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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

 

 

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

 

 

 

 

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

  

 

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

  

" J 'étais en bas, tout en bas, avec Dieu et le diable, les deux se sont battus, et Dieu a gagné !"

Mario Sepulveda, the second of 33 workers 

" J'ai saisi la main de Dieu, c'était la meilleure main. J'ai toujours su que Dieu allait nous sauver."

- Mario Sepulveda à sa sortie le 13 octobre 2010

 

 

Relatives show a video recorded with a camera in a probe

pour les 33 mineurs pris au piège sous terre dans le désert d'Atacama du Chili depuis le 5 août

 

 

 

 

Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

 

Kriusha 10 

Procession à Kriusha en Russie le samedi 7 août 2010 

 

 

 

Port au Prince 3 juin 2010 

Procession du Saint Sacrement à Port-au-Prince le 3 juin 2010

 


Séisme en Haïti

Fr. Kenel Alphone, Pastor of the St. Louis King of Spain ca
Père Alphonse Kenel - Dimanche 17 janvier 2010, Port-au-Prince, Haïti 

Témoignage d'un prêtre haïtien du diocèse de Lille



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Près de 47 religieux ont perdu la vie dans le tremblement de terre du 12 janvier à Port au Prince, capitale d'Haïti. 

 ZENIT.org


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Notre-Dame de Paris : Messe du 16 janvier 2010 pour les victimes du tremblement de terre en Haïti


Carmel d'Haïti
Carmélites d'Haïti saines et sauves


 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie, avril 2010 

 

 

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Patriarcat latin de Jérusalem 

 

 

 

 

NOTRE DAME
CONFÉRENCES DE CARÊME 2010

Pour ce Carême 2010, le Cardinal André Vingt-Trois, archevêque de Paris, a choisi pour thème le Concile Vatican II : la perspective historique dans laquelle il s’inscrit, l’actualité et la force de ses principaux documents, le sens de la réforme liturgique qui lui est lié et le renouvellement qu’il permet dans l’œcuménisme et dans les rapports de l’Eglise au peuple d’Israël et aux autres religions.
le programme des conférences 2010

> la première Conférence de Carême

> la 2e Conférence de Carême

> la 3e Conférence de Carême

> la 4e Conférence de Carême

> la 5e Conférence de Carême

> la 6e Conférence de Carême

 


Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


la vidéo sur KTO


Magnificat

 

 

Ordinations Sacerdotales 2010 le samedi 26 juin à Notre Dame de Paris 

 



Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

livres - expositions

 

Et Lutèce devint Paris   

Et Lutèce devint Paris

Crypte archéologique du parvis de Notre-Dame

Métro : Cité

tous les jours de 10h à 18h, sauf les lundis, jours fériés et dimanches de Pâques et de Pentecôte

du 15 mars 2011 au 26 février 2012

 

 

 

 

 

  LIVRES

 

Livre Benoît XVI

 

 

 

 

 

Une mission de liberté
Une mission de liberté - un livre d'entretiens avec le Cardinal Vingt-Trois

> l'article de Mgr Riocreux

 

 

 

 

Monseigneur Darboy Archevêque de Paris enre Pie IX et Napo      

Monseigneur Darboy (1813-1871) Archevêque de Paris entre Pie IX et Napoléon, Jacques-Olivier BOUDON, édtions du Cerf, août 2011





Père Marie-Joseph Le Guillou
Dans le sillon du Père Marie-Joseph le Guillou o.p. est proposé un chemin de méditations en contemplant Jésus notre Maître bien-aimé : un chemin de prière


Un chemin pour la prière
Le livre du Père Marie-Joseph Le Guillou, dominicain, est une sorte de petit guide ou de compagnon pour la prière. Les chapitres sont courts et ils sont une sorte de brève réflexion spirituelle, fruit de sa longue fréquentation de la Parole de Dieu. Pour lui, la vie humaine n’a d’autre but que de s’éveiller au mystère de Dieu. On y parvient par la prière qui consiste à donner à Dieu un temps en pure perte de soi, à être enclenché dans le mystère de Dieu.
Spiritualité 2000


 

Prières du Carmel
Anthologie commentée des plus grands textes des carmes, textes théoriques, prières ferventes, méditations intérieures, oraisons contemplatives, ce livre offre enfin au public les textes les plus saisissants de la spiritualité carmélitaine.




Murmurée depuis des siècles dans le secret et le silence de la cellule, cette prière est un don rare et précieux qui nous remet, à chaque instant de notre vie, face à Dieu, face à nous-mêmes, à la fidélité, à l'amour, à la confiance, à l'espérance.
La Procure

 

 

 

 

  Qumrân discipline 

 

 

 


À Buenos Aires, tous les prêtres de l’archidiocèse sont invités à simplifier au maximum l’accès au baptême, à éviter les pharisaïsmes et les prétentions qui ne font qu’augmenter la déchristianisation. Le seul fait de demander le baptême pour soi-même ou pour ses propres enfants «est déjà un fruit de la grâce de Dieu» : Le baptême est quelque chose de simple par Gianni Valente pour 30Jours dans l’Église et dans le monde 



Prions en église - évangile du jour, méditations, psaumes, liturgie

Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

  

BENOÎT XVI à CHYPRE 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

 

Agia Kyriaki Chrysopolitissa

Agia Kyriaki Chrysopolitissa, Paphos, Chypre, Vendredi 4 juin 2010

 

 

in the U.N controlled area

Nicosie, samedi 5 juin 2010, Porte de Paphos, devant l'église de la Sainte Croix pour la Messe de l'Exaltation de la Croix

 

 

Eleftheria Sports Centre in Nicosia on June 6, 2010

Nicosie, Dimanche 6 juin 2010, Messe à l'Eleftheria Sport Palace

Sunday, June 6, 2010 

 

 

 

 

Voyage de Benoît XVI au Portugal du 11 au 14 mai

Notre Dame de Fatima

Programme du pèlerinage de Benoît XVI 

 

 

Mass at Lisbon's Terreiro do Paco square Tuesday

Messe à Lisbonne le mardi 11 mai 

Terreiro do Paco

sur l'esplanade du Terreiro do Paço

  

Pèlerinage à Notre Dame de Fatima  

Notre Dame de Fatima 12 mai 2010

mercredi 12 mai

  

Mass at the Catholic shrine of Fatima

jeudi 13 mai 

open Mass at Fatima 

Messe à Notre Dame de Fatima

Notre Dame de Fatima 13 mai 2010

 

 

Messe à Porto

Messe à Porto 14.05

 

Vendredi 14 mai après la Messe 

Avenida dos Aliados square in Porto 14.05.2010

 un étudiant de Porto offre une guitare à Benoït XVI

 

 " Merci de votre témoignage de foi" a dit le pape aux étudiants des universités qui ont eux aussi voulu rencontrer Benoît XVI à Porto. Ils ont choisi le moment où, après la messe, il a salué la foule depuis le balcon qui domine toute l'Avenida dos Aliados.

 

" Je suis heureux d'être parmi vous et je vous remercie pour l'accueil joyeux et cordial que vous m'avez réservé à Porto, la Cité de la Vierge", a dit le pape à la foule de plus de 120.000 personnes.

 

" J'aurais volontiers accepté votre invitation à prolonger mon séjour dans votre ville, mais cela ne m'est pas possible", a-t-il fait remarquer en souriant et sous les applaudissements.

 

" Permettez-moi donc, au moment de repartir, de vous embrasser tous affectueusement dans le Christ, notre Espérance, et en vous bénissant au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit."  

 

 

 


Vierge de Vladimir  

Le Pape en Terre Sainte



08-03-2010 Appel en faveur des chrétiens de Terre Sainte

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Pèlerinage du Pape Benoît XVI en Terre Sainte 
                                               
 

Custodia Terrae Sanctae - Le Pape Benoît XVI vers la Terre Sainte – Espoirs et rêves (P. David Neuhaus)

La visite de Benoît XVI en Terre sainte dans un contexte de fortes tensions religieuses




Du 8 au 15 mai 2009, sa Sainteté le pape Benoît XVI effectue un pèlerinage en Terre Sainte.
Les grands rendez-vous du pèlerinage de Benoît XVI

La Custodie ouvre une nouvelle rubrique dans laquelle vous trouvez des informations liées à ce voyage et à son déroulement en Jordanie, en Israël et dans les Territoires palestiniens.

La revue de presse montrera différentes approches de cet important pèlerinage, le troisième d’un Pape en Terre Sainte depuis 1964.

Custodia Terrae Sanctae






Mgr Fouad Twal
" Jérusalem est la clé de la paix dans le monde"

" Il n’y aura jamais de paix pour un peuple sans l’autre. Nous savons tous que Jérusalem est la clé de la paix dans le monde. Nous sommes tous, Palestiniens et Israéliens, à la fois dans l’attente, dans l’impasse et dans l’espérance."

" En Israël, l’oxygène que les gens respirent, c’est la peur. Peur d’eux-mêmes, du monde, du passé, du présent, de l'avenir."

 " Notre Église est minoritaire, entre deux grandes masses juive et musulmane. Nous tentons de faire entendre notre voix, d’annoncer ce qui peut être utile à tout le monde, de dénoncer ce qui ne va pas."

" J’espère que, dans le sillage du Saint-Père, de nombreux pèlerins viendront en Terre sainte. Nous serons notamment très heureux de recevoir les centaines de jeunes Français attendus en juillet prochain."

Les chrétiens fuient-ils toujours la Terre sainte ?
" Aujourd’hui, tous, juifs, chrétiens, musulmans, partent."

l'entretien intégral en ligne



Patriarcat latin de Jérusalem


Seigneur Jésus, dans le successeur de Pierre nous avons toujours eu un guide et un pasteur qui indique la route à suivre pour accomplir la volonté de Dieu le Père. Nous te confions ces mois de préparation de la visite de notre pape Benoît.

Donne-nous ton Esprit Saint pour nous aider à nous y préparer dans un esprit de prière, afin que cette visite soit pour la Terre Sainte un temps fort de renouveau et de grâces particulières
.

La preghiera per il viaggio del Papa in Terra Santa




Programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte (8-15 mai)

Jordanie, Israël et Territoires palestiniens


ROME, Vendredi 27 mars 2009 (ZENIT.org) - Le Vatican publie le programme officiel du voyage de Benoît XVI en Terre Sainte : Jordanie, Israël et Territoires palestiniens (8-15 mai).


à l'occasion de la venue du Pape lancement par Un écho d'Israël du site Jérusalem et religions


Vendredi 8 mai : Jordanie


14 h 30 (heure locale) : Arrivée à l'aéroport de Amman

15 h 30 : Visite du Centre Notre-Dame de la Paix, qui accueille les personnes handicapées, quelle que soit leur religion

17 h 40 : Visite au palais royal, rencontre avec le roi Abdallah II




Samedi 9 mai : Jordanie

7 h 15 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Pèlerinage au Mont Nébo, sur les pas de Moïse (un pèlerinage fait par Jean-Paul II en l'an 2000)




Visite de l'ancienne basilique

10 h 30 : Bénédiction de la première pierre de l'Université de Madaba

11 h 30 : A Amman, visite du Musée Hachémite et la mosquée Al-Hussein Bin-Talal de Amman


11h 45 : Rencontre des chefs religieux musulmans, du corps diplomatique et des recteurs d'universités


17h 30 : Célébration des vêpres à la cathédrale grecque-melkite catholique Saint-Georges avec les prêtres, des diacres, les séminaristes, les consacrés, et les mouvements ecclésiaux.




Dimanche 10 mai : Jordanie


10 h : Messe au stade international d'Amman, prière du Regina Coeli





17 h 30 : Pèlerinage à Béthanie sur le Jourdain, lieu du baptême du Christ



18 h : Pose de la première pierre d'une église latine et d'une église grecque-melkite (le pape avait béni la maquette à Rome en 2008).

Lundi 11 mai : Israël

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature d'Amman

10 h : cérémonie de congé à l'aéroport d'Amman

10 h 30 : Départ pour Tel Aviv, arrivée à 11 h


11 h : Cérémonie de bienvenue


Voyage vers Jérusalem

16 h15 : Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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17 h 45 : Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




18 h 45 : Rencontre des organisations engagées dans le dialogue interreligieux




Mardi 12 mai : Jérusalem

9 h : Visite de l'esplanade des mosquées et du Dôme du Rocher


10 h : Visite de courtoisie au Grand Mufti de Jérusalem


10 h 45 : Visite au Mur occidental et rencontre au centre Hechal Shlomo des deux Grands Rabbins d'Israël




11 h 50 : Prière du Regina Coeli avec les évêques de Terre Sainte dans la salle du Cénacle


12 h 30 : Visite de la co-cathédrale des Latins de Jérusalem



13 h : Déjeuner avec  les évêques catholiques de Terre Sainte, les abbés et la suite papale au patriarcat latin




16 h 30 : Messe dans la vallée de Josaphat

Custodia Terrae Sanctae - La vallée du Cédron  lieu de la messe à Jérusalem le 12 mai



P. Frédéric Manns, ofm
Au fond de la vallée du Cédron


Mercredi 13 mai : Bethléem

9 h : Cérémonie de bienvenue sur l'esplanade du palais présidentiel


10 h : Messe sur la place de la Crèche





12 h 30 : Déjeuner avec les évêques locaux et les Franciscains

15 h 30 : Visite, en privé, de la Grotte de la Nativité

16 h10 : Visite à l'hôpital pédiatrique de la Caritas de Bethléem


16 h 45 : Visite au camp de réfugiés d'Aida où il prononcera un discours




18 h : Palais présidentiel, entretien avec le Président de l'Autorité nationale palestinienne

18 h 40 : Cérémonie de congé

Jeudi 14 mai : Nazareth


10 h : Messe à Nazareth, au Mont du Précipice


Custodia Terrae Sanctae - Le Mont du Précipice  lieu de la Messe du Pape Benoît XVI à Nazareth 



12 h 30 : Déjeuner au couvent franciscain avec les Franciscains, les évêques locaux et la suite du pape

15 h 50 : Rencontre avec le Premier Ministre d'Israël

16 h 30 : Rencontre avec les chefs religieux de Galilée




17 h Visite à la Grotte de l'Annonciation



17 h 30 : Vêpres avec l'épiscopat, le clergé, les ordres religieux, les mouvements ecclésiaux et les agents pastoraux

Vendredi 15 mai : Jérusalem, Tel Aviv

7 h 30 : Messe en privé à la nonciature

9 h 15 : Rencontre œcuménique au siège du patriarcat gréco-orthodoxe


10 h 15 : Visite au Saint-Sépulcre







11 h 10 : Visite à l'église patriarcale apostolique arménienne Saint-Jacques


13 h 15 : Cérémonie de congé à l'aéroport de Tel Aviv




14 h : Départ, arrivée à Rome Ciampino à 16 h 50

 

 

 

 

Jerusalem may 15 2010

Une Jérusalem artificielle... mais unie ! par ABRAHAM RABINOVICH - Le Jerusalem Post 18.05.2010






Yahad-In Unum





Vicariat hébréhophone en Israël



Chrétiens arabes en Israël  à la recherche d’une identité

Christ crucifié en son Église

les 7 Sacrements

 

 

 

Appel de Benoît XVI à la pénitence

Benoît XVI 14.04.2010

" Je dois dire que nous, chrétiens, même ces derniers temps, nous avons souvent évité le mot pénitence, qui nous semblait trop dur. Maintenant sous les attaques du monde qui nous parle de nos péchés, nous voyons que pouvoir faire pénitence est une grâce et nous voyons la nécessité de faire pénitence, de reconnaître les erreurs dans notre vie." -extrait de l'homélie de Benoît XVI

 

Le Pape invite les chrétiens à reconnaître leurs erreurs 

 

 

Pénitence - la-Croix.com : le commentaire d'Isabelle de Gaulmyn 

 

 

 

 

Terreiro do Paco 11.05.2010

Messe au Terreiro do Paço à Lisbonne le 11 mai 2010

 

 

" Les souffrances de l'Eglise viennent de l'intérieur même de l'Eglise, du péché qui existe dans l'Eglise.

 

 " Cela aussi on l'a toujours su, mais nous le voyons aujourd'hui de façon réellement terrifiante : la plus grande persécution contre l'Eglise ne vient pas d'ennemis du dehors, mais elle naît du péché dans l'Eglise, et l'Eglise a donc un profond besoin de réapprendre la pénitence, d'accepter la purification, d'apprendre d'une part le pardon mais aussi la nécessité de la justice. Le pardon ne remplace pas la justice.

 

 " Nous devons nous rappeler que le Seigneur est plus fort que le mal et la Vierge est pour nous la garantie visible, maternelle, de la bonté de Dieu, qui a toujours le dernier mot dans l'histoire."

 

Benoît XVI

pèlerinage de Notre Dame de Fatima - 11 mai 2010

 

 

Saint Peter's Square at the Vatican on June 11, 2010

Messe de clôture de l'Année Sacerdotale
11 juin 2010, Place Saint Pierre

 

" Il est arrivé qu'au cours de cette année de joie pour le sacrement du sacerdoce, sont venus à la lumière les péchés des prêtres, en particulier l'abus à l'égard des petits.

 

" Nous demandons avec insistance pardon à Dieu et aux personnes impliquées, alors que nous entendons promettre de faire tout ce qui est possible pour que de tels abus ne puissent jamais plus survenir."

 

 Benoît XVI
 

 

  

Franciscaines Missionnaires du Cœur Immaculé de Marie 05.

Sœur Marie-Aimée de Jésus

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Béni soit ton Nom !

Dieu Très Haut qui fais merveille,
Béni soit ton Nom !
Dieu vivant qui fais largesse,
Béni soit ton Nom !
Comme au ciel t’adorent les anges
Et sans fin te chantent louange.
Nous aussi prions sur la terre :
Béni soit ton Nom !

Dieu vainqueur de nos ténèbres,
Béni soit ton Nom !
Dieu penché sur nos faiblesses,
Béni soit ton Nom !
Ton amour est notre espérance,
Ta bonté nous rend l’innocence,
De Toi seul nous vient la lumière :
Béni soit ton Nom !

Dieu très saint qui nous libères,
Béni soit ton Nom !
Dieu fidèle en tes promesses,
Béni soit ton Nom !
Ton Église adore en silence,
Et proclame la délivrance,
De nos cœurs monte une prière :
Béni soit ton Nom !

 
(Prière d'une Clarisse)


 

 

 

 


The Penitent Magdalen













Notre-Dame de Paris : déposer une intention de prière












Il est midi. Je vois l'église ouverte. Il faut entrer.


Mère de Jésus-Christ, je ne viens pas prier.

Je n'ai rien à offrir et rien à demander.


Je viens seulement, Mère, pour vous regarder.

Vous regarder, pleurer de bonheur, savoir cela

Que je suis votre fils et que vous êtes là


Rien que pour un moment pendant que tout s'arrête.

Midi !

Être avec vous, Marie, en ce lieu où vous êtes.


Ne rien dire, regarder votre visage,

Laisser le cœur chanter dans son propre langage.

Ne rien dire, mais seulement chanter parce qu'on a le cœur trop plein,

Comme le merle qui suit son idée en ces espèces de couplets soudains.

Parce que vous êtes belle, parce que vous êtes immaculée,

La femme dans la Grâce enfin restituée,


La créature dans son honneur premier et dans son épanouissement final,

Telle qu'elle est sortie de Dieu au matin de sa splendeur originale.

Intacte ineffablement parce que vous êtes la Mère de Jésus-Christ,

Qui est la vérité entre vos bras, et la seule espérance et le seul fruit.

Parce que vous êtes la femme, l'Eden de l'ancienne tendresse oubliée,

Dont le regard trouve le cœur tout à coup et fait jaillir les larmes accumulées.

Parce qu'il est midi, parce que nous sommes en ce jour d'aujourd'hui,

Parce que vous êtes là pour toujours,


Simplement parce que vous êtes Marie,

Simplement parce que vous existez,


Mère de Jésus-Christ, soyez remerciée !



Paul Claudel
La Vierge à midi









 

SALVE REGINA

Le Pater expliqué par Benoît XVI

Vendredi 15 avril 2011 5 15 /04 /Avr /2011 05:00

Mais délivre-nous du mal

 

La dernière demande du Notre Père reprend l'avant-dernière, en lui donnant une tournure positive ; c'est pourquoi les deux demandes sont intimement liées.

 

Si, dans l'avant-dernière demande, la négation dominait (ne pas donner de l'espace au mal au-delà de ce qui est supportable), dans la dernière demande nous venons au Père avec l'espérance centrale de notre foi : "Sauve-nous, rachète-nous, libère-nous !" C'est enfin la demande de rédemption. De quoi voulons-nous être rachetés ? La nouvelle traduction du Notre Père dit "du mal", sans distinguer entre 'le mal' et 'le Malin', mais en fin de compte, les deux sont indissociables.

 

Oui, nous voyons devant nous le dragon dont parle l'Apocalypse (chap. 12 et 13). Jean a dépeint "la bête qui monte de la mer", des sombres abîmes du mal, avec les attributs du pouvoir politique romain. Ainsi, il a donné un visage très concret à la menace à laquelle étaient confrontés les chrétiens de son temps : la mainmise totale sur l'homme, qu'a instauré le culte impérial, érigeant et faisant culminer le pouvoir politique, militaire et économique dans une toute-puissance totale et exclusive. Voilà la forme même du mal qui risque de nous engloutir, allant de pair avec la décomposition de l'ordre moral par une forme cynique de scepticisme et de rationalisme. Face à cette menace, le chrétien du temps de la persécution fait appel au Seigneur comme à la seule puissance en mesure de le sauver : délivre-nous du mal.

 

 L'Empire romain et ses idéologies ont beau avoir sombré, comme tout cela est pourtant actuel ! Aujourd'hui aussi il y a, d'une part, les puissances du marché, du trafic d'armes, du trafic de drogue, du trafic d'êtres humains, puissances qui pèsent sur le monde et qui jettent l'humanité dans des contraintes auxquelles on ne peut résister. Aujourd'hui aussi, il y a, d'autre part, l'idéologie de la réussite, du bien-être, qui nous dit : Dieu n'est qu'une fiction, il ne fait que nous prendre du temps et il nous fait perdre l'appétit de vivre. Ne te soucie pas de lui ! Cherche seulement à jouir de la vie autant que tu peux. Ces tentations aussi paraissent irrésistibles.

 

Le Notre Père dans son ensemble - et cette demande en particulier — veut nous dire : c'est uniquement quand tu auras perdu Dieu que tu te seras perdu toi-même ; alors, tu ne seras plus qu'un produit fortuit de l'évolution. Alors, le 'dragon' aura vraiment vaincu. Aussi longtemps qu'il ne pourra t'arracher Dieu, malgré tous les malheurs qui te menacent, tu seras toujours resté foncièrement sain. Il est donc juste que la nouvelle traduction nous dise : délivre-nous du mal.

 

Les malheurs peuvent être utiles à notre purification, mais le mal est destructeur. C'est pourquoi nous demandons profondément que nous ne soit pas arrachée la foi qui nous fait voir Dieu, qui nous unit au Christ. C'est pourquoi nous demandons que les biens ne nous fassent pas perdre le bien lui-même ; que, dans la perte des biens, nous ne perdions pas pour nous-mêmes le Bien, Dieu ; que nous ne nous perdions pas nous-mêmes.

 

Délivre-nous du mal ! Là encore, Cyprien, l'évêque martyr qui avait lui-même à surmonter la situation de l'Apocalypse, a trouvé des paroles splendides : "Quand nous avons dit : délivrez-nous du mal, il ne reste plus rien à demander. Nous implorons la protection divine contre l'esprit du mal, et, après l'avoir obtenue, nous sommes en sûreté contre les assauts du démon et du monde. Car comment craindre le siècle, quand Dieu nous couvre de son égide ?" Cette certitude a soutenu les martyrs en leur donnant la joie et la confiance dans un monde plein d'angoisse, en les 'délivrant' en profondeur et en leur donnant la véritable liberté.

 

 C'est la même confiance que saint Paul a si merveilleusement exprimée : "Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ?... Qui pourra nous séparer de l'amour du Christ ? la détresse ? l'angoisse ? la persécution ? la faim ? le dénuement ? le danger ? le supplice ?... Oui, en tout cela nous sommes les grands vainqueurs grâce à celui qui nous a aimés. J'en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l'avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l'amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur" (Rm 8, 31-39).

 

En ce sens, la dernière demande nous ramène aux trois premières. En demandant d'être délivrés de la puissance du mal, nous demandons, en fin de compte, le Règne de Dieu, nous demandons de nous unir à sa volonté, de sanctifier son nom. Certes, les hommes de prière ont eu, de tout temps, une vision plus large de cette demande. Dans les tribulations du monde, ils demandaient aussi à Dieu de mettre fin aux 'malheurs' qui dévastent le monde et notre vie.

 

 Cette manière tout humaine d'interpréter la demande est entrée dans la liturgie. Dans toutes les liturgies, à l'exception de la liturgie byzantine, la dernière demande du Notre Père est développée par une prière particulière qui, dans la liturgie romaine ancienne, disait : "Délivre nous de tout mal, passé, présent et à venir. Par l'intercession... de tous les saints donne la paix à notre temps, afin que par ta miséricorde nous vivions toujours libres du péché et assurés dans toutes nos épreuves."

 

On sent l'écho des nécessités dans les temps troublés, on perçoit le cri qui réclame une rédemption complète. Cet 'embolisme' par lequel on renforce dans les liturgies la dernière demande du Notre Père montre l'aspect humain de l'Église. Oui, nous pouvons, nous devons demander au Seigneur qu'il délivre le monde, nous-mêmes et les hommes, et les peuples qui souffrent en grand nombre des tribulations qui rendent la vie presque insupportable.

 

Nous pouvons et nous devons considérer cette extension de la dernière demande du Notre Père comme un examen de conscience qui nous est adressé, comme une exhortation à collaborer afin que la suprématie des 'maux' soit brisée. Mais nous ne devons jamais perdre de vue la véritable hiérarchie des biens et le lien entre les maux et le Mal par excellence. Notre demande ne doit pas tomber dans la superficialité.

 

Au centre de cette interprétation de la demande du Notre Père se trouve aussi le fait que 'nous soyons délivrés des péchés', que nous discernions le 'Mal' comme la véritable adversité et que jamais nous ne soyons empêchés de tourner notre regard vers le Dieu vivant.

 

 Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait)

 

Laudario of the Compagnia di Sant'Agnese 

"Oui, nous voyons devant nous le dragon dont parle l'Apocalypse. Jean a dépeint "la bête qui monte de la mer", des sombres abîmes du mal, avec les attributs du pouvoir politique romain. Ainsi, il a donné un visage très concret à la menace à laquelle étaient confrontés les chrétiens de son temps : la mainmise totale sur l'homme, qu'a instauré le culte impérial, érigeant et faisant culminer le pouvoir politique, militaire et économique dans une toute-puissance totale et exclusive. Voilà la forme même du mal qui risque de nous engloutir, allant de pair avec la décomposition de l'ordre moral par une forme cynique de scepticisme et de rationalisme. Face à cette menace, le chrétien du temps de la persécution fait appel au Seigneur comme à la seule puissance en mesure de le sauver : délivre-nous du mal."

  

  

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Jeudi 14 avril 2011 4 14 /04 /Avr /2011 12:00

Et ne nous soumets pas à la tentation

 

La formulation de cette demande semble choquante aux yeux de beaucoup de gens.

 

Dieu ne nous soumet quand même pas à la tentation. Saint Jacques nous dit en effet : " Dans l'épreuve de la tentation, que personne ne dise : Ma tentation vient de Dieu. Dieu en effet ne peut être tenté de faire le mal, et lui-même ne tente personne" (Jc 1, 13).

 

 Nous pourrons avancer d'un pas si nous nous rappelons le mot de l'Évangile : " Alors Jésus fut conduit au désert par l'Esprit pour être tenté par le démon" (Mt 4, 1). La tentation vient du diable, mais la mission messianique de Jésus exige qu'il surmonte les grandes tentations qui ont conduit et qui conduisent encore l'humanité loin de Dieu. Il doit, nous l'avons vu, faire lui-même l'expérience de ces tentations jusqu'à la mort sur la croix et ainsi ouvrir pour nous le chemin du salut. Ce n'est pas seulement après la mort, mais en elle et durant toute sa vie, qu'il doit d'une certaine façon 'descendre aux enfers', dans le lieu de nos tentations et de nos défaites, pour nous prendre par la main et nous tirer vers le haut.

 

La Lettre aux Hébreux a particulièrement insisté sur cet aspect en y voyant une étape essentielle du chemin de Jésus : "Ayant souffert jusqu'au bout l'épreuve de sa Passion, il peut porter secours à ceux qui subissent l'épreuve" (He 2, 18). "En effet, le grand prêtre que nous avons n'est pas incapable, lui, de partager nos faiblesses ; en toutes choses, il a connu l'épreuve comme nous, et il n'a pas péché" (He 4, 15).

 

 Un regard sur le Livre de Job, où se dessine déjà à maints égards le mystère du Christ, peut nous aider à y voir plus clair. Satan se moque des hommes pour ainsi se moquer de Dieu. La créature que Dieu a faite à son image est une créature misérable. Tout ce qui semble bon en elle n'est que façade. En réalité, l'homme, c'est-à-dire chacun de nous, ne se soucie toujours que de son bien-être. Tel est le diagnostic de Satan que l'Apocalypse désigne comme "l'accusateur de nos frères, lui qui les accusait jour et nuit devant notre Dieu" (Ap 12, 10). Blasphémer l'homme et la créature revient en dernière instance à blasphémer Dieu et à justifier le refus de Dieu.

 

 Satan se sert de Job, le juste, afin de prouver sa thèse : si on lui prend tout, il va rapidement laisser tomber aussi sa piété. Ainsi, Dieu laisse Satan libre de procéder à cette expérimentation, mais, certes, dans des limites bien définies. Dieu ne laisse pas tomber l'homme, mais il permet qu'il soit mis à l'épreuve. Les souffrances de Job servent à la justification de l'homme. À travers sa foi éprouvée par les souffrances, il rétablit l'honneur de l'homme. Ainsi, les souffrances de Job sont par avance des souffrances en communion avec le Christ, qui rétablit notre honneur à tous devant Dieu et qui nous montre le chemin, nous permettant, dans l'obscurité la plus profonde, de ne pas perdre la foi en Dieu.

 

 Le Livre de Job peut aussi nous aider à distinguer entre mise à l'épreuve et tentation. Pour mûrir, pour passer vraiment de plus en plus d'une piété superficielle à une profonde union avec la volonté de Dieu, l'homme a besoin d'être mis à l'épreuve. Tout comme le jus du raisin doit fermenter pour devenir du bon vin, l'homme a besoin de purifications, de transformations, dangereuses pour lui, où il peut chuter, mais qui sont pourtant les chemins indispensables pour se rejoindre lui-même et pour rejoindre Dieu.

 

L'amour est toujours un processus de purifications, de renoncements, de transformations douloureuses de nous-mêmes, et ainsi le chemin de la maturation. Si François Xavier a pu dire en prière à Dieu : "Je t'aime, non pas parce que tu as à donner le paradis ou l'enfer, mais simplement parce que tu es celui que tu es, mon Roi et mon Dieu", il fallait certainement un long chemin de purifications intérieures pour arriver à cette ultime liberté - un chemin de maturation où la tentation et le danger de la chute guettaient - et pourtant un chemin nécessaire.

 

 Dès lors, nous pouvons interpréter la sixième demande du Notre Père de façon un peu plus concrète. Par elle, nous disons à Dieu : "Je sais que j'ai besoin d'épreuves, afin que ma nature se purifie. Si tu décides de me soumettre à ces épreuves, si - comme pour Job - tu laisses un peu d'espace au mal, alors je t'en prie, n'oublie pas que ma force est limitée. Ne me crois pas capable de trop de choses. Ne trace pas trop larges les limites dans lesquelles je peux être tenté, et sois proche de moi avec ta main protectrice, lorsque l'épreuve devient trop dure pour moi". C'est dans ce sens que saint Cyprien a interprété la demande. Il dit : "lorsque nous demandons Ne nous soumets pas à la tentation, nous exprimons notre conscience que l'ennemi ne peut rien contre nous, si Dieu ne l'a pas d'abord permis. Ainsi nous devons mettre entre les mains de Dieu nos craintes, nos espérances, nos résolutions, puisque le démon ne peut nous tenter qu'autant que Dieu lui en donne le pouvoir."

 

 En prenant la mesure de la forme psychologique de la tentation, il développe deux raisons différentes pour lesquelles Dieu accorde un pouvoir limité au mal. Tout d'abord pour nous punir de nos fautes, pour tempérer notre orgueil, afin que nous redécouvrions la pauvreté de notre foi, de notre espérance et de notre amour, et pour nous empêcher de nous imaginer que nous pourrions être grands par nos propres moyens. Pensons au pharisien qui parlait à Dieu de ses propres œuvres et qui croyait pouvoir se passer de la grâce. Malheureusement, Cyprien ne développe pas plus longuement ce que signifie l'autre forme d'épreuve, la tentation que Dieu nous impose ad gloriam, pour sa gloire.

 

Mais ne devrions-nous pas considérer ici que Dieu a imposé une charge particulièrement lourde de tentations aux personnes qui lui sont les plus proches, aux grands saints, à commencer par Antoine dans le désert jusqu'à Thérèse de Lisieux dans l'univers pieux de son carmel ? Ils se tiennent en quelque sorte dans l'imitation de Job, comme une apologie de l'homme qui est en même temps une défense de Dieu. Plus encore, ils se tiennent d'une façon toute spéciale dans la communion avec Jésus Christ, qui a vécu nos tentations dans la souffrance. Ils sont appelés à surmonter, pour ainsi dire, dans leur corps, dans leur âme, les tentations d'une époque, de les porter pour nous, les âmes ordinaires, jusqu'au bout et de nous aider à aller vers celui qui a pris sur lui notre fardeau à tous.

 

Lorsque nous disons la sixième demande du Notre Père, nous devons nous montrer prêts à prendre sur nous le fardeau de l'épreuve, qui est à la mesure de nos forces. D'autre part, nous demandons aussi que Dieu ne nous impose pas plus que nous ne pouvons supporter, qu'il ne nous laisse pas sortir de ses mains.

 

Nous formulons cette demande dans la certitude confiante, pour laquelle saint Paul nous a dit : "Et Dieu est fidèle : il ne permettra pas que vous soyez éprouvés au-delà de ce qui est possible pour vous. Mais, avec l'épreuve, il vous donnera le moyen d'en sortir et la possibilité de la supporter" (1 Co 10, 13).

 

Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait)

 

Tentations de Saint Antoine par Jan Wellens de Cock

" Mais ne devrions-nous pas considérer ici que Dieu a imposé une charge particulièrement lourde de tentations aux personnes qui lui sont les plus proches, aux grands saints, à commencer par Antoine dans le désert jusqu'à Thérèse de Lisieux dans l'univers pieux de son carmel ? Ils se tiennent en quelque sorte dans l'imitation de Job, comme une apologie de l'homme qui est en même temps une défense de Dieu."  

 

 

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Mercredi 13 avril 2011 3 13 /04 /Avr /2011 05:00

Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons aussi à ceux qui nous ont offensés

 

La cinquième demande du Notre Père présuppose un monde où il y a des offenses - offenses des hommes les uns envers les autres, offenses envers Dieu.

 

Toute faute entre des hommes comporte d'une façon ou d'une autre une violation de la vérité et de l'amour, et s'oppose ainsi à Dieu, qui est la Vérité et l'Amour. Le dépassement de la faute est une question centrale de toute existence humaine. L'histoire des religions gravite autour de cette question. La faute appelle la vengeance, et ainsi se crée une escalade de l'endettement où le mal de la faute ne cesse de croître et dont il devient de plus en plus difficile de sortir.

 

Par cette demande, le Seigneur nous dit : la faute ne peut être dépassée que par le Pardon, et non par la vengeance. Dieu est un Dieu qui pardonne, parce qu'il aime ses créatures. Mais le Pardon ne peut entrer et agir que dans celui qui, lui-même, pardonne.

 

 Le thème du Pardon traverse tout l'Évangile. Nous le rencontrons tout au début du Sermon sur la montagne, dans la nouvelle interprétation du cinquième commandement, où le Seigneur nous dit : "Donc, lorsque tu vas présenter ton offrande sur l'autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse ton offrande là, devant l'autel, va d'abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande" (Mt 5, 23-24).

 

Celui qui n'est pas réconcilié avec son frère ne peut se présenter devant Dieu. Le devancer dans le geste du Pardon, aller vers lui, telle est la condition pour rendre un juste culte à Dieu. À ce sujet on pense spontanément que Dieu lui-même, sachant que nous, les hommes, nous étions rebelles et en opposition avec lui, est sorti de sa divinité pour venir à notre rencontre et pour nous réconcilier. Nous nous souviendrons qu'avant le don de l'Eucharistie, Jésus s'est agenouillé devant ses disciples et il a lavé leurs pieds sales, il les a purifiés par son humble amour.

 

Au centre de l'Évangile de Matthieu, se trouve la parabole du serviteur sans pitié. À ce haut dignitaire royal a été remise la dette inimaginable de 10 000 talents (c'est-à-dire soixante millions de pièces d'argent) ; et lui-même n'est pas prêt à remettre la somme comparativement dérisoire de 100 pièces d'argent. Quel que soit ce que nous avons à nous pardonner, quoi que ce soit, c'est peu de chose par rapport à la bonté de Dieu qui nous pardonne. Et tout à la fin, nous entendons, venant de la croix, la prière de Jésus : "Père, pardonne-leur : ils ne savent pas ce qu'ils font" (Lc 23, 34).

 

 Si nous voulons pleinement comprendre cette demande et la faire nôtre, nous devons faire un pas de plus et nous demander : qu'est véritablement le Pardon ? Qu'advient-il dans le Pardon ? La faute est une réalité, une réalité objective ; elle a causé une destruction qui doit être surmontée. C'est pourquoi le Pardon doit être plus qu'une volonté d'ignorer ou d'oublier. La faute doit être assumée, réparée et ainsi surmontée.

 

Le Pardon a un coût, et d'abord pour celui qui pardonne. Le mal qui lui a été fait, il doit le surmonter intérieurement, le brûler au-dedans de lui et ainsi se renouveler, de sorte qu'il fasse entrer l'autre, le coupable, dans ce processus de transformation et de purification intérieures, que tous deux se renouvellent en souffrant le mal jusqu'au fond et en le surmontant. C'est là que nous butons sur le mystère de la croix du Christ. Mais tout d'abord nous butons sur les limites de notre force à guérir et à surmonter le mal. Nous butons sur la supériorité du mal, que nous ne pouvons vaincre avec nos seules forces. Reinhold Schneider dit à ce sujet : "Le mal vit sous des milliers de formes ; il occupe les sommets du pouvoir... ; il sourd de l'abîme. L'amour n'a qu'une forme : celle de ton fils."

 

 L'idée que, pour la remise de notre faute, la guérison des hommes à partir de l'intérieur, Dieu ait payé le prix de la mort de son Fils nous est devenue aujourd'hui très étrangère. Que le Seigneur ait "porté nos souffrances et supporté nos douleurs", qu'il ait été "transpercé à cause de nos fautes, que "c'est par nos péchés qu'il a été broyé" et que c'est "par ses blessures que nous sommes guéris" (cf. Is 53, 4-5), cela n'est plus une évidence pour nous aujourd'hui.

 

S'y oppose, d'une part, la banalisation du mal, dans laquelle nous nous réfugions, alors que nous utilisons, en même temps, les atrocités de l'histoire humaine, et notamment de la plus récente, comme un prétexte irréfutable pour nier un Dieu bon et pour blasphémer sa créature, l'homme.

 

À la compréhension du grand mystère de l'expiation s'oppose, d'autre part, notre conception individualiste de l'homme. Nous ne pouvons plus en comprendre la signification vraie, parce que, selon nous, tout homme vit isolé en lui-même. Nous ne sommes plus capables de comprendre le profond enchevêtrement de toutes nos existences et leur enlacement par l'existence de l'Unique, du Fils incarné. Nous devrons revenir sur ces questions lorsque nous aborderons la crucifixion du Christ.

 

 Pour l'instant nous nous contenterons d'une remarque du Cardinal John Henry Newman disant un jour que Dieu, avec un seul mot, avait pu créer tout l'univers à partir de rien, mais que pour la faute et la souffrance des hommes, il ne pouvait les surmonter qu'en s'impliquant lui-même, en connaissant lui-même la souffrance en son propre Fils, qui a porté ce fardeau et l'a surmonté en se donnant lui-même. Vaincre la faute exige la mobilisation de notre cœur, plus encore, la mobilisation de toute notre existence. Et même cette mobilisation reste insuffisante, elle ne peut agir que dans la communion avec celui qui a porté notre fardeau à tous.

 

La demande de Pardon est plus qu'un appel moral, ce qu'elle est aussi par ailleurs. Et en tant que telle, c'est un défi quotidien qui nous est lancé. Mais elle est profondément, tout comme les autres demandes, une prière christologique. Elle nous rappelle celui qui, par le Pardon, a payé le prix de la descente dans la misère de l'existence humaine et de la mort sur la croix.

 

Elle nous appelle à en être reconnaissants, mais aussi à résorber, avec lui, le mal par l'amour, à le consumer par la souffrance. Et si nous devons reconnaître, jour après jour, à quel point nos forces sont insuffisantes, combien de fois nous-mêmes ne redevenons-nous pas débiteurs ?

 

Alors cette prière nous donne le grand réconfort de savoir que notre prière est assumée par son amour et, avec lui, par lui et en lui, elle peut malgré tout devenir force de guérison.

 

Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait) 

 

 

Washing of the Feet by Giovanni Agostino da Lodi 

" Celui qui n'est pas réconcilié avec son frère ne peut se présenter devant Dieu. Le devancer dans le geste du Pardon, aller vers lui, telle est la condition pour rendre un juste culte à Dieu. À ce sujet on pense spontanément que Dieu lui-même, sachant que nous, les hommes, nous étions rebelles et en opposition avec lui, est sorti de sa divinité pour venir à notre rencontre et pour nous réconcilier. Nous nous souviendrons qu'avant le don de l'Eucharistie, Jésus s'est agenouillé devant ses disciples et il a lavé leurs pieds sales, il les a purifiés par son humble amour."

 

 

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Mardi 12 avril 2011 2 12 /04 /Avr /2011 05:07

Donne-nous aujourd'hui notre pain de ce jour

 

La quatrième demande du Notre Père nous apparaît comme la plus 'humaine' de toutes.

 

Le Seigneur, qui dirige notre regard vers l'essentiel, vers 'l'unique nécessaire', tient aussi compte de nos besoins terrestres et les reconnaît. Lui qui dit à ses disciples : "Ne vous faites pas tant de souci pour votre vie, au sujet de la nourriture" (Mt 6, 25) nous invite cependant à prier pour notre nourriture et à transférer notre souci sur Dieu.

 

Le pain est le "fruit de la terre et du travail des hommes", mais la terre ne porte pas de fruits si elle ne reçoit pas le soleil et la pluie d'en haut. Cette synergie des forces cosmiques, qui échappe à notre contrôle s'oppose à la tentation de notre orgueil de nous donner à nous-mêmes la vie, et cela par nos seules capacités. Un tel orgueil rend violent et froid. Il finit par détruire la terre. Il ne peut pas en être autrement, car il s'oppose à la vérité qui est que nous, les hommes, nous sommes tenus au dépassement de nous-mêmes et que seule l'ouverture à Dieu nous permet de devenir grands et libres, de devenir nous-mêmes. Nous pouvons demander et nous devons demander. Nous le savons, même si les pères terrestres peuvent donner de bonnes choses à leurs fils lorsqu'ils le demandent, Dieu ne nous refusera pas les biens que lui seul peut donner.

 

Dans son interprétation de la prière du Seigneur, saint Cyprien signale deux aspects importants de la demande. Comme il a déjà souligné toute l'ampleur de la signification du 'notre' dans le Notre Père, il nous fait ici aussi remarquer qu'il est question de 'notre' pain. Nous prions ici encore dans la communion des disciples, dans la communion des fils de Dieu, et nul ne doit penser seulement à soi-même. Il s'ensuit un nouvel élément : nous prions pour notre pain, donc nous demandons aussi le pain pour les autres. Celui qui a du pain en abondance est appelé à partager.

 

Dans son explication de la première Épître aux Corinthiens à propos du scandale que les chrétiens donnaient à Corinthe, saint Jean Chrysostome souligne que "chaque bouchée de pain est en quelque sorte une bouchée du pain qui appartient à tous, du pain du monde". Le père Kolvenbach ajoute : "En invoquant notre Père sur la table du Seigneur et lors de la célébration du repas du Seigneur dans son ensemble, comment peut-on se dispenser de manifester la volonté inébranlable de procurer à tous les hommes, à ses frères, le pain de ce jour ?" Par la demande à la première personne du pluriel, le Seigneur nous dit : "Donnez-leur vous-mêmes à manger" (Mc 6, 37).

 

 Une autre remarque de Cyprien est importante. Celui qui prie pour le pain de ce jour est pauvre. La prière présuppose la pauvreté des disciples. Elle présuppose des personnes qui, à cause de leur foi, ont renoncé au monde, à ses richesses et à sa gloire, et qui ne demandent désormais que le nécessaire pour vivre. "C'est donc avec raison que le disciple du Christ demande sa nourriture au jour le jour, puisqu'il lui est défendu de s'occuper du lendemain. Une conduite opposée serait absurde. Comment chercherions-nous à vivre longtemps dans ce monde, nous qui désirons la prompte arrivée du royaume de Dieu". Dans l'Eglise, il doit toujours y avoir des personnes qui abandonnent tout pour suivre le Seigneur ; des personnes qui s'en remettent radicalement à Dieu, à sa bonté qui nous nourrit, des personnes, donc qui, de cette manière, donnent un signe de foi qui nous secoue et qui nous tire de notre vacuité intellectuelle et de la faiblesse de notre foi.

 

 Ces personnes, qui se confient à Dieu au point de ne chercher aucune autre sécurité, nous concernent aussi. Elles nous encouragent à nous confier à Dieu et à miser sur lui dans les grands défis de la vie. En même temps, cette pauvreté entièrement motivée par l'engagement pour Dieu et pour son Règne est aussi un acte de solidarité avec les pauvres du monde, un acte qui, tout au long de l'histoire, a créé de nouvelles appréciations et un nouvel esprit de service et d'engagement pour les autres.

 

 La demande concernant le pain, le pain de ce jour seulement, réveille aussi le souvenir des quarante ans de marche d'Israël dans le désert, durant lesquels le peuple vivait de la manne, du pain que le Seigneur envoyait du ciel. Chacun avait le droit de recueillir seulement ce qui était nécessaire pour la journée. C'est seulement le sixième jour qu'on avait le droit de recueillir la ration nécessaire pour deux jours, afin de respecter le commandement du sabbat (Ex 16, 16-22). La communauté des disciples, qui vit tous les jours à nouveau de la bonté de Dieu, renouvelle l'expérience du peuple de Dieu en marche, que Dieu a nourri même dans le désert.

 

 Ainsi la demande du pain uniquement pour aujourd'hui ouvre des perspectives qui dépassent l'horizon de la nourriture quotidienne indispensable. Elle présuppose de suivre radicalement la communauté des disciples la plus restreinte, qui renonce à la possession dans ce monde et qui rejoint le chemin de ceux qui considèrent "l'humiliation du Christ comme une richesse plus grande que les trésors de l'Égypte" (He 11, 26). L'horizon eschatologique apparaît : les réalités futures sont plus importantes et plus réelles que les réalités présentes.

 

 Ainsi nous arrivons maintenant à un mot de cette demande qui, dans nos traductions habituelles, paraît anodin : donne-nous aujourd'hui notre pain 'de ce jour'. Ce 'de ce jour' rend le grec epiousios, dont le théologien Origène (mort vers 254), un des grands maîtres de la langue grecque, dit que, dans cette langue, ce terme n'existe pas à d'autres endroits et qu'il a été créé par les évangélistes. Entre-temps, on a certes trouvé une occurrence de ce terme dans un papyrus du Ve siècle avant Jésus Christ. Mais cette occurrence isolée ne peut pas nous renseigner avec certitude sur la signification de ce mot pour le moins inhabituel et rare. Il faut s'appuyer sur des étymologies et sur l'étude du contexte.

 

 Aujourd'hui, nous avons principalement deux interprétations. L'une dit que le mot signifierait : le pain nécessaire à l'existence. Le sens de la demande serait donc : donne-nous aujourd'hui le pain dont nous avons besoin pour pouvoir vivre. L'autre interprétation dit que la bonne traduction serait : le pain futur, celui pour le lendemain.

 

Mais la demande de recevoir aujourd'hui le pain du lendemain ne paraît pas très fondée à lumière de la façon de vivre des disciples. La référence à l'avenir s'éclairerait un peu plus si l'on priait pour le véritable pain futur : pour la vraie manne de Dieu. Alors ce serait une demande eschatologique, la demande d'une anticipation du monde à venir, à savoir que le Seigneur veuille donner dès 'aujourd'hui' le pain futur, le pain du monde nouveau, c'est-à-dire lui-même. Alors la demande prendrait un sens eschatologique. Quelques traductions plus anciennes vont dans ce sens, ainsi la Vulgate de saint Jérôme, qui traduit le mot mystérieux par supersubstantialis, l'interprétant dans le sens de la nouvelle 'substance', de la substance supérieure, que le Seigneur nous donne dans le Saint Sacrement en tant que véritable pain de notre vie.

 

 De fait, les Pères de l'Église ont presque unanimement compris la quatrième demande du Notre Père comme une demande eucharistique. Dans ce sens, la prière du Seigneur est présente dans la liturgie de la messe en tant que prière eucharistique. Cela ne signifie nullement que le simple sens terrestre, que nous avions tout à l'heure dégagé comme la signification immédiate du texte, aurait été éliminé de la demande des disciples. Les Pères pensent aux différentes dimensions d'un mot qui commence par la demande de pain pour ce jour faite par les pauvres, mais précisément pour cela, alors que nous tournons le regard vers notre Père céleste qui nous nourrit, ce mot évoque aussi le peuple de Dieu en marche, qui a été nourri par Dieu lui-même. Pour les chrétiens, à la lumière du grand discours de Jésus sur le Pain de vie, le miracle de la manne renvoyait quasi automatiquement au-delà de lui-même, vers un monde nouveau, où le Logos, le Verbe éternel de Dieu, sera notre pain, la nourriture de l'éternel repas de noces.

 

 A-t-on le droit de penser dans de telles dimensions ou s'agit-il ici d'une 'théologisation' abusive d'un mot dont le sens est simplement terrestre ? Aujourd'hui il existe une peur de ces 'théologisations' qui n'est pas tout à fait sans fondement, mais qu'il ne faut pas non plus exagérer. Je pense que, dans l'explication de la demande de pain, il faut garder à l'esprit le contexte plus vaste des paroles et des actions de Jésus, où des éléments essentiels de la vie humaine jouent un très grand rôle : l'eau, le pain, de même que la vigne et le vin, en tant que signes du caractère festif et de la beauté du monde. Le thème du pain prend une place importante dans le message de Jésus, de la tentation dans le désert jusqu'à la Cène, en passant par la multiplication des pains.

 

 Le grand discours sur le Pain de vie dans le chapitre VI de l'Évangile de Jean ouvre tout le champ de signification de ce thème. Tout au début, nous avons la faim des hommes qui ont écouté Jésus et qu'il ne laisse pas partir sans les avoir rassasiés, donc sans le 'pain nécessaire' dont nous avons besoin pour vivre. Mais Jésus n'admet pas qu'on puisse s'arrêter là ni réduire les besoins de l'homme au pain, aux besoins biologiques et matériels. "Ce n'est pas seulement de pain que l'homme doit vivre, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu" (Mt 4, 4). Le pain miraculeusement multiplié rappelle, en amont, le miracle de la manne dans le désert, mais de même il renvoie à un au-delà de lui-même. Il nous dit que la véritable nourriture de l'homme est le Logos, le Verbe éternel, le sens éternel dont nous venons et dans l'attente duquel nous vivons.

 

Si ce premier dépassement du cadre physique ne dit d'abord que ce que la grande philosophie avait également trouvé et peut trouver, il est immédiatement suivi d'un autre dépassement. Le Logos éternel devient concrètement le pain pour l'homme seulement 'parce qu'il a pris chair' et qu'il nous parle avec des mots humains.

 

S'ensuit le troisième dépassement essentiel qui, certes, fait scandale pour les gens de Capharnaüm : celui qui s'est fait homme se donne à nous dans le Sacrement, et c'est seulement ainsi que le Verbe éternel devient pleinement manne, don du pain futur dès aujourd'hui. C'est à ce moment que le Seigneur réunit encore une fois le tout : cette corporisation ultime est précisément la véritable spiritualisation : "C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien" (Jn 6, 63).

 

Doit-on supposer que Jésus, dans la demande de pain, ait mis entre parenthèses tout ce qu'il nous dit sur le pain et ce qu'il voulait donner comme pain ? Si nous prenons le message de Jésus dans son ensemble, alors on ne peut effacer la dimension eucharistique de la quatrième demande du Notre Père. La demande du pain de ce jour pour tous est essentielle justement dans sa dimension concrète et terrestre. Mais de la même façon, elle nous aide à dépasser l'aspect purement matériel et à demander, dès maintenant, la réalité du 'lendemain', le pain nouveau. En priant aujourd'hui pour la réalité 'du lendemain', nous sommes exhortés à vivre dès maintenant du 'lendemain', de l'amour de Dieu qui nous appelle tous à la responsabilité mutuelle.

 

Ici je voudrais redonner la parole à Cyprien, qui souligne ce double sens. Il réfère le mot 'notre', dont nous avons parlé plus haut, précisément à l'Eucharistie qui est, dans un sens très particulier, 'notre' pain, le pain des disciples de Jésus Christ. Il dit que nous, qui pouvons recevoir l'Eucharistie comme notre pain, nous devons toujours à nouveau prier pour que personne ne soit coupé, séparé du corps du Christ : "Ainsi nous réclamons notre pain quotidien, c'est-à-dire le Christ, afin que nous, dont la vie est dans le Christ, nous demeurions toujours unis à sa grâce et à son corps sacré."

 

 Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait)

 

L'Enfant Jésus distribuant du Pain aux Pèlerins par Murillo 

" Celui qui s'est fait homme se donne à nous dans le Sacrement, et c'est seulement ainsi que le Verbe éternel devient pleinement manne, don du pain futur dès aujourd'hui. C'est à ce moment que le Seigneur réunit encore une fois le tout : cette corporisation ultime est précisément la véritable spiritualisation : C'est l'esprit qui fait vivre, la chair n'est capable de rien (Jn 6, 63)."  

 

 

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Lundi 11 avril 2011 1 11 /04 /Avr /2011 05:00

Que Ta volonté soit faite sur la terre comme au ciel

 

Deux aspects ressortent immédiatement des termes de cette demande. Il existe une volonté de Dieu avec nous et pour nous qui doit devenir le critère de notre vouloir et de notre être.

 

Et la caractéristique même du 'ciel' est que la volonté de Dieu y est faite indéfectiblement ou, en d'autres mots : là où la volonté de Dieu est faite, là est le ciel. L'essence du ciel est d'être une seule chose avec la volonté de Dieu, l'union entre volonté et vérité. La terre devient 'ciel' seulement si et dans la mesure où la volonté de Dieu y est faite, tandis qu'elle n'est que 'terre', pôle opposé au ciel, si et dans la mesure où elle se soustrait à la volonté de Dieu. C'est pourquoi nous demandons que sur la terre il en soit de même qu'au ciel, que la terre devienne 'ciel'.

 

 Mais qu'est-ce donc que la 'volonté de Dieu' ? Comment la reconnaître ? Comment pouvons-nous la faire ? Les Écritures Saintes posent qu'au plus profond de lui-même, l'homme connaît la volonté de Dieu, qu'il existe une communion de savoir avec Dieu, profondément inscrite en nous, que nous appelons conscience. Mais elles savent aussi que cette communion de savoir avec le Créateur, que ce savoir qu'il nous a donné en nous créant 'selon sa ressemblance' a été enfoui dans l'histoire, qu'il n'est cependant jamais entièrement éteint, mais recouvert de multiples façons, qu'il existe une flamme doucement vacillante qui risque trop souvent d'être étouffée sous les cendres des préjugés gravés en nous. C'est pourquoi Dieu nous a de nouveau parlé avec des mots de l'histoire qui s'adressent à nous de l'extérieur et qui viennent en aide à notre savoir intérieur désormais trop voilé.

 

 Au cœur de cet enseignement de l'histoire se trouve, dans la révélation biblique, le Décalogue du mont Sinaï qui, comme nous l'avons vu, n'a nullement été aboli ou présenté comme une 'loi ancienne' par le Sermon sur la montagne, mais, au contraire développé afin qu'il rayonne d'autant plus dans toute sa profondeur et dans toute sa grandeur.

 

Cette parole, nous l'avons vu, n'est pas quelque chose qui a été imposé à l'homme de l'extérieur. Elle est, dans la mesure où nous sommes capables de la recevoir, révélation de la nature de Dieu lui-même et ainsi interprétation de la vérité de notre être : la partition de notre existence nous est déchiffrée, afin que nous puissions la lire et la mettre en pratique. La volonté de Dieu provient de l'être de Dieu ; elle nous conduit par conséquent vers la vérité de notre être en nous délivrant de l'autodestruction liée au mensonge.

 

 Puisque notre être vient de Dieu, nous pouvons, en dépit de toutes les souillures qui nous retiennent, nous mettre en route vers la volonté de Dieu. Dans l'Ancien Testament, la notion de 'juste' voulait dire précisément ceci : vivre de la Parole de Dieu et donc de la volonté de Dieu, et entrer progressivement en syntonie avec cette volonté.

 

 Quand Jésus nous parle de la volonté de Dieu et du ciel où cette volonté s'accomplit, il nous conduit à nouveau au centre de sa propre mission personnelle. Près du puits de Jacob, Jésus dit à ses disciples qui lui apportent à manger : "Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé" (Jn 4, 34). Cela signifie : l'union avec la volonté du Père est la source de sa vie. L'union de volonté avec le Père est au cœur même de son être.

 

Dans la demande du Notre Père, nous percevons surtout un écho du dialogue tourmenté du mont des Oliviers : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux". "Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite !" (Mt 26, 39.42). Lorsque nous méditerons la passion de Jésus, nous aurons à revenir sur cette prière, dans laquelle il nous fait entrevoir son âme humaine et l'union de celle-ci avec la volonté de Dieu.

 

 L'auteur de la Lettre aux Hébreux a vu dans la lutte intérieure au jardin des Oliviers la clé même du mystère de Jésus, et c'est en partant de ce regard dans l'âme de Jésus qu'il a interprété ce mystère avec le Psaume 40. Il le lit ainsi : "Tu n'as pas voulu de sacrifices ni d'offrandes, mais tu m'as fait un corps... ; alors, je t'ai dit : Me voici, mon Dieu, je suis venu pour faire ta volonté, car c'est bien de moi que parle l'Écriture" (He 10, 5-7). Toute l'existence de Jésus est résumée dans ces paroles "Je suis venu pour faire ta volonté". C'est seulement ainsi que nous pouvons comprendre pleinement la phrase suivante : "Ma nourriture, c'est de faire la volonté de celui qui m'a envoyé."

 

 Dès lors, nous comprenons que Jésus lui-même, au sens le plus profond et le plus authentique, est 'le ciel' — lui en qui et par qui la volonté de Dieu est entièrement faite.

 

En regardant vers lui, nous découvrons que nous ne pouvons pas être entièrement 'justes' par nos propres moyens : la force de gravité de notre propre volonté nous éloigne sans cesse de la volonté de Dieu et nous fait devenir simple 'terre'. Mais lui nous accepte, nous tire vers le haut jusqu'à lui, en lui, et, dans la communion avec lui, nous apprenons, nous aussi, la volonté de Dieu.

 

Dans cette troisième demande du Notre Père nous demandons de pouvoir nous approcher de plus en plus de lui pour que la volonté de Dieu l'emporte sur la force de gravité de notre égoïsme et qu'il nous rende capables de la hauteur à laquelle nous sommes appelés.

 

Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait)

 

Page from the Très Belles Heures de Notre Dame de Jean de Berry

" Dans la demande du Notre Père, nous percevons surtout un écho du dialogue tourmenté du mont des Oliviers : "Mon Père, s'il est possible, que cette coupe passe loin de moi ! Cependant, non pas comme je veux, mais comme tu veux". "Mon Père, si cette coupe ne peut passer sans que je la boive, que ta volonté soit faite !" (Mt 26, 39.42).

 

 

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Dimanche 10 avril 2011 7 10 /04 /Avr /2011 12:30

Que Ton Règne vienne

 

Réfléchissant sur la demande relative au Règne de Dieu, nous nous rappellerons tout ce que nous avons pu dire précédemment à propos de l'expression "Royaume de Dieu".

 

Par cette demande, nous reconnaissons d'abord le primat de Dieu. Là où Dieu n'est pas, rien ne peut être bon. Là où l'on ne voit pas Dieu, l'homme déchoit, ainsi que le monde. C'est dans ce sens que le Seigneur nous dit : "Cherchez d'abord son Royaume et sa justice, et tout cela vous sera donné par-dessus le marché" (Mt 6, 33). Ce mot établit un ordre de priorités pour l'agir humain, pour nos attitudes dans le quotidien.

 

 On ne nous promet nullement un pays de cocagne, en contrepartie de notre piété ou de notre vague désir du Royaume de Dieu. On ne nous fait pas miroiter un monde parfait comme dans l'utopie de la société sans classes, un monde qui viendrait automatiquement et où tout irait bien tout simplement parce qu'il n'y aurait plus de propriété privée. Jésus ne nous fournit pas des recettes aussi simples. Mais, il pose, nous l'avons déjà dit, une priorité capitale pour tout : "Royaume de Dieu" veut dire "Seigneurie de Dieu", et cela signifie qu'on accepte que sa volonté soit prise comme critère. Cette volonté crée la justice, qui implique que nous reconnaissions la légitimité du droit de Dieu et que nous y trouvions le critère pour le juste droit entre les hommes.

 

 L'ordre des priorités que Jésus nous indique ici n'est pas sans rappeler, dans l'Ancien Testament, le récit de la première prière de Salomon après sa montée sur le trône. On y raconte que, la nuit, le Seigneur est apparu en songe au jeune roi, lui offrant d'exaucer une de ses demandes. Un rêve on ne peut plus classique de l'humanité ! Que demande Salomon ? "Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu'il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal" (1 R 3, 9). Dieu le loue parce qu'il ne demande pas — ce qui aurait été si facile — la richesse, la fortune, l'honneur ou la mort de ses ennemis ou une longue vie, mais ce qui est véritablement essentiel : un cœur docile, la capacité de discerner le bien du mal. Et c'est pourquoi le reste est aussi accordé à Salomon par surcroît.

 

 Quand nous demandons la venue de "ton Règne" (et non pas du nôtre !), le Seigneur veut nous conduire exactement vers cette façon de prier et d'établir les priorités de notre agir. Il faut d'abord et essentiellement, un cœur docile, afin que Dieu règne, et non pas nous. Le Règne de Dieu vient à travers un cœur docile. Tel est son chemin. Et c'est pourquoi nous devons prier sans cesse.

 

 À partir de la rencontre avec le Christ, cette demande s'approfondit et se concrétise encore. Nous avons vu que Jésus était le Règne de Dieu en personne. Là où il est, est le "Règne de Dieu". La demande du cœur docile est devenue la demande en vue de la communion avec Jésus Christ, la demande de pouvoir devenir toujours plus 'un' avec lui. C'est la demande de le suivre véritablement, qui devient communion et qui nous réunit en un seul corps avec lui.

 

Reinhold Schneider a exprimé cela de façon saisissante : "La vie de ce règne est la poursuite de la vie du Christ dans les siens ; lorsque le cœur n'est plus nourri par la force vitale du Christ, ce règne se termine ; lorsque le cœur est touché par elle et transformé par elle, il commence, les racines de l'arbre inexpugnable cherchent à pénétrer dans le cœur de chacun. Le règne est un. Il subsiste uniquement par le Seigneur, qui est sa vie, sa force, son centre."

 

Demander le Règne de Dieu signifie dire à Jésus : fais-nous être à toi, Seigneur. Pénètre en nous, vis en nous. Réunis dans ton corps l'humanité dispersée, pour que tout en toi soit soumis à Dieu et que tu puisses remettre l'univers au Père, et ainsi "Dieu sera tout en tous" (1 Co 15, 26-28).

 

Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait)

 

Anges en Adoration par Benozzo Gozzoli 

" Quand nous demandons la venue de "ton Règne" (et non pas du nôtre !), le Seigneur veut nous conduire exactement vers cette façon de prier et d'établir les priorités de notre agir. Il faut d'abord et essentiellement, un cœur docile, afin que Dieu règne, et non pas nous. Le Règne de Dieu vient à travers un cœur docile. Tel est son chemin. Et c'est pourquoi nous devons prier sans cesse." 

 

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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 05:00

Que Ton Nom soit sanctifié

 

La première demande du Notre Père nous rappelle le deuxième commandement du Décalogue : "Tu n'invoqueras pas le nom du Seigneur ton Dieu pour le mal" (Ex 20, 7; cf. Dt 5, 11). Mais qu'est-ce donc que 'le nom de Dieu' ? Quand nous l'évoquons nous avons devant nous l'image de Moïse, qui voit dans le désert un buisson qui était en feu sans se consumer. Poussé par la curiosité, il s'approche pour voir de plus près ce mystérieux événement, mais alors une voix l'appelle du milieu du buisson, et cette voix lui dit : "Je suis le Dieu de ton père, Dieu d'Abraham, Dieu d'Isaac, Dieu de Jacob" (Ex 3, 6). Ce Dieu le renvoie en Égypte avec la mission de faire sortir d'Égypte le peuple d'Israël et de le conduire vers la Terre promise. Au nom de Dieu, Moïse doit demander au pharaon la délivrance d'Israël.

 

 Mais dans le monde de l'époque, il y avait beaucoup de dieux. Moïse demande donc à Dieu son nom, le nom par lequel ce Dieu pourra justifier de son autorité particulière vis-à-vis des autres dieux. L'idée du nom de Dieu fait donc d'abord partie du monde polythéiste, où ce Dieu doit aussi se donner un nom. Mais le Dieu qui appelle Moïse est vraiment Dieu. Dieu au sens strict et vrai n'existe pas au pluriel. Par nature, Dieu est unique. C'est pourquoi il ne peut pas entrer dans le monde des dieux comme un parmi d'autres, et il ne peut pas avoir un nom parmi d'autres.

 

 Aussi, la réponse de Dieu est-elle à la fois refus et assentiment. Il dit simplement de lui-même "Je suis celui qui suis". II est, un point c'est tout. Cette réponse est à la fois un nom et une absence de nom. Il était donc tout à fait juste qu'en Israël, cette auto-désignation de Dieu, entendue sous le mot YHWH, n'ait pas été prononcée et qu'elle ne se soit pas dégradée pour devenir une sorte de nom idolâtrique. Il n'était donc pas juste que, dans les traductions récentes de la Bible, on écrive comme n'importe quel autre nom ce nom resté toujours mystérieux et imprononçable pour Israël, réduisant ainsi le mystère de Dieu, dont il n'y a ni images ni noms prononçables, et le ramenant dans la banalité d'une histoire générale des religions.

 

 II n'en reste pas moins que Dieu n'a pas purement et simplement rejeté la demande de Moïse, et, afin de comprendre l'imbrication étrange du nom et de l'absence de nom, nous devons comprendre ce qu'est un nom. Nous pourrions simplement dire : le nom crée la possibilité de l'invocation, de l'appel. Il crée une relation. Quand Adam nomme les animaux, cela ne signifie pas qu'il exprime leur nature, mais qu'il les intègre dans son univers humain et qu'il fait en sorte de pouvoir les appeler. Partant de là, nous comprenons l'aspect positif du nom de Dieu : Dieu crée une relation entre lui et nous. Il fait en sorte qu'on puisse l'invoquer. Il entre en relation avec nous et il nous permet d'être en relation avec lui. Mais cela signifie qu'il entre, d'une façon ou d'une autre, dans notre monde humain. Il est devenu accessible et par là aussi vulnérable. Il prend le risque de la relation, le risque d'être avec nous.

 

 Ce qui parvient à son accomplissement dans son incarnation s'origine dans le don du nom. Lors de l'étude de la prière sacerdotale de Jésus, nous verrons qu'en effet Jésus se présente alors comme le nouveau Moïse : "J'ai fait connaître ton nom aux hommes" (Jn 17, 6). Ce qui a commencé avec le Buisson ardent dans le désert du Sinaï s'accomplit avec le Buisson ardent de la croix. En son fils devenu homme, on peut dire que Dieu est désormais devenu vraiment accessible. Il fait partie de notre monde, il s'est en quelque sorte remis entre nos mains.

 

Nous comprenons alors ce que signifie la demande de sanctifier le nom de Dieu. Désormais, on peut abuser du nom de Dieu et ainsi souiller Dieu lui-même. Le nom de Dieu peut être récupéré, et alors l'image de Dieu est déformée. Plus Dieu se remet entre nos mains, plus nous pouvons obscurcir sa lumière. Plus il est proche, plus notre abus de lui peut le rendre méconnaissable.

 

Martin Buber disait qu'en voyant l'abus honteux qu'on faisait du nom de Dieu, on peut perdre tout courage de le nommer. Mais le taire serait plus encore un refus de son amour qui vient à notre rencontre. Buber affirmait que nous ne pourrions que ramasser, dans le plus grand respect, les lambeaux du nom sali et essayer de les purifier. Mais seuls, nous en sommes incapables. Nous ne pouvons que lui demander de ne pas laisser détruire dans ce monde la lumière de son nom.

 

Benoît XVI

Jésus de Nazareth

tome 1, chapitre V (extrait)

 

Moïse devant le Buison Ardent par Domenico Feti

" Ce qui a commencé avec le Buisson ardent dans le désert du Sinaï s'accomplit avec le Buisson ardent de la croix."

 

 

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