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INSTITUTIONS LITURGIQUES : tels furent les accroissements du Bréviaire romain

Le Missel monastique que publia aussi Paul V se répandit dans la même proportion que son bréviaire.

 

 Urbain VIII, qui succéda à PauI V, après le trop court pontificat de Grégoire XV, entreprit la révision du bréviaire ; on ne l'avait pas faite depuis Clément VIII. Les commissaires qu'il nomma pour ce travail furent : le cardinal Louis Gaétan ; Tégrime Tegrimi, évêque d'Assise et secrétaire de la congrégation des Rites ; Fortuné Scacchi, sacristain de la chapelle papale ; Nicolas Riccardi, maître du sacré palais; Jérôme Lanni, référendaire de l'une et l'autre signature ; Hilarion Rancati, abbé de Sainte-Croix en Jérusalem ; Jacques Vulponi, de l'Oratoire de Saint-Philippe de Néri ; Barthélemi Gavanti, des clercs réguliers de Saint-Paul ; Térence Alciati, Milanais, consulteur de la congrégation des Rites, ainsi que plusieurs des précédents ; enfin le célèbre annaliste des frères mineurs, Luc Wading.

 

Le travail de la commission consista principalement à revoir les homélies des saints Pères sur les originaux, à substituer aux anciennes quelques-unes qui paraissaient mieux adaptées. On s'occupa aussi d'éclaircir les rubriques, et de fixer la ponctuation des Psaumes pour le chant. Cette correction, publiée par un bref du 25 janvier 1631, qui commence par ces mots : Divinam psalmodiam, est la dernière qui ait été faite ; les successeurs d'Urbain VIII ont pu ajouter des offices au bréviaire ; mais il ne porte en tête que les seuls noms de saint Pie V, de Clément VIII et d'Urbain VIII.

 

La correction d'Urbain VIII n'attirait pas seulement l'attention par les réformes dont nous venons de parler : une particularité plus importante encore la rendait remarquable. La plupart des hymnes avaient été retouchées et ramenées aux règles du vers, par ordre d'Urbain VIII. Ce pape, qui aimait les lettres et cultivait avec succès la poésie latine, ne pouvait supporter les nombreuses incorrections que présentaient la plupart des hymnes du bréviaire. Il regrettait, comme il le dit dans son bref, que les saints Pères eussent plutôt ébauché que perfectionné leurs hymnes ; et la décence du service divin lui semblait réclamer impérieusement une réforme sur cet article. Le talent dont il avait fait preuve dans la composition des hymnes qu'il a mises au bréviaire, et dont nous parlerons plus loin, le rendait fort capable de réaliser cette entreprise difficile : néanmoins il ne jugea pas à propos de s'en charger. Il la confia à quatre jésuites : Matthias Sarbiewski, Fabien Strada, Tarquin Galluzzi et Jérôme Petrucci, qui corrigèrent au-delà de neuf cent cinquante fautes contre la prosodie.

 

Comme il ne pouvait manquer d'arriver, l'œuvre de ces quatre commissaires a été jugée fort diversement. Les uns, comme les pères Théophile Raynaud, Charles Guyet, Faustin Arevalo, etc., ont pris la défense de l'œuvre de leurs confrères, et, il nous semble, avec raison. D'autres, comme le P. Louis Cavalli, franciscain, pénitencier de Saint-Jean de Latran, dans un livre d'observations qu'il a composé exprès ; Jean-Baptiste Thiers, dans sa satire du Bréviaire de Cluny ; Henri Valois, cité par Mérati, ont fort maltraité les correcteurs des hymnes romaines. Si, après tous ces auteurs, il nous est permis de faire connaître notre avis, nous dirons d'abord que c'était une œuvre grandement difficile de corriger les vers d'autrui, et des vers dont le sens et les paroles étaient dans la mémoire de tout le monde. On demandait aux correcteurs de conserver la mesure et le sens de chaque vers, de maintenir le fonds des expressions, en un mot la couleur particulière. Ils ont rempli cette tâche, suivant nous, autant qu'elle pouvait être remplie. Il y a sans doute de rares endroits où ils ont trop sacrifié à une pureté classique : mais la plupart du temps, l'onction primitive est restée, en même temps que l'expression devenait à la fois plus nette et plus claire. Nous leur reprocherons seulement d'avoir changé le mètre de l'hymne de saint Michel : Tibi, Christe, splendor Patris, et de celles de la dédicace d'une église, Urbs Jerusalem beata et Angularis fundamentum.

 

Quoi qu'il en soit de notre sentiment particulier, on ne peut nier que l'adoption des hymnes ainsi corrigées n'ait fourni matière à de grandes oppositions. Leurs causes principales étaient la difficulté, en tout temps si grande, de déraciner la routine, l'impossibilité de corriger, sans les gâter, les anciens livres de chœur, enfin la facture peu musicale d'un certain nombre de vers. Cavalli rapporte à ce sujet un mot qui, pour être devenu célèbre, n'en est pas pour cela plus juste. Un Belge, d'ailleurs homme pieux et docte, disait, en parlant des hymnes réformées : accessit latinitas et recessit pietas. Les chantres romains prétendaient aussi que les correcteurs étaient plus familiers avec les muses qu'avec la musique. Il fut impossible d'établir l'usage des hymnes corrigées dans la basilique de Saint-Pierre ; mais elles s'étendirent rapidement dans les autres églises de Rome, de l'Italie, et même de la chrétienté, hors en France. Ceux de nos diocèses qui suivaient le romain pur, préférèrent, en général, garder les anciennes. On rencontre peu d'éditions françaises du  bréviaire avant 1789, dans lesquelles les nouvelles se trouvent : encore, le plus souvent, sont-elles renvoyées à la fin, en matière d'appendice. Au contraire, les éditions publiées depuis douze ou quinze ans, ont, presque toutes, reproduit uniquement les hymnes corrigées.

 

Quant aux ordres religieux, ceux qui sont astreints au Bréviaire romain embrassèrent les nouvelles hymnes, excepté toutefois les franciscains des provinces de France. Les ordres et congrégations monastiques gardèrent les anciennes. La congrégation de Saint-Maur est la seule qui, après diverses variations, ait enfin adopté définitivement la correction d'Urbain VIII. Aujourd'hui encore, dans Rome même, les bénédictins du Mont-Cassin, les cisterciens, les chartreux, etc., chantent les anciennes hymnes : elles sont également restées en usage dans le Bréviaire dominicain.

 

Urbain VIII, après avoir opéré la révision du bréviaire, entreprit celle du missel, considérant ces deux livres, fondement de la Liturgie, comme les deux ailes que le prêtre de la loi nouvelle, à l'exemple des chérubins du tabernacle antique, étend chaque jour vers le vrai propitiatoire du monde. La même commission qui avait été établie pour la révision du bréviaire, donna ses soins à celle du missel. On fit aux rubriques plusieurs corrections et éclaircissements, et on rétablit dans sa pureté le texte de l'Écriture, altéré en quelques endroits. Cette correction du missel est aussi la dernière : c'est pour cette raison que ce livre, comme le bréviaire, a porté depuis sur son titre le nom d'Urbain VIII avec ceux de saint Pie V et de Clément VIII. Le bref de publication est du 2 septembre 1634, et commence par ces mots : Si quid est in rebus humanis. Nous ne le donnons pas dans les notes de ce chapitre, parce qu'il présente moins d'intérêt que celui qui a rapport à la révision du bréviaire et à la correction des hymnes. Enfin Urbain VIII publia une nouvelle édition du pontifical, avec quelques changements et améliorations, et la promulgua, comme désormais obligatoire, par un bref du 17 juin 1644, qui commence par ces mots : Quamvis alias.

 

Nous ne terminerons pas cette histoire liturgique de la première moitié du XVIIe siècle, sans parler des accroissements que reçut, durant cette période, le Bréviaire romain par l'addition des offices de plusieurs saints qui furent proposés par les souverains Pontifes au culte de l'Eglise. Il est juste, en effet, que cette épouse du Christ célèbre les triomphes de ses enfants, à quelque siècle qu'ils aient appartenu ; car elle ne doit point rougir de placer dans ses fastes les fils qu'elle a nourris dans la vieillesse de ses mamelles, à côté de ceux qui furent les prémices de sa maternité. Au XVIIe siècle, la France ne s'était pas rendue sourde encore à cette voix du Pasteur suprême qui retentit à chaque pontificat, dans les églises de Dieu, portant l'ordre qu'à l'avenir tel jour de l'année demeure consacré à la mémoire d'un serviteur de Dieu. Sous la hutte de roseaux, au fond des antres qui le cachent, le missionnaire qui n'a pour consolation que son bréviaire, apprend cette grande nouvelle, et se sent fortifié par ce nouveau signe de vie que lui envoie la Mère des chrétiens; il s'unit à toutes les églises : celle de France est la seule qui ne répétera point avec lui le cantique nouveau.

 

Clément VIII, dans  sa révision du bréviaire,  avait, à l'exemple de Grégoire XIII et de Sixte-Quint, ajouté au calendrier de saint Pie V plusieurs nouveaux saints. Par différents décrets, il avait établi, pour la première fois, l'office de saint Romuald, abbé de Camaldoli, et celui de saint Stanislas, évêque de Cracovie et martyr, l'un et l'autre du rite semi-double. Il avait élevé au rang des doubles-majeurs la Visitation de la sainte Vierge, les deux fêtes de la Chaire de saint Pierre, à Rome et à Antioche, et celle de saint Pierre-aux-Liens. La fête de saint Jean Gualbert, abbé de Vallombreuse, avait été établie du rite simple, et celle de saint Polycarpe, évêque de Smyrne et martyr, élevée, de simple qu'elle était, au degré de semi-double. Clément VIII, après avoir uni le culte de l'illustre martyre Flavia Domitilla à celui des saints Nérée et Achillée, avait aussi rehaussé d'un degré cette fête simple jusqu'alors. Mais en retour, sans doute pour ménager davantage les droits du dimanche, il avait abaissé du rang des doubles à celui des semi-doubles, les fêtes de saint François de Paule, de saint Pierre, martyr, de saint Antoine de Padoue et de saint Nicolas de Tolentin.

 

Paul V établit l'office de saint Casimir, prince polonais, et celui de saint Norbert, instituteur des prémontrés, du rite semi-double. Il approuva du même degré, mais ad libitum, la fête de saint Charles Borromée, celle des Stigmates de saint François ; et du rite double, pareillement ad libitum, l'office des saints Anges gardiens. La fête de saint Ubalde, évêque de Gubbio, fut aussi instituée par le même pontife, mais du rite simple. Enfin Paul V rendit à saint François de Paule le degré de double que lui avait enlevé Clément VIII. Mais aucun pape de l'époque qui nous occupe ne surpassa Urbain VIII pour le zèle à instituer de nouveaux offices. Il établit la fête double de saint Hyacinthe, dominicain polonais, et institua semi-doubles de précepte les fêtes de sainte Bibiane, vierge et martyre ; de saint Hermégénilde, martyr ; de sainte Catherine   de Sienne, vierge ; de saint Eustache et ses compagnons, martyrs ; enfin, de sainte Martine, vierge et martyre. Urbain VIII approuva, en outre, comme semi-doubles ad libitum, les fêtes de saint Philippe de Néri, instituteur de l'Oratoire de Rome ; de saint Alexis, confesseur ; de saint Henri II, empereur ; de sainte Thérèse, vierge, réformatrice du Carmel, et de sainte Elisabeth, reine de Portugal, dont il composa lui-même les hymnes et l'office entier. Innocent X, qui succéda à Urbain VIII, établit du rite double la fête de sainte Françoise, veuve romaine, et du rite semi-double et de précepte, celles de saint Ignace de Loyola, de sainte Thérèse et de saint Charles Borromée. L'office de sainte Claire fut aussi établi par ce pontife, mais seulement semi-double ad libitum.

 

Tels furent les accroissements du Bréviaire romain, et en même temps du missel, jusqu'à la moitié du XVIIe siècle. On doit remarquer que la plupart de ces fêtes sont du rite semi-double, pour conserver l'office du dimanche. Nous verrons une révolution en sens contraire s'accomplir successivement, et la récitation hebdomadaire du psautier perdre une partie de son importance à mesure que nous avancerons dans l'histoire liturgique des deux derniers siècles. Nous aurons ailleurs l'occasion de dire notre avis sur cette grave modification liturgique.

 

Donnons maintenant la bibliothèque des écrivains liturgistes qui ont fleuri dans la première moitié du XVIIe siècle.

 

En tête, nous placerons Victorius Scialak, moine maronite, né au Mont-Liban, qui vivait à Rome au commencement du XVIIe siècle, et y enseignait les langues orientales. Il traduisit d'arabe en latin les Liturgies attribuées à saint Basile, à saint Grégoire de Nysse et à saint Cyrille d'Alexandrie. Cette collection fut imprimée à Augsbourg, en 1604.

 

(1604). Jean de Angelis, frère mineur observantin, donna en espagnol un ouvrage imprimé à Madrid, sous ce titre : Tratadode los sacratissimos mysterios de la Misa

(1605). André Hoius ou Hove, professeur de langue grecque à Douai, est auteur d'un livre intitulé : Antiquitatum liturgicarum arcana concionatoribus et pastoribus uberrimum promptuarium, sacerdotibus serium exercitium, religiosis meditationum speculum, nobilibus spiritualis venatio, laicis litteratis sancta devotio, omnia ex diversis auctoribus tribus tomis comprehensa. A Douai, in-8°. Pour être juste, nous devons dire que l'exécution du livre ne répond pas tout à fait à de si magnifiques promesses.

(1606). Jean-Paul Palantieri, franciscain, évêque de Cedonia, a laissé une explication des hymnes ecclésiastiques imprimées à Bologne, en 1606.

 

(1606). Le célèbre jésuite Jean Gretser, un des plus vaillants antagonistes de la réforme, et dont les œuvres volumineuses forment l'un des plus vastes répertoires de l'érudition catholique, a laissé plusieurs traités intéressants sur les matières liturgiques. Nous citerons en particulier : 1° De Sacris Peregrinationibus, libri IV; 2° De Ecclesiasticis Processionibus, libri II ; 3° Podoniptron seu Pedilavium, hoc est, de more lavandi pedes peregrinorum et hospitum, avec une addition au livre des pèlerinages; 4° De Funere christiano, libri III; 5° De Festis, libri II. Il donna plus tard un supplément à ce dernier ouvrage, dans lequel il traite d'une manière spéciale du culte et de la fête du Saint Sacrement. 6° De Benedictionibus, libri duo, et tertius de maledictionibus; 7° De sancta Cruce, ouvrage non moins fécond pour la science liturgique que pour, celle de l'antiquité chrétienne en général. Nous omettons un grand nombre d'autres opuscules qui figurent avec les livres que nous venons de citer dans la belle édition des œuvres de Gretser, donnée en dix-sept volumes in-folio, à Ingolstadt, en 1734.

(1607). Nicolas Serrarius, jésuite lorrain, est auteur de deux livres intitulés : le Litaneutique ou des Litanies, dans le premier desquels il traite de l'antiquité et de l'utilité des litanies, et dans le second de l'invocation des saints. Il a composé aussi un traité des Processions divisé pareillement en deux livres. Ces deux ouvrages, remplis de science et d'intérêt, se trouvent dans la collection des opuscules de Serrarius, imprimée à Mayence en 1611, in-folio.

(1608). Jean-Baptiste de Rubeis publia à Plaisance un livre intitulé : Rationale divinorum officiorum. Quelques recherches que nous ayons faites d'ailleurs, l'auteur et son livre ne nous sont connus que par la simple mention qu'en fait Zaccaria.

 

(1610). Ce fut en cette année que les éditeurs parisiens de la Bibliotheca veterum Patrum, de Margarin de la Bigne, donnèrent en manière de supplément un dixième tome qui contient une nouvelle et meilleure édition de la collection liturgique d'Hittorp. Cette édition, qui est postérieure de dix-neuf ans à celle que Ferrari avait publiée à Rome, à la fin du XVIe siècle, est la dernière de toutes. Elle est aussi la plus correcte, principalement pour l'ouvrage d'Honorius d'Autun, intitulé : Gemma animœ.

(1610). André Duval, docteur et professeur de Sorbonne, si connu par sa franche orthodoxie, a publié, en 1610, un ouvrage mentionné par Ellies Dupin, sous ce titre : Observations sur quelques livres de l'Église de Lyon.

(1611). Claude Villette, chanoine de Saint-Marcel de Paris, a laissé un ouvrage intitulé : Les raisons de l'office, et cérémonies qui se font en l'Église catholique, apostolique et romaine. Ensemble les raisons des cérémonies du sacre de nos rois de France, et des douze marques uniques de leur royauté céleste, par-dessus tous les rois du monde. Ce livre, dont la doctrine est puisée dans les liturgistes du moyen âge, présente un grand intérêt, et a eu plusieurs éditions, tant du format in-4° que du format in-12.

 

(1611). Jean Chapeauville, docteur de Louvain, est auteur de l'ouvrage suivant qui  a été  réimprimé plusieurs fois : Tractatus de necessitate et modo ministrandi sacramenta tempore pestis (Mayence, 1612, in-8°). On trouve, à la fin du second volume de l'histoire des évêques de Liège, par le même, un traité historique de prima et vera Origine festivitatis SS. Corporis et Sanguinis Christi.

(1613). Augustin de Herrera, jésuite espagnol, a laissé deux ouvrages importants, imprimés à Séville, dans la langue nationale, le premier sous ce titre : Del Origen, y progreso en la Iglesia catholica de los ritos, y ceremonias, que se usan en el santo sacrifïcio de la Misa (1613, in-4°) ; et le second intitulé : Origen,y progreso del oficio divin, y de sus observancias calholicas, desde el siglo primero de la Iglesia al presente (1644, in-4°).

(1613). Jean-Baptiste de Glano, religieux augustin, docteur de Paris, a composé, au rapport d'Ellies Dupin, un livre intitulé : Des Cérémonies des principales Églises de l'Europe.

 

(1615). Joseph Visconti, connu dans la république des lettres sous son nom latinisé de Vicecomes, fut un des conservateurs de la bibliothèque Ambrosienne, fondée à Milan, par l'illustre cardinal Frédéric Borromée. Il a composé sous le titre d'Observationes ecclesiasticœ, quatre volumes devenus rares, mais honorés d'une juste célébrité (Milan, 1615, 1618, 1620, 1626, in-4°). Le premier traite des rites du baptême ; le second, de ceux de la confirmation; le troisième, des cérémonies de la messe, et le quatrième, des choses à préparer pour célébrer convenablement ce sacrifice.

(1616). Jean-Baptiste Scortia, jésuite génois, a publié quatre livres, de Sacrosancto missœ sacrifïcio, qui ont été imprimés à Lyon, en 1616, in-4°, et qui attestent une science remarquable dans leur auteur.

(1617). Pierre Halloix, savant jésuite flamand, parmi ses nombreux écrits, a laissé sur une matière liturgique l'ouvrage intitulé :   Triumphus sacer sanctorum, sive de cœremoniis in reliquiarum sanctorum translationibus usurpatis. Antverpiœ (In-8°).

 

(1618). Martin de Alcazar, hiéronymite, est auteur de l'ouvrage suivant : Kalendarium romanum perpetuum ex Breviario et Missali démentis VIII authoritate recognitis, cum festis quae generaliter in Hispaniam celebrantur, in quo ordo recitandi officium divinum et missas celebrandi dilucide exponitur (Madrid, in-4°). Cet ouvrage parait être le premier dans son genre, et précéda de plusieurs années l’Ordo perpetuus de Gavanti.

(1619). Gaspard Loartes est auteur d'un livre imprimé à Cologne, sous ce titre : De Sacris Peregrinationibus, Reliquiis et Divitiis (1619, in-4°). Nous ne connaissons cet auteur et son livre que par Etlies Dupin et Zaccaria.

(1619). Le cardinal Frédéric Borromée, archevêque de Milan et neveu de saint Charles, outre le Cœremoniale Ambrosianum, par lequel il compléta la Liturgie de son Eglise, est auteur d'un livre imprimé à Milan,en 1632, du format in-folio, sous ce titre : De Concionante Episcopo, dans lequel il traite savamment de l'appareil liturgique qui doit accompagner l'évêque annonçant la parole de Dieu à son peuple.

 

(1621). François-Bernardin Ferrari, préfet delà bibliothèque Ambrosienne, a laissé un ouvrage en trois livres sur un sujet analogue à celui du cardinal Frédéric Borromée, sous ce titre : De Ritu sacrarum ecclesiœ veteris concionum, in-4°. Ce livre remarquable a été réimprimé plusieurs fois. Nous avons encore du même Ferrari, sur une matière liturgique, sept livres de veterum Acclamationibus et Plausu. 1627, in-4°. Il y traite en effet des acclamations, tant dans les assemblées ecclésiastiques, que dans les réunions profanes.

(1623). Michel Lonigo, personnage dont nous ignorons les qualités, mais qui paraît avoir exercé les fonctions de cérémoniaire, a composé un livre curieux intitulé : Dell’uso delle vesti de signori cardinali, tanto nelle chiese di Roma, quanto fuori. A Venise, in-8°,  1623.

(1623). Gabriel de l'Aubespine, évêque d'Orléans, homme d'une grande érudition, a bien mérité de la Liturgie par son livre de Veteribus Ecclesiœ Ritibus, imprimé à Paris, in-4°, en 1623 ; et par un autre, en français, intitulé : Ancienne police de l'Eglise sur l'administration de l'eucharistie et sur les circonstances de la messe. Paris-8°, 1629.

 

(1625). Fortunat Scacchi, religieux augustin, fut évêque de Porphyre et sacristain de la chapelle papale. Il est l'auteur d'un bel ouvrage sur les huiles et les onctions sacrées, qui parut à Rome en 1625, in-4°, et a été réimprimé, au XVIIe siècle, à Amsterdam, du format in-folio. Il porte ce titre : Sacrorum Elœochrismatum myrothecia tria. Nous ne parlerons point de l'ouvrage inachevé du même Scacchi, sur la canonisation des saints, non plus que d'un certain nombre de traités de divers auteurs sur le même sujet, parce qu'ils sont presque exclusivement consacrés au détail et à la discussion des procédures, et que la partie liturgique n'y tient qu'une place fort restreinte. Il en est tout autrement de l'ouvrage de Benoît XIV.

(1626). Mutio, capucin italien, publia à Rome, en 1612, un ouvrage intitulé : Tractatus de significatis sacrosancti sacrificii missœ, et un autre, en 1626, sous ce titre : Declaratio de divinis officiis et de cœremoniis quae fiunt in exequiis defunctorum.

 

(1628). Barthélemi Gavanti, Milanais, de la congrégation des clercs réguliers de saint Paul, appelés aussi barnabites, a laissé un nom à jamais célèbre dans les fastes de la Liturgie. Nous avons vu qu'il fut appelé, par Clément VIII et Urbain VIII, à faire partie des commissions que ces deux pontifes formèrent, à trente années d'intervalle, pour la révision du bréviaire et du missel. En 1632, il fut désigné par l'archevêque de Milan pour faire à lui seul les changements, additions et corrections nécessaires dans le cérémonial de cette grande Église. Sa réputation de liturgiste s'étendit jusqu'en Allemagne et en France. Le cardinal d'Arach, archevêque de Prague, l'accabla de sollicitations pour le déterminer à venir régler les cérémonies de son diocèse : Urbain VIII refusa à Gavanti la permission de sortir de Rome. Le pape donnait en ces termes le motif de son refus, dans un bref qu'il adressa au célèbre liturgiste : Rescribo te, auctoritate nostra, universœ Ecclesiœ beneficio, in breviarii Romani emendatione occupatum. Le P. Boudier, savant liturgiste bénédictin, vint jusqu'à six fois à Rome pour conférer avec Gavanti. Enfin plusieurs évêques de France le sollicitèrent à leur tour de passer les Alpes, et de venir travailler à une édition du pontifical à l'usage des Églises de ce royaume. Il mourut en 1638. Ses principaux ouvrages sur la Liturgie sont : 

Thesaurus sacrorum rituum, sive Commentaria in rubricas Missalis et Breviarii. Ce livre est trop populaire pour que nous ayons besoin de nous étendre sur son mérite. Nous parlerons plus loin de l'édition qu'en a donnée Merati.

Octavarium romanum. Nous aurons bientôt l'occasion de parler de ce livre.

Ordo perpetuus recitandi officium divinum.

 

(1629). Louis Cressol, jésuite français, a laissé, sous le titre de Mystagogus, de Sacrorum hominum disciplina (Paris, in-folio), un livre rempli d'érudition liturgique.

(1630). Jean Filesac, docteur de Sorbonne, doyen de cette Faculté, curé de Saint-Jean-en-Grève, fut un homme remarquable par sa profonde érudition sacrée et profane. On trouve sur certaines questions de la science liturgique, un grand nombre de détails curieux dans ses divers écrits, qui ont été recueillis en deux collections, l'une intitulée : Opera varia (Paris, 1614, 2 vol. in-8°); l'autre Opera selecta (Paris, 1621, 3 vol. in-4°). Cette dernière renferme, entre autres, les dissertations suivantes : De Cœremoniis ; de Sanctorum festis diebus ; Sanctorum imaginum radiatum caput ; Baptismi lux et candor ; Funus vespertinum ; de Cantu Ecclesiœ, etc.

(1634). Anaclet Secchi, barnabite, est auteur d'un ouvrage précieux et souvent réimprimé, sur le chant ecclésiastique ; il porte ce titre : Hymnodia ecclesiastica, et a été imprimé, entre autres éditions, à Anvers, en 1634, in-8°. Il a été depuis traduit en langue italienne.

 

(1634). Pierre Arcudius, savant prêtre grec, a laissé un ouvrage très-célèbre sur la Liturgie des Grecs comparée avec celle des Latins, dans l'administration des sacrements. Il est intitulé : De Concordia Ecclesiœ occidentalis et orientalis in sepiem Sacramentorum administratione. Les premières éditions de Paris sont de 1619 et 1625, in-4°.

(1635). Simon Vaz Barbosa, Portugais, docteur de Coïmbre, frère du célèbre canoniste du même nom, est auteur d'un livre imprimé à Lyon, in-8°, en 1635, sous ce titre : Tractatus de dignitate, origine, et significatis mjsteriosis ecclesiasticorum graduum, officii divini, vestium sacerdotalium et pontificalium, atque verborum, cceremoniarum et aliarum rerum pertinentium ad sanctissimum Missœ sacrificium.

(1637). Marc Diaz, Portugais, franciscain de l'observance, fit paraître à Rome, en 1637, un Ordo perpetuas recitandi officii divini.

 

(1637). Joseph de Sainte-Marie, chartreux espagnol, a publié à Séville, en 1637, un ouvrage in-4°, sous ce titre : Sacros ritos y ceremonias baptismales ; et un autre du même format, en 1642, intitulé : Triunfo del agua bendita. Il paraît qu'il avait travaillé aussi sur les exorcismes.

(1638). Dominique Giacobazzi, dit en latin Jacobatius, a composé le fameux traité de Conciliis, qui est joint à l'édition des Conciles de Labbe. On trouve dans cet important ouvrage, tous les détails nécessaires sur les formes liturgiques qui doivent être employées dans les conciles.

(1641). Jacques Éveillon, chanoine de Saint-Maurice d'Angers, fut chargé, vers 1620, par Guillaume Fouquet, son évêque, de la révision du bréviaire et du rituel de ce diocèse. Il a publié, sur les matières liturgiques, deux ouvrages estimés. Le premier est intitulé : De Processionibus ecclesiasticis liber. (Paris, in-8°, 1641.) Le second a pour titre : De Recta psallendi ratione. (La Flèche, in-4°, 1646.)

 

(1641). Jean Garcia, franciscain espagnol, publia, à Lima, en 1641, un ouvrage sous ce titre : Explicacion de los misierios de la misa, y de sus ceremonias.

(1641). Jacques Lobbetius, de Liège, est auteur d'un volume in-4°, imprimé en cette ville, sous ce titre : De Religioso templorum cultu.

(1642). Dom Hugues Ménard, qui ouvre avec tant de gloire l'imposante liste des savants de la congrégation de Saint-Maur, fut un liturgiste du premier ordre. Il suffira de mentionner ici son édition du Sacramentaire de saint Grégoire, donnée à Paris en 1642, in-4°, avec les excellentes notes dont il l'accompagna. On sait que Dom Denys de Sainte-Marthe n'a pas cru pouvoir mieux faire que d'admettre tout ce travail de son ancien confrère dans sa belle édition des œuvres de saint Grégoire le Grand.

 

(1643). Isaac Habert, docteur de Sorbonne, chanoine de Paris, puis évêque de Vabres, donna en cette année une édition de l’Archieraticon, ou Pontifical de l'Église grecque. Il appartient en outre à la bibliothèque des liturgistes du XVIIe siècle, par plusieurs hymnes remarquables par l'onction et. la facilité, et qui ont été admises dans la plupart des modernes bréviaires de France.

(1646). André du Saussay, évêque de Toul, a laissé trois ouvrages curieux sur les habits sacrés. Le premier, sur les ornements épiscopaux, est intitulé : Panoplia episcopalis, seu de sacro episcoporum ornatu. Libri VII. (Paris, 1646, in-folio.) Le second, qui traite de l'habit clérical, a pour titre : Panoplia clericalis, seu de clericorum tonsura et habitu. Libri XV. (Paris, 1649, in-folio.) Le troisième, enfin, a pour objet les vêtements sacrés du prêtre, sous ce titre : Panoplia sacerdotalis, seu de venerando sacerdotum habitu. Libri XIV. (Paris, 1653, in-folio.) Du Saussay est encore auteur d'un livre sur le chant ecclésiastique, publié à Toul, in-8°, en 1657, et intitulé : Divina doxologia, seu sacra glorificandi Deum in hymnis et canticis methodus, et d'un autre qui a pour titre : De sacro ritu prœferendi crucem majoribus prœlatis ecclesiœ libellus. 1628, in-8°.

 

(1647). Jacques Goar, dominicain, s'est rendu à jamais célèbre dans les fastes de la Liturgie, par son édition de l’Eucologion des Grecs, avec une traduction latine et des notes savantes. L'ouvrage fut imprimé à Paris, en 1647, in-folio.

(1648). Léon Allacci, en latin Allatius, l'un des plus savants littérateurs italiens du XVIIe siècle, était né de parents grecs. Il eut la charge de bibliothécaire du Vatican, et a laissé beaucoup de travaux destinés à faire connaître la Liturgie des Grecs modernes. Nous citerons, entre autres, les dissertations de Dominicis et hebdomadibus recentiorum Grœcorum; de Missa prœsanctificatorum, et de communione orientalium sub specie unica, que l'on trouve à la suite de l'excellent traité de Ecclesiœ occidentalis et orientalis perpetua consensione. (Paris, 1648, in-4°.) Allacci a laissé aussi un traité de Libris ecclesiasticis Grœcorum (Cologne, 1645, in-8°); un autre, de Templis Grœcorum recentioribus, de Narthece Ecclesiœ veteris et de Grœcorum quorumdam ordinationibus (Cologne, 1645, in-8°),etc.

 

(1646). Michel Bauldry, bénédictin de l'ancienne observance, grand prieur de Maillezais, a acquis une juste célébrité tant en France qu'à l'étranger, par son excellent Manuale sacrarum cœremoniarum juxta ritum sanctœ Romanœ ecclesiœ, in quo omnia quœ ad usum omnium cathedralium,  collegiatarum, parochialium,   sœcularium  et regularium ecclesiarum pertinent, accuratissime tractantur. (Paris, 1646, in-4°.) Cet ouvrage, fruit des travaux d'un simple particulier, a obtenu six éditions, et la pratique qui y est exposée avec une clarté admirable a été adoptée par tous les auteurs qui, depuis, ont écrit sur les cérémonies romaines. Bauldry rédigea aussi le Cérémonial de la congrégation de Saint-Maur, à la prière des supérieurs de ce corps illustre : il y fit entrer une grande partie de son Manuel, qu'il adapta aux usages claustraux, et porta cet ouvrage à une grande perfection.

(1649). Marc-Paul Léo ne nous est connu que par Zaccaria, qui mentionne avec un grand éloge un livre publié par cet auteur, à Rome, en 1649, sous ce titre : De auctoritate et usu pallii pontificii.

 

Nous terminerons ce chapitre par les remarques suivantes :

 

1° Durant la première moitié du XVIIe siècle, l'Église universelle se reposa dans l'unité liturgique.

 

2° L'Église de France commença de ressentir les premières atteintes d'une réaction contre la liberté de la Liturgie. Cette réaction provenait des influences de la magistrature séculière.

 

3° En même temps qu'elle protestait, mais en vain, contre les entreprises de la magistrature, l'Assemblée de 1605 donna le premier exemple d'une entreprise contre le Missel de saint Pie V.

 

4° Rome continua de déterminer, avec une imposante solennité, les formes générales de la Liturgie, et l'Occident tout entier se montrait attentif et docile à ses prescriptions.

 

DOM GUÉRANGER 

INSTITUTIONS LITURGIQUES : CHAPITRE XVI,  DE LA LITURGIE DURANT LA PREMIERE MOITIE DU XVIIe SIECLE. ZÈLE DE L'ÉPISCOPAT FRANÇAIS POUR LA LITURGIE ROMAINE. RÉACTION DE LA PUISSANCE SECULIERE. — TRAVAUX DES PONTIFES ROMAINS SUR LA LITURGIE. PAUL V. RITUEL ROMAIN. BRÉVIAIRE ROMAIN. BREVIAIRE MONASTIQUE. — URBAIN VIII. CORRECTION DES HYMNES. — AUTEURS LITURGISTES DE CETTE ÉPOQUE.

 

Pope Urban VIII

Pope Urban VIII by Gian Lorenzo Bernini

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