Wannes Van de Velde est un Anversois pure souche, né à Anvers le 29 avril 1937. Il est d’abord un chanteur et un
musicien, mais également un écrivain et un artiste illustrateur. Dans sa jeunesse il chantait à la maison ou dans les cafés anversois. Dans les années 50 il étudiait passionnément les chansons
populaires et le flamenco espagnol. Dans les années 60 il débutât sa propre carrière musicale avec quelques musiciens. En 1966 il sort son premier album : Wannes Van de Velde. Il chante
en anversois, parce que c’est ce qu’il fait le mieux naturellement. Dans les années 80 il chante encore, mais se consacre surtout au théâtre de marionnettes. Il arrête la musique populaire au
profit de chansons aux élans de flamenco, mais encore en anversois. Un grand tube commercial en 1992 est le duo avec Hans De Booij avec lequel il interprète le classique Les lumières de
l’Escaut - Lichtjes van de Schelde. Plus tard, dans les années 90 il apporte 3 albums et part en tournée avec Roland Van Campenhout. Wannes Van de Velde tombe malade en 2000. Il souffre
d’une leucémie et délaisse la musique. Il se consacre alors à une autre passion : la poésie. En 2005 il guérit et reprend la musique. Officieusement il est considéré comme poète de la ville. Il a
aussi sa propre rue : Wannes Van de Velde El Corredor à Bornem.
Wannes Van de Velde est décédé le 10 novembre 2008.
Né d’un père métallurgiste, mais chanteur doué, et d’une mère couturière et femme au foyer aimant à chanter pendant le travail, il
grandit dans la Rue Zirk, Zirkstraat : une des plus anciennes rues d’Anvers du quartier des mariniers Schipperskwartier, à proximité du port. Le domicile parental était situé
au-dessus d’un magasin de spécialités espagnoles, Le comptoir de Valence, qui existe encore mais dont le nom a été changé en El Valenciano. On chantait, à la maison et au bistrot:
chansons d’amour, chansons satiriques, chants de combat,etc., Wannes devenant ainsi l’héritier d’une authentique culture populaire.
Il s’attacha tout d’abord à faire œuvre de collectionneur, à explorer le fond flamand des chansons populaires dans leur
authenticité, et à les restituer. Ainsi se mit-il, au début des années 1960, en quête de telles chansons, compulsant d’une part des livres jaunis, comme l’ouvrage d’Edmond de Coussemaker,
Chants populaires des Flamands de France, découvert par hasard dans une bouquinerie anversoise, et d’autre part interrogeant les anciens ou des gens de rencontre, afin de recueillir de
leur bouche quelque vieille complainte qu’ils auraient gardée en mémoire. Il ne tarda pas à écrire lui-même des textes et à en composer la musique. Ses premières chansons eurent pour origine la
colère, et surtout l’impuissance, vis-à-vis de la démolition du vieux centre historique d’Anvers, du quartier où il avait grandi.
Il s’entoura alors d’un groupe de musiciens qui partageaient son intérêt pour le chant populaire : Flor Hermans (violon), Bernard
Van Lent (accordéon), et Walter Heynen (flûte), ce dernier prenant à sa charge la majeure partie des compositions musicales et des arrangements. Cette coopération donna lieu en 1966 à un premier
disque, intitulé simplement Wannes Van de Velde. Le choix du dialecte anversois, qui, pour Van de Velde, était une évidence, bien plus qu’un choix délibéré, compte tenu qu’il n’avait
jamais parlé d’autre façon, pour anodin que ce choix puisse paraître aujourd’hui, ne fut pas apprécié par l’intelligentsia de l’époque, et contribua à lui valoir l’épithète de subversif :
l’ABN, le néerlandais normé, apparaissait en effet comme seul recevable, seul propre à être utilisé en vue de créations artistiques de haute tenue, et surtout, seul compatible avec le
statut de respectabilité auquel aspirait la Flandre, toute préoccupée alors de son émancipation sociale et culturelle ; l’usage du dialecte rappelait par trop à son souvenir son arriération et
son humiliation passées, la confrontait importunément à un passé récent refoulé, lui présentait un miroir.
Bien que n’ayant jamais été officiellement désigné comme stadsdichter (poète attitré choisi par la municipalité
d’Anvers), Wannes Van de Velde était bien considéré comme tel, ad vitam, par la population anversoise. Il n’est pas exagéré de dire qu’il était une légende vivante et une véritable institution,
dans sa ville natale et au-delà.
Le quartier Klein-Antwerpen (Petit-Anvers), situé près du parc municipal (Stadspark), où le chanteur vécut les trente dernières
années de sa vie rue Antoon Van Dijck, le nomma citoyen d’honneur en 2006 et lui fit présent du géant Wannes, ainsi nommé en son honneur. Dans ce même quartier, à l’angle de la rue Breughel
(Breughelstraat) et de la Lange Leemstraat (ci-devant Longue rue d’Argile) se trouvait l'estaminet Ten Huize Breughel, aujourd'hui démoli, qu’il évoqua dans ses chansons.
Non seulement sa musique, mais aussi son style de chant particulier et son talent de narrateur remontent à une tradition musicale
européenne séculaire profondément enracinée, et ayant ses ramifications dans plusieurs pays. L’étude approfondie qu’il a menée sur l’authentique art populaire anversois se double d’une ample
connaissance de la musique d’autres peuples et de leurs multiples influences mutuelles. Sa culture musicale et ses connaissances linguistiques lui ont permis d’accéder aisément aux musiques
populaires espagnole, italienne, grecque, juive, française et anglo-saxonne, lesquelles étaient toutes présentes et vivantes dans sa ville natale. Dans sa fonction d’enseignant au Studio Herman
Teirlinck, école de théâtre flamande réputée, il a inspiré d’innombrables acteurs et chansonniers, autant en Flandre qu’aux Pays-Bas.
Wannes Van De Velde