même la Vierge, obéit à Dieu ; on peut aussi renverser la proposition, et affirmer que tout, même Dieu, obéit à la Vierge."



Le Couonnement de la Vierge par Jean Fouquet


L'empire de l'éternelle Sagesse, comprenant, nous dit l'Esprit-Saint, les cieux, la terre et l'abîme, tel est donc l'apanage de Marie en ce jour 
de son couronnement. Comme cette Sagesse divine sortie d'elle en la chair, elle peut se glorifier en Dieu. Celui dont elle chanta autrefois la magnificence, exalte aujourd'hui son humilité. La Bienheureuse par excellence est devenue l'honneur de son peuple, l'admiration des Saints, la gloire des armées du Très-Haut.

En sa beauté, avec l'Epoux, qu'elle marche à la victoire ; qu'elle triomphe du cœur des puissants et des humbles. La remise en ses mains du sceptre du monde n'est point un honneur vide de réalité : à dater de ce jour, elle commande et combat, protège l'Eglise, garde son chef, maintient les rangs de la milice sacrée, suscite les saints, dirige les apôtres, illumine les docteurs, extermine l'hérésie, refoule l'enfer.


Saluons notre Reine ; chantons ses hauts faits ; soyons-lui dociles ; avant tout, aimons-la et confions-nous à son amour. Ne craignons point qu'au milieu des grands intérêts de l'extension du règne de Dieu, elle oublie notre petitesse ou nos misères. Rien ne lui échappe de ce qui se passe aux plus obscurs réduits, aux plus lointaines limites de son domaine immense. De son titre, en effet, de cause universelle au-dessous du Seigneur, se déduit à bon droit l'universalité de sa providence ; et les maîtres de la doctrine nous montrent Marie associée dans la gloire à cette science dite de vision, par laquelle tout ce qui est, a été ou sera, demeure présent devant Dieu.

Croyonsbien, d'autre part, que sa charité non plus ne saurait être boiteuse : comme son amour pour Dieu
passe l'amour de tous les élus, la tendresse de toutes les mères réunie sur la tête d'un enfant unique n'égale pas celle dont la divine Mère entoure le moindre, le plus oublié, le plus délaissé des enfants de Dieu, qui sont aussi ses fils. Elle les prévient de sa sollicitude, écoute en tout temps leurs humbles prières, les poursuit dans leurs fuites coupables, soutient leur faiblesse, compatit à leurs maux du corps et de l'âme, répand sur tous les faveurs d'en haut dont elle est la céleste trésorière. Disons-lui donc par la bouche d'un de ses grands serviteurs :


" O très sainte Mère de Dieu qui avez embelli la terre et le ciel, en quittant ce monde vous n'avez point abandonné les hommes. Ici-bas, vous viviez dans le ciel ; du ciel, vous conversez avec nous. Trois fois heureux, ceux qui vous contemplèrent et qui vécurent avec la Mère de la vie ! Mais en la manière que vous habitiez dans la chair avec les hommes du premier âge, vous demeurez avec nous spirituellement. Nous entendons votre voix ; la voix de tous arrive à votre oreille ; et l'incessante protection dont vous nous entourez manifeste votre présence. Vous nous visitez ; votre œil est sur tous ; et bien que nos yeux ne puissent vous apercevoir, ô très sainte, vous êtes au milieu de nous, vous montrant vous-même en diverses manières à qui en est digne. Votre chair immaculée, sortie du tombeau, n'arrête point la puissance immatérielle, l'activité très pure de cet esprit qui est le vôtre, qui, inséparable de l'Esprit-Saint, souffle aussi où il veut. O Mère de Dieu, recevez l'hommage reconnaissant de notre allégresse, et parlez pour vos  fils à 
Celui qui vous a glorifiée : quoi que ce soit que vous lui demandiez, il l'accomplit par sa vertu divine ; qu'il soit béni  dans les siècles !"  
(German. Constantinop. In Dormit B. M. Oratio I.)



La Vierge et l'Enfant avec les Anges - par un maître inconnu, France XIVe s.


Mais terminons l'Octave radieuse en laissant la parole à Marie, dans cette belle Antienne que les manuscrits indiquent entre plusieurs autres pour accompagner le Magnificat de la fête. Notre-Dame y apparaît, non pas en son seul nom, mais comme représentant l'Eglise qui commence avec elle son entrée en corps et en âme dans les cieux. Le bonheur présent de la Vierge bénie est le gage pour tous de l'éternelle félicité qui nous fut promise ; le triomphe de la divine Mère ne sera complet, que lorsque le dernier des siens l'aura suivie dans la gloire. Unissons-nous à cette formule où déborde un amour si suave : elle est vraiment digne d'exprimer les sentiments de Marie franchissant le seuil du séjour divin.

 

Marie tressaillit en esprit, et elle dit : Je vous bénis, vous le Seigneur de toute bénédiction. Je bénis le séjour de votre gloire ; je vous bénis, vous qui fîtes de mon sein votre séjour ; et je bénis toutes les œuvres de vos mains qui vous obéissent et vous sont si pleinement soumises. Je bénis l'amour dont vous nous avez aimés. Je bénis toutes les paroles qui sont sorties de votre bouche, toutes ces paroles qui nous furent données. Car je crois qu'en toute vérité, comme vous avez dit, ainsi sera-t-il. Alleluia.



DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique





Le Couronnement de la Vierge par Le Greco
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