Par un pèlerin
Roger Grenier habitait à quelques dizaines de mètres de chez Gallimard où il occupait un minuscule bureau, empli, évidemment, de piles de livres.
« À quelques années de son propre centenaire, écrivait en 2013 sur son blog le critique et auteur Pierre Assouline, il continue à se rendre tous les jours à son bureau pour lire des manuscrits, rédiger des notes de lecture, répondre aux auteurs, les recevoir. À voir ce régent du Collège de Pataphysique traverser le boulevard (ndr : Saint-Germain), petit bonhomme échappé d'un dessin de Sempé, légèrement voûté, tête nue malgré le froid, un imperméable par-dessus son discret costume-cravate, on n'imagine pas tout ce qu'il a vécu, tout ce qu'il a connu, tout ce qu'il a lu.»
Plus ou moins, écrire est une entreprise de séduction. Du lecteur, bien sûr. Mais aussi, secrètement, de celui ou celle avec qui tout peut commencer, ou avec qui tous les autres moyens ont échoué, ou encore avec qui tout est fini, bref avec qui on a un compte amoureux à régler.
Roger Grenier, Le palais des livres
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