Les foules qui venaient se faire baptiser par Jean lui demandaient : "Que devons-nous faire ?" Jean leur répondait : "Celui qui a deux vêtements, qu'il partage avec celui qui n'en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu'il fasse de même !"

Des publicains (collecteurs d'impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : "Maître, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "N'exigez rien de plus que ce qui vous est fixé." A leur tour, des soldats lui demandaient : "Et nous, que devons-nous faire ?" Il leur répondit : "Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde."

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n'était pas le Messie. Jean s'adressa alors à tous : "Moi, je vous baptise avec de l'eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l'Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s'éteint pas."

Par ces exhortations et bien d'autres encore, il annonçait au peuple la Bonne Nouvelle.


Evangile de Jésus-Christ selon saint Luc



Le Temps de l'Avent



Roraty w bazylice św. Franciszka w Krakowie
Rorate coeli.mpg
Rorate Cæli







Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine


La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre




Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus







Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris



la vidéo sur KTO



Magnificat


NOTRE-DAME

Pour ce Carême 2009, le Cardinal André VINGT-TROIS, archevêque de Paris, nous a invité en cette année jubilaire à la réflexion sur Saint Paul, juif et apôtre des nations : sa personnalité, sa mission...
retouvez les Conférences de Carême sur le site du diocèse de Paris


mardi 8 décembre 2009
Fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie

Cette solennité est aussi la fête du Chapitre Cathédral de Notre-Dame de Paris et l’installation des nouveaux chanoines nommés par l’Archevêque de Paris : Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris



NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour ! 

Sœur Marie-Aimée de Jésus

à Paris

Exposition Brukenthal du 11 septembre 2009 au 11 janvier 2010

Le musée Jacquemart-André accueille les chefs-d’œuvre de la collection Brukenthal, l’une des plus prestigieuses d’Europe centrale qui rassemble des œuvres flamandes des plus grands maîtres du XVème siècle au XVIIème siècle : Van Eyck, Jordaens, Bruegel, Memling ou Teniers.



Exposition d’icônes "Noël Russe" du 5 décembre 2009 au 24 janvier 2010

Eglise de la Madeleine


Atelier Saint Jean Damascène



du 5 mars 2010 au 24 mai 2010 au Musée du Louvre exposition Sainte Russie

Vierge de Vladimir

Livres



Dans le sillon du Père Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière


Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle, fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu.
Spiritualité 2000


 

Prières du Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières ferventes, méditations intérieures, oraisons contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.




Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes, à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure



À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est déjà un fruit de la grâce de Dieu»
Le baptême est quelque chose de simple
par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et dans le monde 





Prions en église - évangile du jour, méditations, psaumes, liturgie

Le Pape en Terre Sainte



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Pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte 
                                               
 

Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)

La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses




Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI

La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.

La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.

Custodia Terrae Sanctae






Mgr Fouad Twal
" Jérusalem est la clé de la paix dans le monde"

" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."

" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."

 " Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce qui ne va pas."

" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet prochain."


Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."

l'entretien intégral en ligne



Patriarcat latin de Jérusalem


Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.

Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces particulières
.

La preghiera per il viaggio del Papa in Terra Santa




Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)

Jordanie, Israël et Territoires palestiniens


ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org) - Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).


à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions


Vendredi 8 mai : Jordanie


14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman

15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion

17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II




Samedi 9 mai : Jordanie

7 h 15 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)




Visite de l'ancienne basilique

10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba

11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman


11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités


17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.




Dimanche 10 mai : Jordanie


10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli





17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ



18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).

Lundi 11 mai : Israël

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman

10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman

10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h


11 h : Cérémonie de bienvenue


Voyage vers Jérusalem

16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres



17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux




Mardi 12 mai : Jérusalem

9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher


10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem


10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël




11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle




12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem



13 h : Déjeuner avec  les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin




16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat

Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron  lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai




P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron


Mercredi 13 mai : Bethléem

9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel


10 h : Messe sur la place de la Crèche





12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains

15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité

16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem


16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours




18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne

18 h 40 : Cérémonie de congé

Jeudi 14 mai : Nazareth


10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice


Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice  lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth 



12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape

15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël

16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée




17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation



17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux

Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe


10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre







11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques


13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv




14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50





Yahad-In Unum





Vicariat hébréhophone en Israël





Chrétiens arabes en Israël  à la recherche d’une identité

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Béni soit ton Nom !

Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !

Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !

Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !

 
(Prière d'une Clarisse)


















Notre-Dame de Paris : déposer une intention de prière












Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.


Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.


Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là


Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.


Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,


La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.

Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,

Parce que vous êtes là pour toujours,


Simplement parce que vous êtes Marie,

Simplement parce que vous existez,


Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !



Paul Claudel
La Vierge à midi









 

SALVE REGINA

Jean-Marie Lustiger

Dimanche 3 mai 2009 7 03 /05 /2009 13:10




Là se trouve l’originalité de la foi chrétienne : la Parole de Dieu. Ce n’est pas un poème, des pensées, un livre laissé à la méditation des croyants. La Parole de Dieu, c’est Dieu lui-même qui me parle et agit pour que j’agisse et lui réponde. Dieu me rend la vie parce qu’il m’aime. Il me fait partager son amour pour tous les hommes mes frères. Il m’unit à son action.

Cet acte de Dieu que je viens de dire en termes subjectifs, à la première personne du singulier, nous est donné par le Christ dans l’objectivité de l’histoire du Salut. Quand les membres de l’Eglise, prêtres et laïcs, reçoivent, partagent et transmettent cette Parole, ils se laissent saisir par l’action de Dieu qui les amène à transformer tous les domaines de l’existence - sociale, culturelle, familiale, etc... Le plus souvent cela provoque des chocs en eux-mêmes et avec la société ambiante. Ce n’est pas nouveau : du désert du Sinaï aux martyrs de Corée, la Parole vivante apprend à ceux qui l’écoutent et la mettent en pratique la difficile lucidité de ceux qui dans l’obscurité sont fidèles à la lumière.

Tous les hommes sont appelés et aimés de Dieu, mais tous, pour autant, ne seront pas durant le temps de leur vie configurés au Messie, au Christ-Messie. Ceux qui le sont ont un rôle particulier dans l’histoire en dépit de leurs faiblesses et de leurs limites personnelles ; ils ne font qu’un avec le Christ pour travailler avec lui à ce que tous les hommes entrent dans l’amour filial de Dieu, du Père des hommes.

L’élection d’Israël a été ouverte à toutes les nations, et ceux qui sont associés au Christ visiblement remplissent dans ce monde la mission que Dieu a éternellement donnée à son Fils bien-aimé. Ce sont les enfants de Dieu qui doivent dans ce monde attester que Dieu aime le monde, et que le monde n’est pas perdu ni abandonné à son néant.

Quant à savoir qui, de ceux à qui nous sommes ainsi envoyés, répondra ou non à son appel, cela reste le secret de Dieu.


 

Publié dans : Jean-Marie Lustiger
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Dimanche 19 avril 2009 7 19 /04 /2009 13:00




Pour moi, ce fut un choc extraordinaire, affectif et spirituel par ce que c’était la terre d’Israël, parce que c’était la Terre Promise à Abraham, parce que c’est la Terre Sainte.

Lorsqu’on étudie la Bible à sa table, on peut indéfiniment réfléchir sur ce qui est dit ou non, en évitant trop de questions sur la réalité de l’événement lu même et sur la manière dont il vous touche. Ici, en Terre Sainte, je ne pouvais rien mettre entre parenthèses de la question de la vérité. Elle se présentait sous la figure de l’histoire, et l’histoire se faisait présente sous la forme de la géographie avec une objectivité brutale, irrécusable. Le sol lui-même, la Terre Sainte et ses habitants prenaient une telle puissance qu’ils rendaient urgente une décision. Je ne pouvais plus esquiver la question.

Oui ou non, me déciderais-je à adhérer sans réserve à la réalité du don de Dieu ? Je le savais, des questions demeuraient ouvertes : la rationalité, la cohérence interne, l’accord de la raison et de la foi, bref, toute une série d’interrogations.

Ultime étape de ce chemin, je suis arrivé au Saint Sépulcre.

Je suis entré dans cette basilique obscure, délabrée en ces années-là. Il faut se courber pour franchir la porte étroite du Sépulcre. Un moine veille à ce que vous ne vous cogniez pas la tête contre le linteau. Il tient un petit cierge pour vous donner de la lumière. Bref, cela est aussi peu mystique que possible. Il faisait très chaud. Je me suis retrouvé touchant la plaque de marbre qui recouvre la roche. Je l’ai touchée de mes mains, j’ai mis mon front dessus et c’était une pierre fraîche. Alors, je me suis dit : « Aussi vrai que cette pierre est là, que tu la touches, qu’elle résiste à tes mains et à ton front, et s’impose à tes sens, il faut que tu te décides si, oui ou non, tu adhères pleinement au Christ ressuscité, à Dieu sauveur, à l’appel de Dieu à son peuple pour le salut du monde. Ou bien tu t’en vas, il n’est que temps. »

Et la lumière donnée à cet instant-là, enfin l’événement intérieur alors vécu, peut se traduire ainsi : les raisons pour et contre existent, elles ne sont pas de poids égal, mais elles ne résolvent rien. En revanche, ce qui décide de tout, c’est ma relation personnelle à Celui en qui je me reconnais créé, appelé, sauvé, aimé, et capable, par le don qu’il m’en fait, d’être un témoin de ce qui m’est accordé.

Telles furent la question et la décision. Et j’ai vécu ce mois dans un mélange de joie et de douleur.



Publié dans : Jean-Marie Lustiger
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Vendredi 13 mars 2009 5 13 /03 /2009 03:46

Au moment où le Pape vient de rencontrer les plus hautes autorités rabbiniques d'Israël et prépare son pèlerinage en Terre Sainte, avec notamment le livre du Cardinal Jean-Marie Lustiger, on trouvera ci-dessous le remarquable article de présentation de ce livre par une Carmélite du Carmel de Montmartre, Sœur Cécile de Jésus-Alliance, traductrice et spécialiste d'Edith Stein, article précédé de quelques lignes puissantes de Jean-Marie Lustiger sur le but et le sens de cet ouvrage :  Je sais le risque que je prends en mettant ces propos à la disposition de tous.


Les nations chrétiennes étaient, par la foi dans le Messie crucifié, redevables de l'espérance d'Israël ; elles ont relégué en marge de leur société, abandonné à la pauvreté et à la marginalité, rejeté dans la dépossession de tout bien, de toute racine, de toute identité, le peuple choisi par Dieu pour en témoigner.

N'est-ce pas le peuple juif qui a été le témoin le plus visible de l'eschatologie pendant quinze siècles d'Europe ? Peuple de témoins malgré eux, en dépit d'eux-mêmes, vivant dans la fidélité jusqu'au martyre, dans le péché peut-être, mais témoins de ce que le royaume n'est pas de ce monde.

Le martyre et l'attente messianique des juifs n'auraient-ils aucun sens, aucun prix pour l'Eglise, qui attend le retour de son Sauveur, qui attend la Parousie du Sauveur de tous ?

Je sais le risque que je prends en mettant ces propos à la disposition de tous. Certains passages pourront paraître excessifs ou parfois déconcertants à des lecteurs juifs, et d'autres, déconcertants ou parfois excessifs à des lecteurs catholiques. Que les uns et les autres m'accordent le crédit de la bonne foi, dans le service de la Parole de Dieu livrée aux hommes pour le bonheur et le salut de tous.




La première partie de l'ouvrage est une méditation prêchée à des moniales, où le P. Jean-Marie LUSTIGER, alors jeune prêtre du diocèse de Paris, prie à haute voix l'évangile de saint Matthieu. Nous sommes en 1979 et les moines du Bec- Hellouin viennent de commencer la fondation d'Abu Gosh en Israël. Il s'agit de conduire les moniales, qui les soutiennent par leur prière, à pénétrer l'enjeu de l'événement et approfondir le mystère d'Israël. Le choix de l'évangile de Matthieu n'est pas un hasard : le plus visiblement pétri des Écritures [d'Israël !], il manifeste aussi que l'Église est « le peuple de l'Alliance destiné à ouvrir aux païens la richesse d'Israël en attendant sa venue [du Messie] dans la gloire » (p. 106). À travers les pages d'évangile se déploie le grand midrash sur l'appel lancé aux juifs et aux païens à suivre Jésus, le Messie. Les bergers et les mages dans leur consentement, les scribes et Hérode en leur opposition manifestent que les deux grandes catégories de l'histoire du salut (p. 119) que sont les juifs et les païens semblent éclater en présence de Jésus de Nazareth…

« Dieu n'est pas adultère en ce sens qu'il est absolument fidèle à son Alliance » (p. 36). L'Alliance avec Israël est irrévocable ; en douter est blasphématoire car cela reviendrait à mettre en doute la fidélité de Dieu. « La réponse de Jésus [sur l'indissolubilité du mariage] vise l'Alliance de Dieu et de son peuple : "Ce que Dieu a uni, que l'homme ne le sépare pas." Elle s'applique donc à Israël et à l'indissolubilité de la promesse » (p. 19). Cette reconnaissance de la permanence de l'Alliance d'Israël est donc la première condition exigée des païens pour pouvoir être greffés sur la promesse. Et « les païens n'entreront dans l'histoire du salut que s'ils font de cette histoire [d'Israël] leur propre histoire » (p. 48). Ils ont alors accès aux « richesses d'Israël » : l'histoire sainte, la Loi de Dieu, la Parole inspirée, la prière d'Israël, la terre, le règne, la rédemption, la repentance… Chasser les marchands du Temple, du parvis des païens, c'est d'abord pour le Christ une manière d'annoncer que le parvis des païens est désormais soumis aux mêmes exigences de sainteté que le parvis des juifs, c'est annoncer par un geste prophétique l'entrée des païens dans l'Alliance (p. 149).

Il n'y a pas rejet d'Israël de la part de Dieu, ni substitution de l'Église de Jésus au peuple d'Israël (voir p. 131). « Il n'y a pas substitution mais agrégation » (p. 132). Tel est le signe de Jonas proposé aux juifs : voir les païens entrer dans l'Alliance. Que ce signe n'ait pas été « lu » par tout le peuple juif, mais seulement par une partie, les juifs devenus disciples de Jésus, donne à réfléchir et conduit à un sérieux examen de conscience de la part des « pagano-chrétiens ».

La méditation du P. J.-M. LUSTIGER rejoint ici l'histoire en ce qu'elle a de plus douloureux. La grande fracture, au-delà des polémiques initiales, est sans doute l'extinction de l'Église de Jérusalem, qui représentait justement l'Église issue de la circoncision. L'Église, en devenant quasi exclusivement pagano-chrétienne (et qui plus est religion d'État !), devenait plus vulnérable encore à la tentation de rejeter Israël et de s'accaparer par la violence ce qui lui était offert dans la gratuité de la miséricorde de Dieu. « L'Église, là où elle s'est pratiquement identifiée à un pagano-christianisme, voit celui-ci s'effondrer sous ses propres critiques et perd de vue sa propre identité chrétienne. La raison qui l'explique en partie est qu'elle s'est coupée de ses racines juives… » (p. 80). On retrouve déjà ici la pensée du futur cardinal sur l'évolution de la civilisation occidentale et de la philosophie des Lumières.
 

Le midrash de Matthieu nous propose son éclairage cru et dense sur cette histoire douloureuse : la mort des enfants de Bethléem et les pleurs de Rachel. « Si Rachel refuse le Consolateur, c'est à cause du péché des païens, sa douleur est trop grande. Elle masque jusqu'à son espérance et elle ne peut reconnaître, dans le massacre de ses fils qu'elle pleure, l'espérance du Consolateur qui cependant lui est donné » (p. 53). Méditant sur l'histoire à la suite de Matthieu, l'auteur explicite comment l'hostilité des pagano-chrétiens a empêché une grande partie d'Israël de reconnaître son Messie, et que ce refus par les seconds a exacerbé l'hostilité des premiers. Boucle mortelle de haine et d'incompréhension dont la Shoah fut, sans doute, comme le paroxysme, mais aussi peut-être la fin en réveillant la conscience chrétienne.


Le P. Jean-Marie LUSTIGER, s'aventurant dans la prière aux frontières de l'indicible, trouve des accents proprement juifs pour marquer les limites de la parole, quand le respect impose silence : « Nous ne pouvons méditer sur Israël à la place de celui-ci ; nous devons méditer sur nous-mêmes, à notre place » (p. 127). « Même pour Israël, sa propre souffrance est une énigme. Le chrétien ne peut la lui expliquer ; il ne peut que faire comme le Christ qui entre dans le silence de sa Passion. Le Christ n'explique pas sa Passion ; il l'annonce et il y entre en se taisant » (p. 75). Le chrétien est alors acculé à prier au pied de la croix, « prier à la fois pour que les péchés soient pardonnés et pour que cette Passion trouve son sens. C'est un immense secret, qui ne peut être partagé que par ceux qui acceptent de porter le même poids. Mais il ne faut pas chercher à consoler Rachel » (p. 64). Le P. LUSTIGER retrouve ici presque littéralement les mots d'une fille d'Israël disciple de Jésus, sainte Thérèse-Bénédicte de la Croix, qui, devenue carmélite, mourut à Auschwitz en 1942
. 

Paradoxalement, c'est dans la souffrance d'Israël, persécuté au nom de son rejet de Jésus, que transparaît le visage du serviteur souffrant, indissociablement figure d'un peuple-serviteur et d'un homme-serviteur. Le peuple juif en son histoire dit à la conscience chrétienne quelque chose du Christ humilié et souffrant pour nos péchés : « Si l'on a osé parler de déicide à propos d'Israël et du Christ, il faudrait parler de déicide à propos des peuples dits chrétiens d'Occident et du sort qu'ils ont réservé au peuple juif » (p. 76). « Les pagano-chrétiens ont tué les juifs sous le prétexte que ceux-ci ont tué le Christ ; ce qui est blasphème manifeste, révélation claire que c'est l'esprit du monde et non pas l'esprit du Christ qui les animait » (p. 76). On pourrait aussi mentionner la contagion d'aveuglement qui a saisi aussi de nombreux juifs devenus chrétiens, et antisémites, au cours de l'histoire, même si l'auteur ne s'étend pas sur ce point.


La conclusion, toute paulinienne, reprend l'épître aux Romains (voir p. 157) : nous avons tous besoin d'un salut offert en toute gratuité. Tous, le fils aîné comme le fils prodigue. Le fils aîné peut accueillir le salut dans la mesure où il accepte ce cadet pécheur, gracié sans mérite de sa part ; et le cadet peut entrer dans la joie de son Père par son humilité, en reconnaissant que seul l'aîné avait encore le droit d'être appelé fils (voir p. 139). N'est-ce pas la promesse, cette joie partagée des fils enfin réunis dans la maison de leur Père prodigue ? Et l'espérance partagée d'une terre nouvelle, sans pleurs ni souffrances, n'est-elle pas déjà promesse ?


La repentance de la conscience pagano-chrétienne face aux juifs, que Jean-Marie LUSTIGER appelle de ses vœux, en 1979, a commencé à s'accomplir en acte sous l'impulsion du pape, dans la grâce jubilaire. Mais il faut encore qu'elle pénètre tout le corps de l'Église, qu'elle évangélise en profondeur les cœurs. L'Église prend conscience qu'elle ne saurait être vraiment « catholique » si elle se coupe de ses racines juives, qu'elle défigure le Christ et l'outrage quand elle dénie le droit d'exister au peuple juif. Les textes de la deuxième partie du livre ont été prononcés en 2002 devant des interlocuteurs juifs, à Tel-Aviv, Paris, Bruxelles et Washington. Les lieux ne sont pas sans importance. La reconnaissance de l'État d'Israël par le Vatican, dont le P. LUSTIGER parle en 1979, s'est produite, non sans manifester d'une manière toute nouvelle la complexité de la condition juive, l'enchevêtrement humainement inextricable des conflits, des droits et des torts. Le cardinal LUSTIGER peut en parler ouvertement à Washington devant le Congrès juif mondial, pour la simple raison qu'il peut dire « nous » : « Nous sommes un peuple différent des Nations, parce que formé par Dieu pour le servir ; et nous sommes une Nation semblable aux autres, lorsqu'elle réclame roi et pouvoir comme les autres nations du monde » (p. 211). Chacun est renvoyé à sa propre responsabilité, et non pas à celle de l'autre ! Il y a deux paraboles : la parabole des talents et celle du jugement entre brebis et boucs. Selon la parabole des talents, qui concerne Israël, ce dernier sera jugé sur la manière dont il aura géré les dons irrévocables de son Maître, apparemment absent de la scène de l'histoire ; et viendra aussi le jugement des nations païennes, quand elles découvriront Dieu au dernier jour et seront jugées sur leur relation à autrui.


Mais ces deux catégories de l'histoire du salut, juifs et païens, ont justement éclaté depuis la mort de Jésus de Nazareth : les chrétiens forment l'assemblée messianique composée de juifs et de païens, qui ont reçu la mission de suivre le Christ jusqu'au bout (voir p. 66-67).


Ce livre, qui explore une déchirure énigmatique, porte aussi une espérance immense : si la résurrection de l'Église de Jérusalem porte déjà de tels fruits, que sera-ce à la fin des temps lorsque ceux, qui furent mis à l'écart, seront admis et à nouveau greffés sur leur propre olivier ?… Ô abîme de la sagesse et de la science de Dieu ! À lui soit la gloire éternellement
 !



Sœur Cécile Rastoin, o.c.d.
Esprit & Vie
n°75 / février 2003 - 1e quinzaine, p. 7-9

Publié dans : Jean-Marie Lustiger
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