Le paradis, on ne l'a pas perdu seulement avec Adam et Ève, on le perd tous les jours.
Álvaro Mutis
J'ai découvert et habité pendant une semaine deux îles magnifiques qui sont dans la mer des Antilles, face à la côte Atlantique de la Colombie : San Andrés et Providence. Ces deux îles sont maintenant complètement envahies par le tourisme, un tourisme qui a pollué les plages, ruiné tous les lieux et encombré ces deux îles paradisiaques d'hôtels sans caractère. C'est tout ce que rapporte ce phénomène ignoble appelé tourisme. Ces sortes de voyageurs qui ne voyagent pas, qui ne voient pas, qui n'ont aucune envie de vivre vraiment l'endroit où ils sont, qui banalisent tout et s'en nourrissent parce qu'il faut vivre de façon tout à fait banale pour ne pas être seul, ne pas penser à soi-même, ne pas se connaître.
J'avais 29 ans, je travaillais en ce temps-là comme directeur des relations publiques d'une compagnie aérienne colombienne, et j'avais un ami qui faisait partie des forces aériennes colombiennes et pilotait un hydravion Catalina. Cet ami m'a invité à l'accompagner sur San Andrés et Providence pour y passer quelques heures. Je croyais qu'il n'y avait rien, là.