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Quand j’en parle, quelle image me vient en tête ? Je choisis celle de la Piscine des brebis, de la Piscine de Béthesda (Jean 5), qui a été retrouvée dans la cour de
notre maison [la basilique Sainte Anne].
D’abord Béthesda est un lieu de guérison. Elle me semble un symbole de la vocation de Jérusalem : une ville de guérison. N’est-ce pas la ville où s’est déroulé le
drame du mystère pascal ? De fait, les pèlerins y viennent avec leurs prières pour obtenir des grâces. Quand j’ai reçu ma nomination pour Jérusalem, j’étais au Mali. Une dame toute donnée à Dieu
m’a dit : "C’est là, à Jérusalem, que j’ai pris la décision de me consacrer à Dieu. Maintenant que tu y vas, emporte avec toi mes intentions de prière." Et depuis que je suis ici, je vois
que beaucoup de pèlerins laissent dans la basilique [Sainte Anne] un petit papier où ils ont écrit des demandes spéciales.
Ensuite, je vois dans la piscine de Béthesda un second symbole de Jérusalem. Dans les excavations de la piscine, on a trouvé les fondations de basiliques antiques,
maintenant détruites, témoins des blessures subies par la ville au cours des siècles. Selon les hommes au pouvoir, la ville fut démolie et reconstruite, chaque régime y apportant ses temples, ses
églises, ses mosquées et ses palais. L’histoire se répète aujourd’hui. Jérusalem, située sur une ligne de fracture, est à la recherche de la paix. Les pèlerins y prient pour la paix. Les
habitants de Jérusalem eux aussi supplient Dieu et le monde entier de lui permettre de vivre en paix. Je termine avec cette prière du psaume 122 : Appelez la paix sur Jérusalem ! Qu’advienne
la paix dans tes murs !
Evans K. Chama
Missionnaire d'Afrique
Depuis notre arrivée, « la paix règne dans les murs de Jérusalem », à part quelques rares incidents. Notre séjour ici et nos études n’ont jamais été perturbés. Cependant, nous sentons une grande
tension entre les deux peuples de cette terre. La tension suscite le soupçon et il nous est difficile d’établir avec les gens des relations qu’on pourrait qualifier d’amitiés sincères. Chaque
camp se demande si cet étranger est de son bord ou contre lui. Allez-vous saluer les gens avec "Shalom !" ou avec "Salam alkum !" ? Les deux formules sont un souhait de paix, il faut
bien connaître la personne que vous saluez avant d’employer la version en hébreu ou en arabe. Se tromper, c’est insulter son interlocuteur. Chaque peuple vit dans sa sphère.
Quand les confrères que je connais se rappellent leur vie en Afrique, ils finissent toujours par évoquer les amitiés qui se sont nouées là-bas. J’ai bien peur qu’après un séjour à Jérusalem, nous
ne puissions pas en dire autant. C’est peut-être notre manière de porter le poids de ce conflit.
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l’aventure est au coin de la rue
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Thomas Guy : CHRIST AT THE POOL OF
BETHESDA