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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






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SALVE REGINA

22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 20:00

La Providence divine avait préparé Rome pour servir de fondement à l'édifice du christianisme, lorsque le moment serait venu d'appeler tous les peuples à l'adoption céleste. Les annales de Rome sont la clef des temps, de même que le bassin de la Méditerranée, avec ses rivages habités par tant de peuples  divers,  devait être  le témoin et le théâtre des destinées de la race humaine tout entière. L'Assyrie et la Perse semblèrent  un  moment devenues le centre d'une assimilation redoutable des nationalités orientales, et déjà elles menaçaient l'Occident ; pour réduire à néant ces puissances colossales, mais éphémères, il fallut peu d'années à un jeune roi parti de la Grèce. Quant à l'Egypte,  son  rôle était déjà fini. Ce n'était cependant pas par les armes que la Grèce devait régner sur l'Orient ; ce fut par sa langue et par sa civilisation qu'elle l'envahit. Elle avait à le préparer de longue main pour la grande affiliation que Dieu avait résolu de créer entre les peuples.

 

 Deux villes, situées l'une et l'autre près du littoral de la Méditerranée, avaient à accomplir chacune une mission dont l'avenir du monde dépendait. La plus ancienne, Jérusalem, capitale du petit peuple hébreu, n'était pas destinée à la conquête armée ; mais elle  avait l'honneur d'être la dépositaire des vérités dont vivent l'homme et la société, et qui s'obscurcissaient de plus en plus sur la terre. C'était à elle qu'étaient confiés les oracles divins, et elle devait les garder jusqu'au moment où la parole révélée se ferait jour dans toute la race humaine.

 

 Alors, des conquérants d'une espèce nouvelle se partageraient les provinces du monde, et, moins d'un siècle après leur sortie de Jérusalem, ils auraient porté le nom de Jésus-Christ au delà des régions explorées par les géographes de l'antiquité.

 

 La seconde ville était Rome, à peine au début de ses succès, lorsque déjà la Grèce en finissait avec les Perses,  et rompait l'isolement de ces races pour qui l'Occident existait à peine. L'Empire cependant était pour l'Occident, et pour l'Occident par Rome. Elle était née sans bruit sur le Palatin. Son enfance s'écoula sous le régime monarchique. Elle s'en   émancipa plus tard, et inaugura le régime consulaire qui la conduisit à l'apogée de la grandeur et de la puissance, non sans avoir eu besoin de recourir assez souvent à la dictature.

 

 L'aristocratie romaine, qui concentrait dans le sénat les secrets de la politique et les honneurs du pontificat, fournit aussi à Rome les généraux qui commandèrent ses armées. De bonne heure, il est vrai, l'élément démocratique fit sentir ses résistances, et fut au moment de tout perdre ; mais l'habile gouvernement du sénat, son dévouement à la chose publique, maîtrisèrent longtemps ces réactions menaçantes. Après avoir abattu Carthage, que son instinct d'origine tyrienne semblait pousser à une jalousie implacable contre la future héritière d'Israël, il ne fallut pas à Rome plus de deux siècles pour porter son nom et sa fortune jusqu'aux frontières du monde connu. Mais, sur les derniers temps, une civilisation hâtive introduisait la corruption des mœurs dans son sein, l'ambition et la cupidité déchaînaient des passions égoïstes, et l'on put prévoir que cette Rome si fière, ayant achevé sa mission de conquérante, s'affaisserait sur elle-même, et se donnerait au premier maître à qui il plairait d'en faire son esclave.

 

 Ses destinées cependant  étaient loin d'être épuisées, et l'on peut même dire que tout ce qui avait précédé n'était qu'un commencement et comme le glorieux prélude de ce qui devait suivre. Au temps marqué, les promesses du ciel à la terre s'étaient enfin accomplies. Les oracles dont Jérusalem était dépositaire avaient reçu leur éclaircissement par les faits. Le Christ, qui était l'attente des nations, était venu, et il avait fondé son Eglise. Mais  l'orgueilleuse Jérusalem,  qui méprisait tout ce qui n'était pas juif, préféra l'ombre à la lumière, la lettre à l'esprit, et son infidélité fut le signal de la substitution de la gentilité dans les destinées de la race de Jacob. Dès lors, la mission de Rome allait être d'entreprendre une nouvelle conquête du monde, dans le but "de réunir en société les enfants de Dieu, qui jusque-là étaient dispersés sans lien visible sur la surface de la terre" (Johan., XI.).

 

En même temps, le passé de la ville de Romulus était expliqué. Ce n'était pas pour le profit des Césars qu'elle avait conduit tant d'expéditions sur terre et sur mer. De nombreux passages de prophéties annonçaient l'annexion de toutes les races au culte du vrai Dieu, et Rome avait été appelée à réunir tous les peuples sous une même capitale, afin d'abaisser devant la prédication évangélique les barrières qu'eussent opposées tant de nationalités diverses et ennemies. Ce n'était donc pas en vain que cette ville superbe avait la conscience de son éternité ; mais elle n'avait pas prévu qu'il lui faudrait d'abord mourir en tant que cité païenne, pour revivre à jamais comme capitale de l'universelle religion, et pour devenir l'instrument de la civilisation du monde.

 

Dans cette transformation, Rome ne devait pas perdre la forme imposante et souveraine sous laquelle elle avait apparu aux yeux des peuples. Il lui fallait seulement abaisser ses faisceaux devant la croix, s'assimiler l'élément divin que lui inoculeraient ses deux pacifiques conquérants venus de la Judée, et restituer cet élément, devenu désormais le sien, à toutes les nations de la terre. Ce ne sera plus du Capitole aux toits dorés que descendront les volontés impérieuses du peuple-roi ; ce sera du Vatican, tombeau sacré d'un vieillard immolé par Néron, que partiront ces décrets doctrinaux qui maintiennent et éclairent la vérité révélée, ces lois disciplinaires qui épurent et conservent les mœurs ; et la société spirituelle, qui a là son centre, a déjà traversé dix-huit siècles, gardant toujours la même hiérarchie, le même principe d'autorité, le même symbole qui se développe et ne change jamais. Entre les faits caractéristiques qui amenèrent une si vaste et si profonde révolution, il est à propos d'étudier l'accueil que rencontra dans cette ville la  prédication évangélique, unique moyen de conquête qui fut employé par le christianisme.

 

Pour cela, détournons un moment nos regards de cette corruption colossale qui fait de Rome, sous les Césars, le scandale du monde, et cherchons la véritable raison des succès qui avaient élevé cette ville au-dessus de tout. A la différence des républiques éphémères de la Grèce, dont l'action politique ne s'étendit pas, la république romaine passa, comme naturellement, de la conquête de l'Italie à celle du monde. A quelle cause est dû un tel succès ? A la moralité, à la dignité que montrèrent dans l'exercice de leur haute influence un petit nombre de familles romaines qui se transmirent, durant plusieurs siècles, la tradition du dévouement à la chose publique. C'est par elles que tout s'accomplit, par elles que Rome antique aurait duré, si ses mœurs, tombées en décadence, n'avaient pas paralysé enfin cet élément qui avait été sa vie.

 

On suit aisément, dans l'histoire romaine, la trace de l'action de ces races patriciennes, desquelles tout émane pour le maintien et le progrès de Rome ; mais arrive le moment où cette action s'arrête. Ces nobles familles ne sont pas éteintes encore, mais leur influence dans l'ordre politique a cessé. Pour citer deux noms en particulier, les Cornelii et les Caecilii ont tout conduit, tout décidé dans Rome depuis plusieurs siècles ; mais après la défaite de Thapsus, où triompha la fortune de César, ils semblent s'effacer et disparaître. La place est désormais à l'empire brutal de la force, qui s'éleva sur les corruptions de la république et dont la durée ne s'explique que par la vigueur de tempérament qu'avaient su donner à Rome les mâles patriciens dont nous venons de rappeler les services.

 

Cependant ces illustres races n'avaient pas toutes péri : Dieu les gardait pour la Rome nouvelle. Elles devaient en être les premières assises, et les plus résistantes. Sans bruit et sans jactance, elles s'enrôlèrent dans la cité du Christ, à la parole de l'humble juif, venu de l'Orient pour refaire l'œuvre de Romulus. Si généreux fut leur dévouement, que, pour reconnaître et suivre leur action dans la transformation de Rome, il faut, le plus souvent, recourir aux moyens de l'archéologie, tant sont rares et entrecoupés les documents qui ont survécu aux destructions de Dioclétien ; mais, si cruelles que soient les pertes que nous ont infligées la violence des persécuteurs et les ravages du temps, la conclusion historique que nous venons d'énoncer n'en arrive pas moins au plus haut degré de certitude.

 

Plus d'un lecteur s'étonnera d'entendre émettre une semblable assertion, accoutumé que l'on est à voir se dérouler,  chez les historiens en vogue, les annales de l'Empire, sans un mot qui révèle le travail qui s'opère dans son sein,  ni qui  fasse  pressentir  l'explosion  victorieuse  du christianisme qui signala le début du quatrième siècle.

 

Cependant, on aura beau la passer sous silence, l'arrivée du juif Pierre dans Rome n'en est pas moins le point de départ de la société moderne, et il serait peut-être temps d'en tenir compte.

 

DOM GUÉRANGER

SAINTE CÉCILE ET LA SOCIÉTÉ ROMAINE AUX DEUX PREMIERS SIÈCLES (pages 1 à 8) 

 

Cecilia

SAINTE CÉCILE - Santa Cecilia in Trastevere, Rome

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 16:00

L'Eglise reconnaît et honore dans sainte Cécile trois caractères dont la réunion la distingue souverainement au sein de cette admirable famille des Bienheureux qui resplendit au ciel, et en fait descendre les grâces et les exemples. Ces trois caractères sont : la virginité, le zèle apostolique, le courage surhumain qui lui a fait braver la mort et les supplices ; triple enseignement que nous apporte cette seule histoire chrétienne.

 

 Dans ce siècle aveuglément asservi au culte du sensualisme, n'est-il pas temps de protester par les fortes leçons de notre foi contre un entraînement auquel échappent à peine les enfants de la promesse ? Depuis la chute de l'empire romain, vit-on jamais les mœurs, et avec elles la famille et la société, aussi gravement menacées ? La littérature, les arts, le luxe n'ont d'autre but, depuis longues années, que de proposer la jouissance physique comme l’unique terme de la destinée de l'homme ; et la société compte déjà un nombre immense de ses membres qui ne vivent plus que par les sens. Mais aussi malheur au jour où, pour être sauvée, elle croirait pouvoir compter sur leur énergie ! L'empire romain essaya aussi, et à plusieurs reprises, de soulever le fardeau de l'invasion ; il retomba sur lui-même et ne se releva plus.

 

 Oui ; la famille elle-même, la famille surtout est menacée. Contre la reconnaissance légale, disons mieux, l'encouragement du divorce, il est temps qu'elle songe à sa défense. Elle n'y arrivera que par un seul moyen : en se réformant elle-même, en se régénérant d'après la loi de Dieu, en redevenant sérieuse et chrétienne. Que le mariage soit en honneur, avec toutes les chastes conséquences qu'il entraîne ; qu'il cesse d'être un jeu, ou une spéculation ; que la paternité et la maternité ne soient plus un calcul, mais un devoir sévère ; bientôt, par la famille, la cité et la nation auront repris leur dignité et leur vigueur.

 

 Mais le mariage ne remontera à cette élévation qu'autant que les hommes apprécieront l'élément supérieur sans lequel la nature humaine n'est tout entière qu'une ignoble ruine ; cet élément céleste est la continence. Sans doute, tous ne sont pas appelés à l'embrasser dans sa notion absolue ; mais tous lui doivent hommage, sous peine d'être livrés au sens réprouvé, comme parle l'Apôtre.

 

 C'est la continence qui révèle à l'homme le secret de sa dignité, qui trempe son âme pour tous les genres de dévouement, qui assainit son cœur, et relève son être tout entier. Elle est le point culminant de la beauté morale dans l'individu, et en même temps le grand ressort de la société humaine. Pour en avoir éteint le sentiment, l'ancien monde s'en allait en dissolution ; lorsque le fils de la Vierge parut sur la terre, il renouvela et sanctionna ce principe sauveur, et les destinées de la race humaine prirent un nouvel essor.

 

 Les enfants de l'Eglise, s'ils méritent ce nom, goûtent cette doctrine, et elle n'a rien qui les étonne. Les oracles du Sauveur et de ses Apôtres leur ont tout révélé, et les annales de la foi qu'ils professent leur montrent en action, à chaque page, cette vertu féconde à laquelle tous les degrés de la vie chrétienne doivent participer, chacun dans sa mesure. Sainte Cécile n'offre à leur admiration qu'un exemple de plus. Mais la leçon est éclatante, et tous les siècles chrétiens l'ont célébrée.

 

 Que de vertus Cécile a inspirées, que de courages elle a soutenus, que de faiblesses son souvenir a prévenues ou réparées ! Car telle est la puissance de moralisation que le Seigneur a placée dans ses saints, qu'ils n'influent pas seulement par l'imitation directe de leurs héroïques vertus, mais aussi par les inductions que chaque fidèle est à même d'en tirer pour sa situation particulière.

 

Le second caractère que présente à étudier la vie de sainte Cécile est cette ardeur de zèle dont elle est demeurée l'un des plus admirables modèles, et nous ne doutons pas que sous ce rapport encore la leçon ne soit de nature à produire d'utiles impressions. L'insensibilité au mal dont nous n'avons  pas à répondre personnellement, dont les résultats ne sont pas en voie de nous atteindre, est un des traits de l'époque ; on convient que tout s'en va, on assiste à la décomposition universelle, et l'on ne songe pas à tendre la main à son voisin pour l'arracher au naufrage. Où en serions-nous aujourd'hui, si le cœur des premiers chrétiens eût été aussi glacé que le nôtre ; s'il n'eût été pris de cette immense pitié, de cet inépuisable amour qui leur défendit de désespérer du monde, au sein duquel Dieu les avait déposés pour être le sel de la terre ? Chacun alors se sentait comptable sans mesure du don qu'il avait reçu. Fût-il libre ou esclave, connu ou inconnu, tout homme était l'objet d'un dévouement sans bornes pour ces cœurs que la charité du Christ remplissait. Qu'on lise les Actes des Apôtres et leurs Epîtres, on apprendra sur quelle immense échelle fonctionnait l'apostolat dans ces premiers jours ; et l'ardeur de ce zèle fut longtemps sans se refroidir. Aussi les païens disaient : "Voyez comme ils s'aiment !" Et comment ne se fussent-ils pas aimés ? Dans l'ordre de la foi, ils étaient fils les uns des autres.

 

Quelle tendresse maternelle Cécile ressentait pour les âmes de ses frères, par cela seul qu'elle était chrétienne ! A la suite de son nom, nous pourrions en enregistrer mille autres qui attestent que la conquête du monde par le christianisme et sa délivrance du joug des dépravations païennes, ne sont dues qu'à ces actes de dévouement opérés sur mille points à la fois, et produisant enfin le renouvellement universel. Imitons du moins en quelque chose ces exemples auxquels nous devons tout. Perdons moins de temps et d'éloquence à gémir sur des maux trop réels. Que chacun se mette à l'œuvre, et qu'il gagne un de ses frères, bientôt le nombre des fidèles aura dépassé celui des incroyants. Sans doute, ce zèle n'est pas éteint, il opère dans plusieurs, et ses fruits réjouissent et consolent l'Eglise ; mais pourquoi faut-il qu'il sommeille si profondément dans un si grand nombre de cœurs que Dieu lui avait préparés !

 

La cause en est, hélas ! à la froideur générale, produit de la mollesse des mœurs, et qui donnerait à elle seule le type de l'époque, s'il ne fallait encore y joindre un autre sentiment qui procède de la même source, et suffirait, s'il était de longue durée, à rendre incurable l'abaissement d'une nation. Ce sentiment est la peur, et l'on peut dire qu'il s'étend aujourd'hui aussi loin qu'il est possible. Peur de perdre ses biens ou ses places ; peur de perdre son luxe ou ses aises ; peur enfin de perdre la vie. Il n'est pas besoin de dire que rien n'est plus énervant, et partant plus dangereux pour ce monde, que cette humiliante préoccupation ; mais avant tout, il faut convenir qu'elle n'a rien de chrétien. Aurions-nous oublié que nous ne sommes que voyageurs sur cette terre, et l'espérance des biens futurs serait-elle donc éteinte dans nos cœurs ? Cécile nous apprendra comment on se défait du sentiment de la peur. Au temps où elle vécut, la vie était moins sûre qu'aujourd'hui. Alors on pouvait bien avoir quelque raison de craindre ; cependant on était ferme, et les puissants tremblèrent souvent à la voix de leur victime.

 

Dieu sait ce qu'il nous réserve ; mais si bientôt la peur ne faisait place à un sentiment plus digne de l'homme et du chrétien, la crise politique ne tarderait pas à dévorer toutes les existences particulières. Quoi qu'il arrive, l'heure est venue de rapprendre notre histoire. La leçon ne sera pas perdue, si nous arrivons à comprendre ceci : avec la peur, les premiers chrétiens nous eussent trahis, car la Parole de vie ne fût pas arrivée jusqu'à nous ; avec la peur, nous trahirions les générations à venir qui attendent de nous la transmission du dépôt que nous avons reçu de nos pères.

 

 Le langage des Anges pourrait seul célébrer dignement vos grandeurs, ô Epouse du Christ ! et nous n'avons pour vous louer que les accents incomplets et timides de l'homme mortel et pécheur. Ô Reine qui assistez à la droite du Roi des siècles, revêtue de cette robe tout éclatante d'or qu'a chantée le Psalmiste, inclinez sur nous un regard favorable, et daignez accepter cette offrande de nos louanges que nous déposons sur le dernier degré de votre trône sublime.

 

 Nous osons y joindre une prière pour la sainte Eglise dont vous fûtes l'humble fille, avant d'en devenir l'espérance et l'appui. Dans cette nuit profonde du siècle présent, l'Epoux tarde à paraître. Au sein de ce solennel et mystérieux silence, il permet à la Vierge de se laisser aller au sommeil jusqu'à ce que le cri de son avènement se fasse entendre. Nous honorons votre repos sur la pourpre de vos victoires, ô Cécile ! mais nous savons que vous ne nous oubliez pas ; car l'Epouse dit dans le sacré Cantique : "Je dors, mais mon cœur veille."

 

 L'heure approche où l'Epoux va paraître, appelant tous les siens sous l'étendard de sa Croix. Bientôt le cri va retentir : "Voici l'Epoux, marchez au-devant de lui". Ô Cécile ! vous direz alors aux chrétiens, comme à cette troupe fidèle qui se pressait autour de vous à l'heure de la lutte : "Soldats du Christ, rejetez les œuvres de ténèbres, et revêtez les armes de la lumière."

 

L'Eglise qui chaque jour prononce votre nom avec amour et confiance dans l'Action du plus sacré de ses Mystères, attend fermement votre secours, ô Cécile ! elle sait qu'il ne lui fera point défaut. Préparez sa victoire, en élevant les cœurs chrétiens vers les seules réalités que trop souvent ils oublient, pour courir à la poursuite de ces vaines apparences dont vous sûtes déprendre le cœur de Tiburce. Le jour où le sentiment de l'éternité de nos destinées dominera de nouveau la pensée des hommes, le salut et la paix des peuples seront assurés.

 

Soyez à jamais, ô Cécile ! les délices de l'Epoux. Aspirez éternellement le divin parfum de ses roses et de ses lys ; enivrez-vous sans fin de l'harmonie suprême dont il est la source. Du sein de vos splendeurs vous veillerez sur nous, et quand notre dernière heure sera venue, nous vous en supplions par les mérites de votre héroïque trépas, assistez-nous sur notre couche funèbre ; recevez notre âme dans vos bras, et portez-la jusque dans cet immortel séjour où il nous sera donné de comprendre, en voyant la félicité qui vous entoure, le prix de la Virginité, de l'Apostolat et du Martyre.

 

 

 DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique

 

 

Cecilia

SAINTE CÉCILE - Santa Cecilia in Trastevere, Rome

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 08:00

Cécile unit dans ses veines au sang des rois celui des héros qui firent la Ville éternelle. Au moment où retentit dans le monde la trompette évangélique, plus d'une famille de l'ancien patriciat ne se survivait plus dans une descendance directe. Mais les adoptions et les alliances qui, sous la République, avaient serré les liens des grandes familles en les rattachant toutes aux plus illustres d'entre elles, formaient de la gloire de chacune un fonds commun qui, jusque dans les siècles de la décadence républicaine, se transmettait intact et constituait l'apanage des surivants de l'aristocratie.

 

 Or il est aujourd'hui démontré, par l'irréfragable témoignage des monuments, que le christianisme dès l'abord s'assimila cette gloire, en faisant siens ses héritiers ; que les premières assises de la Rome des Pontifes, merveilleux dessein de la Providence ! furent ces derniers représentants de la République, conservés tout exprès pour donner aux deux phases de l'histoire romaine l'unité puissante qui est le cachet des œuvres divines. Rapprochés autrefois par un même patriotisme, les Cornelii, les Aemilii, comme eux héritiers des Fabii, les Cœcilii, les Valerii, les Sergii, les Furii, les Claudii, Pomponii, Plautii, Acilii, premiers-nés de l'Eglise des gentils, virent se resserrer encore au sein du christianisme les liens formés sous la République, et constituèrent, dès le premier et le second siècle de la prédication évangélique, l'indissoluble et noble réseau de la nouvelle société romaine. Puis sur ce tronc vigoureux toujours de la vieille aristocratie vinrent se greffer dans les mêmes siècles, et sous l'influence de la religion que Pierre et Paul avaient prêchée, les membres les plus méritants des nouvelles familles impériales ou consulaires, dignes par leurs vertus vraiment romaines au sein de la dépravation générale, d'être appelés à renforcer les rangs trop éclaircis des fondateurs de Rome, et à combler sans brusque transition les vides faits par le temps dans les familles du vrai patriciat. Ainsi Rome poursuivait elle ses destinées ; ainsi l'édification de la Ville éternelle allait s'achevant par ces mêmes hommes qui l'avaient autrefois, dans leur sang et leur génie, constituée forte et puissante sur les sept collines.

 

 Représentante légitime de cette aristocratie sans pareille au monde, Cécile, la plus belle des fleurs de la vieille tige, en fut aussi comme la dernière. Le deuxième siècle de l'ère chrétienne était sur son déclin ; le troisième qui, des mains de l'africain Septime Sévère, allait voir l'empire passer successivement aux Orientaux et aux barbares des rives du Danube, devait être, on le conçoit, peu favorable à la conservation des vieux restes de la noblesse d'antan ; et l'on peut dire que c'en est fait alors de la vraie société romaine, parce qu'alors, sauf de rares et individuelles exceptions, il ne reste plus de romain que le nom, vaine parure d'affranchis et d'hommes nouveaux qui, sous des princes dignes d'eux, exploitent le monde au gré de leurs vices.

 

 Cécile est donc bien apparue à son heure, personnifiant avec une incomparable dignité la société qui va disparaître, son oeuvre accomplie. Dans sa force et dans sa beauté, royalement ornée de la pourpre du martyre, c'est l'antique Rome s'élevant aux cieux glorieuse et fière, en face des césars parvenus dont la médiocrité jalouse achève par son immolation, sans en avoir conscience, l'exécution du plan divin. Ce sang des rois et des héros qui s'épanche à flots de sa triple blessure, est la libation du vieux patriciat au Christ vainqueur, à la Trinité dominatrice des nations; c'est la consécration suprême qui nous révèle dans son étendue la vocation sublime des fortes races appelées à fonder Rome éternelle.

 

La Passio sanctœ Cœcillœ est indiquée par les plus anciens textes au XVI septembre, au Martyrologe hiéronymien, et elle eut lieu sous Marc-Aurèle et Commode empereurs. La grande fête du XXII novembre, précédée de sa Vigile, était l'une des plus solennelles du Cycle romain ; elle rappelait aux habitants des sept collines la dédicace de l'église élevée sur l'emplacement du palais consacré par le sang de la descendante des Metelli, et légué par Cécile mourante à l'évêque Urbain, représentant du Souverain Pontife Eleuthère. Urbain, confondu plus tard avec le Pape du même nom qui gouverna l'Eglise de Dieu au temps d'Alexandre Sévère, amena les légendaires à retarder d'un demi-siècle le martyre de la Sainte, comme on le voit encore aujourd'hui dans les leçons historiques du jour.

 

 Selon toute vraisemblance, ce fut en l'année 178 que Cécile rejoignit Valérien au ciel d'où l'Ange du Seigneur était descendu peu de mois auparavant, dans la nuit des noces, apportant aux deux époux les couronnes où s'entrelaçaient les lis et les roses. Ensevelie par Urbain telle que l'avait laissée la mort, elle vit au commencement du siècle suivant la crypte de famille qui l'abritait donnée par les siens à l'Eglise romaine, et disposée pour la sépulture des Pontifes de cette Eglise maîtresse et mère. Pascal Ier la retrouvait près de ces tombes augustes au IXe siècle, et la ramenait triomphalement, le VIII mai 822, à sa maison du Transtévère qu'elle ne devait plus quitter désormais.

 

Des travaux nécessités par la restauration de la basilique faisaient de nouveau reparaître Cécile aux yeux émerveillés de la Ville et du monde. Elle était revêtue de sa robe brochée d'or, sur laquelle on distinguait encore les traces glorieuses de son sang virginal ; à ses pieds reposaient les linges teints de la pourpre de son martyre. Etendue sur le côté droit, les bras affaissés en avant du corps, elle semblait dormir profondément. Le cou portait encore les cicatrices des plaies dont le glaive du licteur l'avait sillonné ; la tête, par une inflexion mystérieuse et touchante, était retournée vers le fond du cercueil. Le corps se trouvait dans une complète intégrité, et la pose générale, conservée par un prodige unique, après tant de siècles, dans toute sa grâce et sa modestie, retraçait avec la plus saisissante vérité Cécile rendant le dernier soupir, étendue sur le pavé de la salle du bain. On se croyait reporté au jour où le saint évêque Urbain avait renfermé dans l'arche de cyprès le corps de Cécile, sans altérer en rien l'attitude que l'épouse du Christ avait choisie pour exhaler son âme dans le sein de son Epoux. On admirait aussi la discrétion de Pascal qui n'avait point troublé le repos de la vierge, et avait su conserver à la postérité un si grand spectacle.

 

 Sfondrate, l'heureux cardinal-titulaire de Sainte-Cécile qui dirigeait les travaux, retrouva en outre dans la chapelle dite du Bain l'hypocauste et les soupiraux du sudatorium où la Sainte passa un jour et une nuit au milieu des vapeurs embrasées. De nouvelles fouilles entreprises récemment, et qui se poursuivent au moment où nous écrivons ces lignes, ont mis à jour d'autres restes de la patricienne demeure, que leur style doit faire reporter aux temps reculés de la République.

 

 

 C'est l'heure de gagner la couronne, s'écrie Cécile, encourageant les siens ; bientôt elle-même la vierge est traduite au prétoire.

 

Elle dédaigne les menaces du juge irrité et se rit des faux dieux ; sa jeunesse ignorante de toute faute est déclarée aussitôt digne de mort.

 

On l'entraîne, on l'enferme de longues heures en la salle de bains dont les voûtes s'emplissent de vapeurs embrasées, mais le feu divin qui brûle au cœur de la vierge est plus fort.

 

Trois fois le licteur cruel frappe du glaive la victime innocente, et cependant il ne peut consommer l'attentat ; le Christ accorde une trêve à la martyre.

 

En ce moment suprême, elle veut donner pour être consacrée à Dieu la demeure des ancêtres, et libre enfin s'envole aux noces de l'Agneau.

 

Salut, corps de la martyre, longtemps caché sous l'ombre des cryptes : resplendissant d'une gloire nouvelle , vous êtes rendu à Rome qui vous donna le jour.

 

La Vierge des vierges se fait votre gardienne, de crainte qu'au sein des ténèbres ne se fane la fleur ; ainsi demeurez-vous empourpré du sang du triomphe sous la cyclade aux reflets d'or.

 

Dormez sous le marbre silencieux, tandis que sur son trône du ciel l'âme qui vous anima chante son allégresse, écoute bénignement nos vœux.

 

Jésus Epoux, soyez loué parles heureuses phalanges des vierges ;  au Père, au Paraclet, soit pareillement  gloire éternelle.

 

Amen

 

 

DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique

 

 

SAINTE CÉCILE   - Santa Cecilia in Trastevere, Rome

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22 novembre 2010 1 22 /11 /novembre /2010 04:00

Moi, Jean, j'ai vu l'Agneau debout sur la montagne de Sion, et avec lui les cent quarante-quatre mille qui portent, inscrits sur leur front, le nom de l'Agneau et celui de son Père. Et j'ai entendu une voix venant du ciel comme la voix des océans ou celle d'un grand coup de tonnerre ; mais cette voix que j'entendais était aussi comme celle des musiciens qui chantent en jouant de la cithare. Ils chantaient un chant nouveau devant le Trône, et devant les quatre Vivants et les Anciens.

 

Personne ne pouvait apprendre ce chant, sinon les cent quarante-quatre mille, les rachetés de la terre. Ce sont eux qui suivent l'Agneau partout où il va ; ils ont été rachetés du milieu des hommes pour être offerts les premiers à Dieu et à l'Agneau. Ils n'ont jamais proféré de mensonge ; ils sont irréprochables.

 

 

Saint Jean à Patmos par Memling

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 12:30

On dit souvent que nos images ou sculptures du Christ en Occident sont douloureuses. C’est vrai. Mais je les aime autant que j’aime les icônes d’Orient parce que je crois que d’une façon ou d’une autre, on ne peut nier cette ignominie de la croix. Elle est au cœur de nos vies. Elle est au cœur de notre monde. Le monde est vaincu. Le Christ est le vainqueur, nous sommes vainqueurs en Lui. Mais cela n’apparaît pas pleinement encore.

 

 Chantons l’amour de Dieu pour qu’il nous traverse, pour qu’il nous pénètre, pour qu’il soit joie, plénitude d’amour. Découvrons Dieu en nous livrant. Demandons de dépasser l’ignominie pour découvrir celui qui est déjà triomphant.

 

Mais n’oublions jamais l’ignominie qui est au cœur de nos vies tant qu’elle n’a pas été transfigurée par le Royaume de Dieu.

 

Père Marie-Joseph Le Guillou 

 

 

Christ in the Tomb by Unknown Icon Painter, Cretan, (1490)

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21 novembre 2010 7 21 /11 /novembre /2010 05:00

On venait de crucifier Jésus, et le peuple restait là à regarder. Les chefs ricanaient en disant : "Il en a sauvé d'autres : qu'il se sauve lui-même, s'il est le Messie de Dieu, l'Élu !" Les soldats aussi se moquaient de lui. S'approchant pour lui donner de la boisson vinaigrée, ils lui disaient : "Si tu es le roi des Juifs, sauve-toi toi-même !" Une inscription était placée au-dessus de sa tête : "Celui-ci est le roi des Juifs."

 

 L'un des malfaiteurs suspendus à la croix l'injuriait : " N'es-tu pas le Messie ? Sauve-toi toi-même, et nous avec !" Mais l'autre lui fit de vifs reproches : "Tu n'as donc aucune crainte de Dieu ! Tu es pourtant un condamné, toi aussi !
Et puis, pour nous, c'est juste : après ce que nous avons fait, nous avons ce que nous méritons. Mais lui, il n'a rien fait de mal." Et il disait : "Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras inaugurer ton Règne."

 

 Jésus lui répondit : " Amen, je te le déclare : aujourd'hui, avec moi, tu seras dans le Paradis."

 

 

Évangile de Jésus-Christ selon saint Luc

 

 

Christ Couronné d'Épines par Cranach

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20 novembre 2010 6 20 /11 /novembre /2010 08:55

La Présentation de la Vierge

 

Chante et réjouis-toi, fille de Sion

voici que je viens, j'habiterai au milieu de toi, déclare le Seigneur.

 

En ce jour-là, des nations nombreuses s'attacheront au Seigneur

elles seront pour moi un peuple, et j'habiterai au milieu de toi.

Tu sauras que le Seigneur de l'univers m'a envoyé vers toi.

 

Le Seigneur prendra possession de Juda, son domaine sur la terre sainte

Il choisira de nouveau Jérusalem.

 

Que toute créature fasse silence devant le Seigneur

car il se réveille et sort de sa Demeure sainte.

 

 

Livre de Zacharie  (2, 14-17)

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