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"Je vous donne un commandement nouveau : c'est de vous aimer les uns les autres.

 

Comme je vous ai aimés, vous aussi aimez-vous les uns les autres.

 

Ce qui montrera à tous les hommes que vous êtes mes disciples, c'est l'amour que vous aurez les uns pour les autres."

 

Evangile de Jésus-Christ selon  saint Jean 

   

 

Pentecôte

" Le Défenseur, l'Esprit Saint que le Père enverra en mon nom, lui, vous enseignera tout, et il vous fera souvenir de tout ce que je vous ai dit."

 

Évangile de Jésus Christ selon saint Jean  

 

   

 

 El Papa es argentino. Jorge Bergoglio                 

Saint Père François

 

 

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1er mai 2011 Béatification de Jean-Paul II

Béatification du Serviteur de Dieu Jean-Paul II

 

 

  Béatification du Père Popieluszko

beatification Mass, in Warsaw, Poland

à Varsovie, 6 juin 2010, Dimanche du Corps et du Sang du Christ

 

 

presidential palace in Warsaw

Varsovie 2010

 

 

Basilique du Sacré-Cœur de Montmartre
Sanctuaire de l'Adoration Eucharistique et de la Miséricorde Divine

La miséricorde de Dieu est comme un torrent débordé. Elle entraîne les cœurs sur son passage.
(Saint Curé d'Ars)
 

 


Le côté du Christ a été transpercé et tout le mystère de Dieu sort de là. C’est tout le mystère de Dieu qui aime, qui se livre jusqu’au bout, qui se donne jusqu’au bout. C’est le don le plus absolu qui soit. Le don du mystère trinitaire est le cœur ouvert. Ce n’est pas une image, c’est une réalité. C’est la réalité la plus profonde qui soit, la réalité de l’amour.
Père Marie-Joseph Le Guillou




Dans le cœur transpercé
de Jésus sont unis
le Royaume du Ciel
et la terre d'ici-bas
la source de la vie
pour nous se trouve là.

Ce cœur est cœur divin
Cœur de la Trinité
centre de convergence
de tous les cœur humains
il nous donne la vie
de la Divinité.


Sainte Thérèse Bénédicte de la Croix
(Edith Stein)



Le Sacré-Cœur représente toutes les puissances d'aimer, divines et humaines, qui sont en Notre-Seigneur.
Père Marie-Eugène de l'Enfant Jésus

 



feuille d'annonces de la Basilique du Sacré-Coeur de Montmartre

 

 

 

 

 

 

 

     

The Cambrai Madonna

Notre Dame de Grâce

Cathédrale de Cambrai

 

 

 

Cathédrale Notre Dame de Paris 

   

Ordinations du samedi 27 juin 2009 à Notre Dame de Paris


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Magnificat

     



Solennité de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie à Notre-Dame de Paris


NOTRE DAME DES VICTOIRES

Notre-Dame des Victoires




... ma vocation, enfin je l’ai trouvée, ma vocation, c’est l’Amour !

 

 

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SAINT PIERRE ET SAINT ANDRÉ

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BENOÎT XVI à CHYPRE 

 

Benedict XVI and Cypriot Archbishop Chrysostomos, Church of 

Salutation avec l'Archevêque Chrysostomos à l'église d' Agia Kyriaki Chrysopolitissa de Paphos, le vendredi 4 juin 2010

 

     

 

Benoît XVI en Terre Sainte  


 

Visite au chef de l'Etat, M. Shimon Peres
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Visite au mémorial de la Shoah, Yad Vashem




 






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Vicariat hébréhophone en Israël

 


 

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SALVE REGINA

27 mars 2009 5 27 /03 /mars /2009 14:18

Jésus-Christ, mon enfant, n'est pas venu pour nous conter des fariboles,
Pendant le peu de temps qu'il avait.
Qu'est-ce que trois ans dans la vie d'un monde.
Dans l'éternité de ce monde.
Il n'avait pas de temps à perdre, il n'a pas perdu son temps à nous conter des fariboles et à nous donner des charades à deviner.
Des charades très spirituelles.
Très ingénieuses.
Des devinettes de sorcier.
Avec des mots à double entente et des malices et de misérables finesses de finasseries.
Non, il n'a pas perdu son temps et sa peine,
Il n'avait pas le temps,
Ses peines, sa grande, sa très grande peine.
Il n'a pas perdu, il n'a pas dépensé tout cela, tout son être, tout.
Il ne s'est pas dépensé, tout, lui-même, il n'a pas fait cette énorme, cette effroyable dépense
De soi, de son être, (de) tout,
Pour venir après ça, avec ça, moyennant ça, à ce prix,
Pour venir à ce prix-là nous donner de la tablature
A déchiffrer.
Des malices, de pauvres niaiseries, des quiproquos, des roueries spirituelles comme un devin de village.
Comme un farceur de campagne.
Comme un saltimbanque ambulant, un charlatan dans sa voiture.
Comme le malin du bourg, comme le gars le plus malin au cabaret.


Mais quand le Fils de Dieu, mon enfant, s'est dérangé du Ciel et de la droite de son Père.
Quand il s'est dérangé d'être assis à la droite.
Il n'a point fait, il n'a point fourni cette grande dépense.
Il n'a point fait ce grand dérangement pour venir nous conter des balivernes
De quatre sous.
Des paroles en l'air.
Et des emberlificotages à n'y rien comprendre.
Mais, à ce prix-là, il est venu nous dire ce qu'il avait à nous dire.
N'est-ce pas.
Tout tranquillement.
Tout simplement, tout honnêtement.
Tout directement. Tout premièrement.
Tout ordinairement.
Comme un honnête homme parle à un honnête homme.
D'homme à hommes.
Il ne s'est pas amusé à entortiller tout ça.
Il avait quelque chose à nous dire, il nous a dit ce qu'il avait à nous dire.
Il ne nous a pas dit autre chose.
Et il ne nous l'a pas dit autrement qu'il n'avait à nous le dire.
Comme il avait à dire, il a parlé.
Ce sont les imbéciles qui font le malin.
Et qui cherchent toujours midi à quatorze heures.
Toi quand ta mère t'envoie faire une commission chez le boulanger,
Quand tu vas chez le boulanger,
Tu ne te mets pas tout d'un coup à raconter des choses extraordinaires au boulanger.
Tu fais ta commission et puis tu t'en reviens.
Tu prends ton pain, tu payes, et tu t'en vas.
Lui c'est la même chose il est venu pour nous faire une commission.
Il avait une commission à nous faire de la part de son père.
Il nous a fait sa commission et il s'en est retourné.
Il est venu, il a payé, (quel prix!), et il s'en va.
Il ne s'est pas mis à nous raconter des choses extraordinaires.
Rien n'est aussi simple que la parole de Dieu.


Charles Péguy
Le Porche du mystère de la deuxième vertu

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26 mars 2009 4 26 /03 /mars /2009 17:50

Jésus-Christ, mon enfant, n'est pas venu pour nous dire des fariboles.
Tu comprends, il n'a pas fait le voyage de venir sur terre,
Un grand voyage, entre nous,
(Et il était si bien où il était).
(Avant de venir.
Il n'avait pas tous nos soucis).
II n'a pas fait le voyage de descendre sur terre
Pour venir nous conter des amusettes
Et des blagues.
On n'a pas le temps de s'amuser.
Il n'a pas mis, il n'a pas employé, il n'a pas dépensé
Les trente-trois ans de sa vie terrestre.
De sa vie charnelle,
Les trente ans de sa vie privée.
Les trois ans de sa vie publique.
Les trois jours de sa passion et de sa mort,
(Et dans les limbes les trois jours de son sépulcre).
Il n'a pas mis, il n'a pas employé, il n'a pas dépensé tout ça.
Ses trente ans de travail et ses trois ans de prédication et ses trois jours de passion et de mort.
Ses trente-trois ans de prière,
Son incarnation, qui est proprement son encharnement,
Sa mise en chair et en charnel, sa mise en homme et sa mise en croix et sa mise au tombeau.
Son encharnellement et son supplice,
Sa vie d'homme et sa vie d'ouvrier et sa vie de prêtre et sa vie de saint et sa vie de martyr,
Sa vie de fidèle.
Sa vie de Jésus,
Pour venir ensuite (en même temps) nous débiter des sornettes.

Il n'a pas mis, il n'a pas employé, il n'a pas dépensé tout ça,
Il n'a pas fait toute cette dépense
Considérable
Pour venir nous donner, pour nous donner ensuite
Des devinettes
A deviner
Comme un sorcier.
En faisant le malin.
Non, non, mon enfant, et Jésus non plus ne nous a point donné des paroles mortes
Que nous ayons à renfermer dans des petites boîtes
(Ou dans des grandes).
Et que nous ayons à conserver dans (de) l'huile rance
Comme les momies d'Egypte.
Jésus-Christ, mon enfant, ne nous a point donné des conserves de paroles
A garder.
Mais il nous a donné des paroles vivantes
A nourrir.
Ego sum via, Veritas et vita,
Je suis la voie, la vérité et la vie.

Les paroles de (la) vie, les paroles vivantes ne peuvent se conserver que vivantes,
Nourries vivantes.
Nourries, portées, chauffées, chaudes dans un cœur vivant.
Nullement conservées moisies dans des petites boîtes en bois ou en carton.
Comme Jésus a pris, a été forcé de prendre corps, de revêtir la chair
Pour prononcer ces paroles (charnelles) el pour les faire entendre,
Pour pouvoir les prononcer,
Ainsi nous, pareillement nous, à l'imitation de Jésus,
Ainsi nous, qui sommes chair, nous devons en profiter,
Profiter de ce que nous sommes charnels pour les conserver, pour les réchauffer, pour les nourrir en nous vivantes et charnelles,
(Voilà ce que les anges mêmes ne connaissent pas, mon enfant, voilà ce qu'ils n'ont point éprouvé).
Comme une mère charnelle nourrit, et fomente sur son cœur son dernier-né.
Son nourrisson charnel, sur son sein,
Bien posé dans le pli de son bras.
Ainsi, profitant de ce que nous sommes charnels,
Nous devons nourrir, nous avons à nourrir dans notre cœur,
De notre chair et de notre sang.
De notre cœur.
Les Paroles charnelles.
Les Paroles éternelles, temporellement, charnellement prononcées.
Miracle des miracles, mon enfant, mystère des mystères.
Parce que Jésus-Christ est devenu notre frère charnel
Parce qu'il a prononcé temporellement et charnellement les paroles éternelles.
In monte, sur la montagne.
C'est à nous, infirmes, qu'il a été donné.
C'est de nous qu'il dépend, infirmes et charnels.
De faire vivre et de nourrir et de garder vivantes dans le temps
Ces paroles prononcées vivantes dans le temps.
Mystère des mystères, ce privilège nous a été donné,
Ce privilège incroyable, exorbitant,
De conserver vivantes les paroles de vie.
De nourrir de notre sang, de notre chair, de notre cœur
Des paroles qui sans nous retomberaient décharnées.
D'assurer, (c'est incroyable), d'assurer aux paroles éternelles
En outre comme une deuxième éternité,
Une éternité temporelle et charnelle, une éternité de chair et de sang.
Une nourriture, une éternité de corps.
Une éternité terrienne.
Ainsi les paroles de Jésus, les paroles éternelles sont les nourrissonnes, les vivantes nourrissonnes de notre sang et de notre cœur
De nous qui vivons dans le temps.
Comme la dernière des paysannes, si la reine dans son palais ne peut pas nourrir le dauphin
Parce qu'elle manque de lait.
Alors la dernière paysamie de la dernière paroisse peut être appelée au palais,
Pourvu qu'elle soit une bonne nourrice.
Et elle peut être appelée à nourrir un fils de France,
Ainsi nous toutes enfants de toutes les paroisses
Nous sommes appelées à nourrir la parole du fils de Dieu.
O misère, ô malheur, c'est à nous qu'il revient.
C'est à nous qu'il appartient, c'est de nous qu'il dépend
De la faire entendre dans les siècles des siècles.
De la faire retentir.
O misère, ô bonheur, c'est de nous qu'il dépend,
Tremblement de bonheur,
Nous qui ne sommes rien, nous qui passons sur terre quelques années de rien,
Quelques pauvres années misérables,
(Nous âmes immortelles),
O danger, péril de mort, c'est nous qui sommes chargées.
Nous qui ne pouvons rien, qui ne sommes rien, qui ne sommes pas assurées du lendemain,
Ni du jour même, qui naissons et mourons comme des créatures d'un jour.
Qui passons comme des mercenaires,
C'est encore nous qui sommes chargés,
Nous qui le matin ne sommes pas sûres du soir,
Ni même du midi,
Et qui le soir ne sommes pas sûres du matin.
Du lendemain matin,
C'est insensé, c'est encore nous qui sommes chargées, c'est uniquement de nous qu'il dépend
D'assurer aux Paroles une deuxième éternité
Etemelle.
Une perpétuité singulière
C'est à nous qu'il appartient, c'est de nous qu'il dépend d'assurer aux paroles
Une perpétuité éternelle, une perpétuité charnelle,
Une perpétuité nourrie de viande, de graisse et de sang.
Nous qui ne sommes rien, qui ne durons pas,
Qui ne durons autant dire rien
(Sur terre)
C'est insensé, c'est encore nous qui sommes chargées de conserver et de nourrir éternelles
Sur terre
Les paroles dites, la parole de Dieu.

 

Charles Péguy
Le Porche du mystère de la deuxième vertu

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25 mars 2009 3 25 /03 /mars /2009 02:00


par DOM GUÉRANGER

Cette journée est grande dans les annales de l’humanité ; elles est grande aux yeux même de Dieu : car elle est l'anniversaire du plus solennel événement qui se soit accompli dans le temps. Aujourd'hui, le Verbe divin, par lequel le Père a créé le monde, s'est fait chair au sein d'une Vierge, et il a habité parmi nous.

Suspendons en ce jour nos saintes tristesses ; et en adorant les grandeurs du Fils de Dieu qui s'abaisse, rendons grâces au Père qui a aimé le monde jusqu'à lui donner son Fils unique, et au Saint-Esprit dont la vertu toute-puissante opère un si profond mystère.

Au sein même de l'austère Quarantaine, voici que nous préludons aux joies ineffables de la fête de Noël ; encore neuf mois, et notre Emmanuel conçu en ce jour naîtra dans Bethléhem, et les concerts des Anges nous convieront à venir saluer sa naissance fortunée.

Le moment est venu où le Seigneur va remplir l'antique promesse. Durant quatre mille ans, le monde en attendit l'effet ; malgré ses ténèbres et ses crimes, cette espérance ne s'éteignit pas dans son sein. Dans le cours des siècles, la divine miséricorde a multiplié les miracles, les prophéties, les figures, pour rappeler l'engagement qu'elle daigna prendre avec l'homme. Le sang du Messie a passé d'Adam à Noé, de Sem à Abraham, Isaac et Jacob, de David et Salomon à Joachim ; il coule maintenant dans les veines de Marie, fille de Joachim.

Marie est cette femme par qui doit être levée la malédiction qui pèse sur notre race. Le Seigneur, en la décrétant immaculée, a constitué une irréconciliable inimitié entre elle et le serpent ; et c'est aujourd'hui que cette fille d'Eve va réparer la chute de sa mère, relever son sexe de l'abaissement dans lequel il était plongé, et coopérer directement et efficacement à la victoire que le Fils de Dieu vient remporter en personne sur l'ennemi de sa gloire et du genre humain.

La tradition apostolique a signalé à la sainte Eglise le vingt-cinq mars, comme le jour qui vit s'accomplir  l'auguste mystère. Ce fut à l'heure de minuit que la très pure Marie, seule, et dans le recueillement de la prière, vit apparaître devant elle le radieux Archange descendu du ciel pour venir recevoir son consentement, au nom de la glorieuse Trinité.

Assistons à l'entrevue de l'Ange et de la Vierge, et reportons en même temps notre pensée aux premiers jours du monde. Un saint Evêque martyr du IIe siècle, fidèle écho de l'enseignement des Apôtres, saint Irenée, nous a appris à rapprocher cette grande scène de celle qui eut lieu sous les ombrages d'Eden.

Dans le jardin des délices, c'est une vierge qui se trouve en présence d'un ange, et un colloque s'établit entre l'ange et la vierge. A Nazareth, une vierge est aussi interpellée par un ange, et un dialogue s'établit entre eux ; mais l'ange du Paradis terrestre est un esprit de ténèbres, et celui de Nazareth est un esprit de lumière.

Dans les deux rencontres, c'est l'ange qui prend le premier la parole. "Pourquoi, dit l'esprit maudit à la première femme, pourquoi Dieu vous a-t-il commandé de ne pas manger du fruit de tous les arbres de ce jardin ?" On sent déjà dans cette demande impatiente la provocation au mal, le mépris, la haine envers la faible créature dans laquelle Satan poursuit l'image de Dieu.

Voyez au contraire l'ange de lumière avec quelle douceur, quelle paix, il approche de la nouvelle Eve ! avec quel respect il s'incline devant cette fille des hommes ! "Salut, ô pleine de grâce ! le Seigneur est avec vous; vous êtes bénie entre les femmes." Qui ne reconnaît l'accent céleste dans ces paroles où tout respire la dignité et la paix ! Mais continuons de suivre le mystérieux parallèle.

La femme d'Eden, dans son imprudence, écoute la voix du séducteur ; elle s'empresse de répondre. Sa curiosité l'engage dans une conversation avec celui qui l'invite à scruter les décrets de Dieu. Elle n'a pas de défiance à l'égard du serpent qui lui parle, tout à l'heure, elle se défiera de Dieu même.

Marie a entendu les paroles de Gabriel ; mais cette Vierge très prudente, comme parle l'Eglise, demeure dans le silence. Elle se demande d'où peuvent venir ces éloges dont elle est l'objet. La plus pure, la plus humble des vierges craint la flatterie ; et l'envoyé céleste n'obtiendra pas d'elle une parole qu'il n'ait éclairci sa mission par la suite de son discours. "Ne craignez pas, ô Marie, dit-il à la nouvelle Eve : car vous avez trouvé grâce devant le Seigneur. Voici que vous concevrez et enfanterez un fils, et vous l'appellerez Jésus. Il sera grand, et il sera appelé le Fils du Très-Haut ; et le Seigneur lui donnera le trône de David son père ; il régnera sur la maison de Jacob à jamais, et son règne n'aura pas de fin."

Quelles magnifiques promesses descendues du ciel, de la part de Dieu ! quel objet plus digne de la noble ambition d'une fille de Juda, qui sait de quelle gloire doit être entourée l'heureuse mère du Messie ? Cependant, Marie n'est pas tentée par tant d'honneur. Elle a pour jamais consacré sa virginité au Seigneur, afin de lui être plus étroitement unie par l'amour; la destinée la plus glorieuse qu'elle ne pourrait obtenir qu'en violant ce pacte sacré, ne saurait émouvoir son âme. "Comment cela pourrait-il se faire, répond-elle à l'Ange, puisque je ne connais pas d'homme ?"

La première Eve ne montre pas ce calme, ce désintéressement. A peine l'ange pervers lui a-t-il assuré qu'elle peut violer, sans crainte de mourir, le commandement de son divin bienfaiteur, que le prix de sa désobéissance sera d'entrer par la science en participation de la divinité même : tout aussitôt, elle est subjuguée. L'amour d'elle-même lui a fait oublier en un instant le devoir et la reconnaissance ; elle est heureuse de se voir affranchie au plus tôt de ce double lien qui lui pèse.

Telle se montre cette femme qui nous a perdus ; mais combien différente nous apparaît cette autre femme qui devait nous sauver ! La première, cruelle à sa postérité, se préoccupe uniquement d'elle-même ; la seconde s'oublie, pour ne songer qu'aux droits de Dieu sur elle.

L'Ange, ravi de cette sublime fidélité, achève de lui dévoiler le plan divin : "L'Esprit-Saint, lui dit-il, surviendra en vous ; la Vertu du Très-Haut vous couvrira de son ombre ; et c'est pour cela que ce qui naîtra de vous sera appelé le Fils de Dieu. Elisabeth votre cousine a conçu un fils, malgré sa vieillesse ; celle qui fut stérile est arrivée déjà à son sixième mois : car rien n'est impossible à Dieu." L'Ange arrête ici son discours, et il attend dans le silence la résolution de la vierge de Nazareth.

Reportons nos regards sur la vierge d'Eden. A peine l'esprit infernal a-t-il cessé de parler, qu'elle jette un œil de convoitise sur le fruit défendu ; elle aspire à l'indépendance dont ce fruit si délectable va la mettre en possession. Sa main désobéissante s'avance pour le cueillir ; elle le saisit, elle le porte avidement à sa bouche, et au même instant la mort prend possession d'elle : mort de l'âme par le péché qui éteint la lumière de vie ; mort du corps qui séparé du principe d'immortalité, devient désormais un objet de honte  et de confusion, en attendant qu'il tombe en poussière.

Mais détournons nos yeux de ce triste spectacle, et revenons a Nazareth.

Marie a recueilli les dernières paroles de l'Ange ; la volonté du ciel est manifeste pour elle. Cette volonté lui est glorieuse et fortunée : elle l'assure que l'ineffable bonheur de se sentir Mère d'un Dieu lui est réservé, à elle humble fille de l'homme, et que la fleur de virginité lui sera conservée. En présence de cette volonté souveraine, Marie s'incline dans une parfaite obéissance, et dit au céleste envoyé : "Voici  la servante du Seigneur; qu'il me soit fait selon votre parole."

Ainsi, selon la remarque de notre grand saint Irenée, répétée par toute la tradition chrétienne, l'obéissance de la seconde femme répare la désobéissance de la première ; car la Vierge de Nazareth n'a pas plus tôt dit : Qu'il me soit fait, Fiat, que le Fils éternel de Dieu qui, selon le décret divin, attendait cette parole, se rend présent, par l'opération de l'Esprit-Saint, dans le chaste sein de Marie, et vient y commencer une vie humaine.

Une Vierge devient Mère, et la Mère d'un Dieu ; et c'est l'acquiescement de cette Vierge à la souveraine volonté qui la rend féconde, par l'ineffable vertu de l'Esprit-Saint. Mystère sublime qui établit des relations de fils et de mère entre le Verbe éternel et une simple femme ; qui fournit au Tout-Puissant un moyen digne de lui d'assurer son triomphe contre l'esprit infernal, dont l'audace et la perfidie semblaient avoir prévalu jusqu'alors contre le plan divin !

Jamais défaite ne fut plus humiliante et plus complète que celle de Satan, en ce jour. Le pied de la femme, de cette humble créature qui lui offrit une victoire si facile, ce pied vainqueur, il le sent maintenant peser de tout son poids sur sa tête orgueilleuse qui en est brisée. Eve se relève dans son heureuse fille pour écraser le serpent. Dieu n'a pas choisi l'homme pour cette vengeance : l'humiliation de Satan n'eût pas été assez profonde. C'est la première proie de l'enfer, sa victime la plus faible, la plus désarmée, que le Seigneur dirige contre cet ennemi. Pour prix d'un si haut triomphe, une femme dominera désormais non seulement sur les anges rebelles, mais sur toute la race humaine ; bien plus, sur toutes les hiérarchies des Esprits célestes.

Du haut de son trône sublime, Marie Mère de Dieu plane au-dessus de toute la création. Au fond des abîmes infernaux Satan rugira d'un désespoir éternel, en songeant au malheur qu'il eut de diriger ses premières attaques contre un être fragile et crédule que Dieu a si magnifiquement vengé ; et dans les hauteurs du ciel, les Chérubins et les Séraphins lèveront timidement leurs regards éblouis vers Marie, ambitionneront son sourire, et se feront gloire d'exécuter les moindres désirs de cette femme, la Mère du grand Dieu et la sœur des hommes.

C'est pourquoi nous, enfants de la race humaine, arrachés à la dent du serpent infernal par l'obéissance de Marie, nous saluons aujourd'hui l'aurore de notre délivrance.

Empruntant les paroles du cantique de Debbora, où cette femme, type de Marie victorieuse, chante son triomphe sur les ennemis du peuple saint, nous disons : "La race des forts avait disparu d'Israël, jusqu'au jour où s'éleva Debbora, où parut celle qui est la mère dans Israël. Le Seigneur a inauguré un nouveau genre de combat ; il a forcé les portes de son ennemi."

Prêtons l'oreille, et entendons encore, à travers les siècles, cette autre femme victorieuse, Judith. Elle chante à son tour : "Célébrez le Seigneur notre Dieu, qui n'abandonne pas ceux qui espèrent en lui. C'est en moi, sa servante, qu'il a accompli la miséricorde promise à la maison d'Israël ; c'est par ma main qu'il a immolé, cette nuit même, l'ennemi de son peuple. Le Seigneur tout-puissant a  frappé cet ennemi; il l'a livré aux mains d'une  femme, et il l'a percé de son glaive."

Dom Guéranger
LE  XXV  MARS L'ANNONCIATION DE LA TRÈS SAINTE VIERGE



Fra Angelico








Annonciation
Sainte-Marie-Madeleine, Aix-en-Provence

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24 mars 2009 2 24 /03 /mars /2009 10:15



Quand j’en parle, quelle image me vient en tête ? Je choisis celle de la Piscine des brebis, de la Piscine de Béthesda (Jean 5), qui a été retrouvée dans la cour de notre maison [la basilique Sainte Anne].


D’abord Béthesda est un lieu de guérison. Elle me semble un symbole de la vocation de Jérusalem : une ville de guérison. N’est-ce pas la ville où s’est déroulé le drame du mystère pascal ? De fait, les pèlerins y viennent avec leurs prières pour obtenir des grâces. Quand j’ai reçu ma nomination pour Jérusalem, j’étais au Mali. Une dame toute donnée à Dieu m’a dit : "C’est là, à Jérusalem, que j’ai pris la décision de me consacrer à Dieu. Maintenant que tu y vas, emporte avec toi mes intentions de prière." Et depuis que je suis ici, je vois que beaucoup de pèlerins laissent dans la basilique [Sainte Anne] un petit papier où ils ont écrit des demandes spéciales.


Ensuite, je vois dans la piscine de Béthesda un second symbole de Jérusalem. Dans les excavations de la piscine, on a trouvé les fondations de basiliques antiques, maintenant détruites, témoins des blessures subies par la ville au cours des siècles. Selon les hommes au pouvoir, la ville fut démolie et reconstruite, chaque régime y apportant ses temples, ses églises, ses mosquées et ses palais. L’histoire se répète aujourd’hui. Jérusalem, située sur une ligne de fracture, est à la recherche de la paix. Les pèlerins y prient pour la paix. Les habitants de Jérusalem eux aussi supplient Dieu et le monde entier de lui permettre de vivre en paix. Je termine avec cette prière du psaume 122 : Appelez la paix sur Jérusalem ! Qu’advienne la paix dans tes murs !


Evans K. Chama
Missionnaire d'Afrique


Depuis notre arrivée, « la paix règne dans les murs de Jérusalem », à part quelques rares incidents. Notre séjour ici et nos études n’ont jamais été perturbés. Cependant, nous sentons une grande tension entre les deux peuples de cette terre. La tension suscite le soupçon et il nous est difficile d’établir avec les gens des relations qu’on pourrait qualifier d’amitiés sincères. Chaque camp se demande si cet étranger est de son bord ou contre lui. Allez-vous saluer les gens avec "Shalom !" ou avec "Salam alkum !" ? Les deux formules sont un souhait de paix, il faut bien connaître la personne que vous saluez avant d’employer la version en hébreu ou en arabe. Se tromper, c’est insulter son interlocuteur. Chaque peuple vit dans sa sphère.


Quand les confrères que je connais se rappellent leur vie en Afrique, ils finissent toujours par évoquer les amitiés qui se sont nouées là-bas. J’ai bien peur qu’après un séjour à Jérusalem, nous ne puissions pas en dire autant. C’est peut-être notre manière de porter le poids de ce conflit.


l’aventure est au coin de la rue





Thomas Guy : CHRIST AT THE POOL OF BETHESDA

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23 mars 2009 1 23 /03 /mars /2009 16:19
Il n’y a point de révélations particulières. Il n’y a qu’une révélation pour tout le monde ; et c’est la révélation de Dieu et de Notre-Seigneur-Jésus-Christ. De Dieu par lui-même et par Notre-Seigneur-Jésus-Christ. C’est une révélation pour tous les bons chrétiens, pour tous les chrétiens, même pour les mauvais, et pour les pécheurs, pour tous les bons paroissiens. Pour tout homme et toute femme, pour toute personne de la paroisse. On fait savoir aux personnes de la paroisse. Qu’il y a promesse de salut... Entre Dieu et sa créature. On fait assavoir. Quand on sonne, quand on bat le ban de moisson, on le bat pour tout le monde, pour tous les moissonneurs. Et après la moisson quand on bat le ban de glanage, on le bat pour tout le monde, le ban de glanée, pour toutes les glaneuses, pour toutes les pauvres femmes qui vont glaner, ramasser les épis dans les champs, les épis qui sont tombés des gerbes. Quand on bat le ban de vendange, on le bat pour tout le monde, pour tous les vendangeurs. Et après la vendange, quand on bat le ban de grappillage, on le bat pour toutes les pauvres bonnes femmes qui vont grappiller, pour toutes les vieilles bonnes femmes qui vont ramasser ce qui reste sur le bois, et qui n’était pas encore bien mûr au temps de la vendange. Tout ce qui était encore un peu vert, un peu verduret. Or il y a quatorze siècles que l’on a fait battre le ban du salut. Pour toutes les paroisses. Pour toutes les personnes de toutes les paroisses. C’est la révélation commune. La révélation chrétienne. La révélation paroissiale. Le bon Dieu a appelé tout le monde, il a convoqué tout le monde, il a nommé tout le monde. Sa Providence pourvoit. Sa Providence prévoit. Sa Providence veille sur tout le monde, voit sur tout le monde, voit pour tout le monde. Il a vue sur tout le monde. Il conduit tout le monde par la main. Il nous a toutes désignées. Nous sommes toutes entrées au couvent de chrétienté. Nous nous sommes toutes réfugiées au grand couvent, de chrétienté. Dieu nous a toutes instruites, convoquées, il nous a toutes commandées. Nous sommes tous de la maison, de la même maison, et c’est Dieu qui conduit toute la maisonnée. Il nous a toutes appelées par notre nom, qui est notre nom de baptême. Il nous a toutes fait la même révélation, qui est que nous irons en paradis si nous vivons en bons chrétiens. Il nous a toutes fait la même vocation, d’aller à notre tour en paradis si nous vivons en bons chrétiens. Il n’y en a point qui communiquent avec Dieu de plus près que les autres. Toute parole d’homme et de femme, du père, de la mère et des enfants arrive directement aux oreilles de Dieu, toute prière humaine, toute prière chrétienne arrive, monte directement à l’oreille de Dieu.

Charles Péguy
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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 21:07

Un éternel baiser laverait son flanc pur ;

Un paternel baiser laverait son front pur ;

Un éternel baiser de son père laverait ses plaies vives,

Rafraîchirait ses plaies vives,

Et sa tête, et son flanc, et ses pieds, et ses mains.

Une source éternelle,

Une eau pure éternelle attendait ses plaies vives.

Un éternel baiser s’abattrait sur son flanc ;

Le baiser paternel descendrait sur son front.

Il quittait la maison terrestre pour la maison céleste ;

La maison temporelle pour la maison éternelle.

Il allait donc rentrer dans son éternité.

La tâche était finie et son oeuvre était faite.

Il avait accompli son temps d’humanité.

Les anges l’attendaient pour lui fêter sa fête.

Les anges l’attendaient pour laver ses plaies vives.

Les anges l’attendaient pour baigner ses plaies vives.

Pour tamponner ses plaies.

Pour lui faire un pansement.

Les anges l’attendaient pour lui laver ses plaies.

Les anges l’attendaient pour lui baigner ses plaies.

Pour tamponner ses plaies vives.

Cinq pansements pour les cinq Plaies.

Avec du linge bien fin.

De lin.

Mais un peu usagé.

Parce que c’est plus doux.

Une source éternelle pour baigner ses plaies.

Les anges l’attendaient au sortir de nos mains

Pour acclamer son nom et lui chanter sa gloire ;

Pour lui laver le flanc ; pour lui laver les mains ;

Les anges l’attendaient pour lui baigner, pour lui laver ses plaies ;

Et le sang de ses mains, et le sang de ses pieds ;

Et les clous de ses mains, et les clous de ses pieds.

Comme il avait lavé les pieds de ses disciples,

Ainsi les anges lui laveraient ses pieds.

Les pieds du maître.

Et non seulement les pieds.

Mais comme avait demandé Pierre.

Simon Pierre.

Non seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête.

Mais quand il avait lavé les pieds de ses disciples.

C’était dans une chambre bien close.

Bien tranquille.

Dans la chambre du souper.

Encore bien tranquille et bien close.

Et à présent ce serait dans le ciel.

Maintenant ce serait dans le ciel.

Désormais.

Les esprits l’attendaient après la mort des corps ;

Et les purs esprits purs après les corps charnels.

Et les fins esprits purs après la mort charnelle, après la mort grossière.

Et les fins esprits purs après les grossiers corps.

Singulier mystère.

Les esprits l’attendaient pour lui laver son corps.

Comme s’ils se connaissaient en corps.

Comme s’ils savaient ce que c’est qu’un corps.

Comme si ça les regardait.

Singulier mystère.


On voit bien que c’était son corps à lui.


Son siège l’attendait à la droite du père.

Il était le dauphin qui montait vers le roi.


Comme il allait rentrer dans son éternité,

Sur le point de rentrer dans son éternité,

C’est alors, tous les textes concordent, les textes sont formels, c’est alors qu’il poussa cette clameur effrayante.

Et marchant derechef dans son éternité.

Après des années et des années, après des siècles et des siècles un seul acte.

Préparait la maison de gloire maternelle.

Après un long voyage entrait dans sa maison.


Après tant de bataille une paix éternelle ;

Après tant de guerre une victoire éternelle ;

Après tant de misère une gloire éternelle ;

Après tant de bassesse une hausse éternelle ;

Après tant de conteste un règne incontesté.

Tu comprends. C’était fini. Il rentrait chez lui. Il s’en retournait chez lui. Il n’avait plus qu’à rentrer chez lui. Il s’en allait d’ici. Il revoyait de loin la maison de son père. Il revoyait aussi en par ici.

L’autre maison, la maison de son père nourricier.


Il revoyait l’humble berceau de son enfance,

Où son corps fut couché pour la première fois ;

Les langes sur la paille et le boeuf et la panse

De l’âne et les présents, les bergers et les rois.


extrait du Mystère de la Charité de Jeanne d'Arc
de Charles Péguy

préparé et lu par Michael Lonsdale
au concert de carême de Saint Sulpice ce Dimanche 22 mars
accompagné à l'orgue par Véronique Cauchefer-Choplin











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22 mars 2009 7 22 /03 /mars /2009 00:37

Le regard miséricordieux du Christ se penche sur nous tous, sur le monde entier. Il n’a d’autre but que de nous rechercher, car il nous cherche.

Une des dernières paroles du Christ sur la croix s’adresse au bon larron et sa première apparition est pour Marie-Madeleine ! Croix, résurrection, miséricorde absolue : “Marie”, “Rabbouni” : le salut est compris ici. Le Christ a donc vraiment tout pris. La miséricorde de Dieu n’est pas faiblesse, c’est là où il faut déjouer tous les pièges. La miséricorde de Dieu révèle une exigence.

Cette miséricorde est totale, elle est fondamentale parce qu’elle prend le tréfonds de l’être mais elle est d’une exigence absolue parce que la vérité de l’amour de Dieu correspond à la sainteté de Dieu, tout communique, tout est un !

Père Marie-Joseph le Guillou
Aimer c'est apprendre à recevoir la miséricorde de Dieu

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