Par un pèlerin
Et nous ne nous fierons qu’aux grâces de prière
Parce qu’elle est du maître et du seigneur Jésus.
Et nous ne nous fierons qu’aux grâces de misère
Parce qu’elle est du Père et du Fils absolus.
Et ce n’est pas les voix des professeurs d’histoires,
(Il ne s’agira plus de voter, mes enfants),
Et ce n’est pas les voix des professeurs de gloires
Que nous alléguerons dans nos accablements.
Et ce n’est pas les voix des maîtres de mémoires
Qui classeront les purs avec les triomphants.
Et ce n’est pas les poids des maîtres de grimoires
Que nous invoquerons dans ces évènements.
Et ce n’est pas les voix des professeurs d’histoires
Qui classeront le juste avec les triomphants.
Et ce n’est pas les poids des maîtres de grimoires
Que nous invoquerons pour nos avènements.
Et nous ne fierons rien qu’aux voiles éternelles
Parce que c’est Jésus qui nous les a tendues.
Et nous ne fierons rien qu’aux attaches charnelles
Parce que Jésus-Christ nous les a détendues.
Et nous ne nous fierons qu’aux vergues éternelles
Parce que c’est Jésus qui noues les a pendues.
Et nous ne fierons rien aux manœuvres charnelles
Parce que Jésus-Christ nous les a dépendues.
Et nous sommes tombés dans les filets de Pierre
Parce que c’est Jésus qui nous l’avait tendu.
Et nous avons gardé d’avoir un cœur de pierre
Parce que c’est Jésus qui nous l’a défendu.
Et nous avons brûlé la bûche de Noël
Parce que c’est Jésus qui nous l’avait fendue.
Et nous avons aimé ce peuple d’Israël
Parce qu’Anne et Marie en était descendue.
Et nous sommes tombés dans le filet de Pierre
Parce que c’est Jésus qui nous l’avait tendu.
Et nous n’avons pas pu garder un cœur de pierre
Parce que c’est Jésus qui nous l’avait fondu.
Charles PÉGUY, Ève
Cahiers de la Quinzaine, 1914
Eclipse Next 2019 - Hébergé par Overblog
