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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Magnificat

     



Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






Yahad-In Unum

   

Vicariat hébréhophone en Israël

 


 

Mgr Fouad Twal

Patriarcat latin de Jérusalem

 

               


Vierge de Vladimir  

    

 

SALVE REGINA

10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 12:00

Jesus ductus est in desertum a Spiritu, ut tentaretur a diabolo. Et cum jejunasset quadraginta diebus et quadraginta noctibus, postea esuriit.

Jésus fut conduit dans le désert par l'Esprit, pour y être tenté du démon. Et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il se sentit pressé de la faim. (Saint Matthieu, chap. IV, 1.)

 

N'est-il pas étonnant que le Fils de Dieu, qui n'est descendu sur la terre, comme dit saint Jean, que pour détruire les œuvres du démon, ait voulu les éprouver lui-même, et se voir exposé aux attaques de cet esprit tentateur ? Mais quatre grandes raisons, remarque saint Augustin, l'y ont engagé, et toutes sont prises de notre intérêt. Nous étions trop fragiles et trop faibles pour soutenir la tentation, et il a voulu nous fortifier ; nous étions trop timides et trop lâches, et il a voulu nous encourager ; nous étions trop imprudents et trop téméraires, et il a voulu nous apprendre à nous précautionner : nous étions sans expérience et trop peu versés dans l'art de combattre notre commun ennemi, et il a voulu nous l'enseigner.

 

Or c'est ce qu'il fait admirablement aujourd'hui. Car, selon la pensée et l'expression de saint Grégoire, il nous a rendus plus forts, en surmontant nos tentations par ses tentations mêmes, comme par sa mort il a surmonté la nôtre. Justum quippe erat, ut tentatus nostras tentationes suis vinceret, quemadmodum mortem nostram venerat sua morte superare. Il nous a rendus plus courageux et plus hardis, en nous animant par son exemple, puisque rien en effet ne doit plus nous animer que l'exemple d'un Homme-Dieu, notre souverain pontife, éprouvé comme nous en toutes manières, suivant la parole de saint Paul : Tentatum autem per omnia. Il nous a rendus plus circonspects et plus vigilants, en nous faisant connaître que personne ne doit se tenir en assurance, lorsque lui-même, le Saint des Saints, il n'est pas à couvert de la tentation. Enfin il nous a rendus plus habiles et plus intelligents , en nous montrant de quelles armes nous devons user pour nous défendre, et en nous traçant les règles de cette milice spirituelle.

 

En cela semblable à un grand roi, qui, pour repousser les ennemis de son Etat, et pour dissiper leurs ligues, ne se contente pas de lever des troupes et de donner des ordres ; mais paraît le premier à la tête de ses armées, les soutient par sa présence, les conduit par sa sagesse, les anime par sa valeur, et toujours, malgré les obstacles et les périls, leur assure la victoire. Or, si l'exemple d'un roi a tant de force et tant de vertu, comme vous le savez, Chrétiens, et comme vous l'avez tant de fois reconnu vous-mêmes, que doit faire l'exemple d'un Dieu ? Voici sans doute un des plus importants sujets que je puisse traiter dans la chaire, et qui demande plus de réflexion. Parmi tant d'excellentes leçons que nous donne Jésus-Christ dans l'évangile de ce jour, touchant la manière dont nous devons nous gouverner dans la tentation, j'en choisis deux auxquelles je m'arrête, et que me fournissent les paroles de mon texte. La première est que ce divin Maître ne va au désert, où il est tenté, que par l'inspiration de l'Esprit de Dieu : Ductus est in desertum a Spiritu, ut tentaretur. La seconde, qu'il n'y est tenté qu'après s'être prémuni du jeûne et de la mortification des sens : Et cum jejunasset quadraginta diebus et quadraginta noctibus, accessit tentator. De là je tirerai deux conséquences, l'une et l'autre bien utiles et bien nécessaires. Ave, Maria.

 

De quelque manière que Dieu en ait disposé dans le conseil de sa sagesse, sur ce qui regarde cette préparation de grâces que saint Augustin appelle prédestination, trois choses sont évidentes et incontestables dans les principes de la foi, savoir : que, pour vaincre la tentation, le secours de la grâce est nécessaire ; qu'il n'y a point de tentation qui ne puisse être vaincue par la grâce, et que Dieu enfin, par un engagement de fidélité, ne manque jamais à nous fortifier de sa grâce dans la tentation.

 

Sans la grâce je ne puis vaincre la tentation : c'est un article décidé contre l'erreur pélagienne. Or, quand je dis vaincre, j'entends de cette victoire sainte dont parlait l'Apôtre, lorsqu'il disait : Qui legitime certaverit ; de cette victoire qui est un effet de l'esprit chrétien, qui a son mérite devant Dieu, et pour laquelle l’homme doit être un jour récompensé dans le ciel et couronné. Car de vaincre une tentation par une autre tentation, un vice par un autre vice, un péché par un autre péché ; de surmonter la vengeance par l'intérêt, l'intérêt par le plaisir, le plaisir par l'ambition, ce sont les vertus et les victoires du monde, où la grâce n'a point de part. Mais de surmonter toutes ces tentations et le monde même pour Dieu, c'est la victoire de la grâce et de notre foi : Et hœc est victoria quœ vincit mundum, fides vestra.

 

Il n'y a point de tentation qui ne puisse être vaincue par la grâce : autre maxime essentielle dans la religion, et le bien-aimé disciple saint Jean en apporte une excellente raison : Car, dit-il en parlant aux fidèles, celui qui est en vous par sa grâce est bien plus fort que celui qui est dans le monde, et qui y règne en qualité de prince du monde : Vicistis eum, quoniam major est qui in vobis est, quam qui in mundo. C'est donc faire injure à Dieu, que de croire la tentation insurmontable, et de dire ce que nous disons néanmoins si souvent : Je ne puis résister à telle passion ; je ne puis tenir contre telle habitude et tel penchant. C’est, dans la pensée de saint Bernard, une parole d'infidélité encore plus que de faiblesse : pourquoi ? parce qu'en parlant ainsi, ou nous n'avons égard qu'à nos propres forces, et en ce sens la proposition est vraie ; mais nous sommes infidèles de séparer nos forces de celles de Dieu ; ou nous supposons la grâce et le secours de Dieu, et en ce sens la proposition non seulement est fausse , mais hérétique, parce qu'il est de la Foi qu'avec le secours de Dieu nous pouvons tout : Omnia possum in eo qui me confortat.

 

Mais avons-nous toujours ce secours de Dieu dans la tentation ? C'est ce qui me reste à vous Expliquer, et ce qui doit faire le fond de ce discours, où j'ose dire que, sans embarrasser vos esprits, et sans rien avancer dont vous ne soyez édifiés, je vais vous donner l'éclaircissement de ce qu'il y a de plus important et de plus solide dans la matière de la grâce. Oui, Chrétiens, il est encore de la Foi que Dieu ne permet jamais que nous soyons tentés au-delà de ce que nous pouvons : Fidelis Deus qui non patietur vos tentari supra id quod potestis. Or, nous n'avons ce pouvoir que par la grâce. Elle ne nous manque donc point du côté de Dieu, non seulement pour vaincre la tentation, mais pour en profiter : Sed faciet cum tentatione proventum.

 

Voilà comment parle saint Paul, et de quoi nous ne pouvons douter, si nous ne sommes pas assez aveugles pour nous figurer un Dieu sans miséricorde et sans providence. Mais quoique cela soit ainsi, il y a pourtant une erreur qui n'est aujourd'hui que trop commune, et qui se découvre dans la conduite de la plupart des hommes : c'est de croire que ces grâces nous sont toujours données telles que nous les voulons, et au moment que nous les voulons. Erreur dont les conséquences sont très pernicieuses, et dont j'ai cru qu'il était important de vous détromper.

 

Pour vous faire entendre mon dessein, je distingue deux sortes de tentations ; les unes volontaires, et les autres involontaires. Les unes où nous nous engageons de nous-mêmes contre l'ordre de Dieu, et les autres où nous nous trouvons engagés par une espèce de nécessité attachée à notre condition. Dans les premières, je dis que nous ne devons point espérer d'être secourus de Dieu, si nous ne sortons de l'occasion ; et que pour cela nous ne devons point alors nous promettre une grâce de combat, mais une grâce de fuite : ce sera la première partie. Dans les autres, je prétends qu'en vain nous aurons une grâce de combat, si nous ne sommes en effet résolus à combattre nous-mêmes, et surtout comme Jésus-Christ, par la mortification de la chair : ce sera la seconde partie. Toutes deux renferment de solides instructions.

 

 

BOURDALOUE, SUR LES TENTATIONS

 

 

ŒUVRES COMPLÈTES DE BOURDALOUE

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bourdaloue/

 

Nature morte aux fruits, Willem van Aelst

Nature morte aux fruits, Willem van Aelst

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 05:00

Le Seigneur parla à Moïse, et lui dit : Parlez à toute l’assemblée des enfants d’Israël, et dites-leur : Soyez saints, parce que je suis saint, moi qui suis le Seigneur, votre Dieu.

 

Vous ne déroberez point. Vous ne mentirez point ; et nul ne trompera son prochain.

 

Vous ne jurerez point faussement en mon nom, et vous ne souillerez point le nom de votre Dieu. Je suis le Seigneur.

 

Vous ne calomnierez point votre prochain, et vous ne l’opprimerez point par violence. Le prix du mercenaire qui vous donne son travail, ne demeurera point chez vous jusqu’au matin.

 

Vous ne parlerez point mal du sourd, et vous ne mettrez rien devant l’aveugle qui puisse le faire tomber ; mais vous craindrez le Seigneur, votre Dieu, parce que je suis le Seigneur.

 

Vous ne ferez rien contre l’équité, et vous ne jugerez point injustement. N’ayez point d’égard contre la justice à la personne du pauvre, et ne respectez point contre la justice la personne de l’homme puissant. Jugez votre prochain selon la justice.

 

Vous ne serez point parmi votre peuple ni un calomniateur public, ni un médisant secret.

 

Vous ne ferez point d’entreprises contre le sang de votre prochain. Je suis le Seigneur.

 

Vous ne haïrez point votre frère en votre cœur, mais vous le reprendrez publiquement, de peur que vous ne péchiez vous-même sur son sujet.

 

Ne cherchez point à vous venger, et ne conservez point le souvenir de l’injure de vos citoyens.

 

Vous aimerez votre prochain comme vous-même.

 

Je suis le Seigneur.

 

 

LÉVITIQUE

 

 

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 

Moïse avec les dix commandements, Philippe de Champaigne

Moïse avec les dix commandements, Philippe de Champaigne

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9 mars 2014 7 09 /03 /mars /2014 05:00

Jésus fut conduit par l’Esprit dans le désert, pour y être tenté par le diable ; et ayant jeûné quarante jours et quarante nuits, il eut faim ensuite. Et le tentateur s’approchant de lui, lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, dites que ces pierres deviennent des pains. Mais Jésus lui répondit : Il est écrit : L’homme ne vit pas seulement de pain, mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu.

 

Le diable alors le transporta dans la ville sainte ; et le mettant sur le haut du temple, il lui dit : Si vous êtes Fils de Dieu, jetez-vous en bas : car il est écrit, Qu’il a ordonné à ses anges d'avoir soin de vous, et qu’ils vous soutiendront de leurs mains, de peur que vous ne vous heurtiez le pied contre quelque pierre. Jésus lui répondit : Il est écrit aussi : Vous ne tenterez point le Seigneur, votre Dieu.

 

Le diable le transporta encore sur une montagne fort haute ; et lui montrant tous les royaumes du monde, et toute la gloire qui les accompagne, il lui dit : Je vous donnerai toutes ces choses, si en vous prosternant devant moi vous m’adorez. Mais Jésus lui répondit : Retire-toi, Satan ! car il est écrit : C'est le Seigneur, votre Dieu, que vous adorerez, et c'est lui seul que vous servirez.

 

Alors le diable le laissa ; et en même temps les anges s’approchèrent, et ils le servaient.

 

ÉVANGILE DE SAINT MATTHIEU

 

 

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 

Les trois tentations du Christ (détail), Botticelli, Chapelle Sixtine

Les trois tentations du Christ (détail), Botticelli, Chapelle Sixtine

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 12:00

La parole de Dieu a été , dès les premiers siècles du christianisme, la nourriture spirituelle dont l’Église, pendant le jeûne du carême, a pourvu ses enfants, et l'usage en est encore aujourd'hui très commun. Vous devez là-dessus, non seulement accomplir votre devoir, mais l'accomplir exemplairement : vous affectionnant à la divine parole qui vous est prêchée, vous y rendant assidue, l'estimant, la goûtant, la méditant, craignant d'en abuser ou de la négliger, portant les autres à l'entendre comme vous, et lui donnant du crédit, quand ce ne serait que pour empêcher l'avilissement où elle tombe. Par là vous aurez part à la béatitude de ceux qui l'honorent : car c'est Jésus-Christ lui-même qui les a déclarés bienheureux. Au défaut de la prédication, lorsque vous serez hors d'état d'y assister, et même quand vous y assisterez, vous devez aller à la source de cette parole toute sainte, lisant chaque jour du carême l'évangile qui lui est propre ; mais le lisant avec respect, avec attention, avec foi, parce que c'est la parole pure et immédiate du Saint-Esprit, et qu'en ce sens cette parole est encore plus vénérable que celle qui vous est annoncée par le ministère des hommes.

 

Ajoutez qu'une des fins du carême et de son institution est de préparer les fidèles à la Communion pascale, et que c'est à quoi vous devez singulièrement penser, travaillant plus que jamais à purifier votre conscience, faisant les confessions avec plus d'exactitude, rentrant plus souvent en vous-même pour vous éprouver, afin que dans la solennité de Pâques Jésus-Christ vous trouve plus digne d'approcher de lui et de ses divins mystères. Il serait bon que vous fissiez pour cela, d'année en année, une espèce de revue durant le carême, pour remédier a vos relâchements et à vos tiédeurs. Par cette confession générale depuis la dernière, vous vous renouvelleriez et vous disposeriez à la fête qui approche, et qui doit être le renouvellement universel de toutes les âmes chrétiennes. Du reste, la plus excellente préparation pour bien communier est, selon saint Chrysostome, la communion même. Vous ne pouvez mieux vous disposer à celle de Pâques, que par les communions fréquentes et ferventes du carême. Car voilà pourquoi dans la plupart des Eglises d'Occident, comme nous l'apprenons des anciens conciles, la coutume était, pendant le carême, de communier tous les jours. Coutume que saint Charles souhaita si ardemment de rétablir dans l'Eglise de Milan, n'ayant point trouvé de moyen plus efficace pour préparer les peuples au devoir pascal, que d'ordonner dans le temps du carême la fréquentation des sacrements. Pourquoi donc ne vous conseillerais-je pas la même pratique, puisque j'en ai les mêmes raisons, et que je suppose de votre part les mêmes dispositions.

 

Enfin le carême, de la manière qu'il est institué dans le christianisme, se rapportant tout entier au grand mystère de la passion de Jésus-Christ, qui en est le terme, c'est surtout dans cette sainte quarantaine que vous devez être occupée du souvenir des souffrances du Sauveur. Souvenir que Jésus-Christ attend de vous, et auquel vous ne pouvez manquer sans vous rendre coupable de la plus énorme ingratitude. Souvenir qui vous doit être infiniment avantageux, et que vous ne pouvez perdre sans renoncer aux plus solides intérêts de votre salut. C'est, dis-je, dans le temps du carême que vous devez vous l'imprimer profondément, ce souvenir, afin qu'il ne s'efface jamais de votre âme, et qu'à tous les moments de votre vie vous puissiez vous écrier : Ah ! Seigneur, j'oublierais plutôt ma main droite que je n'oublierais ce que vous avez souffert pour moi. Il est donc important que vous ne passiez aucun jour du carême sans lire dans les évangélistes quelque chose de la passion du Fils de Dieu et de sa mort. Quels miracles de vertu, pour peu que vous y soyez attentive, n'y découvrirez-vous pas ? Le souvenir des souffrances de Dieu vous rendra tous les exercices de la pénitence non seulement supportables, mais aimables ; et l'une des plus douces pensées pour vous, et des pratiques les plus consolantes dans la suite du carême, sera d'unir votre pénitence à la pénitence de Jésus-Christ. Telle était la dévotion de saint Paul, quand il disait : Je suis attaché à la croix avec Jésus-Christ ; ne séparant point la croix de Jésus-Christ d'avec la sienne, et n'en faisant qu'une des deux. Mais pour parvenir à cette dévotion du grand Apôtre, il faut que le mystère de la passion soit le sujet le plus ordinaire de vos considérations et de vos réflexions.

 

Voilà les avis que j'ai à vous donner pour un temps qui vous doit être si précieux. Vous ne pouvez trop reconnaître la bonté de Dieu qui vous l'accorde, et qui veut bien accepter le bon emploi que vous en ferez pour la rémission de vos fautes. Car il y a dans cette conduite de Dieu envers vous une double miséricorde, dont vous ne sauriez assez le bénir, ni lui témoigner assez votre reconnaissance, pitiié ! Seigneur, devez-vous lui dire, qu'ai-je fait, et par où ai-je mérité que vous m'ayez ainsi attendue, et que vous m'ayez fourni un moyen si facile de payer à votre justice tant de dettes dont je me trouve chargée ? Vous n'avez pas voulu me perdre comme des millions d'autres; et bien loin de me traiter comme eux dans toute la rigueur de vos jugements, vous vous relâchez en quelque sorte pour moi de tous vos droits. A combien de pécheurs et de pécheresses, moins coupables que moi, avez-vous refusé ce temps de pénitence, et quelle proportion y a-t-il entre cette pénitence que votre Eglise m'impose, et toutes les infidélités de ma vie ? Mais plus vous m'épargnez, mon Dieu, moins je m'épargnerai moi-même; et plus vous usez d'indulgence envers une misérable créature pour lui faciliter la juste réparation qu'elle vous doit, plus j'userai de sévérité pour vous rendre, non pas toute la gloire que je vous ai ravie, et qui vous est due, mais toute celle au moins que je suis en état de vous procurer. Que n'ai je été toujours animée de ce sentiment ! je n'aurais point tant écouté mille prétextes, que l'esprit du monde, que la nature corrompue, que ma faiblesse et mon amour-propre me suggéraient.

 

Mais si je n'ai pas profité du passé, vous voyez, Seigneur, la résolution où je suis de ne laisser rien échapper du présent, ni de l'avenir, autant qu'il vous plaira de me donner encore de jours. Daignez, mon Dieu, me confirmer dans cette heureuse disposition ; et comme votre grâce me l'inspire, qu'elle m'aide à la soutenir. Ainsi soit-il.

 

 

BOURDALOUE, Instruction pour le temps du Carême, X-XIII

 

 

ŒUVRES COMPLÈTES DE BOURDALOUE

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Bible d'Ottheinrich, Bibliothèque d’État de Bavière, Munich

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8 mars 2014 6 08 /03 /mars /2014 05:00

Si vous ôtez la chaîne du milieu de vous, si vous cessez d’étendre la main contre les autres, et de dire des paroles désavantageuses à votre prochain ; si vous assistez le pauvre avec une effusion de cœur, et si vous remplissez de consolation l’âme affligée, votre lumière se lèvera dans les ténèbres, et vos ténèbres deviendront comme le midi.

 

Le Seigneur vous tiendra toujours dans le repos ; il remplira votre âme de ses splendeurs, et il engraissera vos os : vous deviendrez comme un jardin toujours arrosé, et comme une fontaine dont les eaux ne sèchent jamais ; les lieux qui avaient été déserts depuis plusieurs siècles, seront dans vous remplis d’édifices ; vous relèverez les fondements abandonnés pendant une longue suite d’années ; et l’on dira de vous, que vous réparez les haies, et que vous faites une demeure paisible des chemins passants.

 

Si vous vous empêchez de voyager le jour du sabbat, et de faire votre volonté au jour qui m’est consacré ; si vous le regardez comme un repos délicieux, comme le jour saint et glorieux du Seigneur, dans lequel vous lui rendiez l’honneur qui lui est dû, en ne suivant point vos inclinations, en ne faisant point votre propre volonté, et en ne disant point de paroles vaines : alors vous trouverez vos délices dans le Seigneur ; je vous élèverai au-dessus de ce qu’il y a de plus élevé sur la terre, et je vous donnerai pour vous nourrir l’héritage de Jacob, votre père : car c’est la bouche du Seigneur qui a parlé.

 

Isaîe

 

 

 

ÉVANGILE DE SAINT LUC :

 

Jésus étant sorti, vit un publicain, nommé Lévi, assis au bureau des impôts, et il lui dit : Suivez-moi. Et lui, quittant tout, se leva et le suivit.

 

Lévi lui fit ensuite un grand festin dans sa maison, où il se trouva un grand nombre de publicains et d’autres, qui étaient à table avec eux.

 

Mais les pharisiens et les docteurs des Juifs en murmuraient, et disaient aux disciples de Jésus : D’où vient que vous mangez et buvez avec des publicains et des gens de mauvaise vie ?

 

Et Jésus prenant la parole, leur dit : Ce ne sont pas ceux qui se portent bien, mais les malades, qui ont besoin de médecin.

 

Je suis venu pour appeler non les justes, mais les pécheurs, à la pénitence.

 

 

 

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 

Bible d'Ottheinrich, Bibliothèque d’État de Bavière, Munich

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 12:00

La pénitence purement intérieure ne suffit pas, et tous les oracles de la foi nous apprennent qu'il y faut joindre l'extérieure, parce que la corruption du péché s'étant également répandue sur l'homme extérieur et sur l'homme intérieur, Dieu, dit saint Augustin, exige de nous, selon l'un et l'autre, le témoignage de notre condition. Conformément à cette maxime, vous devez être pendant le carême plus fidèle que jamais aux petites mortifications que Dieu vous a inspiré de vous prescrire à vous-même, afin qu'au moins en quelque chose vous ayez la consolation, suivant la parole de saint Paul, de porter sur votre corps la mortification du Seigneur Jésus, et quelle paraisse dans votre chair mortelle.

 

Par la même raison, le temps du carême doit encore allumer votre ferveur, pour rendre aux malades que Dieu confie à vos soins les visites de charité, et même les services humiliants qu'ils attendent de vous : car ces services et ces visites sont pour vous des œuvres de pénitence ; et vous devez vous souvenir que comme la foi est morte sans les œuvres, ainsi l'esprit de pénitence s'éteint peu à peu, quand il n'est pas entretenu par les œuvres de la pénitence.

 

Vous ne devez pas non plus négliger, autant qu'il dépend de vous, d'être plus modeste dans vos habits pendant le carême, qu'en tout autre temps de l'année, puisque le Saint-Esprit, en mille endroits de l'Ecriture, fait consister dans cette modestie un des devoirs de la pénitence des pécheurs : d'où vient que les pénitents de la primitive Eglise se revêtaient du cilice et se couvraient de cendres. Vous ne professez pas une autre religion qu'eux ; et tout votre zèle, à proportion et dans l'étendue de votre condition, doit être de vous conformer à eux.

 

L'aumône, selon la doctrine des Pères, ayant toujours été considérée comme inséparable du jeûne, parce que les pauvres, disaient-ils, doivent profiter de la pénitence des riches, il est évident que cette obligation des riches devient encore bien plus grande a leur égard, quand par des raisons légitimes ils sont dispensés de jeûner. L'aumône n'est plus alors un simple accompagnement, mais un supplément du jeûne, dont elle doit tenir la place. Il faut donc qu'elle soit plus abondante, comme étant due à double titre, et du jeûne et de l'aumône même. C'est par là que vous devez mesurer et régler vos aumônes pendant ce saint temps, ne vous contentant pas des aumônes que la loi commune de la charité vous engage à faire en toute sorte de temps, mais en faisant d'extraordinaires que la loi de la pénitence y doit ajouter, parce qu'il est constant qu'une pécheresse doit bien plus à Dieu sur ce point, qu'une chrétienne qui aurait conservé la grâce de son innocence. Vos aumônes, pour être le supplément de votre jeûne, et pour faire partie de votre pénitence, doivent être des aumônes qui vous coûtent ; je veux dire que vous les devez faire de ce que vous vous serez refusé à vous-même, et qu'une de vos dévotions du carême doit être de sacrifier à Dieu certaines choses dont vous voudrez bien vous priver pour avoir de quoi secourir votre prochain, préférant le soulagement de ses misères à votre sensualité, à votre curiosité, à votre vanité. C'est par de semblables victimes, dit le saint apôtre, qu'on se rend Dieu favorable.

 

Ce n'est pas assez : mais pour sanctifier le carême, il faut de plus retrancher les plaisirs et les vaines joies du monde ; rien n'étant plus opposé à l'esprit de la religion, beaucoup plus à l'esprit de la pénitence, que ce qui s'appelle plaisir, surtout dans un temps dédié à la pénitence solennelle de l'Eglise. Ainsi une âme chrétienne doit alors, non seulement abandonner tous les divertissements profanes qui ne sont permis en nul autre temps, comme les spectacles, les comédies, les danses ; mais même les jeux innocents, les conversations mondaines, les assemblées, les promenades, tout ce qui peut faire perdre l'esprit de recueillement et de componction. Il n'y a pas jusques aux personnes les plus séparées du monde par leur état de vie, qui ne doivent entrer dans cette pratique, ayant un soin particulier pendant le temps du carême, de s'abstenir de certaines récréations, et d'en faire à Dieu le sacrifice. Ce qui doit néanmoins s'entendre des choses qui ne sont ni nécessaires, ni utiles, et dont on se peut passer sans préjudice d'un plus grand bien. Ce qu'on accorde même pour lors ou à la santé, ou à une honnête relâche de l'esprit doit être accompagné d'une secrète douleur de se voir réduit à la nécessité de prendre ces petits soulagements, et à l'impuissance de faire une pénitence parfaite, telle qu'on voudrait la pouvoir faire pour s'acquitter pleinement auprès de Dieu.

 

Jésus-Christ, durant son jeûne de quarante jours, se retira au désert, et quitta ses disciples : d'où vous devez conclure que le carême des chrétiens doit être pour eux un temps de retraite et de séparation du monde, puisque le Fils de Dieu n'en usa de la sorte que pour notre instruction, et non pas pour sa propre sanctification ; et que le jeûne qu'il observa ne fut que pour servir de modèle au nôtre. Car c'est ce que tous les Pères de l'Eglise nous ont enseigné. Formez-vous sur ce grand exemple. Faites-vous une règle de vous séparer du monde, non par l'amour de votre repos, mais par le désir et le zèle de votre perfection. Ne vous contentez pas de cela : mais sans changer de lieu, ni en faire dépendre votre dévotion, établissez-vous au milieu de vous-même une solitude intérieure, où, dans le silence et hors du tumulte, vous communiquiez avec Dieu, donnant tous les jours du carême plus de temps à l'oraison et à la prière. Est-il personne au monde, sans exception, à qui cet exercice de retraite, joint à l'oraison et à une sainte communication avec Dieu, soit si nécessaire qu'à vous ? Disposez-vous donc à en tirer tous les avantages que Dieu par sa miséricorde y a attachés pour votre salut.

 

Car c'est à vous-même et de vous-même que Dieu dit, par le prophète Osée : Je la conduirai dans la solitude et là je lui parlerai au cœur.

 

 

BOURDALOUE, Instruction pour le temps du Carême, VI-IX

 

 

ŒUVRES COMPLÈTES DE BOURDALOUE

http://www.abbaye-saint-benoit.ch/saints/bourdaloue/

 

Banquet en nature morte, Abraham van Beyeren, Mauritshuis, The Hague

Banquet en nature morte, Abraham van Beyeren, Mauritshuis, The Hague

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 05:00

Criez sans cesse, faites retentir votre voix comme une trompette ; annoncez à mon peuple les crimes qu’il a faits, et à la maison de Jacob les péchés qu’elle a commis. Car ils me cherchent chaque jour, et ils demandent à connaître mes voies, comme si c’était un peuple qui eût agi selon la justice, et qui n’eût point abandonné la loi de son Dieu. Ils me consultent sur les règles de la justice, et ils veulent s’approcher de Dieu.

 

Pourquoi avons-nous jeûné, disent-ils, sans que vous nous ayez regardés ? pourquoi avons-nous humilié nos âmes, sans que vous vous en soyez mis en peine ? C’est parce que votre propre volonté se trouve au jour de votre jeûne, et que vous exigez tout ce qu’on vous doit. Vous jeûnez, et vous faites des procès et des querelles, et vous frappez vos frères avec une violence impitoyable. Ne jeûnez plus à l’avenir comme vous avez fait jusqu’à cette heure, en faisant retentir l’air de vos cris.

 

Le jeûne que je demande consiste-t-il à faire qu’un homme afflige son âme pendant un jour, qu’il fasse comme un cercle de sa tête en baissant le cou, et qu’il prenne le sac et la cendre ? Est-ce là ce que vous appelez un jeûne, et un jour agréable au Seigneur ?

 

Le jeûne que j’approuve n’est-ce pas plutôt celui-ci ? Rompez les chaînes de l’impiété, déchargez de tous leurs fardeaux ceux qui en sont accablés ; renvoyez libres ceux qui sont opprimés par la servitude, et brisez tout ce qui charge les autres.

 

Faites part de votre pain à celui qui a faim, et faites entrer en votre maison les pauvres et ceux qui ne savent où se retirer. Lorsque vous verrez un homme nu, revêtez-le ; et ne méprisez point votre propre chair. Alors votre lumière éclatera comme l’aurore ; et vous recouvrerez bientôt votre santé ; votre justice marchera devant vous, et la gloire du Seigneur fermera votre marche.

 

Alors vous invoquerez le Seigneur, et il vous exaucera : vous crierez vers lui, et il vous dira : Me voici.

 

Isaïe

 

 

 

ÉVANGILE DE SAINT MATTHIEU :

 

Alors les disciples de Jean vinrent le trouver, et lui dirent : Pourquoi les pharisiens et nous jeûnons-nous souvent, et que vos disciples ne jeûnent point ?

 

Jésus leur répondit : Les amis de l’époux peuvent-ils être dans la tristesse et dans le deuil pendant que l’époux est avec eux ? Mais il viendra un temps où l’époux leur sera ôté, et alors ils jeûneront.

 

 

 

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 

Nature morte, Abraham van Beyeren, Rijksmuseum, Amsterdam

Nature morte, Abraham van Beyeren, Rijksmuseum, Amsterdam

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