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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


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... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

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BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

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Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

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Patriarcat latin de Jérusalem

 

               


Vierge de Vladimir  

    

 

SALVE REGINA

12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 11:30

L'apparition d'un bréviaire et d'un missel réformés, causa une grande joie dans toute l'Eglise.

 

Des réclamations universelles sur le désordre qui avait régné dans la Liturgie, s'étaient fait entendre, et on y voyait un remède efficace. Le missel de saint Pie V était puisé exclusivement aux sources les plus pures de l'antiquité : son bréviaire, dégagé de toutes superfétations inutiles, n'avait plus rien, il est vrai, qui flattât l'orgueil diocésain ou national, mais aussi on retrouvait à peu près tout ce qu'il contenait dans les bréviaires locaux.

 

Les diocèses qui se trouvaient dans le cas de l'exception prévue par la bulle, avaient encore le choix entre l'adoption pure et simple du bréviaire réformé, ou la correction si facile des leurs, d'après ce modèle excellent. Saint Pie V ayant supprimé à perpétuité le bréviaire de Quignonez, et détruit par là l'influence qu'il pouvait avoir à raison de sa plus grande brièveté, la question se réduisait à savoir quel parti on devait prendre dans les églises qui étaient dans le cas de l'exception, savoir d'adopter le bréviaire réformé purement et simplement, en faisant imprimer à part, un Propre supplémentaire qui contiendrait ces précieuses traditions locales dont Rome ne fut jamais l'ennemie, ou de faire imprimer de nouveau le bréviaire sous le titre diocésain, en unissant, dans une même rédaction, les particularités du rite local avec tout l'ensemble du bréviaire réformé. Toute la question se réduisait donc à peu près à savoir quelle dépense on pouvait supporter pour les frais de l'impression. La seule raison d'une plus grande économie détermina beaucoup de diocèses à prendre les livres romains purement et simplement.

 

Rome tout entière adopta immédiatement les nouveaux livres. La basilique de Latran elle-même s'empressa d'inaugurer dans son sein un bréviaire qui n'était plus simplement celui de la chapelle papale, ou encore celui des frères mineurs, mais le bréviaire de l'Église catholique. La basilique Vaticane, elle qui, suivant Abailard, avait moins souci des anciens usages, au XIIe siècle, que l'église de Latran, fut la seule qui n'adopta le nouveau bréviaire qu'avec modification. Elle fut maintenue dans le droit de conserver l'usage de l'ancien psautier Italique ; mais, pour le reste, son bréviaire n'est que le romain actuel avec l'office des saints papes et autres dont les corps reposent dans la basilique ou dans son trésor.

 

A propos de la ville de Rome, il est naturel de parler des ordres religieux dont elle est la patrie commune. Les ordres de moines se trouvant dans le cas de l'exception, non depuis deux siècles seulement, mais depuis près de mille ans, conservèrent l'ancienne forme de leur office. Les ordres mendiants, hors les dominicains et les carmes, qui gardèrent leur bréviaire romain-parisien, réformèrent leurs livres suivant l'office de saint Pie V, qui n'était que le bréviaire des frères mineurs épuré ; mais ces derniers continuèrent d'y fondre leur propre. Les ordres de clercs réguliers suivirent sans exception les nouveaux livres ; les théatins avaient puissamment influé sur cette réforme ; les jésuites devaient, suivant la volonté de leur grand patriarche, garder toujours la forme d'office observée par l'Église romaine ; les autres familles religieuses du même genre étaient amenées à les imiter par la nature même de leur constitution de corps cosmopolites. Enfin, les ordres de chanoines réguliers, si l'on excepte les prémontrés, dont l'office était, comme nous avons dit, un mélange de romain et de parisien, ne tardèrent pas à embrasser, en tous lieux, la liturgie réformée. Quant aux religieuses, elles suivirent, pour l'ordinaire, les livres propres aux différents ordres de moines ou autres auxquels elles se rattachaient ; celles dont l'institut était isolé adoptèrent, sans plus varier jamais, le bréviaire de saint Pie V.

 

L'Église de Milan était alors gouvernée par saint Charles Borromée. Nous avons vu plus haut le grand zèle de cet illustre cardinal pour le maintien de la vénérable Liturgie ambrosienne. Il ne se montra pas moins exact observateur des volontés du souverain Pontife, en procurant l'introduction des livres de saint Pie V dans toutes les églises de sa ville, de son diocèse et de sa métropole, qui étaient obligées, par le droit ou la coutume, à suivre l'office romain. On peut voir, dans sa vie, avec quelle intégrité il sut ménager à la fois les prérogatives de son église et les droits du Siège apostolique. Les évêques de sa province se montrèrent jaloux de l'imiter, et dans le second concile de Milan, tenu en 1569, nous trouvons un décret par lequel les prélats des seize églises de la province de Milan déclarent expressément que les clercs, sous peine de ne pas satisfaire au précepte de l'office divin, sont tenus de réciter les Heures canoniales, suivant la forme du Bréviaire romain publié par saint Pie V, à moins qu'ils ne soient attachés à des églises qu'une ancienne coutume ait placées dans le cas de l'exception prévue par la bulle. Le saint archevêque donna lui-même une édition du missel ambrosien, en 1570, et une du bréviaire en 1588. Elles ont été fidèlement reproduites jusqu'à nos jours, sans autres changements que la correction de quelques hymnes et l'addition d'un certain nombre de fêtes de saints.

 

Nous ferons, au  sujet de la province de Milan, une observation dont l'occasion se présentera encore plus d'une fois, et dont le but est de montrer, par les faits matériels eux-mêmes, que la liturgie publiée par saint Pie V n'était poinl une Liturgie nouvelle, mais simplement la restitution et correction de l'antique Liturgie romaine établie déjà par tout l'Occident. Un canon du sixième concile de Milan, parlant des livres de chœur, recommande aux évêques de veiller à ce qu'on les corrige, conformément au bréviaire nouvellement publié. C'étaient donc de simples changements, de pures modifications qu'avait faites saint Pie V, et non une Liturgie inconnue qu'il avait introduite. L'unité du culte avait donc toujours existé malgré les incorrections qui s'étaient glissées dans les livres ecclésiastiques.

 

L'Église de Milan était la seule non seulement de l'Italie, mais de l'Occident, qui eût une Liturgie propre, si l'on excepte les quelques églises d'Espagne, dans lesquelles la liturgie mozarabe se maintenait par privilège. Toutes les églises qui se trouvaient dans le cas de l'exception prévue par la bulle de saint Pie V, avaient simplement mêlé la liturgie romaine avec quelques usages locaux, et donné à cet ensemble un titre d'Église particulière. Cette observation s'applique même au rite de l'Église d'Aquilée, le plus vénérable de ces rites mélangés qu'il y eût en Italie, au XVIe siècle. Il était connu sous le nom de Rite patriarchin, et ce nom lui était venu de la dignité de l'Église d'Aquilée qui s'en servait dans les offices divins.

 

Peu après la publication de la bulle de saint Pie V, l'église patriarcale se trouvant dépourvue de bréviaires de son rite, et hésitant quelque peu à faire la dépense d'une réimpression, demanda au Saint-Siège la permission de se servir, hors du chœur seulement, du bréviaire romain, jusqu'à ce qu'on pût commodément réimprimer le bréviaire patriarchin. La Congrégation romaine, qui fut consultée à ce sujet, accorda la dispense nécessaire, dans les termes les plus honorables : "C'est, dit-elle, dans une lettre adressée le 10 septembre 1580, à Paul Bisanti, suffragant du patriarche, c'est une chose sainte et convenable que de conserver le rite si antique et approuvé de cette Église, et que tous s'y conforment dans l'office. Le chapitre aura donc à se pourvoir de bréviaires de ce rite, ce qui est facile, puisqu'il doit être bientôt imprimé à Como. Comme il ne peut se faire autrement, c'est à monseigneur le Patriarche d'en procurer l'impression à ses frais, dans l'espace de deux ans, et jusque-là, il sera permis de dire l'office romain, mais seulement hors du chœur". Toutefois, cette impression du bréviaire patriarchin n'eut point lieu ; les livres de saint Pie V, une fois introduits dans Aquilée, y prirent tellement racine, que, dix ans après, il n'existait plus vestige de l'ancien rite, même dans l'église patriarcale ; enfin, en 1596, cette révolution liturgique étant consommée, le patriarche François Barbaro, dans un concile provincial, tenu à Udine, prit des mesures expresses pour consolider à perpétuité la Liturgie romaine pure dans toutes les églises du patriarcat.

 

L'Église de Como, qui était du ressort patriarcal d'Aquilée, quoique située dans le duché de Milan, garda le rite d'Aquilée jusqu'au pontificat de Clément VIII, qui l'obligea au romain, ne jugeant pas convenable qu'une Église enclavée dans le Milanais suivît un office étranger et aboli même aux lieux d'où il était parti. Déjà dès 1579, le synode diocésain de Como avait déclaré que les clercs qui ne pourraient se procurer les livres du diocèse, pourraient user du bréviaire et du missel de saint Pie V. On a encore les actes d'une visite apostolique faite la même année dans ce diocèse par Jean-François Bonomo, évêque de Verceil, en vertu d'une commission de Grégoire XIII : le prélat y reconnaît expressément le droit de l'Église de Como à conserver son rite particulier, bien qu'il exhorte les chanoines à abandonner leur ancien rite pour le romain. Il dit, au sujet des missels du rite patriarchin, qu'ils ne sont qu'en petit nombre, manuscrits, qu'ils ne diffèrent presque en rien du missel romain, et en conclut la grande facilité qu'on aura de passer à l'usage exclusif des livres de saint Pie V. Le Père Lebrun, à qui nous empruntons ces détails, dit que l'on conserve dans les archives de la cathédrale de Como un manuscrit du bréviaire d'Aquilée qui porte ce titre : Breviarium Patriarchinum nuncupatum secundum usum Ecclesiœ Comensis correctum, et auctoritate Apostolica probatum. A la fin du volume, est une attestation du cardinal Sirlet, sous la date du 21 octobre 1583, faisant foi de l'approbation de ce bréviaire par Grégoire XIII. Nous venons de dire pour quels motifs Clément VIII jugea à propos de l'abolir.

 

Cette histoire de la destruction de l'ancien rite d'Aquilée nous donne lieu de remarquer avec quelle douceur, quelle faveur même, Rome a su ménager les usages anciens, dans l'application des ordonnances pour la réforme liturgique. Ce serait en vain que, considérant la chose d'un autre point de vue, on voudrait mettre en contradiction cette indulgence des Papes du XVIe siècle avec les ordonnances vigoureuses de saint Adrien Ier et de saint Grégoire VII, pour l'établissement du rite romain dans tous les lieux de l'Occident. Tout s'explique du moment que l'on veut bien remarquer que l'œuvre accomplie par ces deux grands papes n'avait pas cessé d'exister, et que, sauf les variantes introduites par certains usages locaux, et les incorrections que le progrès de la critique devait faire tôt ou tard disparaître, l'Occident tout entier louait Dieu dans une seule et même liturgie.

 

Rome, sans doute, désirait vivement voir toutes les nations complètement unanimes avec elle dans la prière publique ; mais déjà les bulles de saint Pie V avaient conquis la presque universalité des Églises, et chaque année en voyait d'autres encore venir se fondre avec les premières dans l'unité d'un même bréviaire et d'un même missel.

 

Toute l'Italie, en effet, se conforma successivement aux intentions du Saint-Siège. Les églises de Sicile, par exemple, qui avaient un bréviaire particulier, se rendirent de bonne heure, et le XVIe siècle, en finissant, ne vit plus dans toute la Péninsule, hors le territoire ambrosien, que des églises réunies sous la plus ponctuelle observance des usages liturgiques promulgués par saint Pie V. Cependant, on avait donné la plus grande liberté à toutes celles dont les bréviaires et les missels avaient plus de deux cents ans, à l'époque de la bulle ; on avait reconnu non seulement le droit des cathédrales, mais celui même des collégiales et autres églises qui se seraient trouvées dans une possession analogue (nous avons vu à Rome, dans la bibliothèque de la maison professe des jésuites, un exemplaire da bréviaire particulier de la collégiale-abbatiale de Sainte-Barbe, à Mantoue, imprimé aux frais de cette église, et approuvé par Grégoire XIII, quoique s'écartant en beaucoup d'endroits du bréviaire de saint PieV). Tout cela n'empêcha pas le principe d'unité de s'étendre dans ses applications, et après tout, il était juste que l'Italie entière, pays d'obédience, y compris les îles adjacentes, donnât la première et plus complètement l'exemple d'une entière conformité non seulement aux lois, mais aux simples désirs du Siège apostolique. C'est là la force de l'Italie, son unique vie : puisse-t-elle le comprendre toujours !

 

La péninsule espagnole se rangea de bonne heure aussi sous l'obéissance absolue aux bulles de saint Pie V. Ce n'est pas que les prélats du royaume catholique n'eussent, à cette époque, retenu encore quelque chose de cet esprit frondeur dont nous avons vu quelques traits dans l'historien Rodrigue de Tolède. On avait été frappé, au concile de Trente, d'une hardiesse qui n'était, certes, pas inférieure à celle des plus osés de nos prélats. Mais l'amour de l'unité, le zèle pour la foi, passaient encore à leurs yeux avant les susceptibilités nationales. La motion de l’évêque de Lérida au concile, n'avait pas empêché les Pères de remettre absolument au pontife romain le soin de la correction liturgique ; les oppositions de quelques cathédrales d'Espagne n'arrêtèrent pas non plus l'établissement uniforme du bréviaire et du missel de saint Pie V. On doit regretter peut-être que quelques bréviaires particuliers, ceux de Tolède et de Séville, par exemple, aient entièrement péri : il aurait été intéressant de voir comment les réminiscences de l'ancien rite gothique se mariaient parfois encore aux formes romaines imposées par saint Grégoire VII. La grande volonté de Philippe II, prince sévèrement jugé, mais auquel, du moins, tout homme impartial ne saurait refuser un zèle ardent et consciencieux pour la foi catholique, pesa de tout son poids dans l'affaire de l'adoption des usages romains réformés : par lui, les livres nouveaux non seulement furent introduits en Espagne, mais pénétrèrent dans les vastes colonies  qui   se   rattachaient à cette puissante   métropole.

 

Conformément aux maximes du droit public catholique, saint Pie V n'avait pas jugé à propos de placer la prière pour le roi dans le canon de la messe : c'était au Siège apostolique à déterminer quels étaient les princes, en communion avec lui, qu'il fallait considérer comme véritablement investis du droit de commander à des chrétiens. Le roi d'Espagne, malgré son titre de roi catholique, n'avait pas été excepté. Philippe II, ce monarque si fier,  ne dédaigna pas de se mettre en instances auprès de saint Pie V, pour obtenir que cette parole Pro rege nostro fût insérée à la suite de la prière pour le pape et l'évêque dans les missels destinés à l'usage des églises d'Espagne, et le pontife octroya sa demande.

 

Quand on se remet en mémoire la puissance colossale de Philippe II, on est bien obligé de convenir qu'il donna dans cette occasion l'un des plus grands exemples de respect pour la liberté religieuse qui aient jamais été offerts par un souverain. Si nous ajoutions que, tout tyran  absolu qu'il était, Philippe II laissait volontiers enseigner et prêcher à ses théologiens la doctrine de l'amissibilité du pouvoir, le droit du souverain Pontife et de l'Église de corriger et même de déposer les princes qui abusent de leur autorité, peut-être que cette seule remarque suffirait auprès de quelques gens sensés pour leur faire comprendre que, bien qu'il ait été en butte aux malédictions des écrivains de la Réforme, et des historiens beaux esprits du XVIIIe siècle, le démon du midi n'a pas été tout à, fait dépourvu de cette moralité et de  ce désintéressement que les peuples désirent,  mais n'espèrent pas toujours rencontrer dans leurs souverains. Nous verrons, d'ici à quelques pages, un autre gouvernement placé dans une situation analogue, et on jugera lequel, du Français ou de l'Espagnol, s'entendait le mieux, au XVIe siècle, en fait de liberté religieuse.

 

Philippe obtint aussi du Saint-Siège la permission, pour tous les prêtres de sa domination, d'ajouter aux oraisons de la messe, même dans les plus grandes solennités, une suite de demandes que l'on trouve dans les missels espagnols et qui expriment avec énergie et simplicité tous les besoins du royaume catholique, en même temps que cette concession, unique dans les fastes de la Liturgie, est une preuve du grand amour de Rome pour une église qui lui a gardé longtemps une si forte fidélité.

 

Enfin, on trouve en tête du Propre des saints, publié en manière de supplément au Bréviaire romain, pour l'usage des églises d'Espagne, un bref de Grégoire XIII, qui accorde à ces églises la faculté de célébrer la fête d'un grand nombre de saints chers à l'Espagne, par manière de compensation à l'extinction générale de tous les bréviaires diocésains de ce pays. Ce bref, qui est du 30 décembre 1573, fut rendu à la demande de Philippe II. Le recueil auquel il sert comme de préface, renferme le noble et patriotique office de saint Jacques, patron du royaume catholique, et celui non moins intéressant du Triomphe de la sainte Croix, au 16 juillet, anniversaire de la fameuse victoire de Las navas de Tolosa.

 

Le Portugal inaugura avec la même fidélité que l'Espagne les livres de la liturgie réformée, et les fit pénétrer tout aussitôt dans ses colonies des Indes orientales et occidentales. Les volontés de Philippe II retentissaient alors dans la Péninsule tout entière ; cependant nous sommes en mesure de signaler au moins une exception à l'admission du bréviaire purement romain. C'est dans cette Église de Brague, dont le siège était occupé, à l'époque du concile de Trente, par le fameux D. Barthélémy des Martyrs, que Zaccaria signale un bréviaire sous le titre diocésain de l'an 1634. Nous ignorons si, depuis cette époque, les livres de saint Pie V ont été introduits dans cette Église ; nous avons même lieu d'en douter, connaissant de science certaine que, dans plusieurs lieux du Portugal, on garde encore, même à la messe, certains usages totalement distincts de ceux du missel romain. Au reste, ce bréviaire de Brague, s'il existe encore, ne saurait être autre que le romain, avec quelques particularités, et un Propre fondu sous le même titre.

 

Si maintenant nous passons en France, le pays de tout l'Occident où les usages liturgiques actuels s'éloignent le plus de ceux de Rome, il nous faut examiner si cette différence est ancienne et remonte au-delà de la bulle de saint Pie V.

 

DOM GUÉRANGER

INSTITUTIONS LITURGIQUES : CHAPITRE XV : RÉFORME   CATHOLIQUE  DE   LA  LITURGIE.  —   PAUL   IV.   PIE   IV. — CONCILE   DE  TRENTE.   SAINT   PIE   V.    BREVIAIRE   ROMAIN. MISSEL ROMAIN. — INTRODUCTION DE LA LITURGIE REFORMEE EN ITALIE, EN ESPAGNE, EN FRANCE ET DANS LE RESTE DE L'OCCIDENT. — PALESTRINA. — SIXTE-QUINT. CONGRÉGATION DES RITES. — GRÉGOIRE XIII. RÉFORME DU CALENDRIER. MARTYROLOGE ROMAIN. — CLÉMENT VIII. PONTIFICAL ROMAIN. CÉRÉMONIAL ROMAIN. — AUTEURS LITURGISTES DU XVIe SIÈCLE.

 

Pie V Album Louis-Philippe

Pius V, Estampe, Album Louis-Philippe, Château de Versailles 

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12 octobre 2011 3 12 /10 /octobre /2011 04:00

À Ascoli Piceno dans les Marches, en 1604, saint Séraphin de Montegranaro, religieux capucin, qui brilla par sa vraie pauvreté, son humilité et sa piété. 
Martyrologe romain

 

San Serafino da Montegranaro

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Published by un pèlerin - dans Les Saints
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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 11:30

Quand tout fut terminé, saint Pie V donna la Bulle pour la promulgation du bréviaire.

 

Elle commence par ces mots : Quod a nobis. En voici la traduction.

 

Pie, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu :

 

" Obligé  par l'office de Notre charge pastorale à mettre tous Nos soins à procurer, autant que Nous le pourrons, par le secours de Dieu, l'exécution des décrets du concile de Trente, Nous Nous y sentons d'autant plus tenus dans les choses qui intéressent directement la gloire de Dieu et les obligations spéciales des personnes ecclésiastiques. Nous plaçons au premier rang, parmi ces choses, les prières sacrées, louanges et actions de grâces qui sont comprises au bréviaire romain. Cette forme de l'office divin, établie autrefois avec piété et sagesse par les souverains Pontifes Gélase I et Grégoire I, réformée ensuite par Grégoire VII, s'étant, par le laps du temps, écartée de l'ancienne institution, il est devenu nécessaire de la rendre de nouveau conforme à l'antique règle de la prière. Les uns, en effet, ont déformé l'ensemble si harmonieux de l'ancien bréviaire, le mutilant en beaucoup d'endroits, et l'altérant par l'addition de beaucoup de choses incertaines et nouvelles. Les autres, en grand nombre, attirés par la commodité plus grande, ont adopté avec empressement le bréviaire  nouveau et abrégé qui a été composé par François Quignonez, cardinal-prêtre du titre de Sainte-Croix en Jérusalem.

 

" En outre, cette détestable coutume s'était glissée dans les provinces, savoir, que dans les églises qui, dès l'origine, avaient l'usage de dire et psalmodier les Heures canoniales, suivant l'ancienne coutume romaine, aussi bien que les  autres, chaque évêque se faisait un bréviaire particulier, déchirant ainsi, au moyen de ces nouveaux offices dissemblables entre eux et propres, pour ainsi dire, à chaque évêché, cette communion qui consiste à offrir au même Dieu des prières et des louanges en une seule et même forme. De là, dans un si grand nombre de lieux, le bouleversement du culte divin ; de là, dans le clergé, l'ignorance des cérémonies et des rites ecclésiastiques, en sorte que d'innombrables ministres des églises s'acquittaient de leurs fonctions avec indécence, et au grand scandale des gens pieux.

 

" Paul IV, d'heureuse mémoire, voyant avec une très grande peine cette variété dans les offices divins, avait résolu d'y remédier, et pour cela, après avoir pris des mesures pour qu'on ne permît plus à l'avenir l'usage du nouveau bréviaire, il entreprit de ramener la forme des Heures canoniales à l'ancienne forme et institution. Mais étant sorti de cette vie sans avoir encore achevé ce qu'il avait excellemment commencé, et le concile de Trente, plusieurs fois interrompu, ayant été repris par Pie IV, de pieuse mémoire, les Pères, réunis en assemblée pour une salutaire réforme, pensèrent que le bréviaire devait être restitué d'après le plan du même Paul IV. C'est pourquoi tout ce qui avait été recueilli et élaboré par ce Pontife dans cette intention, fut envoyé par le susdit pape Pie aux Pères du concile réunis à Trente. Le concile ayant donné à plusieurs hommes doctes et pieux la charge de la révision du bréviaire en sus de leurs autres occupations, et la conclusion dudit concile étant proche, l'assemblée, par un décret, remit l'affaire à terminer à l'autorité et au jugement du Pontife romain qui, ayant fait venir à Rome ceux des Pères qui avaient été désignés pour cette charge, et leur  ayant adjoint plusieurs personnes  idoines de la même ville, entreprit de consommer définitivement cette œuvre.

 

" Mais ce Pape étant lui-même entré dans la voie de toute chair, et Nous, par la disposition de la clémence divine, ayant été élevé, quoique indigne, au sommet de l'Apostolat, Nous avons poussé avec un très grand zèle l'achèvement de cette œuvre sacrée, appelant même le secours d'autres personnes habiles, et Nous avons aujourd'hui le bonheur, par la grande miséricorde de Dieu (car Nous le comprenons ainsi), de voir enfin terminer ce bréviaire romain. Nous étant fait rendre compte plusieurs fois de la méthode suivie par ceux que nous avions préposés à cette affaire ; ayant vu que, dans l'accomplissement de leur œuvre, ils ne s'étaient point écartés des anciens bréviaires des plus illustres églises de Rome et de Notre bibliothèque Vaticane ; qu'ils avaient, en outre, suivi les auteurs les plus graves en cette matière ; et que, tout en retranchant les choses étrangères et incertaines, ils n'avaient rien omis de ce qui fait l'ensemble propre de l'ancien office .divin ; Nous avons approuvé leur œuvre et donné ordre qu'on l'imprimât à Rome, et qu'elle fût divulguée en tous lieux. Afin donc que cette mesure obtienne son effet, par l'autorité des présentes, Nous ôtons tout d'abord et abolissons le nouveau bréviaire composé par ledit cardinal François, en quelque église, monastère, couvent, ordre, milice et lieu, soit d'hommes, soit de femmes, même exempt, qu'il ait été permis par le Siège apostolique, même dès la première institution ou autrement.

 

" Et aussi, Nous abolissons tous autres bréviaires, ou plus anciens que le susdit, ou munis de quelque privilège que ce soit, ou promulgués par les évêques dans leurs diocèses, et en interdisons l'usage dans toutes les églises du monde, monastères, couvents, milices, ordres et lieux, tant d'hommes que de femmes, même exempts, dans lesquels, de coutume ou d'obligation, l'office divin se célèbre suivant le rite de l'Église romaine ; exceptant cependant les Églises qui, en vertu d'une première institution, approuvée par le Siège apostolique, ou de la coutume, antérieures, l'une et l'autre, à deux cents ans, sont dans l'usage évident d'un bréviaire certain. A celles-ci nous n'entendons pas enlever le droit ancien de dire et psalmodier leur office, mais nous leur permettons, s'il leur plaît davantage, de dire et de psalmodier au chœur le bréviaire que nous promulguons, pourvu que l'évêque et tout le chapitre y consentent.

 

" Nous révoquons entièrement toutes et chacune permissions apostoliques et autres, coutumes , statuts, même munis de serment, confirmation apostolique ou toute autre ; privilèges, licences et induits de prier et psalmodier, tant au chœur que dehors, suivant l'usage et rites des bréviaires ainsi supprimés, accordés aux susdites églises, monastères, couvents, milices, ordres et lieux, ou aux cardinaux de la sainte Église romaine, patriarches, archevêques, évêques, abbés et autres prélats des églises ; enfin à toutes autres et chacune personnes ecclésiastiques, séculières et régulières, de l'un et l'autre sexe, pour quelque cause que ce soit ; même approuvés et renouvelés, en toutes formules qu'ils soient conçus et de quelques décrets et clauses qu'ils soient corroborés ; et voulons qu'à l'avenir toutes ces choses aient perdu leur force et effet.

 

" Ayant ainsi interdit à quiconque l'usage de tout autre,  nous ordonnons que Notre bréviaire et forme de prier et psalmodier soit gardé dans toutes les églises du monde entier, monastères, ordres et lieux, même exempts, dans lesquels l'office doit, ou a coutume d'être dit, suivant l'usage et rite de ladite Église romaine, sauf la susdite institution ou coutume dépassant deux cents ans : statuant que ce bréviaire, dans aucun temps, ne pourra être changé en tout ou en partie, qu'on n'y pourra ajouter, ni en enlever quoi que ce soit, et que tous ceux qui sont tenus  par droit ou par coutume à réciter ou psalmodier les Heures canoniales, suivant l'usage et rite de l'Église romaine l(es lois canoniques ayant statué des peines contre ceux qui ne disent pas chaque jour l'office divin), sont expressément obligés désormais, à perpétuité, de réciter et psalmodier les Heures, tant du jour que de la nuit, conformément à la prescription et forme de ce bréviaire romain, et qu'aucun de ceux auxquels ce devoir est formellement imposé, ne peut satisfaire que sous cette seule forme.

 

" Nous ordonnons donc à tous et à chacun des patriarches, archevêques, évêques, abbés et autres prélats des Églises, d'introduire ce bréviaire chacun dans leurs églises, monastères, couvents, ordres, milices, diocèses et lieux susdits, faisant disparaître les autres bréviaires, même établis de leur autorité privée, que nous venons de supprimer et abolir; et il est enjoint, tant à eux qu'aux autres prêtres, clercs, séculiers et réguliers, de l'un et l'autre sexe, fussent-ils d'ordres militaires ou exempts, auxquels est imposée l'obligation de dire ou psalmodier l'office, d'avoir soin de le dire ou psalmodier, tant au chœur que dehors, suivant la forme de ce bréviaire."

 

Le saint Pontife déclare ensuite éteindre l'obligation de réciter à certains jours l'office de la sainte Vierge et des Morts, les Psaumes de la pénitence et les Psaumes graduels, afin de donner plus de zèle au clergé pour la récitation du bréviaire réformé, et publie des indulgences pour ceux qui, désormais, auront la dévotion de continuer ces pratiques. Il annonce que l'obligation de se conformer au bréviaire réformé pèsera de tout son poids dans un mois, sur tous ceux qui sont présents à la cour de Rome ; dans trois mois sur ceux qui, sans être à Rome, habitent en-deçà des monts ; dans six mois, pour ceux qui sont  au delà, aussitôt du moins qu'ils auront la facilité de s'en procurer un exemplaire. Enfin, pour maintenir ce bréviaire dans toute sa pureté, il est dit qu'on ne pourra l'imprimer dans aucun lieu sans la permission du Siège apostolique, ou d'un commissaire par icelui délégué. Le reste de la bulle est rempli par les clauses ordinaires de la Chancellerie, et se termine par ces paroles : "Donné à Rome, à Saint-Pierre, l'an de l'Incarnation du Seigneur 1568, le 7 des ides de juillet, la troisième année de notre Pontificat."

 

Tel fut le premier acte de la réforme liturgique à Rome ; nous aurons bientôt à raconter l'application des mesures de saint Pie V, dans les diverses églises de l'Occident.

 

On a sans doute observé les clauses de la bulle. Elle porte l'abolition générale du bréviaire de Quignonez ; elle établit en tous lieux la forme d'office contenue au Bréviaire romain, sans y astreindre cependant les églises qui sont depuis deux cents ans en possession d'un bréviaire particulier, leur laissant toutefois la faculté de passer au nouveau bréviaire moyennant certaines formalités. Rome ne pouvait pas appliquer au grand mal de l'anarchie liturgique un remède à la fois plus efficace et plus discret. Nous allons montrer comment toutes les églises de l'Occident le comprirent et se firent un devoir d'entrer dans les vues du Pontife romain et du concile de Trente.

 

Il restait encore à publier une portion non moins importante de la Liturgie réformée ; le bréviaire ne pouvait être utile sans un missel pareillement corrigé qui lui fût conforme ; La Commission romaine y avait simultanément donné ses soins, et deux ans après la publication du bréviaire, en 1570, saint Pie V fut en mesure de promulguer le nouveau missel. Il était accompagné de la Constitution suivante qui commence par ces mots : Quo primum tempore.

 

" Pie, évêque, serviteur des serviteurs de Dieu :

 

" Du moment que Nous avons été élevé au sommet de l'Apostolat, Nous avons appliqué de grand cœur toutes Nos forces et dirigé toutes Nos pensées aux choses qui concernent la pureté du culte ecclésiastique, travaillant avec toute notre application à préparer et obtenir ce but. Comme, entre les autres décrets du saint concile de Trente, il en est un qui Nous donne le soin de statuer sur la publication et correction des saintes Écritures, du catéchisme, du missel et du bréviaire, ayant déjà, avec le secours de Dieu, fait paraître le catéchisme pour l'instruction du peuple et corrigé le bréviaire qui contient la manière de rendre à Dieu les louanges qui lui sont dues, comme il était indispensable que le missel répondît au bréviaire (puisqu'il convenait et semblait même tout à fait nécessaire que, dans l'Église de Dieu, il n'y eût plus qu'un seul mode de psalmodie et un seul rite pour la célébration de la messe), il Nous restait à Nous occuper, au plus tôt, de la publication du missel qui manquait encore.

 

" Ayant, à cet effet, choisi plusieurs hommes doctes, nous leur avons confié ce travail ; et ceux-ci, ayant conféré avec grand soin tous les plus anciens manuscrits de notre bibliothèque Vaticane, et d'autres encore apportés d'ailleurs, les plus purs et les mieux corrigés ; ayant aussi consulté les ouvrages des auteurs anciens et approuvés, qui ont laissé des écrits contenant la science des rites sacrés, ils ont restitué le missel lui-même, suivant l'antique règle et rite des saints Pères. Ce missel ayant donc été reconnu et corrigé avec un grand soin, afin de mettre tout le monde à même de recueillir les fruits de ce travail, Nous avons donné ordre qu'on l'imprimât et qu'on le publiât au plus tôt, à Rome, pour que les prêtres connussent quelles prières, quels rites et quelles cérémonies ils doivent désormais retenir dans la célébration des messes.

 

" Afin donc que tous embrassent et observent en tous lieux les traditions de la sainte Église romaine, mère et maîtresse des autres Églises, Nous défendons, pour l'avenir, et à perpétuité, que l'on chante ou récite la messe autrement que suivant la forme du missel par Nous publié, dans toutes les églises ou chapelles du monde chrétien, patriarcales, cathédrales, collégiales, paroissiales, tant séculières que régulières, de quelque ordre que ce soit, tant d'hommes que de femmes, même de milice régulière et sans charge d'âmes, dans lesquelles la messe conventuelle doit être suivant le droit ou la coutume célébrée à voix haute ou basse, au chœur, d'après le rite de l'Église romaine ; quand bien même lesdites églises, même exemptes, seraient munies d'induit apostolique, coutumes, privilèges, ou toutes facultés, confirmés par serment ou sanction apostolique ; à moins qu'en vertu d'une première institution ou d'une coutume, antérieures, l'une et l'autre à deux cents ans, on ait gardé assidûment dans les mêmes églises un usage particulier dans la célébration des messes ; en sorte que, de même que nous n'entendons pas leur enlever le droit ou la coutume de célébrer ainsi, de même nous permettons que, s'il leur plaît davantage, ils puissent, du consentement toutefois de l'évêque ou prélat et du chapitre entier, célébrer les messes selon le missel que nous publions par les présentes : quant à toutes les autres églises susdites, nous ôtons et rejetons entièrement et absolument l'usage des missels dont elles se servent.

 

" Statuons et ordonnons, sous la peine de Notre indignation, en vertu de cette constitution qui doit valoir à a perpétuité, qu'on ne pourra rien ajouter, retrancher ou changer au missel que Nous publions ; mandant et commandant en vertu de la sainte obéissance, à tous et à chacun des patriarches et administrateurs desdites églises, et autres personnes honorées d'une dignité ecclésiastique quelconque, même cardinaux de la sainte a Église romaine, ou de quelque autre degré et prééminence qu'ils soient, de chanter et lire désormais la messe, selon le rite, mode et règle que Nous publions dans ce missel, en ayant soin d'omettre et rejeter entièrement, à l'avenir, toutes autres manières et rites observés jusqu'ici d'après d'autres missels même anciens, en sorte qu'ils n'aient pas la hardiesse d'ajouter d'autres cérémonies ni de réciter d'autres prières dans la célébration de la messe que celles contenues dans ce missel.

 

" De plus, Nous concédons et accordons d'autorité apostolique, par la teneur des présentes, que l'on puisse se servir librement et licitement de ce missel pour les messes tant chantées que récitées, dans quelques églises que ce soit, sans aucun scrupule de conscience et sans pouvoir encourir aucunes peines, sentences ou censures, déclarant aussi que nuls prélats, administrateurs, chanoines, chapelains et autres prêtres de quelque nom que ce soit, séculiers ou réguliers, ne pourront être tenus à célébrer la messe autrement qu'en la forme par Nous statuée, ni contraints et forcés à changer l'ordre de ce missel."

 

Le reste de la bulle a rapport au mode de promulgation, qui est le même que pour le bréviaire, et aux précautions à garder dans l'impression. Après les formules ordinaires de chancellerie, on lit ces paroles : "Donné à Rome, à Saint-Pierre, l'an de l'Incarnation du Seigneur, 1570, la veille des ides de juillet, la cinquième année de Notre pontificat."

 

L'apparition d'un bréviaire et d'un missel réformés, causa une grande joie dans toute l'Eglise.

 

DOM GUÉRANGER INSTITUTIONS LITURGIQUES : CHAPITRE XV, RÉFORME   CATHOLIQUE  DE   LA  LITURGIE.  —   PAUL   IV.   PIE   IV. — CONCILE   DE  TRENTE.   SAINT   PIE   V.    BREVIAIRE   ROMAIN. MISSEL ROMAIN. — INTRODUCTION DE LA LITURGIE REFORMEE EN ITALIE, EN ESPAGNE, EN FRANCE ET DANS LE RESTE DE L'OCCIDENT. — PALESTRINA. — SIXTE-QUINT. CONGRÉGATION DES RITES. — GRÉGOIRE XIII. RÉFORME DU CALENDRIER. MARTYROLOGE ROMAIN. — CLÉMENT VIII. PONTIFICAL ROMAIN. CÉRÉMONIAL ROMAIN. — AUTEURS LITURGISTES DU XVIe SIÈCLE.

 

Pope Pius V

SAINT PIE V, Anonyme, XVIe s. Musée des Arts Décoratifs, Paris 

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11 octobre 2011 2 11 /10 /octobre /2011 04:00

À Uzès en Gaule Narbonnaise, après 552, saint Firmin, évêque.

Disciple de saint Césaire d’Arles, il enseigna à son peuple la parole de vérité. 
Martyrologe romain

 

Uzès ancienne Cathédrale

Tour dite Campanile ou Tour Fenestrelle de l'ancienne Cathédrale vue depuis la Promenade des Marronniers, Uzès

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Published by un pèlerin - dans Les Saints
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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 11:30

Il y a toujours du profit à connaître l'erreur ; l'enseignement direct est quelquefois moins avantageux et moins facile. C'est maintenant au logicien catholique de tirer la contradictoire.

 

Le XVIe siècle, au sein duquel les véritables doctrines liturgiques avaient souffert de si rudes atteintes, et qui avait été témoin des réformes malavisées de Ferreri et de Quignonez, devait néanmoins voir s'accomplir une véritable, solide et légitime réforme ; mais c'était aux pontifes romains qu'il était réservé de l'entreprendre par eux-mêmes et de la consommer.

 

Comme toujours, le clergé régulier dut influer sur une œuvre si importante ; mais ce n'étaient déjà plus les franciscains. A l'action insuffisante des ordres mendiants s'était adjoint le zèle de cette nouvelle branche qui venait de pousser au grand arbre de l'état religieux, et qu'on désignait sous le nom de Clercs réguliers. Les plus anciens de cette milice, les théatins, fondés par saint Gaétan de Thienne, attachèrent leur nom à la première tentative de réforme liturgique qui puisse être prise au sérieux, et préparèrent le grand résultat obtenu plus tard par saint Pie V.

 

Clément VII, le même qui chargea Quignonez de travailler à un nouveau bréviaire, avait donné la même commission à saint Gaétan et à Jean-Pierre Caraffa, l'un de ses premiers associés, qui plus tard fut pape sous le nom de Paul IV. Le Bref qui leur confère cette marque de haute confiance apostolique existe encore dans les annales des théatins. Le bréviaire de Quignonez fut préféré, parce que sans doute il était moins long, et disposé dans une forme plus élégante : celui des théatins, dû en partie à Caraffa, alors évêque de Chieti, ne se recommandait que par le maintien des antiques et vénérables usages, par l'épuration des histoires apocryphes, la correction des rubriques, la substitution des vraies leçons des saints Pères à des homélies tirées d'auteurs hétérodoxes, tels que Origène, Eusèbe Emissène, etc. Caraffa était trop grand amateur de l'antiquité et trop grave pour ne pas dédaigner l'œuvre de Quignonez ; il suivit donc l'exemple de saint François Xavier, et montra, même ouvertement, son mépris pour le bréviaire de ce cardinal. Il vint à monter en 1555, sur la chaire de Saint-Pierre, et l'un de ses premiers soins fut de déclarer qu'on n'accorderait plus, à l'avenir, la permission d'user de cette liturgie abrégée, bien qu'il ne jugeât pas encore à propos de retirer les facultés d'en user qui avaient été antérieurement obtenues. Il se remit ensuite à travailler avec ardeur à la rédaction de son bréviaire réformé ; mais, comme il voulait accomplir par lui-même cette œuvre si importante et si digne d'un pape, il arriva qu'étant détourné par les nombreuses et graves préoccupations de la dignité suprême, il ne put arriver à mettre ce bréviaire en état d'être promulgué. Il mourut en 1559, après quatre ans d'un pontificat énergique, qu'il avait commencé ayant déjà atteint sa soixante-dix-neuvième année.

 

Après la mort de Paul IV, Pie IV, son successeur, mit tous ses soins à la continuation du concile ouvert à Trente sous Paul III, en 1545, et depuis suspendu à diverses fois. Paul IV, dans son zèle ardent pour les droits du Siège apostolique, n'avait pas voulu consentir à la reprise des travaux de ce concile, persuadé que l'autorité du Pontife romain, employée avec fermeté et persévérance, suffisait pour accomplir la réforme de l'Église. Au reste, Paul IV était digne de concevoir une pareille espérance ; mais il était dans les plans de la divine Providence que, pour s'accommoder davantage aux idées et aux prétentions de ce siècle, un concile, entravé d'ailleurs en mille manières par les puissances et les nationalités temporelles, eût la plus grande part à l'œuvre de la réforme catholique. Il est vrai aussi d'ajouter que cette assemblée eut le bonheur de se sentir dirigée par des légats dévoués au Siège apostolique, dont ils recevaient et transmettaient les instructions, et qu'une  suite de  grands   pontifes,  saint Pie V, Grégoire XIII, Sixte-Quint, Clément VIII, Grégoire XV, se montra disposée à appliquer les canons de Trente avec cette vigueur inviolable qui en a fait pénétrer l'esprit et les maximes dans toutes les institutions catholiques, depuis cette grande époque.

 

Paul IV avait pensé que la réforme de la liturgie ne pouvait se faire qu'à Rome ; qu'elle devait être l'œuvre propre d'un pontife romain, successeur des Gélase et des Grégoire. Il ne tint pas à Pie IV, comme nous verrons, que cette réforme ne se fît à Trente ; mais le divin auteur de l'Eglise, qui a établi Rome métropole du gouvernement ecclésiastique, et son Église la mère de tous les fidèles, sut bien amener les choses au point où elles devaient être, et la publication de la Liturgie réformée se fit définitivement par l'autorité du souverain Pontife, dans cette capitale du catholicisme. Avant de raconter ce grand événement, il est nécessaire que nous donnions quelques détails sur les dispositions dans lesquelles se trouvait le concile au sujet de la réforme liturgique.

 

Nous avons parlé, au chapitre précédent, des nécessités qui réclamaient impérieusement l'attention des pasteurs de l'Église, sur la matière si grave du culte divin. Dès l'an 1536, on avait tenu à Cologne un concile dont les canons, très expressifs, sont de la plus haute importance pour caractériser les éléments qui se remuaient alors au sein de l'Église. Il fut assemblé par le fameux archevêque Hermann, qui eut depuis le malheur d'embrasser le luthéranisme. Cette circonstance explique plus que suffisamment l'extrême liberté avec laquelle la discipline de cette époque se trouve parfois qualifiée dans les actes de ce concile. Sur l'article de la Liturgie, aux sixième et au onzième canon de la seconde partie, on articule le projet d'une réforme ; on affirme que le bréviaire se trouve contenir des histoires dépourvues d'autorité et de gravité, plainte qui n'aurait rien eu que de très légitime ; mais on émet hardiment le vœu de voir supprimer même les histoires authentiques, pour les remplacer par de simples lectures de l'Écriture sainte. Quant au missel, les Pères réprouvent, avec raison, plusieurs innovations qu'on y avait introduites, et qui offensaient le respect dû au plus auguste des mystères. La prétention  émise ici  sur l'Écriture sainte, comme matière unique de la Liturgie, avait déjà été exprimée en Allemagne, dans les articles de réforme proposés par l'empereur au concile de Bâle.

 

Dans la première période du concile de Trente, les Pères n'eurent pas le loisir de s'occuper de la Liturgie; mais on a vu plus haut que déjà des réclamations en forme avaient été déposées contre le bréviaire de Quignonez. Le concile ayant été momentanément suspendu, nous retrouvons encore des réclamations concernant la Liturgie, dans un projet de réforme dressé par Charles-Quint, à Augsbourg. On y demande que la forme des prières de l'Eglise soit ramenée aux institutions des anciens Pères ; que l'on donne à des hommes pieux et doctes le soin de purger les bréviaires de tout ce qu'ils contiennent d'apocryphe et de moins conforme à la pureté du culte divin. A la reprise du concile, sous Pie IV, on trouve dans un mémoire donné au cardinal de Lorraine, qui se rendait à Trente, en 1502, l'injonction faite à ce prélat par le roi et les états généraux du royaume d'insister fortement auprès des Pères du concile sur la nécessité d'épurer le service divin, de retrancher les superstitions et de revoir les prières et les cérémonies (Histoire ecclés. de Fleury Tom. XXXIII). Tous ces faits qui attestent de plus en plus l'urgence de la réforme liturgique et le zèle que les peuples catholiques mettaient encore au XVIe siècle à ce qui concernait le culte divin, montrent en même temps toute la gravité de la situation dans laquelle allait se trouver le concile, au milieu de toutes ces prétentions, parmi lesquelles on ne pouvait s'empêcher de démêler certaines inspirations plus ou moins suspectes.

 

Pie IV, qui montra toujours dans la direction du concile, par ses légats, un tact si sûr et une si juste intelligence des véritables besoins de l'Église, voulant  mettre les Pères en mesure d'accomplir, suivant toutes les convenances canoniques, l'œuvre tant désirée de la réforme liturgique, leur envoya le travail de Paul IV. C'était leur tracer la ligne la plus sûre, puisque ce grand Pape n'avait eu en vue dans sa réforme que de rapprocher le bréviaire des sources grégoriennes et de le dégager des additions arbitraires, ou peu séantes, qu'on s'était permis d'y faire dans les derniers siècles.

 

Le concile, préoccupé des graves objets qui remplissaient ses sessions, de la dix-huitième à la vingt-cinquième, se trouva être arrivé à l'an 1563, avant que la commission chargée par lui de la réforme du bréviaire eût eu assez de loisir pour terminer son œuvre. Deux sentiments semblaient partager l'assemblée : les uns voulaient qu'on établît une parfaite unité liturgique dans toute l'Église, les autres soutenaient les rites particuliers des  diocèses. La décision d'une si importante affaire, jointe à la lenteur qu'entraînerait infailliblement la correction faite en détail de l'ensemble de la Liturgie, devait exiger beaucoup de temps ; car il ne s'agissait pas seulement du bréviaire, mais encore du missel ; or il était urgent de terminer enfin le concile. Pour éviter de nouveaux retards les légats proposèrent de renvoyer le soin de la réforme liturgique au Pontife romain ; ce qui fut approuvé dans la vingt-cinquième session. Il y eut bien quelques prélats qui manifestèrent de l'opposition. L'évêque de Lérida, entre autres, prononça un long discours pour prouver qu'on avait bien plus de ressources dans le concile pour traiter un si important objet qu'on n'en pourrait avoir à Rome, où l'on n'avait point une connaissance aussi exacte des usages des différents pays. Cette prétention ne fut pas écoutée et ne devait pas l'être, pour peu que l'on voulût arriver à une conclusion quelconque. En effet il ne s'agissait pas de donner une nouvelle Liturgie, mais simplement d'épurer, de ramener à la forme antique celle de l'Eglise d'Occident. Or cette Liturgie était celle de Rome; ses sources étaient à Rome ; cette capitale de l'Église catholique était donc le seul endroit où la correction liturgique pût s'accomplir.

 

Si le concile de Trente, pour rétablir l'unité, eût voulu faire un ensemble de tous les usages épars dans les divers diocèses de l'Occident, il n'eût réussi qu'à produire un ensemble monstrueux et incohérent qui n'eût rétabli l'unité qu'en froissant à plaisir toutes les prétentions locales, allumant ainsi une guerre entre les églises dont les usages eussent été préférés, et celles qui auraient cru voir leurs coutumes tombées dans le mépris. Le concile, en remettant au Pontife romain la réforme du bréviaire et du missel, ne fit donc autre chose que de proclamer une fois de plus la nécessité pour toute l'Église d'Occident, de suivre la Liturgie de l'Église mère et maîtresse.

 

On rapporta à Rome les manuscrits de Paul IV, et toutes les pièces du travail qu'avaient exécuté, dans la même ligne, les commissaires du concile. Pie IV manda en même temps auprès de lui ces derniers, et leur adjoignit plusieurs doctes personnages de Rome ; mais ce Pape ayant été prévenu par la mort, saint Pie V, son successeur, prit en main ce grand œuvre et ajouta aussi de nouveaux commissaires pour en hâter la consommation.

 

Nous n'avons pu découvrir jusqu'ici, malgré toutes nos recherches, les noms de tous les membres de cette importante commission. Merati se borne à nous faire connaître le cardinal Bernardin Scotti, et Thomas Golduelli, évêque d'Asaf, tous deux de l'ordre des théatins, auquel appartient la plus grande part de l'honneur de la correction liturgique du XVIe siècle. Zaccaria pense, avec Lagomarsini, qu'il faut attribuer aussi une action importante sur cette œuvre au cardinal Guillaume Sirlet et au docte Jules Poggio.

 

Nous exposerons ici, en peu de mots, les principes qui présidèrent à la correction du bréviaire de saint Pie V. D'abord, l'idée fondamentale de Paul IV et de ses confrères les théatins, idée adoptée par le concile de Trente et par Pie IV, mais diamétralement opposée à celle de Quignonez, était qu'il n'y avait d'autre réforme de la Liturgie à accomplir, que de la rapprocher des sources antiques, en rejetant la distinction d'un office récité en particulier et d'un office public. Il fallait donc consulter les plus anciens manuscrits et rétablir l'ordre et la disposition qu'ils offraient, tant dans le psautier que dans le partage des livres de l'Écriture, dans les répons, les antiennes et les hymnes. Par ce moyen, l'Église demeurait semblable à elle-même.

 

Quant aux fêtes des nouveaux saints, les correcteurs jugèrent devoir se montrer très sobres à les admettre, non par un amour systématique de l’Office férial, mais pour ne pas usurper la place des âges suivants. Ils conservèrent donc un certain nombre d'offices en l'honneur des saints admis au calendrier depuis saint Grégoire ; mais on eut soin que ces offices, ordinairement réduits aux leçons du second nocturne, n'eussent plus ni hymnes, ni antienne propres, pour prévenir un encombrement qu'un zèle mal réglé n'eût pas manqué de produire dans un temps plus ou moins long. Les Propres des diverses Églises devaient suppléer à ce que le bréviaire général ne renfermerait pas.

 

Le nombre des fêtes des saints se trouvant réduit de beaucoup, les correcteurs se virent en mesure d'assigner à l'office férial deux cents jours environ sur l'année, et par là tomba le reproche que faisait Quignonez au bréviaire de son temps, de priver les clercs de la récitation hebdomadaire du psautier.

 

On remit en vigueur le canon de S. Grégoire VII, sur le partage des saintes Écritures dans les leçons de Matines. Il n'y eut que les Paralipomènes, Esdras et Baruch, pour lesquels il ne se trouva pas de place : mais le choix des passages fut fait avec tant de goût et de précision, que l'on peut dire que leur ensemble donne un aspect aussi complet des saintes Écritures que celui même que peut fournir le bréviaire de Quignonez, dans la préface duquel on promet, il est vrai, la lecture annuelle de la Bible : promesse qui n'est cependant pas remplie.

 

Les homélies et autres passages des saints Pères sont choisis, pour l'ordinaire, avec un discernement supérieur. S'il en est quelques-uns empruntés à des livres que la critique moderne a reconnus apocryphes, il faut se rappeler que cette science ne faisait alors que de naître, et que les grandes et correctes éditions dont nous jouissons aujourd'hui n'existaient pas. Un homme impartial n'oserait reprocher à Baronius et à Bellarmin les taches de ce genre qu'on remarque dans leurs immortels écrits.

 

Les légendes des saints se montrent purgées de tous les faits apocryphes qu'on y voyait avec peine ; et si, aujourd'hui, de sévères censeurs ont encore des reproches à faire au bréviaire romain, sous le rapport de la critique historique, nous les renvoyons à Benoît XIV, qui a traité la matière (De Canonizatione SS., lib. IV, part. II, cap. XIII.), en attendant que la marche suivie dans cet ouvrage nous amène à discuter la valeur de cette censure. Quant au style de ces légendes, on doit reconnaître que s'il offre des variations, parce qu'on jugea à propos d'en retenir quelques-unes d'anciennes, le plus grand nombre est d'une rédaction à la fois élégante et conforme au style liturgique. Nous citerons surtout, dans cette dernière classe, celles des saints docteurs qui appartiennent d'ordinaire à Sirlet et à Poggio.

 

Pour ce qui regarde les rubriques du bréviaire, on put y faire quelques corrections ; mais elles restèrent ; en somme ce qu'elles étaient. Nous avons exposé au chapitre XIII les principes de l'Église sur cette matière, et fait voir combien ils diffèrent des maximes de Quignonez.

 

Tel était le bréviaire réformé, conforme du reste, pour les répons, les antiennes et autres formules dont nous n'avons pas parlé en détail, aux anciens livres grégoriens, et principalement à l'Antiphonaire ou Responsorial publié par le B. Tommasi. On ne pouvait donc rien voir de plus pur, de plus conforme à l'antiquité ; c'est ce qui fait dire au docteur Grancolas, malgré ses préjugés : "Si, au IXe siècle, le bréviaire romain mérita tant d'applaudissements, et d'être préféré à tous ceux des autres églises, il parut avec plus de lustre, après que le pape Pie V l'eut fait revoir ; aussi, peut-on dire que, depuis ce temps-là, toutes les églises particulières l'ont tellement adopté, que celles qui ne l'ont pas pris sous le nom de Bréviaire romain, l'ont presque tout inséré dans le leur, en l'accommodant à leur rite". (Commentaire historique sur le Bréviaire romain, tom.  I,)

 

Il est vrai que, sous ce dernier rapport, les choses ont quelque peu changé en France, depuis 1727, époque à laquelle Grancolas écrivait son livre.

 

Quand tout fut terminé, saint Pie V donna la Bulle pour la promulgation du bréviaire.

 

DOM GUÉRANGER

INSTITUTIONS LITURGIQUES : CHAPITRE XV : RÉFORME   CATHOLIQUE  DE   LA  LITURGIE.  —   PAUL   IV.   PIE   IV. — CONCILE   DE  TRENTE.   SAINT   PIE   V.    BREVIAIRE   ROMAIN. MISSEL ROMAIN. — INTRODUCTION DE LA LITURGIE REFORMEE EN ITALIE, EN ESPAGNE, EN FRANCE ET DANS LE RESTE DE L'OCCIDENT. — PALESTRINA. — SIXTE-QUINT. CONGRÉGATION DES RITES. — GRÉGOIRE XIII. RÉFORME DU CALENDRIER. MARTYROLOGE ROMAIN. — CLÉMENT VIII. PONTIFICAL ROMAIN. CÉRÉMONIAL ROMAIN. — AUTEURS LITURGISTES DU XVIe SIÈCLE.

 

The Council of Trent by CATI DA IESI

The Council of Trent by CATI DA IESI, Pasquale

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10 octobre 2011 1 10 /10 /octobre /2011 04:00

Vanité des vanités, tout n'est que vanité ! (Ecclc. I, 1.) Il n'eut besoin d'aucun discours pour s'en convaincre, le descendant des rois célébré en ce jour, lorsqu'à l'ouverture du cercueil où l'on disait qu'était endormi ce que l'Espagne renfermait de jeunesse et de grâces, la mort lui révéla soudain ses réalités. Beautés de tous les temps, la mort seule ne meurt pas ; sinistre importune qui s'invite de vos danses et de vos plaisirs, elle assiste à tous les triomphes, elle entend les serments qui se disent éternels. Combien vite elle saura disperser vos adorateurs ! Quelques années, sinon quelques jours, peut-être moins, séparent vos parfums d'emprunt de la pourriture de la tombe.

 

La conversión del caballero Francisco de Borja

La conversión del caballero Francisco de Borja, Moreno Carbonero, Museo del Prado. Madrid

  

" Assez des vains fantômes ; assez servi les rois mortels ; éveille-toi, mon âme ". C'est la réponse de François de Borgia aux enseignements du trépas. L'ami de Charles-Quint, le grand seigneur dont la noblesse, la fortune, les brillantes qualités ne sont dépassées par aucun, abandonne dès qu'il peut la cour. Ignace, l'ancien soldat du siège de Pampelune, voit le vice-roi de Catalogne se jeter à ses pieds, lui demandant de le protéger contre les honneurs qui le poursuivent jusque sous le pauvre habit de jésuite où il a mis sa gloire.

 

L'Eglise emploie les lignes suivantes à raconter sa vie :

 François, quatrième duc de Gandie, naquit de Jean de Borgia et de Jeanne d'Aragon, petite-fille de Ferdinand le Catholique. Admirable avait été parmi les siens l'innocence et la piété de son enfance ; plus admirable fut-il encore dans les exemples de vertu chrétienne et d'austérité qu'il donna par la suite, à la cour d'abord de l'empereur Charles-Quint, plus tard comme vice-roi de Catalogne. Ayant dû conduire le corps de l'impératrice Isabelle à Grenade pour l'y remettre aux sépultures royales, l'affreux changement des traits de la défunte le pénétra tellement de la fragilité de ce qui doit mourir, qu'il s'engagea par vœu à laisser tout dès qu'il le pourrait pour servir uniquement le Roi des rois. Si grands furent dès lors ses progrès, qu'il retraçait au milieu du tourbillon des affaires une très fidèle image de la perfection religieuse, et qu'on l'appelait la merveille des princes.

 

A la mort d'Eléonore de Castro son épouse, il entra dans la Compagnie de Jésus. Son but était de s'y cacher plus sûrement, et de se fermer la route aux dignités par le voeu qu'on y fait à l’encontre. Nombre de personnages princiers s'honorèrent de marcher après lui sur le chemin du renoncement, et Charles-Quint lui-même ne fit pas difficulté de reconnaître que c'étaient son exemple et ses conseils qui l'avaient porté à abdiquer l'empire. Tel était le zèle de François dans la voie étroite, que ses jeûnes, l'usage qu'il s'imposait des chaînes de fer et du plus rude cilice, ses sanglantes et longues flagellations, ses privations de sommeil réduisirent à la dernière maigreur son corps ; ce pendant qu'il n'épargnait aucun labeur pour se vaincre lui-même et sauver les âmes. Tant de vertu porta saint Ignace à le nommer son vicaire général pour l'Espagne, et peu après la Compagnie entière l'élisait pour troisième Général malgré ses résistances. Sa prudence, sa sainteté le rendirent particulièrement cher en cette charge aux Souverains Pontifes et aux princes. Beaucoup de maisons furent augmentées ou fondées par lui en tous lieux ; il introduisit la Compagnie en Pologne, dans les îles de l'Océan, au Mexique, au Pérou ; il envoya en d'autres contrées des missionnaires dont la prédication, les sueurs, le sang propagèrent la foi catholique romaine.

 

Si  humbles   étaient  ses sentiments de lui-même, qu'il se nommait le pécheur. Souvent la pourpre romaine lui fut offerte par les Souverains  Pontifes ; son invincible humilité la refusa toujours. Balayer les ordures, mendier de porte en porte, servir les malades  dans les hôpitaux, étaient les délices de ce contempteur du monde et de lui-même.  Chaque jour,  il  donnait  de  nombreuses heures ininterrompues, souvent huit, quelquefois dix, à la contemplation des choses célestes. Cent fois le jour, il fléchissait le genou, adorant Dieu.

 

Jamais il n'omit de célébrer le saint Sacrifice, et l'ardeur divine qui l'embrasait se trahissait alors  sur son visage ; parfois, quand il offrait la divine Hostie ou quand il prêchait, on le voyait entouré de rayons. Un instinct du ciel lui révélait les lieux où l'on gardait le très saint corps du Christ caché dans l'Eucharistie. Saint  Pie V l'ayant  donné comme compagnon au cardinal Alexandrini dans la légation qui avait pour  but  d'unir  les princes chrétiens contre les Turcs, il entreprit par obéissance ce pénible voyage, les forces déjà  presque épuisées ; ce fut ainsi que, dans l'obéissance, et pourtant selon son désir à Rome où il était  de retour, il acheva heureusement la course de la vie, dans la soixante-deuxième année de son âge, l'an du salut mil cinq cent soixante-douze. Sainte Thérèse qui recourait à ses conseils l'appelait un saint, Grégoire XIII un serviteur fidèle. Clément X, à la suite de ses grands et nombreux miracles, l'inscrivit parmi les Saints.

 

 

" Seigneur Jésus-Christ, modèle de l'humilité véritable et sa récompense ; en la manière que vous avez fait du bienheureux François votre imitateur glorieux dans le mépris des honneurs de la terre, nous vous en supplions, faites que vous imitant nous-mêmes, nous partagions sa gloire." C'est la prière que l'Eglise présente sous vos auspices à l'Epoux. Elle sait que, toujours grand près de Dieu, le crédit des Saints l'est surtout pour obtenir à leurs dévots clients la grâce des vertus qu'ils ont plus spécialement pratiquées.

 

Combien précieuse apparaît en vous cette prérogative, ô François, puisqu'elle s'exerce dans le domaine de la vertu qui attire toute grâce ici-bas, comme elle assure toute grandeur au ciel ! Depuis que l'orgueil précipita Lucifer aux abîmes et que les abaissements du Fils de l'homme ont amené son exaltation par delà les deux, l'humilité, quoi qu'on ait dit dans nos temps, n'a rien perdu de sa valeur inestimable ; elle reste l'indispensable fondement de tout édifice spirituel ou social aspirant à la durée, la base sans laquelle nulles autres vertus, fût-ce leur reine à toutes, la divine charité, ne sauraient subsister un jour. Donc, ô François, obtenez-nous d'être humbles ; pénétrez-nous de la vanité des honneurs du monde et de ses faux plaisirs.

 

Puisse la sainte Compagnie dont vous sûtes, après Ignace même, augmenter encore le prix pour l'Eglise, garder chèrement cet esprit qui fut vôtre, afin de grandir toujours dans l'estime du ciel et la reconnaissance de la terre.

 

DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique

 

Fancisco de Borja 

San Francisco de Borja, de Martinez Montañes.- Patrimonio de la Universidad de Sevilla

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9 octobre 2011 7 09 /10 /octobre /2011 04:00

Le Royaume des cieux est comparable à un roi qui célébrait les noces de son fils. Il envoya ses serviteurs pour appeler à la noce les invités, mais ceux-ci ne voulaient pas venir. Il envoya encore d'autres serviteurs dire aux invités : 'Voilà : mon repas est prêt, mes boeufs et mes bêtes grasses sont égorgés ; tout est prêt : venez au repas de noce'. Mais ils n'en tinrent aucun compte et s'en allèrent, l'un à son champ, l'autre à son commerce ; les autres empoignèrent les serviteurs, les maltraitèrent et les tuèrent. Le roi se mit en colère, il envoya ses troupes, fit périr les meurtriers et brûla leur ville.

 

Alors il dit à ses serviteurs : 'Le repas de noce est prêt, mais les invités n'en étaient pas dignes. Allez donc aux croisées des chemins : tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noce'. Les serviteurs allèrent sur les chemins, rassemblèrent tous ceux qu'ils rencontrèrent, les mauvais comme les bons, et la salle de noce fut remplie de convives.

 

Le roi entra pour voir les convives. Il vit un homme qui ne portait pas le vêtement de noce, et lui dit : 'Mon ami, comment es-tu entré ici, sans avoir le vêtement de noce ?' L'autre garda le silence. Alors le roi dit aux serviteurs : 'Jetez-le, pieds et poings liés, dehors dans les ténèbres ; là il y aura des pleurs et des grincements de dents.'

 

Certes, la multitude des hommes est appelée, mais les élus sont peu nombreux.

 

Evangile de Jésus Christ selon saint Matthieu 

 

Le Jugement Dernier

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