Léon Morin, Prêtre (France, 1961) de Jean-Pierre Melville, d'après le livre de Béatrix Beck avec Jean-Paul Belmondo et Emmanuelle Riva
Ceux qui, en son temps, trouvèrent des qualités à Léon Morin, prêtre, les retrouveront, intactes et même magnifiées,
sur l’écran. Les lecteurs réservés, voire hostiles, sentiront vraisemblablement la plupart de leurs réticences s’évanouir. Pourquoi ? Tout simplement parce que le cinéaste (également adaptateur),
à coup de menus détails, de légères ellipses, d’infimes retouches, est parvenu à restituer les lumières du livre tout en estompant ses ombres. Du très beau travail. Jean Rochereau (La Croix, 3 octobre 1961)
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Cela pouvait être un film littéraire, avec l’élégance et la froideur des films littéraires. Ou bien un bon mélodrame
en soutane, dégoulinant de glycérine. Cela pouvait être un film d’acteurs, c’est-à-dire où l’on ne voit que les acteurs. Ou encore un film d’auteur, c’est-à-dire où l’on n’entend que l’auteur. Et
c’est le contraire de tout cela. Un film sobre, dense, plein comme un œuf, et dont les images grises brillent d’un éclat secret. Dur, direct, dépouillé. Tout en force, et tout en finesse. Qui
n’hésite pas à être long, parce qu’il a beaucoup à dire. Qui n’hésite pas à être simple, parce que ce qu’il dit est important. Un film qui ne hausse jamais la voix, et qui a constamment du
ton. René Cortade(Le Nouveau
Candide, 28 août 1961)