Par un pèlerin
Dans la ville de Québec au Canada, en 1708, le bienheureux François de Montmorency-Laval, évêque, qui établit là son siège épiscopal
et, durant près de cinquante ans, mit tout son cœur à confirmer et développer l’Église dans une région d’Amérique du Nord qui s’étendait jusqu’au golfe du Mexique.
Martyrologe Romain
Dans une lettre qu'il adressait en 1668 à des missionnaires sulpiciens, il donne les conseils suivants :
Qu'ils tâchent d'éviter deux extrémités qui sont à craindre en ceux qui s'appliquent à la conversion des âmes : de trop espérer ou de trop désespérer. Ceux qui espèrent trop sont souvent les premiers à désespérer de tout à la vue des grandes difficultés qui se trouvent dans l'entreprise de la conversion des infidèles, qui est plutôt l'ouvrage de Dieu que de l'industrie des hommes. Qu'ils se souviennent que la semence de la parole de Dieu porte son fruit dans la patience.
Mgr François de Montmorency-Laval
Le frère Housssart, à la mort de Mgr de Laval le 6 mars 1708, révéla la haute valeur spirituelle et mystique de celui qu'il servait, en publiant un mémoire. Durant les dernières années de sa vie, l'évêque de Québec était devenu un grand handicapé physique, suite surtout à ses tournées missionnaires : " On l'a vu faire de longs pèlerinages à pied, sans argent, mendiant son pain et cachant son nom. Il voulait imiter les premiers apôtres de l'Église primitive, et remerciait Dieu d'avoir quelque chose à souffrir pour son amour."
Le vaillant évêque, en hiver comme en été, parcourt sans relâche son immense vicariat. Sur le fleuve Saint-Laurent, monté dans un frêle canot, il rame lui-même; en hiver, sa "chapelle" sur le dos, il s'aventure en raquettes jusqu'à Montréal, souvent surpris par les vents et la neige.
Il visite les malades de l'Hôtel-Dieu de Québec et les soigne, les encourage et les assiste à leur mort.
Ce descendant du premier baron de France se rend seul à la basilique tous les matins à 4 h. Comme un sacristain, il ouvre les portes, sonne la cloche, et prépare l'autel pour y célébrer la Messe dès 4 h 30. On a dit qu'il célébrait la Messe comme un ange !
Et dans sa pauvre chambre du Séminaire, il couche sur des planches, remettant sous son lit la paillasse que le frère Houssart lui a prêtée.
A sa mort, Mgr de Laval n'avait plus rien : il avait donné toutes ses possessions aux pauvres. Le pape Jean-Paul II l'a béatifié en 1980, à la suite de l'important dossier de miracles et faveurs obtenus en le priant. L'évêque de la Nouvelle-France fut un grand saint que l'on peut encore prier, en ces temps où "sa patrie" est encore en danger.
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