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Histoire des Croisades par Guillaume de Tyr : Les Croisés dressent les tours d'assaut contre les remparts

Le jour fixé pour la première attaque approchait. La veille au soir, le duc de Lorraine et les deux comtes de Normandie et de Flandre, reconnurent que vers le côté de la ville qu'ils étaient chargés d'assiéger, les ennemis s'étaient extrêmement fortifiés en machines, en armes et en vaillants guerriers, sans doute parce qu'ils pensaient avoir plus de sujet de craindre de ce côté : jugeant avec une admirable prévoyance que ces immenses préparatifs de défense pourraient bien opposer des obstacles insurmontables à leur attaque du lendemain ; ils entreprirent aussitôt un travail véritablement étonnant : les machines et la tour mobile qu'ils avaient fait construire n'étaient pas encore complètement assemblées ; ils les firent transporter pièce par pièce sur le terrain qui s'étend entre la porte de Saint-Etienne et la tour angulaire située au nord, et qui domine la vallée de Josaphat, et allèrent en même temps établir leur camp sur ce point.

 

Ils jugèrent avec raison que comme la ville n'avait pas été menacée de ce côté, les assiégés auraient mis beaucoup moins de soin à en assurer la défense. Ils firent donc travailler sans relâche durant toute la nuit, et, avant le lever du soleil, les machines étaient transportées, assemblées sur place à force de bras, et établies dans les meilleures positions. La tour mobile fut dressée aussi contre les remparts, au point où la muraille paraissait moins élevée, et d'un abord plus uni et plus facile, et elle en était si près qu'il sembla que ceux des assiégés qui seraient renfermés dans leurs tours, et ceux des nôtres qui occuperaient la machine, pourraient combattre presque corps à corps.

 

Un tel travail ne se fit pas sans beaucoup de peine. Il y avait presque un demi-mille de distance entre l'ancien et le nouvel emplacement du camp, et avant le lever du soleil tous les instruments se trouvèrent transportés et parfaitement remis en état de service. Quand le jour parut, les assiégés se présentèrent sur leurs murailles, pour reconnaître les préparatifs des Croisés ; ils furent saisis d'étonnement et de stupeur en ne retrouvant plus le camp, et tous les appareils de guerre au lieu même où ils les avaient vus l'avant-veille et la veille encore ; ils dirigèrent leurs regards de tous côtés, suivirent le tour des remparts, et découvrirent enfin le camp et les machines du duc Godefroi dans leur nouvelle position.

 

Durant la même nuit, et sur tous les autres points où les divers chefs avaient dressé leurs tentes dans l'ordre que j'ai déjà rapporté, les Croisés travaillèrent avec la même ardeur et dressèrent aussi leurs machines. Le comte de Toulouse fit également appliquer contre les murailles, entre l'église de la montagne de Sion et la ville, une seconde tour ou fort mobile qu'il avait fait construire avec le plus grand soin.

 

Les autres princes qui occupaient le terrain au dessous de la tour angulaire, dite aujourd'hui tour de Tancrède, animés d'une égale ardeur, firent aussi dresser contre les murailles une tour en bois extrêmement lourde, presque aussi élevée et aussi solide que les autres. Ces trois machines devaient opérer de la même manière, et étaient construites â peu près selon les mêmes procédés; chacune d'elles était de forme quadrangulaire ; le côté qui faisait face aux murailles était revêtu d'une double couverture : il y avait un moyen particulier de déployer la première de ces couvertures, et de l'appuyer contre la muraille, de façon à en faire un pont qui facilitât aux assiégeants l'accès des remparts. Même après cette manœuvre, la machine ne restait point dégarnie de ce côté, et se trouvait défendue suffisamment par la seconde couverture, aussi bien que sur les trois autres faces.

 

GUILLAUME DE TYR, HISTOIRE DES CROISADES, BnF - Gallica 

 

Les remparts de Jérusalem et la Tour de David 

Les remparts de Jérusalem et la Tour de David (2012)

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P
<br /> Ils firent donc travailler sans relâche durant toute la nuit, et, avant le lever du soleil, les machines étaient transportées,<br /> assemblées sur place à force de bras, et établies dans les meilleures positions.alors le duc de Lorraine vida son verre avec les `2 contes de Flandres <br /> <br />
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