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Scènes de violences et de lâchetés à l'Élysée

Les personnes encore assises sont traînées sur plusieurs mètres avant d’être lâchés brutalement, à quelques dizaines de centimètres du sol. Un CRS ne relâche l’un de ces jeunes qu’après s’être assuré d’avoir arraché tous les boutons de sa chemise. Un autre jeune, rouge et suffocant, est quant à lui tiré par le cou. Les personnes qui obtempèrent et ne demandent qu’à avancer sont projetées la face la première, qui contre les vitrines, qui contre les voitures.

C’en est trop, les larmes me viennent aux yeux devant pareil spectacle. Malgré la colère et l’indignation qui m’étranglent la voix, je supplie les policiers qui restent à l’écart, manifestement écœurés de ce qu’ils observent, d’intervenir pour calmer leurs collègues et mettre fin à ces dérapages. Ils baissent la tête, et soupirent, tout comme leurs voisins. Je demande à voir le commissaire, que je commence à bien connaître puisqu’il est présent à chacune de nos veillées, et avec lequel il me semblait jusqu’à présent avoir construit une vraie relation de confiance : on me refuse ce droit, et malgré mes appels désespérés, le commissaire, scotché à son talkie, semble ne pas me voir.

Une jeune fille est alors violemment projetée au sol, à mes pieds, et se cogne la tête sur l’angle du trottoir.

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