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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Magnificat

     



Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






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Vicariat hébréhophone en Israël

 


 

Mgr Fouad Twal

Patriarcat latin de Jérusalem

 

               


Vierge de Vladimir  

    

 

SALVE REGINA

10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 16:00

 

Six jours avant la Pâque, Jésus vint à Béthanie, où était mort Lazare qu’il avait ressuscité.

On lui apprêta là à souper ; Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui.

 

Mais Marie ayant pris une livre d’huile de parfum de vrai nard, qui était de grand prix, elle le répandit sur les pieds de Jésus, et les essuya avec ses cheveux ;

et toute la maison fut remplie de l’odeur de ce parfum.

 

Alors l’un de ses disciples, savoir, Judas Iscariote, qui devait le trahir, dit : pourquoi n’a-t-on pas vendu ce parfum trois cents deniers, qu’on aurait donnés aux pauvres ?

Il disait ceci, non qu’il se souciât des pauvres, mais parce qu’il était larron, et qu’ayant la bourse, il portait l’argent qu’on y mettait.

Mais Jésus dit : Laissez-la faire, parce qu’elle a gardé ce parfum pour le jour de ma sépulture.

Car vous avez toujours des pauvres parmi vous ; mais pour moi, vous ne m’aurez pas toujours.

 

Une grande multitude de Juifs ayant su qu’il était là, y vinrent, non seulement pour Jésus, mais aussi pour voir Lazare, qu’il avait ressuscité d’entre les morts.

Mais les princes des prêtres délibérèrent de faire mourir aussi Lazare ; parce que beaucoup de Juifs se retiraient d’avec eux à cause de lui, et croyaient en Jésus.

 

 

ÉVANGILE DE SAINT JEAN

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 lundi saint - six jours avant la Pâque Jésus vint à Béthanie

Lamentation, Fra Bartolomeo

 

 

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10 avril 2017 1 10 /04 /avril /2017 09:40
Le Dimanche des Rameaux de Jean-Luc Mélenchon à Marseille

" Pourquoi pas Mélenchon ? " Des jeunes de droite s'interrogent...

Dégoûtée par les affaires qui ont émaillé la campagne de Fillon, elle fait partie d'une espèce en voie d'apparition et que personne n'aurait pu imaginer : les jeunes de droite tentés par le bulletin… Mélenchon !

https://actu-politique.info/viewtopic.php?t=19414

Le Dimanche des Rameaux de Jean-Luc Mélenchon à Marseille
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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 10:00

 

Alors un des douze, appelé Judas Iscariote, alla trouver les princes des prêtres, et leur dit : Que voulez-vous me donner, et je vous le livrerai ?

Et ils convinrent de lui donner trente pièces d’argent.

Depuis ce temps-la il cherchait une occasion favorable pour le livrer entre leurs mains.

 

Or, le premier jour des azymes, les disciples vinrent trouver Jésus, et lui dirent : Où voulez-vous que nous vous préparions ce qu’il faut pour manger la Pâque ?

Jésus leur répondit : Allez dans la ville chez un tel, et lui dites, le Maître vous envoie dire : Mon temps est proche ; je viens faire la Pâque chez vous avec mes disciples.

Les disciples firent ce que Jésus leur avait commandé, et préparèrent ce qu’il fallait pour la Pâque.

 

Le soir étant donc venu, il se mit à table avec ses douze disciples.

Et lorsqu’ils mangeaient, il leur dit : Je vous dis en vérité, que l’un de vous me trahira.

Ce qui leur ayant causé une grande tristesse, chacun d’eux commença à lui dire : Serait-ce moi, Seigneur ?

Il leur répondit : Celui qui met la main au plat avec moi, est celui qui me trahira.

Pour ce qui est du Fils de l’Homme, il s’en va selon ce qui a été écrit de lui ;

mais malheur à l’homme par qui le Fils de l’Homme sera trahi ! il vaudrait mieux pour lui qu’il ne fût jamais né.

Judas, qui fut celui qui le trahit, prenant la parole, lui dit : Maître ! est-ce moi ?

Jésus lui répondit : Vous l’avez dit.

 

Or, pendant qu’ils soupaient, Jésus prit du pain ; et l’ayant bénit il le rompit, et le donna à ses disciples, en disant :

Prenez, et mangez ; ceci est mon corps.

Et prenant le calice, il rendit grâces, et le leur donna, en disant :

Buvez-en tous ; car ceci est mon sang, le sang de la nouvelle alliance, qui sera répandu pour plusieurs, pour la rémission des péchés.

Or je vous dis, que je ne boirai plus désormais de ce fruit de la vigne, jusqu’à ce jour auquel je le boirai nouveau avec vous dans le royaume de mon Père.

Et ayant chanté le cantique d’action de grâces, ils s’en allèrent à la montagne des Oliviers.

 

Alors Jésus leur dit : Je vous serai à tous cette nuit une occasion de scandale ; car il est écrit : Je frapperai le Pasteur, et les brebis du troupeau seront dispersées.

Mais après que je serai ressuscité, j’irai avant vous en Galilée.

Pierre lui répondit : Quand vous seriez pour tous les autres un sujet de scandale, vous ne le serez jamais pour moi.

Jésus lui repartit : Je vous dis en vérité, qu’en cette même nuit, avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois.

Mais Pierre lui dit : Quand il me faudrait mourir avec vous, je ne vous renoncerai point.

Et tous les autres disciples dirent aussi la même chose.

 

Alors Jésus arriva avec eux en un lieu appelé Gethsémani ; et il dit à ses disciples : Asseyez-vous ici, pendant que je m’en irai là pour prier.

Et ayant pris avec lui Pierre et les deux fils de Zébédée, il commença à s’attrister, et à être dans une grande affliction.

Alors il leur dit : Mon âme est triste jusqu’à la mort ; demeurez ici, et veillez avec moi.

Et s’en allant un peu plus loin, il se prosterna le visage contre terre, priant, et disant :

Mon Père ! s’il est possible, faites que ce calice s’éloigne de moi ; néanmoins qu’il en soit, non comme je le veux, mais comme vous le voulez.

Il vint ensuite vers ses disciples, et les ayant trouvés endormis, il dit à Pierre : Quoi ! vous n’avez pu veiller une heure avec moi ?

Veillez et priez, afin que vous ne tombiez point dans la tentation ; l’esprit est prompt, mais la chair est faible.

Il s’en alla encore prier une seconde fois, en disant : Mon Père ! si ce calice ne peut passer sans que je le boive, que votre volonté soit faite.

Il retourna ensuite vers eux, et les trouva encore endormis, parce que leurs yeux étaient appesantis de sommeil.

Et les quittant, il s’en alla encore prier pour la troisième fois, disant les mêmes paroles.

 

Après, il vint trouver ses disciples, et leur dit : Dormez maintenant, et vous reposez !

voici l’heure qui est proche, et le Fils de l’Homme va être livré entre les mains des pécheurs.

Levez-vous, allons ; celui qui doit me trahir est près d’ici.

Il n’avait pas encore achevé ces mots, que Judas, un des douze, arriva, et avec lui une grande troupe de gens armés d’épées et de bâtons, qui avaient été envoyés par les princes des prêtres, et par les anciens du peuple.

Or celui qui le trahissait leur avait donné un signal pour le connaître, en leur disant : Celui que je baiserai, c’est celui-là même que vous cherchez : saisissez-vous de lui.

Aussitôt donc il s’approcha de Jésus, et lui dit : Maître ! je vous salue. Et il le baisa.

Jésus lui répondit : Mon ami, qu’êtes-vous venu faire ici ?

Et en même temps tous les autres s’avançant, se jetèrent sur Jésus, et se saisirent de lui.

Alors un de ceux qui étaient avec Jésus, portant la main sur son épée, et la tirant, en frappa un des serviteurs du grand prêtre, et lui coupa une oreille.

Mais Jésus lui dit : Remettez votre épée en son lieu ; car tous ceux qui prendront l’épée, périront par l’épée.

Croyez-vous que je ne puisse pas prier mon Père, et qu’il ne m’enverrait pas ici en même temps plus de douze légions d’anges ?

Comment donc s’accompliront les Écritures, qui déclarent que cela doit se faire ainsi ?

En même temps Jésus s’adressant à cette troupe, leur dit :

Vous êtes venus ici armés d’épées et de bâtons pour me prendre, comme si j’étais un voleur ; j’étais tous les jours assis au milieu de vous, enseignant dans le temple, et vous ne m’avez point arrêté.

Mais tout cela s’est fait afin que ce que les prophètes ont écrit fût accompli.

 

Alors les disciples l’abandonnant, s’enfuirent tous.

 

Ces gens s’étant donc saisis de Jésus, l’emmenèrent chez Caïphe, qui était grand prêtre, où les scribes et les anciens étaient assemblés.

Or Pierre le suivait de loin jusqu’à la cour de la maison du grand prêtre ; et étant entré, il s’assit avec les gens pour voir la fin de tout ceci.

Cependant les princes des prêtres et tout le conseil cherchaient un faux témoignage contre Jésus pour le faire mourir ; et ils n’en trouvèrent point qui fût suffisant, quoique plusieurs faux témoins se fussent présentés.

Enfin il vint deux faux témoins, qui dirent : Celui-ci a dit, je puis détruire le Temple de Dieu, et le rebâtir en trois jours.

Alors le grand prêtre se levant, lui dit : Vous ne répondez rien à ce que ceux-ci déposent contre vous ?

Mais Jésus demeurait dans le silence.

Et le grand prêtre lui dit : Je vous commande par le Dieu vivant, de nous dire, si vous êtes le Christ, le Fils de Dieu.

Jésus lui répondit : Vous l’avez dit ; je le suis ;

mais je vous déclare que vous verrez un jour le Fils de l’Homme assis à la droite de la majesté de Dieu, venir sur les nuées du ciel.

Alors le grand prêtre déchira ses vêtements, en disant : Il a blasphémé ; qu’avons-nous plus besoin de témoins ? Vous venez d’entendre le blasphème ; que vous en semble ?

Ils répondirent : Il a mérité la mort.

Alors on lui cracha au visage, et on le frappa à coups de poing ; et d’autres lui donnèrent des soufflets, en disant : Christ ! prophétise-nous, et dis qui est celui qui t’a frappé.

Pierre cependant était au dehors, assis dans la cour ; et une servante s’approchant, lui dit : Vous étiez aussi avec Jésus de Galilée.

Mais il le nia devant tout le monde, en disant : Je ne sais ce que vous dites.

Et lorsqu’il sortait hors de la porte pour entrer dans le vestibule, une autre servante l’ayant vu, dit à ceux qui se trouvèrent là : Celui-ci était aussi avec Jésus de Nazareth.

Pierre le nia une seconde fois, en disant avec serment : Je ne connais point cet homme.

Peu après, ceux qui étaient là s’avançant, dirent à Pierre : Certainement vous êtes aussi de ces gens-là ; car votre langage vous fait assez connaître.

Il se mit alors à faire des serments exécrables, et à dire en jurant, qu’il n’avait aucune connaissance de cet homme ;

et aussitôt le coq chanta.

Et Pierre se ressouvint de la parole que Jésus lui avait dite :

Avant que le coq chante, vous me renoncerez trois fois.

 

Étant donc sorti dehors, il pleura amèrement.

 

Le matin étant venu, tous les princes des prêtres et les sénateurs du peuple juif, tinrent conseil contre Jésus pour le faire mourir.

Et l’ayant lié, ils l’emmenèrent, et le mirent entre les mains de Ponce Pilate, leur gouverneur.

Cependant Judas qui l’avait livré, voyant qu’il était condamné, se repentit de ce qu’il avait fait ; et reportant les trente pièces d’argent aux princes des prêtres et aux sénateurs, il leur dit :

J’ai péché en livrant le sang innocent.

Ils lui répondirent : Que nous importe ? c’est votre affaire.

Alors il jeta cet argent dans le Temple, et s’étant retiré, il alla se pendre.

 

Mais les princes des prêtres ayant pris l’argent, dirent : Il ne nous est pas permis de le mettre dans le trésor, parce que c’est le prix du sang.

Et ayant délibéré là-dessus, ils en achetèrent le champ d’un potier, pour la sépulture des étrangers.

C’est pour cela que ce champ est appelé encore aujourd’hui Haceldama, c’est-à-dire, le champ du sang.

Ainsi fut accomplie cette parole du prophète Jérémie : Ils ont reçu les trente pièces d’argent, qui étaient le prix de celui qui avait été mis à prix, et dont ils avaient fait le marché avec les enfants d’Israël ; et ils les ont données pour en acheter le champ d’un potier, comme le Seigneur me l’a ordonné.

 

Or Jésus fut présenté devant le gouverneur ; et le gouverneur l’interrogea en ces termes : Êtes-vous le Roi des Juifs ?

Jésus lui répondit : Vous le dites.

Et étant accusé par les princes des prêtres et les sénateurs, il ne répondit rien.

Alors Pilate lui dit : N’entendez-vous pas de combien de choses ces personnes vous accusent ?

Mais il ne répondit rien à tout ce qu’il put lui dire ; de sorte que le gouverneur en était tout étonné.

Or le gouverneur avait accoutumé au jour de la fête de Pâque, de délivrer celui des prisonniers que le peuple lui demandait ; et il y en avait alors un insigne, nommé Barabbas.

Lorsqu’ils étaient donc tous assemblés, Pilate leur dit : Lequel voulez-vous que je vous délivre, de Barabbas, ou de Jésus, qui est appelé Christ ?

Car il savait bien que c’était par envie qu’on l’avait livré entre ses mains.

Cependant, lorsqu’il était assis dans son siège de justice, sa femme lui envoya dire : Ne vous embarrassez point dans l’affaire de ce juste ; car j’ai été aujourd’hui étrangement tourmentée dans un songe à cause de lui.

Mais les princes des prêtres et les sénateurs persuadèrent au peuple de demander Barabbas, et de faire périr Jésus.

Le gouverneur leur ayant donc dit : Lequel des deux voulez-vous que je vous délivre ?

ils lui répondirent : Barabbas.

Pilate leur dit : Que ferai-je donc de Jésus, qui est appelé Christ ?

Ils répondirent tous : Qu’il soit crucifié.

Le gouverneur leur dit : Mais quel mal a-t-il fait ?

Et ils se mirent à crier encore plus fort, en disant : Qu’il soit crucifié.

Pilate voyant qu’il n’y gagnait rien, mais que le tumulte s’excitait toujours de plus en plus, se fit apporter de l’eau, et se lavant les mains devant le peuple, il leur dit :

Je suis innocent du sang de ce juste ; ce sera à vous à en répondre.

Et tout le peuple lui répondit : Que son sang retombe sur nous et sur nos enfants.

 

Alors il leur délivra Barabbas ; et ayant fait fouetter Jésus, il le remit entre leurs mains pour être crucifié.

Les soldats du gouverneur menèrent ensuite Jésus dans le prétoire ; et là ayant assemblé autour de lui toute la cohorte, ils lui ôtèrent ses habits, et le revêtirent d’un manteau d’écarlate ; puis ayant fait une couronne d’épines entrelacées, ils la lui mirent sur la tête, avec un roseau dans la main droite ; et se mettant à genoux devant lui, ils se moquaient de lui, en disant : Salut au Roi des Juifs ! Et lui crachant au visage, ils prenaient le roseau qu’il tenait, et lui en frappaient la tête.

Après s’être ainsi joués de lui, ils lui ôtèrent ce manteau d’écarlate ; et lui ayant remis ses habits, ils l’emmenèrent pour le crucifier.

 

Lorsqu’ils sortaient, ils rencontrèrent un homme de Cyrène, nommé Simon, qu’ils contraignirent de porter la croix de Jésus.

Et étant arrivés au lieu appelé Golgotha, c’est-à-dire, le lieu du Calvaire, ils lui donnèrent à boire du vin mêlé de fiel ; mais en ayant goûté, il ne voulut point en boire.

Après qu’ils l’eurent crucifié, ils partagèrent entre eux ses vêtements, les jetant au sort ; afin que cette parole du prophète fût accomplie :

Ils ont partagé entre eux mes vêtements, et ont jeté ma robe au sort.

Et s’étant assis, ils le gardaient.

Ils mirent aussi au-dessus de sa tête le sujet de sa condamnation, écrit en ces termes : C’est Jésus Le Roi Des Juifs.

En même temps on crucifia avec lui deux voleurs, l’un à sa droite et l’autre à sa gauche.

Et ceux qui passaient par là le blasphémaient en branlant la tête, et lui disant :

Toi qui détruis le Temple de Dieu, et qui le rebâtis en trois jours, que ne te sauves-tu toi-même ? Si tu es le Fils de Dieu, descends de la croix.

Les princes des prêtres se moquaient aussi de lui, avec les scribes et les sénateurs, en disant : Il a sauvé les autres, et il ne peut se sauver lui-même. S’il est le Roi d’Israël, qu’il descende présentement de la croix, et nous croirons en lui. Il met sa confiance en Dieu ; si donc Dieu l’aime, qu’il le délivre maintenant, puisqu’il a dit : Je suis le Fils de Dieu.

Les voleurs qui étaient crucifiés avec lui, lui faisaient aussi les mêmes reproches.

Or, depuis la sixième heure du jour jusqu’à la neuvième, toute la terre fut couverte de ténèbres.

Et sur la neuvième heure Jésus jeta un grand cri, en disant : Éli ! Éli ! lamma sabacthani ? c’est-à-dire, Mon Dieu ! mon Dieu ! pourquoi m’avez-vous abandonné ?

Quelques-uns de ceux qui étaient présents, l’ayant entendu crier de la sorte, disaient : Il appelle Élie.

Et aussitôt l’un d’eux courut emplir une éponge de vinaigre ; et l’ayant mise au bout d’un roseau, il lui présenta à boire.

Les autres disaient : Attendez, voyons si Élie viendra le délivrer.

Mais Jésus jetant encore un grand cri, rendit l’esprit.

 

En même temps le voile du temple se déchira en deux, depuis le haut jusqu’en bas ; la terre trembla ; les pierres se fendirent ; les sépulcres s’ouvrirent ; et plusieurs corps des saints, qui étaient dans le sommeil de la mort, ressuscitèrent ; et sortant de leurs tombeaux après sa résurrection, ils vinrent en la ville sainte, et furent vus de plusieurs personnes.

Le centenier, et ceux qui étaient avec lui pour garder Jésus, ayant vu le tremblement de terre, et tout ce qui se passait, furent saisis d’une extrême crainte, et dirent :

Cet homme était vraiment Fils de Dieu.

Il y avait là aussi plusieurs femmes qui se tenaient éloignées, et qui avaient suivi Jésus depuis la Galilée, ayant soin de l’assister ; entre lesquelles étaient Marie-Magdeleine, Marie, mère de Jacques et de Joseph, et la mère des fils de Zébédée.

 

Sur le soir, un homme riche, de la ville d’Arimathie, nommé Joseph, qui était aussi disciple de Jésus, vint trouver Pilate, et lui ayant demandé le corps de Jésus, Pilate commanda qu’on le lui donnât.

Joseph ayant donc pris le corps, l’enveloppa dans un linceul blanc, le mit dans son sépulcre, qui n’avait point encore servi, et qu’il avait fait tailler dans le roc ;

et après avoir roulé une grande pierre jusqu’à l’entrée du sépulcre, il se retira.

Marie-Magdeleine et l’autre Marie étaient là, se tenant assises auprès du sépulcre.

 

Le lendemain, qui était le jour d’après celui qui est appelé la préparation du sabbat, les princes des prêtres et les pharisiens s’étant assemblés, vinrent trouver Pilate, et lui dirent : Seigneur, nous nous sommes souvenus que cet imposteur a dit, lorsqu’il était encore en vie : Je ressusciterai trois jours après ma mort. Commandez donc que le sépulcre soit gardé jusqu’au troisième jour, de peur que ses disciples ne viennent dérober son corps, et ne disent au peuple : Il est ressuscité d’entre les morts. Et ainsi la dernière erreur serait pire que la première.

Pilate leur dit : Vous avez des gardes ; allez, faites-le garder comme vous l’entendrez.

Ils s’en allèrent donc, et pour s’assurer du sépulcre, ils en scellèrent la pierre, et y mirent des gardes.

 

 

ÉVANGILE DE SAINT MATTHIEU

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 

Dimanche des Rameaux et de la Passion

Crucifixion, Giotto

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9 avril 2017 7 09 /04 /avril /2017 04:00

 

L'entrée de Jésus à Jérusalem, Giotto

Dimanche des Rameaux

 

Lorsqu'ils approchèrent de Jérusalem, et qu’ils furent arrivés à Bethphagé, près de la montagne des Oliviers, Jésus envoya deux de ses disciples, et leur dit :

Allez à ce village qui est devant vous, et vous y trouverez en arrivant une ânesse liée, et son ânon auprès d’elle ; déliez-la, et me l’amenez.

Si quelqu’un vous dit quelque chose, dites-lui que le Seigneur en a besoin ; et aussitôt il les laissera emmener.

 

Or tout ceci se fit afin que cette parole du prophète fût accomplie :

Dites à la fille de Sion : Voici votre Roi qui vient à vous, plein de douceur, monté sur une ânesse, et sur l’ânon de celle qui est sous le joug.

 

Les disciples s’en allèrent donc, et firent ce que Jésus leur avait commandé.

Et ayant amené l’ânesse et l’ânon, ils les couvrirent de leurs vêtements, et le firent monter dessus.

Une grande multitude de peuple étendit aussi ses vêtements le long du chemin ; les autres coupaient des branches d’arbres, et les jetaient par où il passait ;

et tous ensemble, tant ceux qui allaient devant lui, que ceux qui le suivaient, criaient :

Hosanna, salut et gloire, au Fils de David !

Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur !

Hosanna, salut et gloire, lui soit au plus haut des cieux !

 

Lorsqu’il fut entré dans Jérusalem, toute la ville en fut émue, et chacun demandait : Qui est celui-ci ?

Mais ces peuples qui l’accompagnaient, disaient : C’est Jésus le prophète, qui est de Nazareth en Galilée.

 

 

ÉVANGILE DE SAINT MATTHIEU

La Sainte Bible traduite par Lemaistre de Sacy

 

Dimanche des Rameaux
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7 avril 2017 5 07 /04 /avril /2017 11:00

 

Le temps que j'avais prescrit à mon séjour à Jérusalem s'écoulait rapidement ; je voulus encore visiter les lieux témoins de la Passion, mais, cette fois, dans l'ordre du récit de l'Évangile, que je feuilletais en marchant.

 

Je traversai donc Jérusalem dans sa longueur ; passant la grande piscine, la porte de Sitti Mariam le lieu du martyre de saint Étienne, et, laissant à droite le sépulcre de la Vierge, j'arrivai dans la vallée de Josaphat ; puis, m'élevant sur les flancs de la montagne, j'allai me placer au jardin de Gethsémani, où commence cette sublime histoire. Quelques oliviers, vieux comme elle, couvrent encore de leurs troncs énormes ce lieu sacré. Ces arbres, qui se succèdent par des rejets nombreux et toujours respectés, portent une marque distinctive ; ils sont vénérés des Turcs et exempts d'une partie de l'impôt. J'ajoute que la piété des pèlerins laisse rarement parvenir leurs fruits à maturité.

 

Ici, s'endormirent les disciples ; là, Jésus-Christ pria, languit et s'affligea dans la grotte dite de l'Agonie, où sont dressés quelques autels ; on montre la place du baiser de Judas et de l'arrestation de Notre-Seigneur. Toujours dans ce même jardin des Olives qui est un seul grand champ aujourd'hui, le cortège descendit la vallée de Josaphat, tandis que les fils de Zébédée se cachaient dans les grottes des tombeaux, lesquelles sont à droite sous la montagne qui fait face à Jérusalem. On traversa le lit pierreux du Cédron, et, montant la colline de Sion par un sentier tracé sur ses flancs entre le torrent et les nouveaux remparts de la ville, on parvint à la maison d'Anne qui est aujourd'hui un couvent arménien.

 

Je continuai sur la montagne mon pieux itinéraire, et, de la maison d'Anne pontife, je passai au palais de Caïphe, son gendre, prince des prêtres, lequel était situé un peu plus haut sur le sommet de Sion ; puis, comme je descendais vers la ville et rentrais par la porte des Maugrebins, autrefois la porte Sterquiline, les hautes murailles de la mosquée qui a remplacé le temple de Salomon m'obligèrent à un long détour pour arriver au prétoire compris dans la nouvelle enceinte de la ville.

 

C'est encore là qu'habite le gouverneur, mais ce n'est plus Rome qui l'envoie, c'est Constantinople ; les mêmes portes qui conduisaient chez Pilate s'ouvrent aujourd'hui pour mener chez le Moutselim ; ces murs qui virent Jésus Christ ont vu Titus, Cosroës, Omar, Saladin, des rois de France et d'Angleterre, des soudans d'Egypte, Godefroy, Lusignan, et Yacoub Mohammed Aga, gouverneur actuel de Jérusalem la Sainte.

 

La fenêtre de l'Ecce Homo domine encore ces ruines, et la, voûte qui la supporte traverse la rue comme un pont. Le lieu de la flagellation est une grotte qu'on laissé à droite, en remontant la Voie Douloureuse ; les tchaouch (soldats-gardes) du gouverneur y mettent leurs chevaux. La colonne à laquelle Jésus Christ fut attaché pendant l'ignoble torture s'y trouvait autrefois ; elle se conserve aujourd'hui dans l'intérieur de l'église du Saint-Sépulcre.

 

Je suivis, en quittant le prétoire, la rue nommée en arabe Harat-el-àllam, Chemin de douleur. Elle est au centre de Jérusalem. Des signes tracés sur les murs à diverses distances, indiquent les lieux où Notre Seigneur tomba sous le faix de la croix, et une croix rouge marque l'endroit de la rencontre avec Simon le Cyrénéen.

 

Plus loin, à un coude que fait la rue, la tradition qui se mêle partout aux récits de l'Évangile raconte que Marie aperçut son fils courbé sous le honteux fardeau et s'évanouit ; Sainte Hélène avait fait construire à ce même endroit une chapelle, qui n'a jamais été achevée, sous le nom de Défaillance de la Vierge.

 

En face, est une chambre basse et obscure assez semblable à une prison c'est la maison du pauvre Lazare ; car la tradition veut encore que cette parabole soit le récit d'une histoire véritable. On voit, dans l'angle gauche de la rue qui se replie à cette hauteur, la maison du mauvais riche. C'est aujourd'hui une des plus belles de Jérusalem, toute vieille qu'elle soit en apparence.

 

Plus haut, le Sauveur rencontra les filles de Jérusalem et leur adressa des paroles prophétiques. Puis viennent la maison de Sainte Véronique et la porte Judiciaire ; il n'y a plus alors que quelques pas jusqu'au lieu du supplice. Je me fis de nouveau ouvrir la porte de l'église du Saint-Sépulcre, et là, sous la voûte, montant les dix-neuf degrés qui vont du sol au sommet du Golgotha, je me trouvai sur le Calvaire où tout fut consommé.

 

Je redescendis ensuite auprès de la tombe, sublime dénouement de cette histoire si simple et si touchante. Ainsi se termina ma sainte promenade où je n'avais eu pour guide que l'Évangile.

 

 

Vicomte de Marcellus, Souvenirs de l'Orient, 1839

 

Ma sainte promenade où je n'avais eu pour guide que l'Évangile

Début du Chemin de Croix, photographie de Jean-Michel Berts, Jérusalem 2013

 

" Je traversai donc Jérusalem dans sa longueur, passant la grande piscine, la porte de Sitti Mariam le lieu du martyre de saint Étienne. "

 

 

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6 avril 2017 4 06 /04 /avril /2017 11:00

 

Je fus fidèle au rendez-vous, le père Munoz me reçut dans une cellule étroite et obscure. Nous nous assîmes sur un banc, auprès d'une lucarne grillée. Il n'y avait ni chaise ni table, mais un prie-Dieu comme ceux des églises d'Italie. A côté de son lit étaient deux tableaux représentant deux têtes de morts peintes en blanc sur une toile noire. 

Voilà, me dit-il, en me les montrant et en souriant de ma surprise, voilà tout l'ornement de ma chambre. L'une de ces tristes images est le miroir où je me contemple tous les jours, non pas tout à fait encore tel que je suis, mais tel que je vais être ; et l'autre, le croiriez-vous ? est le portrait de la plus jolie femme de l'Andalousie, tracé quarante jours après un bal où elle effaçait toutes ses compagnes.

Je frissonnais malgré moi, il s'en aperçut.

Vous frémissez, ah croyez-moi, accoutumez-vous à ce spectacle ; il fait mépriser ce monde et aimer l'autre. Mais j'abuse de votre temps. Venons au fait. Je vais bientôt mourir, et déjà je ne puis plus écrire ; ma main, docile à ma volonté pendant soixante et treize ans, me refuse aujourd'hui son service ; je souffre d'inexprimables douleurs, et peut-être avant votre départ de Jérusalem, vous verrez mes funérailles.

En achevant ces mots, le père s'appuya contre le mur, comme épuisé de l'effort qu'il venait de faire en me parlant ; et, après quelques instants de silence il continua :

Dites à M. de Chateaubriand que je meurs dans la joie de mon âme. Jérusalem est ma résidence chérie et quelle douceur de quitter la vie aux mêmes lieux où mourut pour nous le Sauveur du monde. M. de Chateaubriand n'entendra plus parler du père Munoz, mais dites-lui que son souvenir m'a suivi jusqu'à l'agonie.

Le père me remit alors la dernière lettre qu'il avait eue de son illustre ami.

Ce sera toute ma réponse dit-il. M. de Chateaubriand apprendra ainsi à la fois que je l'ai reçue et que je n'existe plus. 

Puis il me pria d'accepter un chapelet qu'il avait fait lui-même avec les olives de Gethsémani, et qui lui servait depuis vingt ans.

Je n'ai plus longtemps à le dire, ajouta-t-il. Adieu, monsieur, adieu ; c'est trop laisser sous vos yeux le spectacle d'un pauvre moine expirant. Quittez-moi, et puisse votre mort être aussi heureuse que la mienne.

 

Je me retirai tout ému ; quelques confrères du père Munoz vinrent lui porter des secours ; il n'avait pas besoin de consolations.

 

Je partis deux jours après cet entretien ; le père Munoz n'avait pas encore quitté ce monde pour la vraie patrie. Une lettre que je reçus à mon arrivée à Smyrne, m'apprit la fin de ce religieux qui avait vu s'écouler quarante ans de sa vie dans les murs de Jérusalem, et qui s'estimait si heureux d'y mourir.

 

 

Voici la lettre de M. le vicomte de Chateaubriand au révérend père Munoz, à Jérusalem :

Paris, ce 3 septembre 1818

J'espère mon révérend père, que vous vous souvenez encore d'un pèlerin auquel vous avez donné si généreusement l'hospitalité. Pour moi je conserverai un éternel souvenir du bon accueil que m'ont fait les vénérables pères de Terre Sainte. J'ai appris par M. le comte de Forbin tous vos malheurs, et les nouvelles persécutions que vous éprouvez. Vous êtes, mon révérend père, accoutumés au martyre ; et Dieu vous fera à la fin triompher de vos ennemis.

Le voyageur qui vous remettra cette lettre est M. Rae Wilson, gentilhomme anglais qui va visiter les saints lieux ; il a rendu dans son pays de grands services aux catholiques je sais d'avance que vous voudrez bien être pour lui comme vous avez été pour moi. Votre charité s'étend à tous les hommes.

Veuillez, mon révérend père, me rappeler au souvenir de tous les religieux que j'ai eu le bonheur de voir à Jaffa ou à Jérusalem, et croire que je serai heureux quand j'aurai pu reconnaître toutes vos bontés. Si jamais vous veniez en France, j'espère qu'aucun de vous ne chercherait une autre maison que la mienne.

Je suis avec un cœur limpido e bianco, mon très révérend père, votre très humble, très obéissant, et très affectionné serviteur

Le vicomte de Chateaubriand,

Pair de France, Chevalier du Saint-Sépulcre.

 

 

Peu de jours après mon arrivée à Paris, fidèle exécuteur des derniers vœux du père Munoz j'envoyai à M. de Chateaubriand la lettre autographe que lui restituait ce religieux, après l'avoir gardée aussi longtemps que la vie ; j'y joignis le récit qu'on vient de lire. M. de Chateaubriand me répondit ainsi :

Paris, ce 3 décembre 1820.

Vous m'avez écrit une lettre charmante, Monsieur, et vous étiez bien digne de visiter la terre des miracles. L'extrait de votre journal me donne un grand désir de connaître le reste ; malheureusement je suis obligé de reprendre le bâton du voyageur ; je vais à Berlin, et les embarras de mon départ ne me laissent pas un moment à moi.

Gardez soigneusement, Monsieur, l'héritage, du bon père Munoz, un cœur limpido et bianco, ce cœur-là est de votre âge ; et vous avez vu par l'exemple de notre vieil hôte de Jérusalem, que la religion peut le conserver tel, au milieu de toutes les peines et dans l'âge le plus avancé de la vie..

Pardonnez, Monsieur, je vous écris ces deux mots à la hâte et ayant à peine le temps de me dire votre très humble et bien dévoué serviteur.

Chateaubriand

 

 

J'ai cent lettres de la main de M. de Chateaubriand, graves et précises comme il savait les écrire quand il dirigeait d'un bras ferme et expérimenté le timon de l'état, elles reposent dans mes archives de diplomate, à côté de mon portefeuille de voyageur et aucune, quand je les relis, ne m'émeut autant que celle-ci la première. Les hautes questions politiques qui s'agitaient dans notre correspondance n'appartiennent plus qu'à des temps oubliés ; mais la lettre à l'occasion du père Munoz touche au plus précieux souvenir de ma jeunesse.

 

 

Vicomte de Marcellus, Souvenirs de l'Orient, 1839

 

Au révérend père Munoz à Jérusalem

La vallée de Josaphat au pied de Jérusalem

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5 avril 2017 3 05 /04 /avril /2017 16:00

 

Un des derniers jours que j'ai passés à Jérusalem, je me promenais, comme j'en avais l'habitude, sur la terrasse du couvent de Saint-Sauveur.

C'était le soir.

Mes regards se reposaient sur les montagnes nues et rougeâtres qui environnent la mer Morte, et sur les vapeurs lourdes et livides que l'approche de la nuit dégage lentement de son sein.

 

Un religieux que je n'avais pas encore vu dans la communauté, s'approcha de moi, et me tirant par mon habit :

Monsieur, me dit-il en espagnol, pardonnez si j'interromps vos réflexions ; je vous cherche depuis longtemps, et je n'ai réussi que ce soir à vous rencontrer. Je voulais vous demander si vous ne saviez quelques nouvelles d'un de vos compatriotes nommé Chateaubriand.

Mais oui, mon père, répondis-je en souriant, ce nom est assez connu.

Celui qui le porte, continua-t-il, est mon ami.

Et comment vous nommez-vous mon père ? dis-je à mon tour.

Ah! monsieur, je suis le plus méprisable des religieux, et mon nom ne vaut pas qu'on le prononce. Mais M. de Chateaubriand, que fait-il ? est-il honoré et puissant ?

Il vit loin de la cour, mon père.

Oh ! je l'en félicite ; c'est par un chemin d'épines qu'on arrive au royaume d'en haut. Mais, Monsieur, si vous ne dédaignez pas la cellule d'un pauvre solitaire, faites-vous conduire demain à celle du père Munoz qui aura grand plaisir à vous recevoir.

Quoi ? c'est vous, repris-je avec joie, au cœur "limpido e bianco" !

Oui c'est moi, dit-il, et je n'ai pas changé. Mais l'heure de la prière approche ; à demain.

 

 

Vicomte de Marcellus, Souvenirs de l'Orient, 1839

 

Sur la terrasse du couvent de Saint-Sauveur

Franciscains de Jérusalem (photo prise entre 1898 et 1914) 

 

" Le logement, le lit, le linge, la lumière, le feu, sont toujours pour rien et à titre d’hospitalité. "

Chateaubriand, Itinéraire de Paris à Jérusalem

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