MERCREDI 9 SEPTEMBRE 2009 à 20h00
MESSE DU BIENHEUREUX FREDERIC OZANAM
Messe présidée par Mgr Renauld de Dinechin
en l'église SAINT JOSEPH DES CARMES
70 rue de Vaugirard, Paris VIe
>agenda de Saint Joseph des Carmes

Qui est mon prochain ?
Le prochain, c'est tout être humain, sans exception. Il est inutile de demander sa nationalité, son appartenance sociale ou religieuse. S'il est dans le besoin, il faut lui venir en aide. C'est
ce que demande la première et la plus grande Loi divine, la loi de l'amour de Dieu et du prochain.
Fidèle à ce commandement du Seigneur, Frédéric Ozanam, a cru en l'amour, l'amour que Dieu a pour tout homme. Il s'est lui-même senti appelé à aimer, donnant l'exemple d'un grand amour de Dieu et
des autres. Il allait vers tous ceux qui avaient davantage besoin d'être aimés que les autres, ceux auxquels Dieu Amour ne pouvait être effectivement révélé que par l'amour d'une autre personne.
Ozanam a découvert là sa vocation, il y a vu la route sur laquelle le Christ l'appelait. Il a trouvé là son chemin vers la sainteté. Et il l'a parcouru avec
détermination.
Frédéric Ozanam aimait tous les démunis. Dès sa jeunesse, il a pris conscience qu'il ne suffisait pas de parler de la charité et de la mission de l'Église dans le monde : cela devait se traduire
par un engagement effectif des chrétiens au service des pauvres. Il rejoignait ainsi l'intuition de Monsieur Vincent : "Aimons Dieu, mes frères, aimons Dieu, mais que ce soit aux dépens de
nos bras, que ce soit à la sueur de nos visages". Pour le manifester concrètement, à l'âge de vingt ans, avec un groupe d'amis, il créa les Conférences de Saint-Vincent de Paul, dont le but
était l'aide aux plus pauvres, dans un esprit de service et de partage. Très vite, ces Conférences se répandirent en dehors de France, dans tous les pays d'Europe et du monde. Moi-même, comme
étudiant, avant la deuxième guerre mondiale, je faisais partie de l'une d'entre elles.
Désormais l'amour des plus misérables, de ceux dont personne ne s'occupe, est au cœur de la vie et des préoccupations de Frédéric Ozanam. Parlant de ces hommes et de ces femmes, il écrit :
"Nous devrions tomber à leurs pieds et leur dire avec l'Apôtre : Tu es Dominus meus. Vous êtes nos maîtres et nous serons vos serviteurs ; vous êtes pour nous les images sacrées de ce Dieu
que nous ne voyons pas et, ne sachant pas l'aimer autrement, nous l'aimons en vos personnes" (lettre à Louis Janmot).
Le bienheureux Frédéric Ozanam, apôtre de la charité, époux et père de famille exemplaire, grande figure du laïcat catholique du dix-neuvième siècle, a été un universitaire qui a pris une part
importante au mouvement des idées de son temps. Étudiant, professeur éminent à Lyon puis à Paris, à la Sorbonne, il vise avant tout la recherche et la communication de la vérité, dans la sérénité
et le respect des convictions de ceux qui ne partagent pas les siennes."
"Apprenons à défendre nos convictions sans haïr nos adversaires, écrivait-il, à aimer ceux qui pensent autrement que nous, plaignons-nous moins de notre temps et plus de nous-mêmes"
(Lettres, 9 avril 1851). Avec le courage du croyant, dénonçant tous les égoïsmes, il participe activement au renouveau de la présence et de l'action de l'Église dans la société de son époque.
On connaît aussi son rôle dans l'institution des Conférences de Carême en cette cathédrale Notre-Dame de Paris, dans le but de permettre aux jeunes de recevoir un enseignement religieux renouvelé
face aux grandes questions qui interrogent leur foi.
Homme de pensée et d'action, Frédéric Ozanam demeure pour les universitaires de notre temps, enseignants et étudiants, un modèle d'engagement courageux capable de faire entendre une parole libre
et exigeante dans la recherche de la vérité et la défense de la dignité de toute personne humaine.
Qu'il soit aussi pour eux un appel à la sainteté !
JEAN-PAUL II
extraits de l'homélie pour la Béatification de Frédéric OZANAM

Tombeau de Frédéric Ozanam à la crypte de Saint Joseph des
Carmes