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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Magnificat

     



Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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Voyages de Benoît XVI

 

SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

Saint Pierre et Saint André

 

BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






Yahad-In Unum

   

Vicariat hébréhophone en Israël

 


 

Mgr Fouad Twal

Patriarcat latin de Jérusalem

 

               


Vierge de Vladimir  

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SALVE REGINA

5 décembre 2009 6 05 /12 /décembre /2009 05:00


Icône médiévale de Saint Sabbas le Sanctifié

L’Eglise Romaine se borne aujourd'hui à l'Office de la Férié ; mais elle y joint la Commémoration de saint Sabbas, Abbé de la fameuse  Laure de Palestine, qui subsiste encore aujourd'hui sous son nom.

MAR SABA : la Grande Laure de Saint Sabbas
à 14 km à l'est de Béthléem, dans la vallée du Cédron au désert de Judée

Ce Saint, qui mourut en 533, est le seul personnage de l'Ordre monastique dont l'Eglise fasse mention en ses Offices dans tout le cours de l'Avent ; on pourrait même dire que parmi les simples Confesseurs, saint Sabbas est le seul dont on lise le nom au Calendrier liturgique en cette partie de l'année, puisque le glorieux titre d'Apôtre des Indes semble mettre saint François Xavier dans une classe à part. Nous devons voir en ceci l'intention de la divine Providence qui, pour produire une plus salutaire impression sur le peuple chrétien, s'est appliquée à choisir, d'une manière caractéristique, les Saints qui devaient être proposés à notre imitation dans ces jours de préparation à la venue du Sauveur.

Nous y trouvons des Apôtres, des Pontifes, des Docteurs, des Vierges, glorieux cortège du Christ Dieu, Roi et Epoux ; la simple Confession n'y est représentée que par un seul homme, par l'Anachorète et Cénobite Sabbas, personnage qui, du moins, par sa profession monastique, se rattache à Elie et aux autres solitaires de l'ancienne Alliance, dont
la chaîne mystique vient aboutir à Jean le Précurseur.

Honorons donc ce grand Abbé, pour lequel l'Eglise grecque professe une vénération filiale, et sous l'invocation duquel Rome a place une de ses Eglises ; et appuyons-nous de son suffrage auprès de Dieu, en disant  avec la  sainte Liturgie :
 
Que l'intercession, Seigneur, du bienheureux Sabbas nous recommande, s'il vous plaît, auprès de vous ;
afin que nous obtenions, par son patronage, ce que nous ne pouvons prétendre par nos mérites.
Par Jésus-Christ notre Seigneur
Amen
 

Glorieux Sabbas, homme de désirs, qui, dans l'attente de Celui qui a dit à ses serviteurs de veiller jusqu'à sa venue, vous êtes retiré au désert, de peur que les bruits du monde ne vinssent vous distraire de vos espérances, ayez pitié de nous qui, au milieu du siècle et livrés à toutes ses préoccupations, avons cependant reçu, comme vous, l'avertissement de nous tenir prêts pour l'arrivée de Celui que vous aimiez comme Sauveur, et que vous craigniez comme Juge. Priez, afin que soyons dignes d'aller au-devant de lui, quand il va paraître.

Souvenez-vous aussi de l'Etat monastique, dont vous êtes l'un des principaux ornements ; relevez ses ruines, au milieu de nous suscitez des hommes de prière et de foi comme aux anciens jours ; que votre esprit se repose sur eux, et qu'ainsi l'Eglise, veuve d'une partie de sa gloire, la recouvre par votre intercession.
 

*

Considérons  encore la Prophétie du Patriarche Jacob, qui n'annonce pas seulement que le Messie doit être  l’attente des nations, mais exprime aussi que le sceptre sera ôté de Juda,  à l'époque où paraîtra le Libérateur promis. L'oracle  est maintenant  accompli. Les étendards de César Auguste flottent sur les remparts de  Jérusalem ; et si le Temple a été réservé jusqu'à  ce jour, si  l'abomination de la  désolation n'a pas encore été établie dans le lieu saint, si le sacrifice n'a pas encore été interrompu, c'est que le véritable Temple de Dieu, le Verbe incarné, n'a pas non plus été inauguré ; la Synagogue n'a pas renié  Celui qu'elle attendait ; l'Hostie qui doit remplacer toutes  les  autres  n'a pas  encore  été immolée.

Mais Juda n'a  plus de chef de sa race, la monnaie de César circule dans toute la Palestine ; et le jour est proche où les chefs du peuple juif confesseront, devant un gouverneur romain, qu'il ne leur est pas permis de faire mourir qui que ce soit. Il n'y a donc plus de Roi sur le trône de David et de Salomon, sur ce trône qui devait durer à jamais.  O Christ ! Fils de David, Roi Pacifique, il est  temps que  vous  paraissiez et veniez prendre ce sceptre arraché par la  victoire aux mains de Juda,  et déposé  pour quelques jours en celles d'un Empereur. Venez ; car vous être Roi, et le Psalmiste, votre aïeul, a chanté de vous : "Ceignez  votre épée  sur votre cuisse, ô  très vaillant ! Montrez votre  beauté et votre gloire ; avancez-vous, et régnez ; car la vérité, la douceur,  la justice sont en vous, et la puissance de votre bras vous produira. Lancées par ce bras vainqueur, vos flèches perceront le cœur des ennemis de votre Royauté, et feront tomber à vos pieds tous les peuples. Votre trône
sera éternel ; le sceptre de votre Empire sera un sceptre d'équité ; Dieu vous a sacré. Dieu vous-même, d'une huile de joie qui coule plus abondamment sur vous, ô Christ ! qui en tirez votre nom, que sur tous ceux qui jamais s'honorèrent du nom de Roi."

O Messie ! quand vous serez venu, les hommes ne seront plus errants comme des brebis sans pasteur ; il n'y aura qu'un seul bercail où vous régnerez par l'amour et la justice ; car toute puissance vous sera donnée au ciel et sur la terre ; et quand, aux jours de votre Passion, vos ennemis vous demanderont : Es-tu Roi ? vous répondrez suivant la vérité : Oui, je suis Roi. O Roi ! venez régner sur nos cœurs ; venez régner sur ce monde qui est à vous parce que vous l'avez fait, et qui bientôt sera une fois de plus à vous, parce que vous l'aurez racheté. Oh ! régnez donc sur ce monde, et n'attendez pas, pour y déployer voire royauté, le jour dont il est écrit : Vous briserez contre la terre la tête des Rois (Psalm. CIX) ; régnez dès à présent, et faites que tous les peuples soient à vos pieds dans un hommage universel d'amour et de soumission.
 

SÉQUENCE POUR LE TEMPS  DE L’AVENT
(Composée au XIe siècle, et tirée des anciens Missels Romains-Français) 
Vous qui seul, dans la force de votre bras , régnez sur tous les sceptres,

Réveillez votre puissance et faites-la éclater sous les yeux de votre peuple;

Accordez-lui les dons du salut.

Celui qu'ont annoncé les oracles prophétiques,

Envoyez-le du radieux palais d'en haut;

Seigneur, envoyez Jésus sur notre Terre.

Amen

DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique




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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 18:00

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4 décembre 2009 5 04 /12 /décembre /2009 05:00

L’Eglise Romaine n'a consacré qu'une simple Commémoration à sainte Barbe, dans l'Office de saint Pierre Chrysologue ; mais elle a approuvé un Office entier à l'usage des Eglises qui honorent spécialement la mémoire de cette illustre vierge. La Légende qui suit, quoique fort grave, n'a donc point l'autorité de celles qui sont promulguées pour toute l'Eglise dans le Bréviaire Romain. Nous n'en devons pas moins rendre nos hommages fervents à cette glorieuse Martyre, si célèbre dans tout l'Orient, et dont l'Eglise Romaine a depuis longtemps adopté le culte. Ses actes, pour n'être pas de la première antiquité, n'ont rien que de glorieux à Dieu et d'honorable à la Sainte. Nous avons relevé ci-dessus l'importance liturgique de sainte Barbe au temps de l'Avent. Rendons hommage à la fidélité avec laquelle cette Vierge attendit l'Epoux, qui ne manqua pas à l'heure dite, et qui fut pour elle un Epoux de sang, comme par l'Ecriture, parce qu'il avait reconnu la force de son amour. 


Sainte Barbe par Holbein

Barbe, Vierge de Nicomédie, fille à Dioscore, noble personnage, mais attaché aux superstitions païennes, parvint, à l'aide de la grâce divine, à connaître les choses invisibles par la vue de ce monde visible : c'est pourquoi elle ne voulut plus s'occuper que de Dieu seul et des choses divines. Son père. voulant, à cause du grand éclat de sa beauté, la soustraire aux regards des hommes, l'enferma dans une tour, où la pieuse vierge vivait dans la prière et la méditation, ne pensant qu'à plaire à Dieu seul, qu'elle avait choisi pour époux. Dioscore, à diverses reprises, lui offrit de nobles alliances qu'elle dédaigna généreusement. Pensant alors qu'en se séparant de sa fille, il pourrait plus facilement adoucir ses résistances, il fit construire un bain dans la tour qu'elle habitait, afin qu'elle eût toutes les commodités de la vie ; puis il partit pour une contrée lointaine.
 

Pendant l'absence de son père, Barbe  fit ajouter aux deux fenêtres de sa tour, une  troisième  en l'honneur de la divine Trinité, et tracer l'image de la très sainte Croix sur le bord de la baignoire.  A son retour, Dioscore, ayant vu ces nouveautés et connu  leur motif, s'emporta contre sa fille au point de se jeter sur elle, l'épée nue  à la main ; peu s'en fallut même qu'il ne la tuât  dans sa fureur ; mais Dieu vint au secours de la vierge. Dans sa fuite précipitée, un énorme rocher lui ouvrit un passage, par où elle parvint au sommet d'une montagne, et se cacha dans une grotte. Peu après, ce père dénaturé , l’ayant découverte, l'accabla de coups, la foula sous ses pieds, la traîna par les cheveux à travers des sentiers âpres et rocailleux, et la livra lui-même au gouverneur Marcien, pour être châtiée. Celui-ci employa, mais en vain, tous les moyens pour l'ébranler. Il la fit battre nue à coups de nerfs de bœuf, et déchirer ses blessures encore fraîches avec des débris de poterie, enfin jeter dans une prison. Là, le Christ lui apparut, environné d'une grande lumière, et la fortifia merveilleusement pour sa dernière passion. Témoin de ce prodige, une dame, nommée Juliana, se convertit à la foi et partagea la palme de cette vierge.
 

Barbe eut encore les membres déchirés par les ongles de fer, les flancs brûlés avec des torches, la tête battue à coups de maillets ; et, dans ces tourments , elle consolait sa compagne et l'encourageait à combattre, sans faiblir, jusqu'à la fin. Enfin, toutes les deux eurent les mamelles coupées ,  furent  traînées nues à travers les places publiques  et décapitées. Ce fut un père abominable qui eut assez de  barbarie pour trancher de ses mains la tête de sa  fille.  Mais cette affreuse cruauté ne fut pas longtemps impunie : à l'heure même et au  même lieu , la foudre  l'étendit mort. Le  corps  de cette bienheureuse vierge fut transporté d'abord, par les soins de l'Empereur Justin, de Nicomédie à Constantinople ; puis,  plus tard, les Vénitiens l'ayant obtenu des Empereurs Constantin et Basile, l'enlevèrent de Constantinople, et le déposèrent solennellement dans la basilique de Saint-Marc. Enfin, en dernier lieu, sur les instantes prières  de l’Evêque de Torcello et de sa sœur qui  était Abbesse, on le transféra,  l'an  de notre salut 1009, dans l'église des religieuses de Saint-Jean-l’Evangéliste, au diocèse Torcello, où il fut honorablement enseveli, c’est présentement encore l'objet d'une constante vénération.

 

Tel est le récit de la  vie et du martyre de la courageuse vierge de Nicomédie. On  l'invoque dans l'Eglise contre la  foudre, en mémoire  du châtiment que la  justice divine infligea à son détestable père. Sa qualité de protectrice du peuple chrétien contre le feu du ciel a fait donner son nom aux magasins de poudre  sur  les vaisseaux et l'a fait assigner pour patronne aux artilleurs, aux mineurs, et généralement aux corporations dans lesquelles on emploie la poudre à canon. On la prie aussi pour être préservé de la mort subite, tant a fait d'impression sur les fidèles la fin terrible de Dioscore !

Nous nous bornerons à extraire des livres liturgiques de nos églises cette gracieuse Antienne composée dans les temps chevaleresques :


O Miséricorde immense de la divine bonté, qui a glorifié Barbe par la splendeur de la seule véritable lumière, et l'a rendue digne de s’unir à la Divinité, après qu'elle eût méprisé les honneurs de la terre ! Elle a brillé comme un lis entre les épines ; elle a lui comme la lumière dans les ténèbres. Alleluia.
 


Triptych of the Family Moreel (detail) by Memling

L'Eglise grecque est abondante  sur les  louanges de sainte Barbe.  Nous  allons extraire de ses Menées quelques-unes des nombreuses strophes dans lesquelles est célébrée la gloire de la sainte martyre.
 

HYMNE DE L'ÉGLISE GRECQUE

Quand s'apparut a toi la douce mort, ô Barbe, ô martyre vénérable, joyeuse triomphante, tu accomplis ta course ; tu fus immolée par les mains iniques d’un père impie ; c'est pourquoi, réunie aux chœurs des Vierges vraiment prudentes, tu contemples la splendeur de ton Epoux.
 

Votre jeune brebis ô Jésus , s'écrie vers vous à haute voix : C'est vous, ô mon Epoux, que je désire ; c'est vous que je cherche en combattant ; je suis immolée et ensevelie en votre Baptême ; je souffre pour vous, afin de régner avec vous ; je meurs pour vous, afin de ne vivre plus qu'en vous : recevez en parfait sacrifice celle qui vous est offerte en sacrifice d'amour. A sa prière, sauvez nos âmes, miséricordieux Seigneur !
 

Eclose sur un tronc épineux, ô rose sacrée qui embaume l'Eglise de tes parfums ; toi qu'un généreux combat empourpra de ton sang, nous chantons aujourd'hui dignement ta bienheureuse mémoire, ô Barbe, pleine de gloire !
 

Tu ne fus touchée, ni par l'attrait des délices, ni par la fleur de la beauté, ni par les plaisirs de la jeunesse, ô Barbe glorieuse, fiancée au Christ, vierge parée de toutes les grâces !

Durant ton combat, tous furent saisis de stupeur, en te voyant affronter les coups des bourreaux, les liens, les tortures, la prison, ô Barbe très illustre ! C'est pourquoi, Dieu t'a récompensée de la couronne désirée ; tu as fourni la carrière avec courage, et le Seigneur a cicatrisé tes plaies.
 

Amante fidèle du Christ ton Epoux, tu as avec soin préparé ta lampe, jetant autour de toi l'éclat de tes vertus, ô digne de toutes louanges ! C'est pourquoi tu es entrée avec lui aux noces, recevant de sa main la couronne du combat. Délivre-nous de tous maux, nous qui célébrons, ô Barbe, ta mémoire.
 

Tu fis éclairer le bain par trois ouvertures, pour expliquer mystiquement le Baptême, qui procure aux âmes une éclatante purification, par la vive lumière de la Trinité.
 

Pour la soustraire à la colère d'un père furieux, une montagne ouvre à Barbe ses flancs, comme il arriva autrefois à Thècle l'illustre Protomartyre, par la vertu miraculeuse du Christ.
 

Ton père, ô Barbe, illustre martyre, t'immole avec le glaive, comme un second Abraham ; mais c'est au culte du diable qu'il est voué.
 

Le Christ, environné d'une inaccessible lumière, s'apparut à toi, ô Barbe, dans ta prison, pour ranimer ta confiance, cicatriser ta chair sillonnée par les  coups et t'apporter la joie ; et l'amour de ton Epoux te donna des  ailes.

Quand tu fus livrée pour le Christ à une honteuse nudité, un Ange de lumière te revêtit, ainsi qu'une Epouse, d'une robe éclatante pour couvrir tes blessures ; et tu as été parée, ô martyre, du vêtement de gloire en lequel s'opère la transmutation.
 

Votre prophétie, ô Christ, a été manifestement accomplie : car voici le père qui traîne sa fille à la mort ; il se fait lui-même l'artisan d'un tel meurtre ; mais bientôt ce père dénaturé d'une martyre est miraculeusement consumé par le feu du ciel.
 

Entrée dans la carrière des athlètes, tu as résisté à l'injuste volonté de ton père, ô digne de tout honneur ! et, vierge sage, tu es sortie la lampe à la main, pour gagner le palais de ton Seigneur. Martyre généreuse, tu as reçu la grâce de guérir de la peste ; délivre-nous, par tes prières auprès de Dieu, de toutes douleurs en nos âmes, nous qui chantons des hymnes en ton honneur.
 

Nous venons joindre notre faible voix à celle de tant d'Eglises, ô Vierge fidèle ! et vous offrir à la fois nos louanges et nos prières. Voici que le Seigneur vient, et nous sommes dans la nuit : daignez donner à notre lampe et la lumière qui doit guider nos pas, et l'huile qui entretient la lumière. Vous savez que Celui qui est venu pour vous, et avec qui vous êtes éternellement, s'approche pour nous visiter ; obtenez que nul obstacle ne nous empêche d'aller au-devant de lui.

Que notre vol vers lui soit courageux et rapide comme fut le vôtre ; et que, réunis à lui, nous ne nous en séparions plus : car Celui qui vient est véritablement le centre de toute créature. Priez aussi, ô glorieuse Martyre, afin que la foi dans la divine Trinité brille en ce monde d'un éclat toujours croissant. Que Satan, notre ennemi, soit confondu, lorsque toute langue confessera la Triple lumière figurée par les fenêtres de votre tour, et la croix victorieuse qui a sanctifié les eaux.

Souvenez-vous, Vierge chérie de l'Epoux, qu'en vos mains pacifiques a été remis le pouvoir, non de lancer la foudre, mais de la retenir et de la détourner. Protégez nos navires contre les feux du ciel et contre ceux de la guerre. Couvrez de votre protection les arsenaux qui renferment la défense de la patrie. Entendez la voix de tous ceux qui vous invoquent, soit qu'elle monte vers vous du sein de la tempête, soit qu'elle parte des entrailles de la terre ; et sauvez-nous tous du terrible châtiment de la mort subite.
 


Considérons les nations répandues sur la surface de la terre, divisées de moeurs, de langage et d'intérêts, mais réunies dans l'attente du libérateur qui doit bientôt paraître. Ni la profonde corruption des peuples, ni tant de siècles écoulés depuis l'âge des traditions, n'ont pu effacer en eux cette espérance. En ce moment même où le monde va tomber en dissolution, un symptôme de vie se révèle ; un cri se fait entendre par toute la terre : le Roi universel est sur le point de paraître ; un Empire nouveau, saint et éternel, va réunir à jamais les nations. C'est ainsi, ô Sauveur ! que sur son lit de mort, Jacob l'avait  annoncé, l
orsque, parlant de vous, il avait dit : Il sera l’attente des nations. Les hommes ont bien pu se plonger dans toutes sortes de dégradations : ils n'ont pu faire mentir cet oracle.  Les voilà  forcés  de confesser leur incurable misère, en exprimant  cette attente prophétique d'un sort meilleur. Viens donc, ô Fils de  Dieu !  recueillir cette étincelle d'espérance ; c'est le dernier hommage que l'ancien monde vous offre en périssant. L'attente d'un Libérateur est le lien qui réunit  en un seul toutes les deux grandes fractions de la vie de l'humanité, avant et après votre Naissance. Mais, ô Jésus ! si le monde païen, du milieu de ses crimes et de  ses erreurs, a eu encore un soupir vers vous, que ferons-nous, héritiers des promesses, en ces jours où  vous vous apprêtez à venir prendre possession de nos âmes déjà initiées ? Faites que nos cœurs vous aiment déjà, ô Jésus,  quand  vous  viendrez les visiter. Cultivez leur attente, nourrissez leur foi, et venez. 

DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique


the illumination on this folio of a Breviary depicts St Barbara standing next to her tower

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3 décembre 2009 4 03 /12 /décembre /2009 05:00


Statue de Saint François Xavier, église Saint Ignace, Paris

Les Apôtres ayant été les hérauts de l'Avènement du Christ, il convenait que le temps de l'Avent ne fût pas privé de la commémoration de quelqu'un d'entre eux. La divine Providence y a pourvu ; car parler de saint André, dont la fête est souvent déjà passée quand s'ouvre la carrière de l'Avent, saint Thomas se rencontre infailliblement chaque année aux approches de Noël. Nous dirons plus loin pourquoi il a obtenu ce poste de préférence aux autres Apôtres ; ici nous voulons seulement insister sur la convenance qui semblait exiger que le Collège Apostolique fournit au moins un de ses membres pour annoncer, dans cette partie du Cycle catholique, la venue du Rédempteur.

Mais Dieu n'a pas voulu que le premier apostolat fût le seul qui parût en tête du Calendrier liturgique ; grande est aussi, quoique inférieure, la gloire de ce second Apostolat par lequel l'Epouse de Jésus-Christ multiplie ci ses enfants, dans sa vieillesse féconde, comme parle le Psalmiste. Il est encore présentement des Gentils à évangéliser ; la venue du Messie est loin d'avoir été annoncée à tous les peuples ; mais, entre les vaillants messagers du Verbe divin qui, dans ces derniers siècles, ont fait
éclater leur voix au milieu des nations infidèles, il n'en est point  qui  ait brillé  d'une plus vive splendeur, qui ait opéré plus de prodiges, qui se soit montré plus semblable aux premiers Apôtres, que le récent Apôtre  des  Indes, saint François Xavier.

Et certes, la vie et  l'apostolat de cet homme merveilleux furent l'objet d'un grand triomphe pour notre Mère la sainte Eglise  catholique au temps où ils éclatèrent. L'hérésie,  soutenue  en toutes  manières par la fausse science,  par  la politique, par la cupidité et toutes  les mauvaises passions du cœur de l'homme, semblait toucher au moment de la victoire. Dans son audacieux  langage, elle ne parlait plus qu'avec un profond mépris de cette antique Eglise appuyée sur les promesses de Jésus-Christ ; elle la  dénonçait aux nations, et osait l'appeler la prostituée de Babylone, comme si les  vices des enfants pouvaient obscurcir la pureté de leur mère. Dieu se montra enfin, et soudain le sol de l'Eglise apparut couvert des plus admirables fruits  de sainteté.  Les héros et les héroïnes se multiplièrent du sein même de cette stérilité qui n'était qu'apparente,  et tandis que les prétendus réformateurs se montraient les plus vicieux des hommes, l'Italie  et  l'Espagne à elles seules brillèrent d'un éclat incomparable par les chefs-d'œuvre de sainteté qui se produisirent dans leur sein.


Aujourd'hui c'est François Xavier ; mais plus d'une fois sur le Cycle nous verrons briller les nobles compagnons, les illustres compagnes, que la grâce divine lui suscita : en sorte que le XVIe siècle n'eut rien à envier aux siècles les plus favorisés des merveilles de la sainteté. Certes, ils ne l'inquiétaient pas beaucoup du salut des infidèles,
ces soi-disant réformateurs qui ne songeaient qu'à anéantir le vrai Christianisme sous les ruines de ses temples ; et c'était à ce moment même qu'une société d'apôtres s'offrait au Pontife romain pour aller planter la foi chez les peuples les plus enfoncés dans les ombres de la mort.

Mais, de tous ces apôtres, ainsi que nous venons de le dire, nul n'a réalisé le type primitif au même degré que le disciple d'Ignace. Rien ne lui a manqué, ni la vaste étendue des pays sillonnés par son zèle, ni les centaines de milliers d'infidèles qu'il baptisa de son bras infatigable, ni les prodiges de toute sorte qui le montrèrent aux infidèles comme marqué du sceau qu'avaient reçu ceux dont la sainte Liturgie nous dit : "Ce sont ceux-ci qui, vivant encore dans la chair, ont été les planteurs de l'Eglise." L'Orient a donc vu, au XVIe siècle, un Apôtre venu de Rome toujours sainte, et dont le caractère et les œuvres rappelaient l'éclat dont brillèrent ceux que Jésus avait envoyés lui-même. Gloire soit donc au divin Epoux qui a vengé l'honneur de son Epouse, en suscitant François Xavier, et en nous donnant en lui une idée de ce que furent, au sein du monde païen, les hommes qu'il avait chargés de la promulgation de son Evangile.
 


Saint François Xavier bénissant l'Inde et le Japon
au fronton de l'église Saint François Xavier à Paris


Lisons maintenant le détail abrégé des œuvres du nouvel apôtre dans le récit de la sainte Eglise :

François, né à Xavier au diocèse de Pampelune, de parents nobles, se fit à Paris le compagnon et le disciple de saint Ignace. Sous un tel maître, il en vint bientôt à une contemplation si sublime des choses divines, que plus d'une fois on le vit élevé au-dessus de terre ; ce qui lui arriva à diverses reprises, en présence d'une multitude de peuple, pendant qu'il célébrait le saint Sacrifice. Il obtenait ces délices de l'âme par de grandes macérations de son corps ; car il s'interdisait non seulement l'usage de la chair et du vin, mais jusqu'au pain de froment, ne vivant que des plus vils aliments, et passant deux ou trois jours sans rien prendre. Il se flagellait si rudement avec des disciplines armées de fer, que souvent le sang coulait avec abondance ; il ne prenait qu'un sommeil très court, et encore sur la terre nue.
 

L'austérité et la sainteté de sa vie l'avaient rendu mûr pour les travaux apostoliques , quand Jean III, roi de Portugal, ayant demandé à Paul III, pour les Indes, quelques membres de la Société naissante, le Pape, par l'avis de saint Ignace, choisit François pour ce grand emploi, et lui donna les pouvoirs de Nonce Apostolique. A peine fut-il arrivé, qu'il apparut tout d'un coup miraculeusement initié aux langues très difficiles et très variées de ces diverses nations. Il arriva même quelquefois que, prêchant en une seule langue devant des nations différentes, chacune l'entendait parler la sienne. Il parcourut, toujours à pied, et souvent sans chaussure , d'innombrables provinces. Il introduisit la foi au Japon et dans six autres contrées. Il convertit dans les Indes plusieurs centaines de milliers de personnes. Il purifia dans le saint baptême de grands princes et nombre de rois. Et pendant qu'il faisait pour Dieu de si grandes choses, telle était son humilité , qu'il n'écrivait qu'à genoux à saint Ignace, son Général.
 

Dieu fortifia cette ardeur qu'il avait de propager l'Evangile, par de grands et nombreux miracles. François rendit la vue à un aveugle. Par un signe de croix il changea en eau douce de l'eau de mer, autant qu'il en fallut pour subvenir longtemps à un équipage de cinq cents hommes qui mouraient de soif. Cette eau, portée depuis en diverses contrées, guérit subitement un grand nombre de malades. Il ressuscita plusieurs morts, dont un, enterré de la veille, fut tiré de sa fosse ; et deux autres qu'il prit par la main pendant qu'on les portait en terre, furent rendus vivants à leurs parents. Inspiré diverses fois par l'esprit de prophétie, il révéla plusieurs événements éloignés de temps et de lieu. Enfin il mourut dans l'île de Sancian, le second jour de décembre, plein de mérites et épuisé de travaux. Son corps, enseveli à deux fois dans de la chaux vive, s'y conserva pendant plusieurs mois sans corruption ; il en sortit même du sang et une odeur suave. Transporté à Malaca, son arrivée arrêta sur-le-champ une peste très violente. Enfin de nouveaux et très grands miracles ayant éclaté dans toutes les parties du monde par l'intercession de François, Grégoire XV le mit au rang des Saints.
 


Chapelle Saint François Xavier, église Saint Ignace, Paris

Glorieux apôtre de Jésus-Christ qui avez illuminé de sa lumière les nations assises dans les ombres de la mort, nous nous adressons à vous, nous Chrétiens indignes, afin que par cette charité qui vous porta à tout sacrifier pour évangéliser les nations, vous daigniez préparer nos cœurs à recevoir la visite du Sauveur que notre foi attend et que notre amour désire.

Vous fûtes le père des nations infidèles  ; soyez le protecteur du peuple des croyants, dans les jours où nous sommes. Avant d'avoir encore contemplé de vos yeux le Seigneur Jésus, vous le fîtes connaître à des peuples innombrables ; maintenant que vous le voyez face à face, obtenez que nous le puissions voir, quand il va paraître, avec la Foi simple et ardente de ces Mages de l'Orient, prémices glorieuses des nations que vous êtes allé initier à l’admirable lumière.

Souvenez-vous aussi, grand apôtre, de ces mêmes nations que vous avez évangélisées, et chez lesquelles la parole de  vie, par  un  terrible
jugement de Dieu, a cessé d'être féconde.

Priez pour le vaste empire de la Chine que votre regard saluait en mourant, et auquel il ne fut pas donné d'entendre votre parole.

Priez pour le Japon, plantation chérie que le sanglier dont parle le Psalmiste a si horriblement dévastée. Obtenez que le sang des Martyrs, qui y fut répandu comme l'eau, fertilise enfin cette terre.

Bénissez aussi, ô Xavier, toutes les Missions que notre Mère la sainte Eglise a entreprises, dans les contrées où la Croix ne triomphe pas encore. Que les cœurs des infidèles s'ouvrent à la lumineuse simplicité de la foi ; que la semense fructifie au centuple ; que le nombre des nouveaux apôtres, vos successeurs, aille toujours croissant ; que leur zèle et leur charité ne défaillent jamais : que leurs sueurs deviennent fécondes, que la couronne de leur martyre soit non seulement la récompense, mais le complément et la dernière victoire de leur apostolat.

Souvenez-vous, devant le Seigneur, des innombrables membres de celle association par laquelle Jésus-Christ est annoncé dans toute la terre, et qui s'est placée sous votre patronage.

Enfin priez d'un cœur filial pour la sainte Compagnie dont vous êtes la gloire et l'espérance. Qu'elle fleurisse de plus en plus sous le vent de la tribulation qui ne lui manqua jamais ; qu'elle se multiplie, afin que par elle soient multipliés les enfants de Dieu ; qu'elle ait toujours au service du peuple chrétien de nombreux Apôtres et de vigilants Docteurs ; qu'elle ne porte pas en vain le nom de Jésus.
 

*

Considérons l'état misérable du genre humain, au moment où le Christ va paraître. La décroissance
des vérités sur la terre  est terriblement exprimée par la décadence de la lumière  matérielle en ces jours. Les traditions antiques vont de toutes pars s'éteignant ; le Dieu créateur  de toutes choses est méconnu dans l'œuvre même  de  ses mains ; tout est devenu Dieu,  excepté le Dieu qui a tout fait.

Ce hideux Panthéisme dévore la morale publique et privée.  Tous les droits, hors celui du plus fort,  sont oubliés ; la volupté, la cupidité, le larcin siègent sur les autels et reçoivent l'encens.

La famille est  anéantie par le divorce et l'infanticide ; l'espèce humaine  est dégradée en masse par l'esclavage ; les nations même périssent  par les  guerres d'extermination.

Le genre humain n'en peut plus ; et si la main qui l'a créé ne lui est de nouveau appliquée, il doit infailliblement succomber dans une dissolution honteuse et  sanglante.  Les justes  qu'il contient encore, et qui luttent contre le torrent et la dégradation universelle, ne le sauveront pas ; car  ils sont méconnus des hommes, et leurs mérites ne sauraient, aux yeux de Dieu, pallier  l'horrible lèpre qui dévore la terre.

Plus criminelle encore qu'aux jours du déluge, toute chair a  corrompu sa voie ; néanmoins, une  seconde  extermination ne servirait qu'à manifester la justice de Dieu ; il est temps qu'un déluge miséricordieux s'épanche sur la terre, et que celui qui a fait le genre humain descende pour le guérir. 

Paraissez donc, ô Fils éternel de Dieu ! Venez ranimer ce cadavre, guérir tant de plaies, laver tant de souillures, rendre surabondante la Grâce, là où le péché abonde ; et quand vous aurez converti le monde à votre sainte loi, c'est alors que vous aurez montré à tous les futurs que c'est vous-même, ô Verbe du Père, qui êtes venu : car si un Dieu a pu seul  créer le
monde, il n'y avait non plus que la toute-puissance d'un Dieu qui pût, en l'arrachant à Satan et au péché, le rendre à la justice et à la sainteté. 

DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique



Statue de Saint François Xavier à la cathédrale de Chicoutimi

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2 décembre 2009 3 02 /12 /décembre /2009 05:00


SAINTE BIBIANE
(statue du Bernin, église de Santa Bibiana à Rome)

Au temps de l'Avent, l'Eglise célèbre entre  autres la mémoire de cinq illustres Vierges. La première, sainte Bibiane, que nous fêtons aujourd'hui, est romaine ; la seconde, sainte Barbe, est l'honneur des Eglises de l'Orient ; la troisième, sainte Eulalie de Mérida, est l'une des principales gloires de l'Eglise d'Espagne ; la quatrième, sainte Lucie, appartient à l'heureuse Sicile ; la cinquième enfin, sainte Odile, est réclamée parla France. Ces cinq Vierges prudentes ont allumé leur lampe et ont veillé, attendant l'arrivée de l'Epoux ; et si grande a été leur constance et leur fidélité, que quatre d'entre elles ont versé leur sang pour l'amour de Celui qu'elles attendaient. Fortifions-nous par un si grand exemple ; et puisque, comme parle l'Apôtre, nous n'avons pas encore résisté jusqu'au sang ; n'allons pas plaindre notre peine et nos fatigues durant les veilles du Seigneur, que nous poursuivons dans l'espoir de le voir bientôt : mais instruisons-nous aujourd'hui par les glorieux exemples de la chaste et courageuse Bibiane.
 

Bibiane, Vierge romaine, d'une illustre naissance, fut encore plus illustre par la foi chrétienne ; car, sous Julien l'Apostat, tyran très impie, Flavien, son père, qui avait été préfet, fut dégradé, marqué de la flétrissure des esclaves, et relégué aux Eaux Taurines, où il mourut martyr. Sa mère Dafrosa, condamnée d'abord à rester avec ses filles en sa demeure pour y mourir de faim, fut plus tard reléguée hors de Rome et décollée. Après la mort de ses pieux parents, Bibiane fut dépouillée de tous ses biens ; sa sœur Demetria éprouva le même sort. Apronianus, Préteur de la ville, qui convoitait leurs trésors, se mit à persécuter les deux sœurs, lesquelles ayant été enfermées dans un lieu où elles étaient dénuées de tout secours humain, furent merveilleusement nourries par le Dieu qui donne l'aliment à ceux qui ont faim, et reparurent plus fortes et plus florissantes ; ce qui étonna grandement le Préteur.


Cependant il essaya de les porter à honorer les dieux des Gentils, promettant de leur faire obtenir leurs richesses perdues, la faveur de l'Empereur et de brillantes alliances ; les menaçant, si elles refusaient, de la prison, des fouets et de la hache. Ni caresses ni menaces n'ébranlèrent leur foi ; et, préférant mourir plutôt que de se souiller par les superstitions païennes, elles repoussèrent avec indignation et constance les propositions impies du Préteur. C'est pourquoi Démétria, frappée sous les yeux de Bibiane, mourut et s'endormit dans le Seigneur. Bibiane fut livrée à une femme très habile dans l'art de séduire, nommée Rufina. Mais la vierge, instruite dès l'enfance à garder la loi chrétienne, et à conserver sans tache la fleur de virginité, s'élevant au-dessus d'elle-même, triompha de cette femme artificieuse, et déjoua la perfidie du Préteur.
 

Ainsi ce fut en vain que Rufina, pour ébranler son généreux propos, employa chaque jour avec les paroles caressantes la violence des coups. Trompé dans son attente, le Préteur, irrité d'être vaincu par Bibiane, commanda à ses licteurs de la dépouiller, de l'attacher à une colonne, les mains liées, et de la battre à coups de lanières plombées jusqu'à ce qu'elle expirât. Son corps sacré demeura deux jours sur la place du Taureau, abandonné aux chiens ; mais, divinement préservé, il ne reçut aucun outrage. Un prêtre nommé Jean ensevelit Bibiane pendant la nuit, à côté du tombeau de sa sœur et de sa mère, près du palais de Licinius, où est encore à présent une église consacrée à Dieu sous le nom de la Sainte.  Urbain VIII la répara, y avant découvert les corps des saintes Bibiane, Démétria et Dafrosa, qu'il plaça sous le grand autel.
 

O vierge très prudente, Bibiane ! vous avez traversé sans faiblir la longue veille de cette vie ; et l'huile ne manquait pas à votre lampe, quand soudain l'Epoux est arrivé. Vous voici maintenant, pour l'éternité, dans le séjour des noces éternelles, où le Bien-Aimé paît au milieu des lis. Du lieu de votre repos, souvenez-vous de ceux qui vivent encore dans l'attente de ce même Epoux dont les embrassements éternels vous sont réservés pour les siècles des siècles.

Nous attendons la Naissance du Sauveur du monde, qui doit être la fin du péché et le commencement de la justice ; nous attendons la venue de ce Sauveur dans nos âmes, afin qu'il les vivifie et qu'il se les unisse par son amour ; nous attendons enfin le Juge des vivants et des morts.

Vierge très sage, fléchissez, par vos tendres prières, ce Sauveur, cet Epoux, ce Juge ; afin que sa triple visite, opérée successivement en nous, soit pour nous le principe et la consommation de cette union divine à laquelle nous devons tous aspirer.

Priez aussi, Vierge très fidèle, pour l'Eglise de la terre qui vous a enfantée à l'Eglise du ciel, et qui garde si religieusement vos précieuses dépouilles Obtenez-lui cette fidélité parfaite qui la rende toujours digne de Celui qui est son Epoux aussi bien que le vôtre, et qui, l'ayant enrichie de ses dons les plus magnifiques et fortifiée des promesses les plus inviolables, veut cependant qu'elle demande et que nous  demandions pour
elle les grâces qui doivent la conduire au terme glorieux vers lequel elle aspire.

Considérons aujourd'hui l'état de la nature dans la saison de l'année où nous sommes arrivés. La terre s'est dépouillée de sa parure accoutumée, les fleurs ont péri, les fruits ne pendent plus aux arbres, le feuillage des forêts est dispersé par les vents, la froidure saisit toute âme vivante ; on dirait que la mort est à la porte.

Si du moins  le soleil conservait son éclat, et traçait encore dans les airs sa course radieuse ! Mais, de jour en jour, il rétrécit sa marche. Après une longue nuit, les hommes ne l'aperçoivent que pour le voir bientôt retomber au couchant, à l'heure même où naguère ses feux brillaient encore d'un vif éclat ; et chaque jour voit s'accélérer la rapide invasion des  ténèbres.

Le monde est-il destiné à voir s'éteindre pour jamais son flambeau ? Le genre humain est-il condamné à finir dans la nuit ? Les païens le craignirent ; et c'est pourquoi, comptant avec terreur les jours de cette lutte effrayante de la lumière et des ténèbres, ils consacrèrent au culte du Soleil le vingt-cinquième jour de Décembre, qui fait le solstice d'hiver, jour après lequel cet astre, l'échappant des liens qui le retenaient, commence à remonter et reprend graduellement cette ligne triomphante par laquelle naguère il divisait le ciel en deux parts.


Nous chrétiens, illuminés des splendeurs de la foi, nous ne nous arrêterons point à ces terreurs humaines : nous cherchons un Soleil auprès duquel le soleil visible n'est que ténèbres. Avec lui, nous pourrions défier toutes les ombres matérielles ; sans lui, la lumière que nous croirions avoir
 ne peut que nous égarer et nous perdre.

O Jésus ! lumière véritable qui éclairez tout homme venant en ce monde, vous avez choisi, pour naître au milieu de nous, l'instant où le soleil visible est près de s'éteindre, afin de nous faire comprendre, par cette figure si frappante, l'état où nous étions réduits quand vous vîntes nous sauver en nous éclairant. 

" La lumière du jour baissait, dit saint Bernard dans son premier Sermon de l'Avent ; le Soleil de justice avait presque disparu ; sur la terre, à peine restait-il une faible lueur et une chaleur mourante. Car la lumière de la divine connaissance était presque éteinte ; et par l'abondance de l'iniquité, la ferveur de la charité s'était refroidie. L'Ange n'apparaissait plus ; le Prophète ne se faisait plus entendre. L'un et  l'autre étaient comme découragés par la dureté  et l'obstination des hommes ; mais, dit le Fils de Dieu, c'est alors que j'ai dit : Me voici.

O Christ ! ô Soleil de justice ! donnez-nous de bien sentir ce qu'est le monde sans vous ; ce que sont nos intelligences sans votre lumière, nos cœurs sans votre divine chaleur. Ouvrez les yeux de notre foi ; et pendant que ceux de notre corps seront témoins de la décroissance journalière de la lumière visible, nous songerons aux ténèbres de l'âme que vous seul pouvez éclairer. Alors notre cri, du fond de l'abîme, s'élèvera vers vous qui devez paraître au jour marqué, et dissiper les ombres les plus épaisses, par votre victorieuse splendeur."


PRIÈRE POUR LE TEMPS DE L’AVENT 
(Bréviaire Mozarabe, le Mercredi de la IIe Semaine de l'Avent, Capitula.)
Seigneur Jésus-Christ, qui, ayant pris la nature humaine et étant devenu le Sauveur des hommes, avez été donné pour être la lumière des nations, ouvrez les yeux du cœur des peuples qui croient en vous ; dans votre miséricorde, tirez de la prison ceux que retiennent encore les liens de la défiance, et daignez illuminer par la splendeur de votre connaissance ceux que vous voyez encore retenus dans les ténèbres de la captivité.

DOM GUÉRANGER
L'Année Liturgique



EGLISE SANTA BIBIANA A ROME

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1 décembre 2009 2 01 /12 /décembre /2009 05:00

Charles de Foucauld, méditant en présence de l'Enfant-Jésus pendant la période de Noël 1897-1898 sur le passage de l'Evangile de saint Matthieu qui a été proclamé en ce dimanche, retient l'obligation faite à celui qui a reçu des talents de les faire fructifier : "Il nous sera demandé compte de tout ce que nous avons reçu... Et puisque j'ai tant reçu, il me sera beaucoup demandé ! Si j'ai beaucoup plus reçu que la plupart des hommes... la conversion, la vocation religieuse, la Trappe, la vie d'ermite, Nazareth, la communion quotidienne, et tant d'autres grâces, il me sera beaucoup demandé..."

La béatification de Charles de Foucauld nous en est la confirmation : conduit véritablement par l'Esprit de Dieu, il a su utiliser et faire fructifier les nombreux "talents" qu'il avait reçus et, correspondant heureusement aux inspirations divines, il a suivi un chemin vraiment évangélique sur lequel il a attiré des milliers de disciples.

Le Saint-Père Benoît XVI rappelait récemment que "nous pouvons résumer notre foi en ces mots : Iesus Caritas, Jésus Amour", qui sont les mots mêmes que Charles de Foucauld avait choisis comme devise qui exprimât sa spiritualité.

La vie aventureuse et fascinante de Charles de Foucauld offre une preuve convaincante de la vérité de ces paroles du Souverain Pontife. On peut, en effet, découvrir sans peine comme un fil rouge qui, à travers tous les changements et toutes les évolutions, pénètre de part en part l'existence du Frère Charles ; comme l'écrit, en 1889, l'abbé Huvelin au Père Abbé de Solesmes : "Il fait de la religion un amour".

Charles lui-même révélait ainsi, à un ami de lycée resté agnostique, ce qu'il appelait "le secret de ma vie" : "L'imitation est inséparable de l'amour... J'ai perdu mon coeur pour ce Jésus de Nazareth crucifié il y a mille neuf cents ans et je passe ma vie à chercher à l'imiter autant que le peut ma faiblesse".

Dans la correspondance avec Louis Massignon, on peut analyser la liberté que Charles a acquise dans sa manière d'apprendre à aimer : "L'amour de Dieu, l'amour du prochain... Là est toute la religion... Comment y arriver ? Pas en un jour puisque c'est la perfection même : c'est le but auquel nous devons tendre toujours, dont nous devons nous rapprocher sans cesse et que nous n'atteindrons qu'au ciel".

extrait de l' homélie du Cardinal José Saraiva Martins



Charles de Foucauld, en religion Frère Charles de Jésus, naquit à Strasbourg, en France, le 15 septembre 1858. Orphelin à six ans, il fut élevé, avec sa soeur Marie, par son grand-père, dont il suivit les déplacements dus à sa carrière militaire.

Adolescent, il s'éloigna de la foi. Connu pour son goût de la vie facile, il révéla cependant une volonté forte et constante dans les difficultés. Il entreprit une périlleuse exploration au Maroc (1883-1884). Le témoignage de la foi des musulmans réveilla en lui la question de Dieu :  "Mon Dieu, si vous existez, faites que je vous connaisse".

De retour en France, touché par l'accueil affectueux et discret de sa famille profondément chrétienne, il se mit en quête. Guidé par un prêtre, l'abbé Huvelin, il retrouva Dieu en octobre 1886. Il avait 28 ans. "Aussitôt que je crus qu'il y avait un Dieu, je compris que je ne pouvais faire autrement que de ne vivre que pour lui".

Un pèlerinage en Terre Sainte lui révéla sa vocation : suivre Jésus dans sa vie de Nazareth. Il passa sept années à la Trappe, d'abord à Notre-Dame des Neiges, puis à Akbès, en Syrie. Il vécut ensuite seul dans la prière et l'adoration près des Clarisses de Nazareth.

Ordonné prêtre à 43 ans (1901), il partit au Sahara, d'abord à Beni-Abbès, puis à Tamanrasset parmi les Touaregs du Hoggar. Il voulait rejoindre ceux qui étaient le plus loin, "les plus délaissés, les plus abandonnés". Il voulait que chacun de ceux qui l'approchaient le considère comme un frère, "le frère universel".

Il voulait "crier l'Évangile par toute sa vie" dans un grand respect de la culture et de la foi de ceux au milieu desquels il vivait. "Je voudrais être assez bon pour qu'on dise : Si tel est le serviteur, comment donc est le Maître ?".

Le soir du 1 décembre 1916, il fut tué pas une bande qui avait encerclé sa maison.

Il avait toujours rêvé de partager sa vocation avec d'autres : après avoir écrit plusieurs règles religieuses, il pensa que cette "vie de Nazareth" pouvait être vécue partout et par tous. Aujourd'hui, la "famille spirituelle de Charles de Foucauld" comprend plusieurs associations de fidèles, des communautés religieuses et des instituts séculiers de laïcs ou de prêtres.
Charles de Foucauld - Biographie

  


Vue de l’abri en pierres sèches dans lequel le Père Charles de Foucauld s’enferma pour prier et travailler à son dictionnaire français-tamachek
Thomas Goisque/Le Figaro Magazine

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30 novembre 2009 1 30 /11 /novembre /2009 22:23

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